Mag-log inChapitre 7
Point de vue de Catalina
Je restais immobile, figée sur place, tandis que mes yeux passaient lentement de Georges à sa secrétaire.
Je ne disais rien. Je respirais à peine. Tout mon corps semblait suspendu à cet instant précis, comme si le temps s’était arrêté pour me laisser observer la scène sous tous ses angles. Georges se tenait près de moi, trop droit, trop crispé. La secrétaire, elle, évitait mon regard avec une application presque douloureuse, comme une enfant prise en faute.
Il m’avait dit qu’il travaillait.
Il m’avait dit qu’il ne voulait pas être dérangé.
Et pourtant… il était là. Enfermé avec elle. À huis clos.
Un battement résonna violemment dans ma poitrine, puis un autre. Je sentis une chaleur étrange se diffuser en moi, mais ce n’était pas la douleur que j’avais imaginée tant de fois. Ce n’était pas ce déchirement violent, cette sensation d’effondrement total.
C’était autre chose.
Une lucidité glaciale.
*Non…* pensai-je. *Ce n’est pas possible.*
Je refusais encore d’admettre l’évidence. Georges n’était pas ce genre d’homme. Il m’aimait. Il avait toujours été attentionné, présent, presque parfait. Il ne pouvait pas me trahir ainsi.
Mais mon instinct me criait le contraire.
Je vis sa mâchoire se contracter légèrement. Son regard glisser une fraction de seconde vers la secrétaire, comme pour s’assurer qu’elle suivait le jeu. Mon cœur se serra.
Georges s’approcha de moi et posa une main sur mon bras. Son contact, autrefois rassurant, me sembla soudain étranger.
— Je travaillais, Catalina, dit-il rapidement. Avec ma secrétaire. C’est tout.
Sa voix manquait de naturel. Elle tremblait imperceptiblement.
Il mentait.
Je le savais maintenant avec une certitude troublante. Et ce qui me frappa le plus, ce fut l’absence de douleur immédiate. J’aurais dû m’effondrer. J’aurais dû hurler, pleurer, lui demander des explications.
Mais rien.
Seulement une fatigue immense. Comme si mon cœur avait déjà encaissé trop de coups ces derniers jours pour en ressentir un de plus.
*Alors voilà*, me dis-je amèrement. *Tu n’étais pas si honnête que je le pensais.*
Je pris une profonde inspiration et me tournai vers la secrétaire.
— Pouvez-vous nous laisser seuls, s’il vous plaît ? demandai-je calmement.
Ma voix était étonnamment stable.
Elle hésita. Ses yeux se posèrent sur Georges, cherchant son approbation.
— Faites ce qu’elle vous dit, trancha-t-il sèchement.
La jeune femme attrapa son sac à la hâte et quitta le bureau sans un mot. La porte se referma derrière elle dans un claquement sourd.
Le silence qui suivit était presque assourdissant.
Georges se rapprocha aussitôt.
— Je te jure que je n’ai rien avec elle, dit-il précipitamment. Rien du tout. Notre relation est strictement professionnelle.
Je le regardai longuement, sans parler. Je détaillai chaque trait de son visage, chaque ride de tension autour de ses yeux. Je le connaissais par cœur. Ou du moins, je croyais le connaître.
— Tu n’as pas besoin de te justifier, répondis-je doucement.
Il fronça les sourcils, surpris par mon calme.
Je glissai lentement la main dans mon sac et en sortis l’écrin. Mes doigts tremblaient légèrement. Je le lui tendis sans un mot.
Il cligna des yeux, déconcerté.
— Qu’est-ce que… qu’est-ce que ça veut dire ? demanda-t-il. Catalina, explique-moi. Qu’est-ce qui se passe ?
Je soutins son regard.
— Nous ne pourrons pas nous marier.
Ces mots résonnèrent dans la pièce comme une sentence irrévocable.
Il recula d’un pas, comme s’il venait de recevoir un coup en pleine poitrine. Puis, dans un geste désespéré, il joignit ses deux mains devant lui.
