INICIAR SESIÓNDu point de vue de BelleJe m’adressai au bébé dans un murmure, même si aucun signe visible ne révélait encore sa présence.— Je ne vais pas me servir de toi pour le récupérer.Les larmes me montèrent aux yeux. Elles débordèrent silencieusement.— Si ton père veut te connaître un jour, je le lui dirai. Mais je ne le forcerai pas à m’aimer à travers toi.Je me fis cette promesse comme j’en avais autrefois fait de bien plus sombres.Je ne contacterais pas James. Je ne lui demanderais pas d’argent. Je n’utiliserais pas cette grossesse pour le manipuler et le faire revenir dans ma vie.Je construirais quelque chose pour moi et pour cet enfant, quelque chose qui n’exigerait la destruction de personne ni le pardon de qui que ce soit.Je pris ma valise. Son poids me donna l’impression que tout était désormais définitif.Puis…Toc. Toc. Toc.Je me figeai.Le bruit résonna brutalement dans le silence de l’appartement.Je n’attendais personne. Mon vol était imminent. Les clients de mon agence n
Du point de vue de BelleLa voix du médecin continuait de résonner — des paroles rassurantes sur le repos, la surveillance médicale et les prochaines étapes — mais je ne l’entendais presque plus. Une seule pensée occupait mon esprit, aiguë et implacable.James.La peur m’envahit lentement, telle une vague glaciale. Je m’imaginai en train de le lui annoncer. J’imaginai l’expression de son visage lorsque les mots franchiraient mes lèvres.Puis une autre pensée détruisit le fragile espoir qui tentait de naître en moi : et s’il croyait que j’avais fait exprès ?Après tout ce qu’il avait découvert sur mes calculs initiaux, comment pourrait-il croire que cette grossesse n’était pas une autre partie du même plan ? Il pourrait penser que j’étais volontairement tombée enceinte pour me frayer un chemin dans sa vie. Que j’utilisais son enfant comme moyen de pression. Que la femme qui s’était autrefois approchée de lui avec la vengeance au cœur était toujours en train de jouer au même jeu, mais a
Du point de vue de BelleIl s’approcha. Pas suffisamment pour m’envahir, mais assez pour que je puisse percevoir le léger parfum de son eau de Cologne, celui qui avait autrefois imprégné les draps de la maison d’hôtes, le col d’une chemise oubliée et l’air du bureau après les heures de travail, lorsque les lumières de la ville brillaient derrière les vitres.— Est-ce que tu m’as déjà aimé ?La question resta suspendue entre nous, brute et dépouillée de tout artifice. C’était la même question qui hantait le silence de mon appartement depuis des semaines.Je gardai le silence. Autour de nous, le magasin continuait de diffuser sa douce bande sonore, mêlée aux fragments de la vie ordinaire des autres. Quelque part, un enfant riait. Ailleurs, une caisse émit un petit bip.Il insista, la voix basse.— J’ai repassé chaque instant dans ma tête. La propriété. La maison d’hôtes. Le bureau. La robe. Tes aveux, cette nuit-là. Je ne sais toujours pas quelles parties étaient réelles.J’avalai diffi
Du point de vue de BellePlusieurs semaines s’étaient encore écoulées depuis que j’avais quitté Wilder Holdings avec pour seuls bagages un sac contenant mes affaires personnelles et le poids de toutes les décisions que j’avais prises. La ville ne s’était pas arrêtée pour moi. Los Angeles poursuivait son rythme éclatant et indifférent : la circulation grondait, les palmiers se balançaient sous un ciel qui ne semblait jamais perdre son éclat. Mais à l’intérieur de mon appartement, quelque chose de plus calme avait commencé à naître.Ma petite agence prenait forme, comme une chose meurtrie qui apprend à se relever. Rien de grandiose. Aucun financement provenant du nom de quelqu’un d’autre. Juste le mien.Un coin du salon avait été débarrassé de tout ce qui appartenait à mon ancienne vie. Un bureau modeste. Une chaise d’occasion qui grinçait lorsque je me penchais trop en avant. Une lampe diffusant une lumière chaleureuse sur des carnets remplis de notes concernant mes clients plutôt que
Du point de vue de BelleLe silence qui me répondit fut absolu.Les semaines passèrent. Je cessai de consulter les réseaux sociaux de Tania. Je cessai de rechercher des nouvelles de Sam. Je cessai de demander à nos connaissances communes si elles avaient vu James.Cette habitude qui consistait à mesurer mon état émotionnel en fonction de leurs faits et gestes était devenue une autre forme de captivité. J’en avais fini avec le rôle de prisonnière de personnes qui ne faisaient plus partie de ma vie.Un soir, j’ouvris mon ancien ordinateur portable et déverrouillai le dossier crypté.Des captures d’écran. Des enregistrements. Des notes remontant à la nuit de notre anniversaire. Des chronologies. Des plans de secours. Toute l’architecture froide et méticuleuse d’un plan qui m’avait autrefois semblé nécessaire.Je fis défiler les pages couvertes de ma propre écriture jusqu’à ce que les mots deviennent flous devant mes yeux.Puis je sélectionnai tout et supprimai les fichiers.La fenêtre de
Chapitre trente et deux : Conséquences et nouveau départDu point de vue de BelleLa chute de Sam fut plus lente et plus sordide.Wilder Holdings mit officiellement fin à toutes les discussions concernant sa proposition. Les preuves que j’avais révélées — les chiffres, les incohérences, cette discrète trace d’ambition qui n’avait jamais été aussi ingénieuse qu’il le croyait — déclenchèrent un audit interne. Les investisseurs qui répondaient autrefois à ses appels cessèrent de décrocher. Ses comptes bancaires furent soumis à des restrictions pendant que les accusations de fraude faisaient l’objet d’une enquête. Les avocats commencèrent à lui laisser des messages. Cet homme charmant et ambitieux, qui avait autrefois cru pouvoir manipuler tout le monde, se retrouvait désormais acculé par les mêmes systèmes qu’il avait tenté d’utiliser à son avantage.Il m’appela dix-sept fois en trois jours. Je laissai chaque appel tomber sur la messagerie vocale. Il m’envoya des messages oscillant entre







