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En attendant que le brouillard se lève
En attendant que le brouillard se lève
Author: Fruitier

Chapitre 1

Author: Fruitier
J'ai mis un « J'aime » à sa publication.

Puis j'ai laissé un commentaire : [Une belle date.]

C'était le jour où, des années plus tôt, j'avais échappé de justesse à la mort après un éboulement.

Mais c'était surtout le jour où j'avais décidé de quitter Michel pour de bon.

……

Je suis rentrée chez moi à pas lents, j'ai regagné ma chambre et me suis laissée tomber sur le lit.

Lorsque je me suis réveillée, la douleur dans le bas-ventre s'était enfin un peu calmée.

Pourtant, cette sensation de vide m'était encore étrangère.

Tout semblait terriblement creux, mon ventre, et cette maison plongée dans l'obscurité.

Machinalement, j'ai voulu envoyer un message à Michel.

Lui demander pourquoi, à trois heures du matin, il n'était toujours pas rentré.

J'avais déjà déverrouillé mon téléphone lorsque tous ces [1] qui remplissaient l'écran m'ont ramenée à la réalité.

J'ai eu un sourire amer. Presque deux ans, et je n'avais toujours pas réussi à m'habituer à ses réponses automatiques.

Clic.

Un bruit est venu de l'entrée.

Je suis sortie de la chambre et suis tombée sur Michel, qui était en train de se déshabiller. Il a retiré sa veste trempée et l'a jetée de côté avant de m'expliquer :

« Chloé avait envie de mon confit de canard. Je viens de lui en apporter. Et il s'est mis à pleuvoir sur le chemin du retour. »

Puis il m'a regardée. « Tu ne dors toujours pas à cette heure-ci ? »

« Non », ai-je répondu d'un ton neutre.

Il est entré dans la salle de bains et m'a demandé au passage : « Au fait, pourquoi tu es allée à l'hôpital aujourd'hui ? »

Il a sorti le sèche-cheveux, l'a branché et l'a allumé.

« J'ai avorté. »

Le vrombissement de l'appareil a englouti ma voix.

Avec lui, c'était toujours comme ça. Il ne me laissait même pas le temps de lui parler.

Mon regard s'est posé sur le cordon rouge qu'il portait autour du cou. Sous ses chemises blanches, on le distinguait toujours par transparence.

Même en plein été, il préférait enfiler une veste par-dessus plutôt que de l'enlever. Et pourtant, ce cordon n'avait rien de précieux. Ce n'était qu'un cadeau que Chloé avait reçu gratuitement dans une boutique après avoir fait quelques achats.

« Michel, où est ton alliance ? » ai-je demandé, adossée à l'encadrement de la porte.

Il a éteint le sèche-cheveux et a passé négligemment une main dans ses cheveux.

« Je l'ai enlevée. Je n'aime pas avoir quelque chose qui me serre. »

« Alors pourquoi tu gardes ce cordon autour du cou ? » Je connaissais déjà la réponse.

« Ce n'est pas pareil », a-t-il répondu. « C'est souple. Une alliance, ça gêne et ce n'est pas pratique. Il n'y a que toi pour aimer porter ça. »

J'ai baissé les yeux vers la bague à mon annulaire.

Mon alliance ?

Je l'avais retirée depuis longtemps. Celle que je portais venait d'une petite boutique du centre-ville. Elle m'avait coûté dix euros, et son faux diamant était si grossier que n'importe qui aurait dû s'en rendre compte.

N'importe qui, sauf Michel.

Ou peut-être ne m'avait-il tout simplement plus regardée depuis trop longtemps. Cela faisait une éternité qu'il n'avait même plus pris ma main dans la sienne.

« Bon, va te coucher », a dit Michel.

Il m'a ébouriffé les cheveux avant de se diriger vers la chambre d'amis.

Depuis que j'étais tombée enceinte, nous ne partagions plus le même lit.

Il disait qu'il se couchait tard et qu'il avait peur de perturber mon sommeil.

Pourtant, tous les soirs, Michel allait chercher Chloé à la fin de son service de nuit. Il mangeait quelque chose avec elle, puis la raccompagnait chez elle. Lorsqu'il rentrait enfin, il était généralement deux ou trois heures du matin.

Et même une fois rentrés chacun chez soi, ils continuaient à discuter.

Une fois, je m'étais levée vers cinq heures du matin pour aller aux toilettes et la lumière de la chambre d'amis était encore allumée. À travers la porte, j'entendais des petits rires étouffés.

Autrefois, je serais entrée pour lui demander de quoi ils pouvaient bien parler.

Y avait-il tant de choses à se raconter ?

Et si oui, pourquoi Michel devenait-il presque muet dès qu'il se retrouvait face à moi ?

Mais désormais, tout cela n'avait plus aucune importance.

L'écran de mon téléphone s'est allumé. Les documents concernant ma mutation à l'étranger venaient d'arriver.

J'ai appuyé sur « Confirmer », puis je suis retournée dans ma chambre et me suis couchée.

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