MARIÉE À MON EX,LE MAGNAT DE LONDRE

MARIÉE À MON EX,LE MAGNAT DE LONDRE

last updateLast Updated : 2026-10-26
By:  Dledition Updated just now
Language: French
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Mariée à mon ex, le magnat de Londres Contrat de mariage / Seconde chance / Milliardaire froid Elle l'a quitté il y a cinq ans, brisant son cœur pour sauver sa famille du scandale. Aujourd'hui, ruinée et désespérée, Arabella signe un contrat de mariage d'un an avec un mystérieux investisseur de la City. Le jour de la signature, dans un bureau vitré dominant la Tamise, elle découvre l'identité de son nouveau mari : c'est Nathaniel, son ex-petit-ami de Cambridge, devenu un magnat impitoyable de l'immobilier londonien. Il ne l'a pas épousée par amour, mais par vengeance. Entre les humiliations dans les galeries de Mayfair et les nuits passionnées dans son penthouse de Canary Wharf où la haine frôle le désir, Arabella cache un secret qui pourrait tout détruire : l'enfant qu'elle a eu de lui cinq ans auparavant, élevé en secret dans un quartier discret de Richmond. Que se passera-t-il quand Nathaniel découvrira que son "jouet" est en réalité la mère de son héritier ?

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Chapter 1

CHAPITRE 1 : LA PLUIE DE LONDRES

Arabella

La pluie s'écrase sur mes épaules comme une punition divine.

Je me suis arrêtée sous un porche, il y a peut-être dix minutes, pour reprendre mon souffle. Mes chaussures prennent l'eau depuis au moins trois kilomètres. Je les sens qui s'alourdissent à chaque pas, comme si la ville entière s'accrochait à mes chevilles pour m'empêcher d'avancer.

Novembre à Londres, c'est une main glacée qui se referme sur ta gorge. Le ciel est bas, gris, écrasant. Les passants se dépêchent, courbés sous leurs parapluies, et moi je marche au milieu d'eux comme une fantôme, trempée jusqu'aux os, les cheveux collés au visage. Je n'ai même plus de quoi payer le métro. Cette pensée tourne en boucle dans ma tête, absurde et humiliante. Le métro. Deux livres cinquante. Je n'ai pas deux livres cinquante.

J'ai compté mes pièces ce matin, assise sur le lit défait de cette chambre minable que je loue à la semaine dans un quartier que je préfère ne pas nommer. Il me restait exactement trois livres et vingt pence. De quoi acheter un thé dans un café où je n'aurais pas le droit de rester. De quoi m'asseoir une heure au chaud avant qu'on me jette dehors.

Alors j'ai marché.

Je marche depuis des heures, et chaque goutte qui coule dans mon cou me rappelle l'étendue du désastre. La maison de famille vendue aux enchères. Les bijoux de ma mère partis pour rembourser des dettes que je ne comprends même pas. Le nom de mon père traîné dans la boue par tous les journaux du pays. Et moi, Arabella Winters, vingt-six ans, héritière d'un scandale qui ne m'appartient pas, en route vers un rendez-vous dont j'ignore tout.

L'investisseur.

C'est une amie de ma mère qui m'a donné son nom. Une femme qui a préféré garder l'anonymat, comme si m'aider était une maladie honteuse. Elle m'a glissé un numéro de téléphone sur un morceau de papier froissé, dans un café de Knightsbridge, en regardant autour d'elle comme si on allait nous surprendre.

— C'est ta seule chance, ma petite. Il cherche une femme pour un an. Un mariage arrangé, tu vois le genre. En échange, il éponge les dettes.

— Je ne suis pas à vendre.

Elle avait soupiré, l'air las.

— Tu n'as plus rien, Arabella. Plus de maison, plus de famille, plus de dignité. Alors avant de jouer les fières, regarde où tu en es.

Je n'ai pas répondu. Je me suis levée et je suis partie. Mais j'ai gardé le papier.

Et maintenant, trois semaines plus tard, je suis là, trempée, gelée, affamée, devant une tour de verre et d'acier qui s'élève au-dessus de la Tamise comme un doigt pointé vers le ciel. Le quartier de la City. Les bureaux des puissants. L'endroit où les destins se décident autour de tables en acajou, pendant que les misérables comme moi attendent dehors sous la pluie.

Je lève la tête. La façade est si haute que je dois reculer pour en voir le sommet. Les gouttes frappent mes yeux, mais je ne baisse pas le regard. Pas encore. Si je baisse les yeux, je vais repartir en courant. Et je ne peux pas me permettre de courir.

