Share

Chapitre 5

Auteur: Douce-L
Grand-mère Boréal est allongée sur le lit d’hôpital, sous perfusion et avec un masque à oxygène.

Entendant du bruit, elle demande d’une voix tremblante : « Est-ce que c’est la petite Béatrice ? Hein ? »

« Grand-mère. » Béatrice se précipite au bord du lit et prend la main de grand-mère Boréal. « C’est moi, je viens vous voir. »

Le regard trouble de grand-mère Boréal devient peu à peu plus clair. Elle regarde Béatrice et esquisse un sourire affectueux.

« C'est rassurant de te voir. »

« Grand-mère, je suis toujours là. Dès que vous voulez me voir, je peux venir à tout moment. », répond Béatrice. « Il faut prendre soin de votre santé, vivre cent ans. »

« Moi, tant que je peux vivre jusqu’au jour où tu mettras un enfant au monde, où je pourrai tenir mon arrière-petit-enfant, je serais satisfaite. »

Les cils de Béatrice tremblent légèrement.

« Cela fait déjà cinq ans, ce ventre devrait montrer des signes. », dit Grand-mère Boréal en jetant un regard à Florent. « Espèce de petit morveux, tu ne crois pas ? »

Florent reste silencieux.

« Je te parle ! Tu… ahem, ahem, ahem… »

Grand-mère Boréal se met à tousser lourdement, son visage devient rouge.

Béatrice s’empresse de lui tapoter le dos pour l’aider à respirer.

Dans cette situation, faut-il dire la vérité ?

Si la vieille dame apprend qu’ils ont déjà entamé les démarches de divorce, qu’ils attendent seulement la fin de la période de réflexion pour se séparer, est-ce qu’elle ne risque pas de faire une crise qui l’envoie directement en soins intensifs ?

Alors que Béatrice réfléchit, son épaule s’échauffe soudain.

Une odeur familière de menthe légère lui parvient aux narines.

La main de Florent s’avance, entoure son épaule, et avec une légère pression, l’attire contre lui.

« Béatrice et moi essayons d’avoir un enfant dernièrement. », déclare Florent. « Si tout va bien, nous devrions avoir de bonnes nouvelles bientôt. »

Grand-mère Boréal a l’air d’avoir avalé un élixir de vie : son teint vieilli et pâle rayonne soudain. « Vraiment ? »

« Vraiment. » Florent esquisse un sourire, baisse la tête et ses lèvres fines effleurent l’oreille de Béatrice. « Demande à Béatrice si tu n'y crois pas. »

Grand-mère Boréal rit, ses yeux se plissant jusqu’à devenir des fentes.

« Il y a plus de dix ans, je savais déjà que vous feriez un bon couple, alors je vous ai fiancés très tôt. Regardez, quel bon jugement j’ai. »

Béatrice sourit aussi : « Oui, grand-mère, sans vous, nous n’aurions jamais eu cette union. »

« Hahaha, bien, très bien. », approuve grand-mère Boréal en hochant la tête avec satisfaction. « Il semble que ma décision de vous avoir forcés cette nuit-là était très juste. Les sentiments, ils se cultivent mieux la nuit, même si… mes petits moyens n’étaient pas très glorieux. Mais l’important, c’est que ça marche ! »

Étant très près, Béatrice entend le ricanement à peine audible de Florent.

Il a toujours pensé que le médicament venait de sa grand-mère, mais que l’idée venait de Béatrice.

Elle sait bien se dédouaner, jouer l’innocente, la pure.

Avant, Béatrice s’épuisait à expliquer, mais il ne la croyait pas.

Maintenant, elle ne veut plus expliquer.

Qu’il pense ce qu’il veut.

Grand-mère Boréal pense à autre chose : « Et aussi, Florent, cette… comment s’appelle-t-elle déjà… Ramier quelque chose, elle est revenue ? »

« … Il paraît. »

Cette fois, c’est au tour de Béatrice de ricaner intérieurement.

« Il paraît ».

Il est allé la chercher lui-même à l’aéroport, puis n’est pas rentré de la nuit.

Cette nuit-là, ils ont dû passer des heures dans les bras l’un de l’autre.

Béatrice s’interdit d’y penser plus avant et baisse les yeux.

