LOGINAria afficha un sourire aussi radieux et décontracté que possible lorsque ses parents et beaux-parents vinrent leur rendre visite. Ils semblaient tellement heureux, même s'ils ne pouvaient observer le bébé d'Aria et Jayden qu'à travers une vitre transparente. Le ravissant petit être se trouvait encore en couveuse, et Aria elle-même n'avait pas encore l'autorisation de s'en approcher de trop près.
Cela n'avait aucune importance. L'essentiel était de savoir que ce bout de chou allait bien et qu'il avait seulement besoin de soins intensifs. Le plus dur était passé. « Il est tellement beau », dit Elvis, le père de Jayden, en enlaçant fièrement son fils debout à ses côtés. Son sourire rayonnait d'un bonheur incontenable. Comment aurait-il pu en être autrement ? Le petit-fils dont Elvis avait tant rêvé était enfin là, sous ses yeux. Il brûlait d'impatience de le prendre dans ses bras. « Évidemment. C'est mon fils, et c'est aussi votre petit-fils », répondit Jayden en vantant lui aussi les mérites du bébé, déclenchant les rires de toute l'assemblée. « Jayden, Aria... Est-ce que vous avez trouvé un prénom pour ce magnifique bébé ? » demanda Anne, la mère d'Aria, tout aussi enthousiaste. Jayden et Aria, toujours installée dans son fauteuil roulant, s'échangèrent un regard. Depuis que Jayden était parti cette nuit-là, il n'était jamais revenu à l'hôpital pour lui rendre visite. Il était bien trop occupé à passer du temps avec Elena et à gérer ses affaires. Deux jours s'étaient écoulés avant qu'il ne réapparaisse avec leurs parents respectifs. Il y avait été contraint, n'ayant trouvé aucune excuse valable pour se défiler. Aria et Jayden n'avaient pas eu le temps de discuter du prénom de leur enfant. Aria pensait même qu'il s'en fichait royalement, ce qui l'avait poussée à y réfléchir seule. Malheureusement, elle n'avait pas encore trouvé le prénom idéal. « Bien sûr. » La réponse de Jayden fit dresser la tête d'Aria, interloquée. Il s'avérait que cet homme avait déjà tout prévu. « Juan Mattew », continua Jayden sans quitter le bébé des yeux. Il trouvait que ce prénom allait comme un gant à son petit homme. « Oh ! C'est un magnifique prénom, Jayden », s'extasia Jane, la mère de Jayden. Tous affichaient un sourire ravi face à la réponse de Jayden. Tous, sauf Aria, qui le fixait d'un regard noir et perçant. *« C'est moi qui aurais dû choisir le prénom de mon fils, pas ce salaud »,* hurla Aria intérieurement. Elle refusait de lui accorder ce privilège. Même si l'on ne pouvait nier qu'il était le père et qu'il en avait le droit, après tout ce qu'il avait fait, Aria estimait qu'il ne méritait plus rien. Qu'on la trouve égoïste, peu lui importait : elle l'assumait totalement. --- « Alors, quand est-ce que tu vas pouvoir rentrer à la maison ? » demanda Anne en serrant la main encore très pâle de sa fille. En réalité, Anne aurait voulu être présente lors de l'accouchement, mais elle n'avait appris la nouvelle qu'aujourd'hui. Elle en avait voulu à Jayden, mais comme il excellait dans l'art de la manipulation, sa colère s'était vite dissipée. À défaut d'avoir pu être là sur le moment, Anne se consolait en voyant qu'Aria allait bien. En vérité, Jayden avait délibérément caché l'état d'Aria à tout le monde. Il voulait qu'elle se sente cruellement seule. Une vengeance mesquine, à l'image de la haine qu'il lui vouait. « J'attends juste que l'état du bébé s'améliore, Maman », répondit Aria avec un faible sourire. Jayden et ses parents avaient pris les devants pour rentrer. Aria était convaincue que Jayden ne remettrait plus les pieds ici, elle devait donc préparer une réponse si ses parents lui demandaient où était son mari. Même si, à vrai