Parce que si je cours, je perds tout. Si je cours, William perd tout. Si je cours, je n'aurai plus jamais le courage de revenir.

William.

Son visage s'impose à moi, net, précis, douloureux. Ses boucles brunes qui rebiquent derrière les oreilles. Ses yeux gris acier, si semblables à ceux de son père, qui pétillent quand il rit. Sa petite main chaude qui se glisse dans la mienne quand il a peur. Son odeur de savon et de biscuits. Sa voix qui m'appelle "maman" avec cette confiance absolue que seuls les enfants possèdent.

Il est chez la nourrice, à Richmond, dans ce petit appartement que je paie avec les derniers billets cachés sous une lame de parquet. Il doit être en train de jouer avec ses voitures, ou de dessiner des dinosaures, ou de réclamer un goûter. Il ne sait rien du désastre. Il croit que maman travaille beaucoup, c'est tout. Il croit que tout va bien.

Personne ne doit savoir qu'il existe. Personne.

Surtout pas l'homme que je m'apprête à rencontrer.

Si cet investisseur apprend que j'ai un fils, il posera des questions. Il voudra savoir qui est le père. Il voudra savoir pourquoi je le cache. Et je ne peux pas répondre à ces questions. Je ne peux pas. Parce que la vérité est trop dangereuse. Parce que la vérité pourrait tout détruire.

Alors je dois mentir. Encore. Toujours. Comme je mens depuis cinq ans.

Je mens à ma logeuse, qui croit que je suis une étudiante fauchée. Je mens à la nourrice, qui croit que William est orphelin de père. Je mens à tout le monde, tous les jours, sans relâche, jusqu'à m'en rendre malade.

Et aujourd'hui, je vais devoir mentir à un inconnu.

Un inconnu qui va devenir mon mari.

Cette pensée me donne la nausée. Je m'appuie contre la façade de la tour, la tête qui tourne. La pluie coule dans mon cou, glaciale, et je frissonne. La faim me tenaille le ventre. Je n'ai pas mangé depuis hier soir. Je n'ai pas dormi depuis trois jours.

Mais je n'ai pas le choix. Je n'ai jamais le choix.

Alors j'inspire un grand coup, je serre mon manteau élimé contre moi, et je pousse la porte.

Le hall est un choc.

Le silence d'abord. La pluie disparaît, remplacée par un bourdonnement feutré de conversations lointaines et de pas feutrés sur un sol en marbre. La chaleur ensuite, qui s'abat sur moi comme une couverture, si soudaine que j'en ai presque le tournis. Et puis la lumière, partout, réfléchie par des murs en verre, des surfaces polies, des dorures discrètes.

Je me sens immédiatement sale. Indigne. Mes chaussures dégoulinantes laissent des traces humides sur le sol impeccable. Mes cheveux emmêlés, mon manteau usé, mes mains rougies par le froid : tout hurle que je n'ai pas ma place ici.

La réceptionniste me dévisage par-dessus ses lunettes à monture dorée. Elle est blonde, la peau lisse, le tailleur parfait, les ongles manucurés. Elle me regarde comme on regarde une tache sur une nappe blanche.

— Puis-je vous aider ?

Sa voix est polie, mais le mépris suinte à travers chaque syllabe. Je m'approche du comptoir en essayant de ne pas trop dégouliner. Mes chaussures laissent des traces humides sur le marbre. La réceptionniste baisse les yeux vers le sol, puis remonte vers moi. Son expression se durcit.

— J'ai rendez-vous. Avec M. Ashford.

Elle hausse un sourcil parfaitement dessiné.

— Votre nom ?

— Arabella Winters.

Ses doigts volent sur un clavier invisible. Elle fronce les sourcils.

— Je n'ai pas de réservation à ce nom.

Mon cœur se serre. Pas maintenant. Pas après tout ce chemin.

— C'est impossible. On m'a dit de venir aujourd'hui, à quinze heures.

— Je suis désolée, mais je ne trouve rien.

Elle ne paraît pas désolée du tout. Elle paraît même plutôt satisfaite. Je sens la colère monter, chaude et familière, mais je la ravale. Je n'ai pas le luxe de m'énerver. Pas ici. Pas maintenant.

— Pouvez-vous vérifier sous le nom de Winters ? Juste Winters ?

Elle soupire comme si je lui demandais de déplacer une montagne. Ses doigts dansent à nouveau sur le clavier. Et puis elle s'arrête.

— Winters, oui. Quinze heures. Bureau 4100.

Elle lève les yeux vers moi, et je jure que je vois une lueur de surprise, presque d'inquiétude, traverser son regard professionnel.

— Attendez au salon d'accueil. On viendra vous chercher.

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