LOGINElle ne répondit pas. Elle défit sa ceinture, sa braguette, et il l’aida à retirer son short et son boxer. Il était là, offert, dur, et elle ne détourna pas le regard. Elle n’avait pas peur. Elle n’avait plus peur de rien, là, dans cette chambre, avec le soir qui tombait sur Maraú.Elle se redressa sur ses coudes, tira sa robe par-dessus sa tête. Le tissu fleuri atterrit quelque part par terre. Elle resta en sous-vêtements un petit haut blanc, une culotte assortie et il la regarda avec une intensité qui la fit rougir jusqu’aux épaules.— Toi aussi, dit-il.Il dégrafa son haut. Ses seins se libérèrent, et ses mains les trouvèrent immédiatement douces, précises, ses pouces jouant avec ses tétons qui se durcissaient sous la caresse. Elle laissa échapper un petit bruit, un soupir à peine retenu, et il se pencha pour les prendre dans sa bouche. Sa langue chaude, humide, qui tournait lentement autour de l’aréole, puis la succion légère, puis la morsure tout juste ce qu’il fallait pour lu
— Je m’excuse pour la gifle. Vraiment. J’aurais pas dû lever la main.— J’ai dit que j’avais mérité. Je le pense.Elle se retourna. Il était toujours sur le seuil, la lumière du soir dans le dos, son ombre allongée sur le carrelage de la cuisine. La maison sentait le café d’Eulália, le linge propre, et quelque chose de plus doux du jasmin, peut-être, par la fenêtre ouverte.— Ça fait deux ans que t’es à Maraú, dit-elle.— Oui.— Et t’as jamais trouvé que c’était un problème. Ces gens-là, tes amis de São Paulo, ils viennent ici avec leur argent et leur façon de se comporter, et toi tu dis rien. — Avant toi, j’avais pas quelqu’un en face qui me faisait voir ce que ça donnait de l’extérieur. Quand on est dedans, on ne voit pas. On trouve ça normal. C’est moche à dire, mais c’est vrai.— C’est facile à dire. Maintenant. Après.— C’est vrai quand même. Et c’est pas une excuse. C’est juste… une explication. Je ne suis pas fier de moi.Yara s’appuya contre l’évier. Elle était épuisée la n
La rue devant le restaurant. La chaleur de l’après-midi, les pavés chauffés à blanc, l’ombre insuffisante d’un flamboyant sur le trottoir d’en face. Les pétales rouges jonchaient le sol comme un tapis froissé, et l’air sentait le goudron fondu et le sel venu du port.Yara marchait vite. Ses sandales claquaient sur les pierres inégales, et sa robe fleurie collait à ses épaules. Elle avait la nuque en sueur, les tempes battantes. La scène du restaurant tournait encore dans sa tête le jeune serveur figé, son frère qui s’excusait pour rien, la main de Vitor autour du poignet. Et Rafael. Rafael qui n’avait rien dit.Rafael la rejoignit en deux enjambées. Il avait de longues jambes, et même en faisant semblant de ne pas se presser, il la rattrapa sans effort.— Yara.— Laisse-moi.— Écoute....— Non. Tu m’écoutes, toi.Elle s’arrêta net, se retourna. Il dut reculer d’un demi-pas pour ne pas la percuter. Son visage était fermé, mais ses yeux étaient ailleurs, comme s’il cherchait une porte
Vers midi, alors que le soleil montait encore et que l’ombre des parasols commençait à rétrécir, Camila vint s’asseoir à côté d’elle sur le transat voisin. Elle avait enlevé ses lunettes de soleil, et ses yeux bruns regardaient Yara avec une franchise qui n’était pas agressive.— Il est différent avec toi, dit Camila sans détour.— Pardon ? fit Yara, surprise par l’attaque.— Rafael. Je le connais depuis cinq ans. Il est différent avec toi. Il joue moins.Yara tourna la tête vers la piscine. Rafael discutait avec Vitor, adossé au bord, les bras croisés. Il riait de quelque chose que Vitor venait de dire, mais son regard glissait de temps en temps vers elles, comme s’il vérifiait que tout allait bien.— Je le connais depuis une semaine, dit Yara.— Je sais. C’est pour ça que c’est intéressant. Normalement, ça lui prend plus longtemps que ça d’arrêter de jouer. Yara n’avait pas de réponse utile à ça. Elle but sa limonade. La glace avait fondu, le verre était tiède, mais elle fit comme
On comprend les gens en regardant leurs amis.Yara avait lu cette phrase quelque part, des années auparavant, dans un roman qu’elle n’avait jamais terminé. Elle lui revenait maintenant, tandis que Rafael garait sa vieille Toyota verte le long du mur blanc qui ceignait la propriété. Une phrase simple, presque banale, mais qui prenait tout son sens ici, devant cette villa.La villa était à l’extrémité nord de la ville, là où les terrains avaient de la valeur parce qu’ils regardaient directement la mer sans rien entre eux et l’horizon. Pas un mètre de mangrove, pas une construction en front de mer, pas une route goudronnée entre la propriété et l’océan. Juste une vue dégagée, infinie, à laquelle on ne devait pas s’habituer même après des années.Une propriété blanche, longue, basse, avec une terrasse immense qui courait sur toute la façade. Sur cette terrasse, une piscine à débordement renvoyait la lumière du soleil dans toutes les directions des reflets mouvants qui dansaient sur les mu
— C’est exactement ce que je comptais faire. Je n’ai pas envie de sortir. Je n’ai pas envie de voir le local. Je n’ai pas envie de parler aux gens. Je veux rester ici, lire des dossiers, et oublier que cette ville est étrange.— Sors avec moi, dit-il.— Non.— Je t’emmène dans un endroit sympa. Pas la forêt. Pas la plage. Un endroit normal, avec des chaises et un toit. Tu rentres dans deux heures si tu veux. Je te ramène. Je te laisse tranquille après.— Non, Rafael.— Yara.— Non. Je suis pas d’humeur, et on a eu une soirée… compliquée l’autre fois. Je préfère rester là.Il acquiesça lentement. Il avait compris que le refus venait des deux choses à la fois la fatigue, le traumatisme, et le souvenir du baiser dans la clairière et il ne chercha pas à démêler lesquelles. Ce qu’il dit ensuite était presque trop simple. Pas de manipulation, pas de jeu. Juste une phrase posée là, comme un caillou sur la table.— Je voulais juste savoir si tu allais bien. C’est tout. Je suis passé pour ça