— Non… je t’en supplie, dit-il d’une voix brisée. Ne me fais pas ça. Je t’aime. Je t’ai toujours été fidèle. Ne m’abandonne pas.
Une larme glissa le long de sa joue.
Je sentis une pointe de tristesse me traverser, mais elle fut vite engloutie par ce que je portais depuis trop longtemps en moi.
— Je ne te reproche rien, murmurai-je.
Il me regardait, totalement perdu.
Alors je commençai à parler.
Je lui racontai tout.
Je lui parlai de mon père. De sa voix autoritaire, de son amour maladroit, de ses décisions prises sans jamais me demander mon avis. Je lui parlai de la bague que je portais depuis l’enfance, symbole d’un engagement que je n’avais jamais choisi. Je lui parlai de Zeus. De ce nom qui avait plané sur ma vie comme une ombre silencieuse.
Je lui expliquai que je n’avais jamais su. Que j’avais vécu dans l’ignorance la plus totale. Que moi aussi, j’avais cru en notre avenir.
Plus je parlais, plus le visage de Georges se vidait de ses couleurs. Ses mains tremblaient. Il semblait au bord du gouffre.
Quand j’eus terminé, un long silence s’installa.
— Pardon, dis-je enfin. Pardon de t’avoir fait perdre ton temps. Pardon pour tout.
Je déposai doucement l’écrin sur la table.
— Je suis déjà fiancée à un autre homme.
Je n’attendis pas sa réponse. Je me tournai et marchai vers la porte, le cœur lourd mais étrangement déterminé.
Point de vue de Georges
J’avais l’impression que l’air venait de quitter mes poumons.
Je restai figé derrière mon bureau, incapable de bouger, incapable même de penser correctement. Tout ce qu’elle venait de dire tournait en boucle dans ma tête, sans que je parvienne à lui donner un sens.
Cinq ans.
Cinq années de mensonges involontaires. Cinq années à aimer une femme qui appartenait déjà à un autre.
Non.
C’était impossible. Inacceptable.
Elle ne pouvait pas me faire ça. Pas après tout ce que nous avions partagé. Catalina était à moi. Elle l’avait toujours été.
Je la regardai déposer l’écrin sur la table, puis me tourner le dos comme si de rien n’était. Comme si elle n’avait pas pulvérisé mon monde en quelques phrases.
La colère monta brutalement en moi, violente, incontrôlable.
*Trop facile*, pensai-je. *Beaucoup trop facile.*
Elle n’allait pas s’en tirer ainsi. Pas après m’avoir fait perdre cinq ans de ma vie.
Je la laissai quitter le bureau, mes poings serrés, la mâchoire crispée. Mon cœur battait si fort que j’en avais mal à la poitrine.
Puis, sans réfléchir davantage, je me levai et sortis à sa suite.
— Catalina ! criai-je.
Je la rattrapai sur le parking et lui attrapai brutalement le poignet.
— Tu n’iras nulle part, dis-je entre mes dents. Tu vas m’épouser. Que tu le veuilles ou non.
Je sentais la rage me consumer de l’intérieur. Je n’étais plus moi-même. Plus l’homme attentionné, patient, amoureux. Quelque chose de sombre avait pris le dessus.
Elle se retourna vers moi, les yeux brillants de larmes.
— C’est fini, dit-elle d’une voix tremblante. Je t’aime… mais je ne peux pas me rebeller contre la décision de mon père.
Ces mots furent la goutte de trop.
Quelque chose se rompit en moi.
Je posai mes mains autour de son cou et serrai.
— Arrête ! supplia-t-elle en pleurant. Georges, je t’en prie !
Je ne voyais plus rien. Plus rien que cette idée obsessionnelle qui me dévorait.
*Si elle n’est pas à moi… elle ne sera à personne.*
— Tu vas regretter de m’avoir quitté,
grondai-je.
Elle se débattait faiblement, cherchant de l’air. J’augmentai la pression, sourd à ses supplications.
Et soudain…
Je fus violemment projeté en arrière.