Grand-mère Boréal avertit sévèrement : « Tu dois garder tes distances avec elle, tu es un homme marié maintenant. Même si elle t’a sauvé la vie et est une bienfaitrice de la famille Boréal, elle a bénéficié de beaucoup de soutien de la part des Boréal toutes ces années, cela compense largement. »

« Et surtout, n’aie pas de mauvaises idées, Florent. Tant que je suis en vie, elle n’entrera pas un seul jour chez les Boréal. Toi et Béatrice, vivez bien ensemble, ne te laisse pas ensorceler par ses manières de renarde. »

Florent fait un « hmm » : « Il n’y a rien entre elle et moi. »

Grand-mère Boréal hoche la tête, papote encore un moment, puis prend ses médicaments et s’endort.

Dehors, devant la chambre.

Florent et Béatrice se font face.

Époux pendant des années, à cet instant, ils sont d’une distance extrême.

« Grand-mère a des problèmes cardiaques, elle ne supporte aucun choc. », dit Florent. « Notre divorce, nous ne pouvons pas le lui faire savoir pour l’instant. »

« Tu comptes le cacher combien de temps ? »

« Cela dépendra. »

Béatrice cligne des yeux : « On ne peut pas cacher la vérité éternellement. »

Il fronce les sourcils, agacé : « Tu me donnes des leçons ? »

« Florent, pourquoi devrais-je toujours m’adapter à toi ? », rétorque-t-elle. « Tu veux quelque chose, et je dois obéir sans condition ? Tu pointes vers l’est, et je ne peux pas aller à l’ouest ? »

Il est encore plus impatient : « Entre nous, n’a-t-on pas toujours été ainsi ? »

Depuis qu’ils se connaissent, jusqu’à maintenant.

Cela fait déjà dix-sept ans.

Quand elle l’a rencontré, elle avait dix ans.

Maintenant, elle en a vingt-sept.

Florent a déjà l’âge de la trentaine, établi.

Ces dix-sept années se sont passées ainsi, pourquoi Béatrice voudrait-elle se rebeller aujourd’hui ?

Florent se sent naturellement mal à l’aise.

Béatrice esquisse un sourire amer : « Oui, toujours ainsi. Mais est-ce que cela signifie que c’est juste ? Florent, je suis un être humain, vivant, avec du sang, de la chair, une âme. Je ne suis pas ta marionnette. »

« Alors pourquoi tu ne disais pas cela avant ? »

« Parce qu’avant, je t’aimais. », répond-elle. « Maintenant, je ne t’aime plus. »

Elle veut prendre ses propres décisions.

Elle n’est plus cette Mme Boréal qui tournait autour de Florent.

Elle est Béatrice.

Un sentiment indéfinissable envahit rapidement le cœur de Florent.

Elle dit qu’elle ne l’aime plus.

Et alors ?

Il se moque totalement de son amour.

Florent refoule de force cette étrange sensation et dit d’une voix grave : « Que tu m’aimes ou non, tu dois m’obéir, Béatrice. »

« Et si je refuse délibérément ? »

« Pfff. », il émet un léger rire nonchalant, lève la main et lui soulève le menton. « Lutter contre moi, tu en es loin. »

« Qu’est-ce que cela veut dire ? »

« Tout ce que tu fais en ce moment, je le sais parfaitement. » Florent hausse un sourcil. « Il suffit que je dise un mot, et personne de cette ville n’osera faire affaire avec toi. Tu me crois ? »

Elle le croit.

Bien sûr qu’elle le croit.

Florent est un personnage influent que tout le monde ici cherche à flatter, qui irait l’offenser facilement ?

En vérité, pour la santé de grand-mère Boréal, Béatrice ne dira évidemment rien du divorce.

Mais elle déteste simplement l’attitude hautaine, froide et autoritaire de Florent.

Elle a trop longtemps écouté ses ordres.

Elle veut résister, se libérer.

Béatrice serre les dents : « Si tu me boycottes, j’irai faire un scandale chez les Boréal, au siège du groupe Boréal. Celui qui n’a rien à perdre ne craint pas celui qui est bien chaussé. Voyons qui sera le plus embarrassé à la fin, toi ou moi. »

Florent avertit d’une voix grave : « Béatrice, ne cherche pas à mourir. »

Elle, toujours si docile, s’est soudain transformée en une rose épineuse.

