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Chapitre 12 - Le serment

Author: Déesse
last update Petsa ng paglalathala: 2026-07-14 00:18:33

Scarlett s'assoit sur une table massive, celle du bibliothécaire probablement, et me regarde. Dans cette lumière, elle est différente. La dureté de ses traits s'estompe. Sa bouche n'a plus ce pli ironique. Ses yeux n'évaluent pas. Ils attendent, simplement. Elle ressemble moins à la reine cruelle du lycée qu'à une fille de dix-sept ans, seule dans une pièce oubliée, avec une autre fille qui tremble devant elle.

— Approche, dit-elle.

Je le fais. Mes jambes sont en coton. Mon cœur bat si fort q
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    Scarlett s'approche. Elle n'a plus la douceur hésitante de la bibliothèque. Quelque chose en elle a changé, ou peut-être est-ce simplement un autre aspect de sa personnalité qui remonte à la surface. Elle marche vers moi avec une assurance tranquille, presque prédatrice, qui me cloue au sol. Mon dos heurte la porte fermée. Je suis piégée. Et je ne veux pas m'échapper. — Tu as peur ? demande-t-elle. — Oui. — De moi ? — De moi. Elle sourit. Pas le sourire cruel des distributeurs. Pas le sourire satisfait de la cour de récréation. Un sourire différent, plus intime, comme si ma réponse venait de confirmer quelque chose qu'elle espérait. — Moi aussi, dit-elle. Cet aveu me désarme complètement. Scarlett a peur d'elle-même. Comme moi. Nous sommes deux filles terrifiées par ce que nous ressentons, réfugiées dans un débarras poussiéreux, à quelques mètres des élèves qui rentrent che

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    Evelyn Le lendemain, je retrouve Scarlett au même endroit. Derrière les gradins, à la même heure, comme si ce rendez-vous était déjà devenu notre rituel secret. Elle n'est pas adossée au mur cette fois. Elle fait les cent pas, les mains dans les poches, le visage tendu. En me voyant approcher, elle s'arrête et je comprends tout de suite que nous ne sommes plus dans le même film que la veille. La douceur de la bibliothèque s'est évaporée. À sa place, il y a cette fille dure, nerveuse, qui arpente le béton comme une cage. — Il faut qu'on parle, dit-elle. Ces quatre mots me refroidissent immédiatement. Dans ma courte expérience, les phrases qui commencent ainsi ne précèdent jamais rien de bon. Je m'arrête à distance, les bras serrés autour de moi malgré la chaleur moite de cette fin d'après-midi. — De quoi ? — De nous. De ça. Elle désigne l'espace entre nous d'un geste vague qui englobe tout et rien. Je sens mon estomac se nouer. Elle va dire que c'était une erreur. Que c'était un

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    Scarlett s'assoit sur une table massive, celle du bibliothécaire probablement, et me regarde. Dans cette lumière, elle est différente. La dureté de ses traits s'estompe. Sa bouche n'a plus ce pli ironique. Ses yeux n'évaluent pas. Ils attendent, simplement. Elle ressemble moins à la reine cruelle du lycée qu'à une fille de dix-sept ans, seule dans une pièce oubliée, avec une autre fille qui tremble devant elle. — Approche, dit-elle. Je le fais. Mes jambes sont en coton. Mon cœur bat si fort que je suis certaine qu'elle l'entend. Quand je suis assez près, elle prend mes mains dans les siennes. Le geste est si simple, si peu spectaculaire, et pourtant c'est la première fois que quelqu'un me tient les mains comme ça. Pas pour m'aider à me relever. Pas pour danser en cours de sport. Juste pour le contact. Juste pour dire je suis là. Ses doigts sont longs, fins, plus chauds maintenant. Ils se referment autour des miens avec une pression légère, presque interrogative. Je sens les callosi

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