### **Chapitre 100**### **Épilogue**#### **Point de vue de Catalina**Des mois ont passé.Et aujourd’hui…Tout semble différent.Plus doux.Plus calme.Plus… vivant.Je suis assise dans un transat, bercée par la légère brise qui traverse le jardin. Le soleil caresse ma peau avec une douceur presque irréelle, et pour la première fois depuis longtemps… je me sens en paix.Mon regard glisse lentement vers mon ventre.Arrondi.Imposant.Magnifique.Je pose instinctivement ma main dessus, caressant doucement la courbe qui témoigne de tout ce que je suis en train de vivre.Mon enfant.Notre enfant.Un léger sourire étire mes lèvres.Mais malgré cette beauté… cette magie…La grossesse ne m’a pas épargnée.Je laisse échapper un petit soupir en ajustant ma position sur le transat.— Tu me fais voir de toutes les couleurs, toi… murmuré-je en caressant mon ventre.Fatigue.Nausées.Sautes d’humeur.Envies soudaines.Et parfois… des larmes sans raison.Oui.Ce n’est pas facile tous les jours.M
### **Chapitre 99**#### **Point de vue de Sofía**Je n’arrive pas à tenir en place.Impossible.Je marche.Encore.Et encore.De long en large dans ce salon devenu soudainement trop étroit pour contenir mon angoisse.Mes mains sont crispées.Mon cœur bat trop vite.Beaucoup trop vite.— Sofía, calme-toi… tu me rends nerveuse.La voix d’Elena me parvient, mais elle semble lointaine, comme étouffée par le bruit de mes propres pensées.Je m’arrête net.Je tourne la tête vers elle.Mon regard trahit tout.Mon inquiétude.Ma peur.— Je ne peux pas…Ma voix tremble légèrement malgré moi.— Je n’y arrive pas.Je passe une main sur mon front, tentant de reprendre contenance.Mais c’est inutile.— Et si c’était quelque chose de grave ?Les mots sortent tout seuls.Bruts.Sincères.Parce que c’est ça, la vérité.C’est cette peur qui me ronge depuis qu’elle est montée là-haut dans les bras de Zeus.Cette image ne me quitte pas.Ma fille.Faible.Pâle.Fragile.Je ferme brièvement les yeux.Non.
### **Chapitre 98**#### **Point de vue de Catalina**Je suis allongée sur le lit.Le regard fixé au plafond.Mais je ne vois rien.Je ne pense à rien de clair.Tout est flou.Confus.Mon corps est encore faible, légèrement tremblant, et pourtant… ce n’est pas ça qui me perturbe le plus.C’est cette attente.Ce moment suspendu.Ce silence dans la pièce.Le médecin est là.À côté de moi.Concentré.Professionnel.Ses gestes sont précis, méthodiques.Trop calmes à mon goût.Parce que moi…Je ne le suis pas.Pas du tout.Ma main est serrée dans celle de Zeus.Fort.Très fort.Comme si j’avais peur de tomber.Ou de disparaître.Je tourne légèrement la tête vers lui.Son regard est posé sur moi.Intense.Inquiet.Je le vois.Je le sens.Et ça me fait encore plus peur.Parce que s’il est inquiet…Alors c’est que quelque chose ne va pas.Mon cœur accélère.De plus en plus.Chaque seconde qui passe me semble interminable.— Zeus…Ma voix est faible.Presque un souffle.Il resserre légèrement
### **Chapitre 97**#### **Point de vue de Sofía**Le silence qui suit la question d’Elena est… brutal.Lourd.Presque étouffant.Je sens immédiatement que quelque chose vient de se briser dans l’atmosphère.Et pourtant… je savais que ça arriverait.Je savais que cette question allait déranger.Mais à ce point…— Non mais quelle question ?!La voix de Zeus claque dans la pièce comme un coup de tonnerre.Je sursaute légèrement.Même moi, je ne m’attendais pas à une réaction aussi vive.Je tourne instinctivement la tête vers lui.Son regard est dur.Fermé.Brûlant.Et pendant une seconde… je me dis qu’on est