Il n’est pas habitué.

Comment peut-elle avoir ce côté agressif ?

Cette sensation de perte de contrôle, Florent le déteste.

Béatrice frappe lourdement sa main pour la repousser et détourne la tête.

Mais devant ses yeux passe une étrange association de couleurs.

Béatrice fixe attentivement.

Elle découvre que la couleur de la chemise de Florent et le motif de sa cravate ne vont pas du tout ensemble.

Il porte une chemise grise, qui devrait être assortie à une cravate de la même couleur ou de tons sombres. Mais aujourd’hui, il a noué une cravate bleu clair.

Sa veste est un costume noir.

Béatrice fronce les sourcils.

Qui lui a préparé cette tenue ?

Sans elle, il s’habille n’importe comment ?

Il faut savoir que toutes ces années, l’habillement, la nourriture, le logement et les déplacements de Florent ont tous été gérés personnellement par Béatrice.

Et elle l’a quitté… depuis seulement quelques jours ?
Continuez à lire ce livre gratuitement
Scanner le code pour télécharger l'application

Latest chapter

  • Divorcée mais secrètement enceinte, son mari la supplie pour son retour   Chapitre 30

    Maxime est un peu surpris : « Frérot, pour une affaire d'une telle ampleur, tu n'as vraiment rien entendu ? »Florent, le visage impassible, répond : « Quoi qu'elle veuille faire, je la laisse faire, je n'interviens pas. »L'affaire du divorce ne doit temporairement pas être connue de la famille Boréal.Pour éviter de laisser échapper des mots devant grand-mère.La santé de notre vieille dame ne supporterait pas, pour l'instant, la colère.Bien qu'ils soient cousins germains, Florent et Maxime ont en réalité peu de contacts privés.Au contraire, Maxime et Brieuc sont plus proches.Ils se retrouvent souvent ensemble.« Le problème... », déclare Maxime sur un ton prudent, « c'est que Brieuc aide constamment Béatrice, fournissant beaucoup d'efforts. Sa présence à la galerie est fréquente. »Le stylo dans la main de Florent se serre lentement.Ne le voyant pas réagir, Maxime poursuit : « Frérot, tu le sais, mes relations avec Brieuc sont bonnes, donc je suis assez au courant. Pour aider Bé

  • Divorcée mais secrètement enceinte, son mari la supplie pour son retour   Chapitre 29

    Il ne veut pas qu'un seul centime aille à son neveu ou sa nièce, tout doit aller à sa fille Paola plus tard.Cette Béatrice est bien plus rusée que Mathieu.Elle lui tend des pièges partout, tout en se ménageant une porte de sortie.Quand Béatrice quitte la vieille maison des Mésange, son sourire est nettement plus éclatant, son humeur est excellente.Théo se tient devant la fenêtre du salon, regardant sa silhouette qui s'éloigne.Il n'aurait jamais pensé, lui, un vieux renard ayant passé la cinquantaine, se faire avoir par Béatrice.Il l'a sous-estimée.Peu importe, ce n'est que le début.Voyons ensuite si les nouvelles générations surpassent les anciennes, ou si les anciens restent les plus sages.Après avoir reçu les soi-disant « fonds d'investissement » de Théo, Béatrice s'achète d'abord une voiture électrique.Et le modèle le moins cher, petit, seulement à trois mille et quelques.Communément appelé « tête de poisson ».Sans voiture, impossible d'avancer.Au volant, Béatrice comme

  • Divorcée mais secrètement enceinte, son mari la supplie pour son retour   Chapitre 28

    Théo se ressaisit rapidement.Il le sait, Béatrice ne vient jamais sans raison.Sa nièce est bien plus capable que son neveu.Dommage qu'elle soit une fille, et qu'elle ait déjà des fiançailles.Elle ne pouvait pas faire grand-chose.Toussotant deux fois, Théo ressort sa vieille excuse : « Béa, tu es une femme, comment pourrais-tu comprendre la gestion d'une entreprise ? Et puis, dans les dîners d'affaires, les toasts, tu saurais boire ? Pas la peine de t'imposer ces difficultés. Mieux vaut bien servir Monsieur Boréal, c'est plus important. »« Qu'est-ce qu'il y a avec les femmes ? Les femmes ne peuvent pas toujours dépendre des hommes. », dit Béatrice avec un sourire. « Et puis, Paola est aussi une femme, tu n'as qu'elle comme fille, c'est elle qui te succédera plus tard. »Théo n'a qu'une fille, nommée Paola.Elle a fait ses études à l'étranger, vient juste d'être diplômée, elle devrait bientôt rentrer au pays.Dès son retour, Théo va certainement la former sérieusement.À ce moment-

