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CHAPITRE 100 — CE QUE VOUS M'AVEZ APPRIS

Autor: Déesse
last update Fecha de publicación: 2026-11-05 08:20:41

— Zaira

Il est assis par terre, au milieu des débris, le dos contre le canapé, et il a les yeux rouges, les joues mouillées, il ne pleure pas vraiment, il a les yeux d'un homme qui a pleuré et qui ne s'en rend même plus compte ; ses jambes sont allongées devant lui, ses chaussures sont défaites, et il y a sur son pantalon des traces de poussière, des traces de tout ce qu'il a cassé, et je me dis que c'est étrange, de le voir assis là comme un enfant puni.

Je reste debout dans l'e
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  • ENTRE LE PÈRE ET LE FILS    CHAPITRE 101 — PAS ENCORE

    — Fiorenza Je la trouve dans la cuisine, assise sur le comptoir, les jambes pendantes, un verre vide à la main ; elle a une trace rouge sur le poignet, une marque de doigts, et elle ne cherche même pas à la cacher, elle la laisse là, offerte à la lumière, comme une preuve, comme un témoignage. La cuisine est en désordre, il y a sur le plan de travail des miettes, une tasse renversée, une serviette froissée, et je me dis que cette maison est en train de devenir un champ de bataille, que les murs eux-mêmes commencent à sentir la guerre. — Il t'a touchée ? — Il m'a attrapée. Ce n'est pas la même chose. — Ce n'est pas très différent non plus. Elle hausse les épaules, elle pose son verre, et je vois dans ses yeux cette fatigue que je connais, cette fatigue qui n'est pas physique, cette fatigue de l'âme, si tant est que l'âme existe, cette fatigue qui vient de tout ce qu'on porte et qu'on ne peut pas poser. —

  • ENTRE LE PÈRE ET LE FILS    CHAPITRE 100 — CE QUE VOUS M'AVEZ APPRIS

    — ZairaIl est assis par terre, au milieu des débris, le dos contre le canapé, et il a les yeux rouges, les joues mouillées, il ne pleure pas vraiment, il a les yeux d'un homme qui a pleuré et qui ne s'en rend même plus compte ; ses jambes sont allongées devant lui, ses chaussures sont défaites, et il y a sur son pantalon des traces de poussière, des traces de tout ce qu'il a cassé, et je me dis que c'est étrange, de le voir assis là comme un enfant puni.Je reste debout dans l'embrasure de la porte, les bras croisés, et je le regarde comme on regarde une chose qu'on a cassée et qu'on ne sait pas comment réparer ; la maison est silencieuse, d'un silence épais, un silence qui pèse, et dans ce silence j'entends le frigo qui ronronne dans la cuisine, le radiateur qui craque, tous ces bruits de fond qu'on n'entend jamais et qui deviennent assourdissants quand plus personne ne parle.— Tu veux savoir ce que j'ai appris ? je demande.Il lève la tête, il me regarde, il

  • ENTRE LE PÈRE ET LE FILS    CHAPITRE 99 — LA COLÈRE

    — ZairaLa porte claque derrière moi avant que j'aie le temps de poser mon sac ; il est là, dans l'entrée, les bras croisés, la mâchoire serrée, et je vois tout de suite à sa façon de se tenir qu'il sait, qu'il a compris, qu'il a reconstitué la nuit pièce par pièce comme on reconstitue un puzzle dont on n'a pas la boîte ; il y a dans son attitude quelque chose de figé, quelque chose de trop immobile, et je me dis que les hommes qui ont l'air calme sont souvent les plus près d'exploser.La lumière du couloir est jaune, trop jaune, elle tombe sur son visage et creuse ses traits, elle fait ressortir les cernes qu'il a sous les yeux, et je me demande s'il a dormi, s'il a attendu toute la nuit, s'il a compté les heures comme on compte les coups avant de les recevoir.— Où étais-tu ?— Sortie.— Sortie où ?— Ça te regarde ?Il y a une seconde de silence, une seconde suspendue, et dans cette seconde je vois le vase sur la console, le vase bleu qu'il m'a of

  • ENTRE LE PÈRE ET LE FILS    CHAPITRE 98 — COUCHER AVEC UN ASSOCIÉ

    — Fiorenza Je pose le dictaphone sur la table basse, je vérifie le niveau de la batterie, je vérifie la mémoire ; tout est prêt. Zaira est assise en face de moi, les jambes croisées, un carnet sur les genoux, et elle a cette expression qu'elle prend quand elle est concentrée, cette expression qui la vieillit, qui la durcit, qui la fait ressembler à sa mère, paraît-il, à ce qu'on m'a dit de sa mère. — Tu es sûre que ça va marcher ? — Il a confiance en moi. Il croit que je suis juste une fille un peu perdue. Elle hoche la tête, elle ouvre son carnet, elle note la date en haut de la page, et je me dis que nous formons un drôle de duo, elle et moi, une fille qui collectionne les secrets et une fille qui les archive, l'une qui vit dans le désordre et l'autre qui range tout, l'une qui brûle et l'autre qui couve. Il arrive une heure plus tard, il s'assoit sur le canapé, il pose son verre sur la table basse, juste à côté du dictap

  • ENTRE LE PÈRE ET LE FILS    CHAPITRE 97 — LA SÉDUCTION PAR INTERMITTENCE

    — ZairaJe passe devant lui sans le regarder, je pose mon verre sur le comptoir, je commande un autre cocktail, et je sens son regard dans mon dos comme une main posée sur ma nuque. Je ne me retourne pas. C'est la règle. Je ne me retourne pas la première fois, ni la deuxième, ni la troisième ; je le laisse venir, je le laisse croire que c'est lui qui décide, alors que c'est moi qui tiens le fil.Le bar est plein, la musique est trop forte, les lumières sont trop basses, et il y a dans l'air cette odeur de sueur et de parfum qui me donne envie de partir et de rester en même temps ; je pose mes coudes sur le zinc, je regarde les bouteilles alignées derrière le comptoir, et je compte les secondes en faisant tourner mon verre entre mes doigts.Il s'approche au bout de la quatrième fois, il pose son coude sur le zinc à côté du mien, et il commande la même chose que moi, un geste de familiarité qui me fait sourire malgré moi, un geste qu'il croit habile et qui le trahit.

  • ENTRE LE PÈRE ET LE FILS    CHAPITRE 96 — LA VENGEANCE

    — ZairaJe m'assois sur le rebord de la baignoire, la serviette encore humide autour des cheveux, et je regarde Fiorenza qui se maquille devant le miroir ; elle passe le crayon sur sa paupière, un geste sûr, précis, et je me dis que je n'ai jamais vu personne se concentrer comme elle, avec cette façon qu'elle a de tout faire comme si c'était une question de vie ou de mort ; l'eau chaude coule encore dans la baignoire derrière moi, elle fume, elle embue le miroir par en dessous, et cette buée qui monte lentement me donne envie de parler, de tout dire d'un coup, comme si la vapeur pouvait emporter les mots.— Je vais me venger.Elle ne s'arrête pas, elle ne tourne même pas la tête ; elle continue son trait, elle le prolonge, elle le parfait, et quand elle a fini elle pose le crayon sur le rebord du lavabo avec un petit clic sec qui résonne dans la pièce carrelée.— De qui ?— De lui. De son père. De tout ça.Elle me regarde enfin dans le miroir, ses yeux r

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