peut-être allées trop loin.Je jette un coup d’œil à ma fille.Catalina.Elle nous regarde, complètement surprise.Ses yeux passent de moi à Elena, comme si elle cherchait à comprendre ce qui vient de se passer.Puis lentement…Son expression change.De la surprise…À quelque chose de plus doux.Plus compréhensif.Mais aussi… légèrement blessé.Et ça me serre le cœur.Je baisse briè
### **Chapitre 96**#### **Point de vue de Catalina**Le voyage du retour me semble interminable.Et pourtant… je suis là.En Grèce.Chez nous.Dès que je pose le pied à l’intérieur de la maison, une étrange sensation m’envahit. Un mélange de soulagement… et d’épuisement.Un épuisement profond.Plus profond que d’habitude.Je ferme légèrement les yeux en inspirant lentement. Mon corps me semble lourd, presque étranger, comme si chaque mouvement demandait un effort supplémentaire.Quelque chose ne va pas.Je le sens.Je ne peux plus l’ignorer.*Je suis vraiment malade…*Cette pensée s’impose à moi avec une clarté troublante.Et demain…Oui, demain, je n’aurai plus le choix.Je devrai voir un médecin.Je devrai savoir.— Catalina…Sa voix.Douce.Proche.Je rouvre les yeux et je tourne la tête vers lui.Zeus.Debout face à moi.Son regard est posé sur moi, attentif, presque inquiet.— Est-ce que ça va ?Je le regarde.Et malgré la fatigue, malgré cette faiblesse qui tente de me submerge
### **Chapitre 95**#### **Point de vue de Georges**Trois jours.Trois longs jours à attendre.Trois jours à fixer mon téléphone comme un imbécile, espérant voir apparaître son nom sur l’écran.Catalina.Je serre la mâchoire en me laissant tomber dans le canapé de mon salon, le regard sombre, les nerfs à vif.Rien.Pas un appel.Pas un message.Pas même une tentative.C’est impossible.Je passe une main dans mes cheveux, frustré, agacé… furieux.— Elle devrait être là… je marmonne entre mes dents.À mes pieds.En train de supplier.En train de pleurer.En train de regretter.Un sourire mauvais étire lentement mes lèvres.Parce que je sais.Je sais ce que j’ai entre les mains.Cette vidéo…Cette nuit…Même si elle ne se souvient de rien, même si elle nie, même si elle se débat…Les images, elles, ne mentent pas.Et dans ce monde…Les images suffisent à détruire une vie.Encore plus une réputation.Encore plus celle d’une duchesse.Je me redresse légèrement, attrapant mon téléphone pos
## **Chapitre 81**### **Point de vue de Zeus**Sentir les mains de ma femme sur mon dos…C’était une pure merveille.Je fermai les yeux lentement, laissant chaque sensation m’envahir.Ses doigts glissaient avec une lenteur maîtrisée, dessinant des lignes brûlantes sur ma peau. Chaque mouvement éta
# **Chapitre 56**## **Point de vue de Catalina**Au début…Je ne comprenais pas.Le regard de ma mère venait de changer.Celui d’Elena aussi.Leurs yeux étaient fixés sur moi… non.Sur ma main.Mon cœur fit un léger bond dans ma poitrine.Instinctivement, je baissai les yeux.Et là—Je me figeai.
# **Chapitre 54**## **Point de vue de Catalina**Ses lèvres étaient toujours sur les miennes.Douces.Chaudement posées contre les miennes comme une promesse silencieuse.Et contre toute attente…Je répondis.Sans hésiter.Sans retenue.Comme si mon cœur avait pris le contrôle de tout mon être.Me
# Chapitre 47## Point de vue d’AlineJe fis les cent pas dans le salon comme une lionne en cage.La colère bouillait dans mes veines.Sans réfléchir, je jetai mon téléphone sur le canapé avec frustration. L’appareil rebondit légèrement sur les coussins avant de s’immobiliser.— Bon sang !Je passa