  • Divorcée mais secrètement enceinte, son mari la supplie pour son retour   Chapitre 27

    Vu à la lumière du soleil, c’est encore plus évident. Mais, pouvoir la préserver est déjà une grande chance dans le malheur.Béatrice paye et remercie, puis retourne à la villa familiale.Comme prévu, Mathieu, qui d’habitude ne fait que s’allonger sur le canapé à profiter du soleil, a déjà disparu sans laisser de trace.Béatrice soupire, se retourne et sort, se dirigeant vers la vieille maison des Mésange.Le majordome de la vieille maison, en la voyant, reste interdit : « Vous… Vous êtes venue, Mademoiselle. »Ce n’est qu’à l’occasion des fêtes que Béatrice vient une fois.D’habitude, elle n’en franchit même pas le seuil.Elle et son oncle Théo forment une famille typique d’apparences cordiales mais de cœurs désunis.En raison de la présence de la vieille dame Mésange encore en vie, la famille Mésange fait preuve d’une complicité tacite pour maintenir les apparences, jouant la comédie d’une famille unie et heureuse, afin d’éviter de peiner la vieille dame.Théo s’est emparé des biens

  • Divorcée mais secrètement enceinte, son mari la supplie pour son retour   Chapitre 26

    La bijouterie.L'employé prend la perle des mains de Béatrice, l'inspecte soigneusement puis hoche la tête : « Désolé, on ne peut pas le réparer. »Béatrice dit doucement merci, quitte la boutique et en change à nouveau.Vendeurs d’or, de diamants ou de jadéite, elle entre boutique après boutique.Finalement, un vieux maître artisan d’une boutique examine la pièce : « Je peux essayer de la recoller, mais je ne garantis pas le succès. »« D’accord, faites de votre mieux pour la réparer. »Sans cette réparation, cette perle se briserait complètement rapidement.Elle deviendrait alors totalement inutilisable.Le vieux maître apporte habilement ses outils et demande en passant : « Ça n’a pas l’air très précieux, mais c’est important pour vous ? »« Ce sont les derniers souvenirs de mes parents décédés. »« Oh là là. » Le vieux maître fait une pause. « Alors si je n’arrive pas à la réparer... »Béatrice l’interrompt : « Ce n’est pas grave, maître, je ne vous en voudrai pas. J’ai parcouru ce

  • Divorcée mais secrètement enceinte, son mari la supplie pour son retour   Chapitre 25

    Et Béatrice reprend déjà sa recherche de la perle.Finalement, dans un coin, au bord, elle la trouve.Mais, la perle est fêlée.Plusieurs fissures évidentes, au moindre toucher elle pourrait se briser, se séparer en morceaux.Béatrice la ramasse avec une extrême précaution, la place dans sa paume, n'ose même pas serrer trop fort.Retrouvée, mais avec des fissures.Que faire maintenant ?Peut-on la réparer ?Si c'est impossible...Le cœur de Béatrice se serre douloureusement, elle regarde Ella.Son regard semble vouloir la dévorer. Ella, effrayée, recule près de Florent.Ce bracelet est-il si important ?Important au point que Florent la regarde recevoir une gifle sans intervenir pour la défendre !Ella n'ose pas demander, elle se contente de couvrir sa joue en silence, baisse la tête, ses cheveux tombant, continuant à jouer l'innocente.« Ella ne l'a pas fait exprès. », dit Florent. « Et toi, tu frappes ? »Béatrice répond : « Oui, je la frappe, et alors ? Elle ne le mérite pas ? »Flo

Plus de chapitres
Découvrez et lisez de bons romans gratuitement
Accédez gratuitement à un grand nombre de bons romans sur GoodNovel. Téléchargez les livres que vous aimez et lisez où et quand vous voulez.
Lisez des livres gratuitement sur l'APP
Scanner le code pour lire sur l'application
DMCA.com Protection Status