dire, elle ne savait absolument pas quoi inventer. Anne caressa doucement la joue de sa fille. « Est-ce que tout va vraiment bien, Aria ? » demanda-t-elle d'un ton inquiet. Aria resta muette un instant. Était-ce si flagrant qu'elle était brisée ? Elle pensait pourtant avoir bien masqué sa détresse. « Je vais bien, Maman. Pourquoi cette question ? » Aria fit de son mieux pour étouffer le vent de panique qui la traversait. « Tu n'en as pas l'air... Est-ce qu'il y a un problème entre Jayden et toi ? » L'instinct d'une mère ne trompe jamais. Si Aria n'avait pas eu les poings liés, elle aurait tout déballé sur les cruautés de Jayden. Mais la peur des conséquences extrêmes la paralysait. Au lieu de répondre, elle se jeta dans les bras de sa mère, se réfugiant contre celle qui lui avait donné la vie. « Je vais bien, Maman... Vraiment. Je vais bien... » chuchota Aria, fondante en larmes. *Mon Dieu ! Pourquoi se mettait-elle à pleurer maintenant ? Cela allait ne faire qu'attiser les soupçons d'Anne. Quelle idiote !* Et en effet, Anne savait pertinemment que sa fille souffrait. Mais en tant que mère, elle ne voulait pas la forcer à parler, surtout si cela touchait à l'intimité de son couple. Anne évitait au maximum de s'en mêler, appliquant ainsi les consignes de ses beaux-parents : laisser les enfants régler leurs histoires entre eux. Mais si Aria venait à se confier, Anne répondrait présente pour lui donner les meilleurs conseils possible. « D'accord, si tu ne veux pas en parler... Maman espère seulement que tu seras toujours heureuse, surtout maintenant que tu as le petit Juan », dit Anne en lui caressant tendrement les cheveux. « Oui, Maman. C'est aussi ce que j'espère de tout cœur », répondit Aria. Ce n'étaient pas de simples mots, mais une véritable prière qu'elle envoyait au ciel. Elles se séparèrent en entendant les voix joyeuses de deux hommes s'approcher de la chambre. C'étaient Jayden et Andrew, le père d'Aria. Anne esquissa un sourire chaleureux en les voyant entrer. Dans des moments pareils, Aria en arrivait presque à oublier que son mariage battait de l'aile. Ils avaient tout de la grande famille idéale, entre rires et plaisanteries. Aria laissa échapper un rire amer, se moquant intérieurement de son propre sort. « Chérie, le médecin a dit que tu pourras rentrer après-demain. Tu devras juste revenir chaque semaine pour un contrôle », dit Jayden en s'approchant d'Aria pour lui caresser doucement les cheveux. Aria leva les yeux vers lui, affichant un sourire sarcastique face au jeu d'acteur de son mari. Si elle n'avait pas découvert son vrai visage, les choses auraient été bien différentes : elle aurait été follement reconnaissante d'avoir un mari aussi attentionné à ses côtés. « Est-ce que notre bébé va bien ? Il pourra rentrer avec nous, n'est-ce pas ? » Tout comme Jayden, Aria tenait son rôle à la perfection. « Oui, c'est mon fils, il est fort », répondit Jayden. À travers le regard d'Aria, Jayden lisait clairement les insultes qu'elle lui répétait intérieurement. Et c'était exactement ce qu'il recherchait : la voir souffrir dans son propre piège. « Il a intérêt à l'être », insista Aria en pèsent chaque mot. « Vous me rendez presque jaloux, tous les deux », s'amusa Andrew en contemplant son gendre et sa fille, sans se douter une seconde du drame qui se jouait. Jayden passa soudainement un bras autour d'Aria. « Vous savez à quel point j'aime votre fille, n'est-ce pas, Beau-papa ? » *Mon œil !