LOGINSoupirs, Jalousies et Mirages°•~━━✥❖✥━━~•°Julien était enfin rentré chez lui. Le Dr Bae lui avait accordé quelques jours de repos qu'il avait, pour une fois, effectivement pris – impossible de faire autrement avec Thomas sur son dos, vigilant comme une sentinelle, qui vérifiait deux fois par jour qu'il mangeait et dormait correctement.Il avait à peine échangé avec Éléonore durant ces jours. Quelques messages courts, quelques réponses brèves. Pas les appels du soir habituels, pas cette voix dans son oreille avant de s'endormir. Ça lui avait pesé plus qu'il ne l'aurait admis facilement.Il reprenait le travail aujourd'hui. Il espérait que ça l'aiderait à mettre de l'ordre dans sa tête.Il soupira.Thomas, assis côté passager, ferma les yeux une seconde.Ça faisait une semaine que les soupirs ponctuaient les silences de son frère de façon quasi musicale. Il avait appris à les compter – trois depuis qu'ils avaient quitté
Colère, Raccroché et Épuisement°•~━━✥❖✥━━~•°Éléonore claqua la porte de sa chambre derrière elle.Elle sentait tout son corps trembler – pas de froid, pas de faiblesse, mais de cette colère qui n'avait nulle part où aller, qui cherchait une sortie et n'en trouvait pas. Elle posa ses mains sur son ventre, ce geste devenu réflexe, et fixa sa chambre d'un regard perdu.La porte s'ouvrit derrière elle.Elle ne se retourna pas.« Tu vas enfin me dire ce qui ne va pas ? »La voix de Théo. Calme. Patiente. La voix de quelqu'un qui sait attendre.Éléonore alla s'asseoir sur le bord du lit, lentement, ses jambes qui portaient tout ce poids. Les larmes étaient déjà là, elle ne savait pas depuis quand exactement.« Théo, j'ai l'impression de devenir folle. »Elle baissa la tête.« Mes hormones ne cessent de faire des leurs et je suis incapable de les contrôler. Regarde. »Elle leva les
Jalousie et Défense°•~━━✥❖✥━━~•°Éléonore s'était rendue à l'hôpital aussi vite que possible après le coup de fil de Thomas. Elle n'avait pas bien saisi tous les détails dans l'urgence de la conversation – des mots comme "évanoui" et "fièvre" et "il va bien mais" –, mais la seule chose qui avait vraiment atterri en elle était que Julien n'allait pas bien.Et c'était suffisant pour qu'elle soit debout avant même d'avoir raccroché.Théo n'avait pas eu le temps de s'apprêter correctement. Éléonore l'avait pratiquement tiré vers la sortie, ce que Théo avait compris sans commentaire – il avait juste attrapé ses clés et suivi, sachant reconnaître les urgences qui n'en étaient pas selon les apparences mais qui l'étaient complètement pour la personne qui les vivait.Le trajet se fit dans un silence tendu.Éléonore avait le ventre imposant maintenant – ce ventre qui changeait son centre de gravité, qui modifiait sa façon de marcher, qui
Fièvre et Manque°•~━━✥❖✥━━~•°« Salut ! »La voix douce d'Ah-neul le fit se retourner dans le couloir.« Ah, salut. »Il passa une main fatiguée dans sa chevelure châtaine, le geste de quelqu'un qui essaie de se secouer sans vraiment y croire.« Julien, t'as pas l'air bien. »Elle posa le dos de sa main sur son front. Et grimaça.« Mais t'es brûlant. »Il retira doucement sa main et continua son chemin. Ah-neul fronça les sourcils et lui emboîta le pas à petites foulées.« Julien. Tu as de la fièvre. Tu dois aller te reposer. »« Pas la peine de t'inquiéter. C'est juste un peu de fatigue. » Il tapota son épaule, lui offrit un sourire rassurant. « Aujourd'hui c'est mon dernier tour avant mon jour de repos. Je me reposerai cette nuit correctement. »Elle ouvrit la bouche.Il était déjà parti.Elle soupira en passant une main sur son visage. Il n'était vraiment pas raisonnable, son ami. Pas du tout.---Julien, lui, ne voyait pas le mal à ça.Il travaillait dur depuis des semaines, pren
Confidences et Couleurs°•~━━✥❖✥━━~•°Après que Catherine fut repartie, Théo à sa suite, le silence retomba sur la chambre avec cette qualité particulière des silences qui ne sont pas vides mais trop pleins.Éléonore essayait de se convaincre, avec toute l'énergie qu'elle pouvait rassembler, que ce divorce n'était pas de sa faute. Sa mère le lui avait dit clairement. Théo le lui aurait dit aussi. Et pourtant la pensée revenait, insistante, creusant le même sillon : si elle n'avait pas existé, si cette grossesse n'avait pas tout précipité, si son père n'était pas rentré ce jour-là...Elle avait beau avoir des griefs envers ses parents, des griefs légitimes, profonds, elle ne voulait pas être la raison pour laquelle une famille s'effondrait. Même une famille qui n'en avait jamais vraiment été une.Elle finit par s'allonger, les yeux au plafond, les pensées qui tournaient.Des coups légers sur la porte.Elle ferma les yeux
Aveux et Départs°•~━━✥❖✥━━~•°Dans le véhicule, l'atmosphère était d'un calme particulier, ce calme qui s'installe naturellement entre des gens qui n'ont pas besoin de remplir le silence pour exister ensemble. Personne ne parlait, et ce ne serait certainement pas Éléonore qui viendrait briser ça en premier.Elle se sentait étrangement paisible. Après avoir confronté Ah-neul ce matin, quelque chose s'était déposé en elle comme la poussière après qu'on a secoué un vieux tapis. Pas résolu, pas oublié, mais posé. À chaque fois que son visage lui revenait en tête, c'était une légère irritation, comme une pierre dans la chaussure. Elle avait du toupet, il fallait le lui accorder. Venir lui tenir ce genre de discours avec ce sourire-là.Mais bon. Elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir d'aimer Julien. Elle-même avait succombé à ce charme-là, et elle avait pourtant résisté à beaucoup de choses dans sa vie.Elle soupira en regardant défiler l







