LOGINCe que Chloé redoutait le plus venait de se produire.Elle a murmuré entre ses dents : « Quelle ordure… » avant de se précipiter vers Suzanne.En arrivant près d'elle, Chloé a vu que son visage était livide et que ses mains tremblaient légèrement.Elle lui a pris la main et l'a appelée d'une voix inquiète : « Suzanne... »Laëtitia, elle, n'est pas restée pour assumer les conséquences. De toute façon, personne n'avait besoin d'elle.Elle est directement montée à l'étage. Comme elle avait mal dormi la veille, elle comptait en profiter pour faire une sieste avec Zoé.La main de Suzanne était glaciale. Si glaciale que Chloé a eu l'impression de toucher celle d'un cadavre.Elle savait que Suzanne venait de subir un choc terrible. Si elle lui avait toujours caché la vérité, c'était précisément parce qu'elle craignait qu'elle ne puisse le supporter.Elle connaissait parfaitement la culpabilité que Suzanne éprouvait à son égard. Mais Mathieu, lui, n'en éprouvait aucune.Suzanne lui avait dit u
Un sourire sarcastique a effleuré les lèvres de Chloé. « Très bien, aucun problème. »Ce n'était pas seulement ce sac qu'elle était prête à donner. Même s'il lui demandait de se débarrasser de tout ce qu'il lui avait offert, cela lui convenait parfaitement.Au fond, elle était bien trop paresseuse pour faire le tri elle-même.À partir du moment où elle avait cessé de l'aimer...Tout ce qu'il lui avait offert n'était plus qu'un tas d'ordures à ses yeux.Laëtitia, en revanche, ne cachait pas sa satisfaction. « Mathieu, ce n'est pas très approprié... Ce sac, tu l'as offert à Chloé. Il lui appartient. Je ne peux quand même pas lui demander de me le donner. Et puis, j'ai déjà des sacs. Vraiment, ce n'est pas nécessaire... »« Ce n'est rien. C'est une édition limitée. Il n'en existe que trois exemplaires dans le monde. Il vaut une fortune. Chloé n'a pas l'occasion d'assister à ce genre d'événements, alors ce serait du gâchis qu'il prenne la poussière dans son dressing. Toi, en revanche, il c
Mathieu a écarquillé les yeux avant de lancer d'un ton sévère : « Chloé, qu'est-ce que tu racontes ? »Sans le quitter des yeux, Chloé a continué de fixer Laëtitia, comme si elle voulait arracher, couche après couche, le masque qu'elle portait. « Laisse-la répondre elle-même. Connaît-elle vraiment Maître Z ? Si c'était le cas, serait-il vraiment si difficile d'organiser une simple rencontre ? Elle ne cesse de repousser l'échéance. C'est évident qu'elle te mène en bateau ! »« Chloé, comment peux-tu dire une chose pareille ? Pourquoi est-ce que je mentirais à Mathieu ? Tu racontes vraiment n'importe quoi ! »Laëtitia répondait avec assurance, mais une pointe de nervosité a furtivement traversé son regard.« Très bien. Puisque tu affirmes que tu ne mens pas, appelle Maître Z, ici et maintenant, devant Mathieu et moi. Tu n'auras qu'à prouver que vous vous connaissez vraiment. »Laëtitia a serré les poings. « Je te l'ai déjà expliqué la dernière fois. Elle s'est retirée quelque temps et n'
Ce n'est qu'après un moment que Théodore a pensé à lui demander : « Vous habitez où ? »« Au Clos des Cèdres. »Après cela, aucun d'eux n'a repris la parole.Installé à une place qui n'était pas la sienne, Léo est resté raide comme un piquet. Au début, il n'osait même pas respirer trop fort.Ce n'est qu'à l'approche de leur destination qu'il s'est peu à peu détendu.Il n'a pas pu s'empêcher de se dire que, finalement, la vie était tout de même plus agréable.Son patron perdait complètement la tête pour une femme, et lui en récoltait tranquillement les bénéfices.La voiture s'est arrêtée devant le Clos des Cèdres. Avant de descendre, Chloé s'est tournée vers la banquette arrière et a adressé un léger signe de tête. « Merci, Monsieur Mercier. »Léo a mis un instant à comprendre qu'elle s'adressait à lui. Il lui a répondu avec un sourire un peu gêné en agitant la main. « Je vous en prie, ce n'est rien. »Chloé a retiré la veste de Théodore qu'elle portait encore et la lui a rendue d'une v
Mathieu a finalement répondu.C'était Laëtitia. Au téléphone, elle pleurait, complètement affolée. « Mathieu, Zoé s'est blessée ! Elle est tombée dans les escaliers. Elle s'est ouvert la tête. Nous sommes à l'hôpital. »En apprenant que Zoé était blessée, le visage de Mathieu a brusquement changé. « Arrête la voiture ! »« Dans quel hôpital êtes-vous ? Envoie-moi l'adresse tout de suite ! »Comme s'il avait complètement oublié que la femme assise à côté de lui n'était autre que son épouse, il a raccroché avant de se tourner vers Chloé, le visage marqué par l'inquiétude. « Chloé, Zoé s'est blessée. Elle est à l'hôpital. Je dois y aller tout de suite. Prends un Uber, d'accord ? Il est tard, et je me doute que tu n'as pas envie de venir avec moi. »Quel rapport cette enfant a-t-elle avec toi ?Chloé a eu envie de lui lancer cette question avec ironie.Puis elle s'est ravisée.Dans vingt-sept jours, ils seraient devenus deux parfaits étrangers.À quoi bon se disputer encore pour ce genre d
Chloé s'est retournée en suivant la voix. Devant elle se tenait une jeune femme d'environ vingt-trois ou vingt-quatre ans.Elle portait une courte robe en velours vert émeraude. Aucun collier ne venait orner son cou. Seules de discrètes boucles d'oreilles en perles illuminaient son visage.Ses traits n'avaient rien de spectaculaire, mais plus on la regardait, plus son charme s'imposait.Ses sourcils étaient délicatement dessinés, ses yeux, sans être grands, étaient d'une remarquable luminosité, et lorsqu'elle souriait, une jolie fossette se creusait au coin de ses lèvres.« Ce n'est pas que vous n'aimez pas cette robe. C'est simplement que vous êtes incapable d'en reconnaître la valeur. La plupart des clientes de l'Atelier Jacques appartiennent à des familles royales. Et vous osez dire que leurs créations sont bon marché ? »Aurélie a laissé échapper un léger rire avant d'ajouter : « À mon avis, ce qui est vraiment bas de gamme ici, ce n'est pas la robe... C'est votre regard, qui préte