* « Évidemment ! Et je suis sûr qu'Aria ressent la même chose. Pas vrai, ma chérie ? » demanda Andrew, ravi de voir son choix de gendre ainsi confirmé. Les deux hommes fixèrent Aria, attendant sa confirmation. Avec un léger sourire forcé, elle hocha lentement la tête. Eux pouvaient rire de bon cœur, mais Anne ne dupait pas si facilement. Elle connaissait sa fille mieux que quiconque. Ce sourire qu'Aria affichait n'avait rien de sincère. Il cachait une fêlure bien plus profonde. « Aria... Et si tu venais passer quelques jours à la maison avec nous ? » Anne ne pouvait pas se contenter d'observer son enfant dépérir. Elle devait comprendre ce qui se passait, même s'il lui fallait patienter jusqu'à ce qu'Aria se décide à parler. « Pourquoi cette demande soudaine, Belle-maman ? » s'étonna Jayden. « Aria me manque tellement. Et puis, devenir mère pour la première fois n'est pas une mince affaire. Je veux lui apprendre à s'occuper d'un nouveau-né », prétexta Anne avec logique. « Qu'en penses-tu, Aria ? Tu veux venir avec moi ? » demanda-t-elle, le regard plein d'espoir. Saisissant cette perche comme une véritable aubaine, Aria hocha immédiatement la tête. « Oui, avec plaisir, Maman. » Puis elle se tourna vers Jayden. « Qu'en penses-tu, Jay ? Ça ne te dérange pas si je reste chez mes parents quelques jours ? » demanda-t-elle d'un air le plus angélique possible. *Maudit soit-il !* Jayden se retrouvait au pied du mur. S'il refusait, quelle excuse bidon pourrait-il sortir à ses beaux-parents ? Il inspira profondément avant d'afficher un sourire crispé. « D'accord... Si c'est ce que tu veux », finit-il par lâcher.Comme si la tirade de Jayden relevait d'une mauvaise farce, Aria laissa échapper un rire sec et dénué de toute joie.« Détruit *ta* vie ? » cracha-t-elle. « Tu te moques de moi ? C'est toi qui as réduit la mienne en cendres, Jayden ! » hurla-t-elle, incapable de contenir plus longtemps le flot d'amertume qui la submergeait. Sa patience était définitivement épuisée. Peu lui importait désormais qu'on la chasse de l'hôpital pour tapage.« Considérons alors que nous sommes quittes. » Jayden fit un pas vers elle, le regard provocateur. « Je ne perds rien en divorçant de toi. En revanche, si tu te sépares de moi, tu perds absolument tout », lâcha-t-il dans un ricanement feutré avant de tourner les talons et de quitter l'établissement.Hans s'élança pour le rattraper, mais Aria lui agrippa le bras d'un geste désespéré. Elle secoua lentement la tête, posant sur lui des yeux baignés de larmes.« J'ai besoin que tu restes ici... » chuchota-t-elle en laissant tomber son visage contre la largeur
« Maman ! » Aria se précipita vers sa mère, assise aux côtés de Tara qui s'efforçait de la réconforter. Les yeux d'Anne étaient gonflés par les larmes, ses joues encore maculées de traces humides. « Comment va Papa, Maman ? » s'inquiéta Aria, plongée dans le même désarroi. Pour toute réponse, la femme d'âge mûr secoua la tête avant de la serrer contre elle, le corps tremblant d'épuisement. Depuis qu'elle avait appris le malaise de son mari au bureau jusqu'à son admission aux urgences, Anne n'avait cessé de pleurer. Toutes ses forces l'avaient quittée. Fort heureusement, Tara était restée à ses côtés en attendant l'arrivée d'Aria. Les yeux baignés de larmes, Aria ravala ses sanglots pour ne pas céder à la panique. Elle aida sa mère à se rasseoir. L'angoisse lui tordait les entrailles, mais elle fit de son mieux pour masquer sa détresse afin de ne pas effrayer davantage Anne. « Je suis sûre que Papa va s'en sortir, Maman », murmura-t-elle en la serrant fort. Ces mots n'étaient pas
