MasukElle se tourna vers lui, prit son visage entre ses mains, et l’embrassa. Un long baiser, tendre et passionné, qui scellait leur union devant l’océan, devant le soleil, devant le monde entier.Puis elle se rassit, le sourire aux lèvres, et ils reprirent la route. Destination secrète, bonheur certain. L’aventure ne faisait que commencer. Et cette aventure, elle le savait, serait la plus belle de toutes. Parce qu’elle la vivrait avec lui. Pour toujours.***Quelques jours après le mariage, alors que Nina et Ghislain savouraient leur lune de miel sous des cieux lointains, la ville avait repris son cours ordinaire. Les articles élogieux sur la cérémonie avaient laissé place à d’autres nouvelles, les guirlandes lumineuses avaient été démontées, les pétales de roses balayés par le vent. La vie continuait, indifférente et obstinée. Mais pour Éric Delatour, le temps s’était arrêté.Il errait dans les rues comme une âme en peine, silhouette amaigrie et voûtée que les passants croisaient sans la
La voiture s’avança au pas, et les invités lancèrent leurs pétales sur les jeunes mariés. Une pluie de roses et de lavande s’abattit sur le capot, sur les sièges, sur les épaules de Nina qui riait et pleurait à la fois. Elle se tourna vers Ghislain, et dans ses yeux, il vit tout l’amour du monde.— Où allons-nous ? demanda-t-elle.— C’est une surprise. Je peux juste te dire que c’est loin, que c’est beau, et qu’il n’y aura personne pour nous déranger. Juste toi, moi, et la mer.— La mer, répéta-t-elle en souriant. Comme la première fois.— Comme la première fois. Sauf que cette fois, tu es ma femme.La voiture franchit le portail du domaine et s’engagea sur la route qui serpentait entre les vignes et les champs de lavande. Le soleil se levait sur les collines, teintant le ciel de rose et d’orange, et l’air était empli du parfum entêtant des lavandes en fleur. Nina ferma les yeux, renversa la tête en arrière, laissa le vent jouer dans ses cheveux. Elle était heureuse. Immensément heure
Elle se tourna vers Ghislain, plongea ses yeux dans les siens.— Merci, murmura-t-elle.— De quoi ? demanda-t-il.— De m’avoir donné tout cela. Cette nuit, cette fête, ces gens. De m’avoir offert une famille, un avenir, un foyer. De m’avoir aimée comme personne ne m’a jamais aimée.— Je ne t’ai rien donné, répondit-il en souriant. Je t’ai simplement ouvert la porte. C’est toi qui as choisi de la franchir. C’est toi qui as choisi de vivre, d’aimer, d’être heureuse. Tout le mérite te revient.Elle secoua la tête, mais n’insista pas. Elle savait qu’il ne changerait jamais, qu’il continuerait toujours à lui attribuer des mérites qu’il partageait avec elle. C’était sa façon à lui de l’aimer. Une façon humble, discrète, obstinée. Une façon qui lui allait droit au cœur.L’orchestre jouait maintenant une valse de Vienne, entraînante et joyeuse. Ghislain prit Nina par la main, l’entraîna sur la piste de danse. Et tandis qu’ils tournoyaient sous les guirlandes lumineuses, Nina sut qu’elle n’oub
Nina, surprise, regarda autour d’elle. Elle ne comprenait pas. Elle n’avait rien fait pour mériter cela. Elle n’avait prononcé aucun discours, accompli aucun exploit. Elle était simplement là, debout, dans sa robe ivoire, à côté de l’homme qu’elle aimait. Mais les invités, eux, savaient. Ils savaient ce qu’elle avait traversé. Ils savaient d’où elle venait, ce qu’elle avait souffert, ce qu’elle avait surmonté. Et cette ovation n’était pas un hommage à sa beauté, ni à son élégance, ni à son nouveau statut de femme du fils du président. C’était un hommage à sa force. À son courage. À sa résilience.Elle baissa les yeux, intimidée, ses joues s’empourprant. Elle n’avait jamais aimé être le centre de l’attention. Pendant des années, elle avait vécu dans l’ombre, s’effaçant pour ne pas déranger, se taisant pour ne pas déplaire. Être ainsi exposée, célébrée, acclamée, lui paraissait presque indécent. Elle chercha la main de Ghislain, la serra comme pour y puiser du courage.— Regarde-les, lu
Il sourit, et ce sourire ressemblait tant à celui de Ghislain que Nina en eut le cœur serré.— J’ai rencontré Nina, reprit-il. Et j’ai compris pourquoi mon fils était tombé amoureux d’elle. Non pas pour sa beauté, qui est pourtant éclatante – et je pèse mes mots, ma chère belle-fille, je suis un vieil homme mais je ne suis pas encore aveugle. Non. Il est tombé amoureux d’elle pour sa force. Pour ce courage qu’elle porte en elle sans même s’en rendre compte. Pour cette flamme qui brûle dans son regard, et que rien ni personne n’a pu éteindre. Pas même les épreuves les plus terribles, pas même les trahisons les plus cruelles.Il y eut un murmure dans l’assemblée. Chacun savait à quoi le président faisait allusion, même si personne n’aurait osé le dire à voix haute. Nina baissa les yeux, touchée, et Ghislain serra sa main un peu plus fort.— Nina, poursuivit le président, vous avez traversé des épreuves que je ne souhaite à personne. Vous avez connu la trahison, l’humiliation, la destruc
Madeleine posa sa main sur celle d’Esther, la serra doucement.— Tu es trop modeste, Esther. Sans toi, ma fille ne serait pas là aujourd’hui. Ghislain l’a sauvée, c’est vrai. Mais toi, tu l’as sauvée avant lui. Tu l’as portée à bout de bras pendant des mois. Tu as été sa lumière dans les ténèbres. Et pour cela, je te serai éternellement reconnaissante.Esther baissa les yeux, émue. Elle n’avait jamais su recevoir les compliments, mais celui-là venait de Madeleine, la mère de Nina, et il avait une saveur particulière. Une saveur de reconnaissance, d’amour, de bénédiction.Elle releva la tête, regarda de nouveau la piste de danse. Nina et Ghislain s’étaient arrêtés et parlaient avec le président, qui avait mis ses lunettes de soleil malgré la nuit – une coquetterie de vieil homme qui ne quittait jamais son personnage. Nina riait, renversant la tête en arrière, et Ghislain la regardait avec cet amour infini qui ne le quittait jamais.— Tu vois ? dit Esther à Madeleine. Regarde-la. Regard