Jayden pivota pour observer Aria, assise sur le canapé juste derrière lui. Il vint la rejoindre et s'installa à ses côtés, alors qu'elle demeurait officiellement son épouse.« Comment vas-tu, Aria ? » s'enquit-il, le regard ancré dans le sien.« Je vais bien. » La réponse fusa, monocorde et glaciale. Son visage ne laissait affleurer la moindre émotion.« Tant mieux », murmura Jayden en hochant lentement la tête avant de reporter son attention sur Juan, qui mordillait tranquillement son petit poing.Aria se leva d'un bond, n'ayant nulle envie d'éterniser cette proximité. « Tu pourras partir quand tu auras fini de voir Juan », lança-t-elle en lui tournant le dos.« Attends, Aria ! »L'appel de Jayden la coupa dans son élan. Elle se retourna, le visage toujours aussi impassible. « Qu'est-ce qu'il y a encore ? »« Si tu n'y vois pas d'inconvénient... j'aimerais emmener Juan faire une promenade », demanda-t-il, un regard plein d'espoir braqué sur elle.Aria marqua une pause, pesant le pour
« D'accord, dans ce cas... je vous accompagne, Monsieur Hans », déclara Andrew à sa femme. Celle-ci se contenta d'un léger hochement de tête en regardant son mari et leur invité se diriger vers la sortie.Aria, qui avait écouté la scène à travers la porte, ressentit une pointe de déception. Hans partait ainsi, sans plus d'égards ? Sans même chercher à la retenir ou à s'expliquer ?« Tss ! » pesta-t-elle sans trop savoir elle-même pourquoi elle s'agaçait. Elle se laissa glisser sur le bord du lit, croisant les bras sur sa poitrine.Quelques instants plus tard, de doux coups retentirent contre le bois.« Aria ? » appela Anne en entrouvrant la porte.Aria esquissa un sourire contraint lorsque leurs regards se croisèrent.« Tout va bien, ma chérie ? » s'inquiéta Anne en venant s'asseoir à ses côtés. Depuis que les déboires d'Aria avec Jayden avaient éclaté au grand jour, elle vivait dans l'angoisse constante de voir sa fille s'effondrer.« Je me sens juste un peu fatiguée, Maman », répond
Hans esquissa un sourire amer. Jamais il n'aurait imaginé que leurs retrouvailles se concrétiseraient dans de telles circonstances. Il avait tant espéré que cet instant reste un souvenir inoubliable, gravé par la beauté du moment, mais l'acte était consommé et les regrets n'y changeraient plus rien.« J'aurais dû mieux me maîtriser », murmura-t-il, rongé par la culpabilité. D'autant plus qu'il venait d'apercevoir les marques rosées qui maculaient la peau d'Aria — preuve silencieuse qu'elle aussi découvrait cette intimité pour la première fois.Hans laissa échapper un soupir et la ramena doucement contre son torse. En ressentant la chaleur enveloppante de son corps, Aria se blottit instinctivement contre lui, l'enlaçant fermement. Pour un instant, ils ressemblaient à s'y méprendre à un couple uni.Tous deux affichaient une expression paisible. Même plongée dans un demi-sommeil, Aria ne pouvait mentir à ses sens : ce refuge entre ses bras lui procurait une sensation inestimable de sécur
« Quel genre d'homme a tes faveurs ? »La question avait glissé des lèvres fines de Hans, son regard rivé sur la jeune femme en face de lui. Bien qu'il se montrât intimidé, il était tellement captivé qu'il refusait de détourner les yeux. Aria, quant à elle, semblait déconcertée par une interrogation aussi soudaine. Ils venaient tout juste de se rencontrer aujourd'hui, et voilà que ce jeune homme en t-shirt blanc lui posait une question particulièrement embarrassante.Encore si innocente et naïve à cette époque, Aria répondit en toute spontanéité, laissant échapper la première pensée qui lui traversait l'esprit.« Évidemment, un homme capable de satisfaire tous mes désirs », rétorqua-t-elle dans un petit rire léger, sans la moindre gravité dans la voix.« Tu veux dire un homme plein aux as ? » s'enquit Hans en haussant un sourcil.« Les hommes ne se jugent-ils pas à leur fortune ? » rigola-t-elle. Ce n'était qu'une boutade, car elle n'avait aucune idée de ce qu'elle recherchait chez un







