LOGINNina Luna avait tout sacrifié par amour. Sa carrière. Ses amis. Son piano, qu’elle a vendu pour ne pas déranger l’homme qu’elle aimait. Pendant trois ans, elle a vécu dans l’ombre d’Éric Delatour, un homme d’affaires brillant, charismatique, manipulateur. Un homme qui rentrait tard, qui ne la regardait plus, qui lui promettait le mariage sans jamais fixer de date. Un homme qui la trouvait « commode, docile, pathétique ». Et puis elle a découvert la vérité. Éric la trompait. Avec Louisette. Sa propre demi-sœur. Mais ce qu’elle ignorait encore, c’est que cette trahison n’était que la partie émergée de l’iceberg. Dans l’ombre, sa meilleure amie Esther accumulait les preuves. Des photos. Des vidéos. Des enregistrements audio. Éric et Louisette ne se contentaient pas de la tromper. Ils voulaient l’effacer. L’humilier. La pousser à disparaître sans faire d’histoires. « Comme une tache sur un mur. » Brisée, anéantie, Nina a touché le fond. Mais elle ne s’y est pas noyée. Portée par l’amitié indéfectible d’Esther, elle s’est relevée. Elle a décidé de se battre. Pas par vengeance. Par justice. Le jour du mariage d’Éric et Louisette, dans une chapelle bondée d’invités, une femme en robe rouge flamboyante s’est levée et a dit : « Moi, je m’oppose à cette union. » C’était Nina. Et ce qu’elle s’apprêtait à révéler allait tout détruire. « Ils m’ont détruite, je les ai enterrés » est l’histoire d’une femme qui a tout perdu — sa dignité, son amour, sa sœur, sa vie — et qui va tout reconquérir. C’est un roman bouleversant sur la trahison, la reconstruction, et la force inouïe de l’amitié. C’est…
View MoreLe premier rayon de soleil traversa les rideaux de coton blanc et vint se poser sur le visage de Nina Luna comme une caresse timide. Elle ouvrit les yeux doucement, sans brusquerie, et la première chose qu’elle vit fut le plafond de cette chambre qu’elle connaissait par cœur. La peinture légèrement écaillée dans l’angle gauche, près de l’armoire. La petite fissure en forme d’étoile juste au-dessus du lustre. Les ombres du tilleul du jardin qui dansaient sur le mur quand le vent se levait. Tout cela était son univers, son refuge, le décor rassurant de sa vie.
Elle tourna la tête sur l’oreiller et regarda l’espace vide à côté d’elle. Les draps étaient froissés, l’empreinte du corps d’Éric encore visible dans le matelas. Il s’était levé tôt, comme toujours, sans la réveiller. Nina étendit la main et la posa à plat sur le drap, là où il avait dormi. C’était encore tiède. Cette chaleur infime lui suffit pour sourire. Elle se leva lentement, enfila ses pantoufles usées qu’elle aimait tant, ces vieilles chaussons en laine rose que sa grand-mère lui avait tricotés des années plus tôt, et elle se dirigea vers la cuisine. Le carrelage était froid sous ses pieds, mais elle ne s’en souciait pas. Elle avait l’habitude. Elle avait l’habitude de tout, en réalité. Des silences d’Éric, de ses absences, de ses regards qui parfois semblaient traverser les murs plutôt que de se poser sur elle. Elle avait appris à ne pas voir, à ne pas entendre, à ne pas sentir. C’était sa manière à elle d’aimer : totale, absolue, sans filet de sécurité. Dans la cuisine, elle alluma la cafetière et sortit deux tasses du placard. Une bleue pour elle, une noire pour lui. Elle les disposa côte à côte sur le plateau en bois qu’elle avait déniché dans une brocante l’été précédent. Ce plateau racontait une histoire : Éric l’avait regardée avec amusement pendant qu’elle marchandait avec le vieux brocanteur, et il avait fini par payer sans discuter, juste pour la voir sourire. Ce souvenir la réchauffa tout entière. Elle prépara le café exactement comme il l’aimait : noir, sans sucre, très serré. Elle-même y ajoutait toujours un nuage de lait et deux morceaux de sucre, mais ce matin-là, elle se surprit à vouloir goûter le café noir, pour se rapprocher de lui, pour comprendre ce qu’il ressentait en buvant cette amertume dès l’aube. Elle trempa ses lèvres dans la tasse noire et fit la grimace. Trop amer. Elle reposa la tasse et se mit à rire toute seule, debout dans sa cuisine, les pieds nus sur le carrelage, en se traitant intérieurement de petite folle. C’était cela, aimer Éric Delatour. Vouloir boire le même café que lui, même si cela vous brûlait la langue. Elle prépara des tartines grillées, les beurra avec soin, y ajouta une fine couche de confiture de fraises comme il les aimait. Elle-même n’avait pas très faim, mais elle se força à manger un peu, parce qu’il lui avait dit un jour qu’une femme qui ne mangeait pas le matin vieillissait plus vite. Elle avait retenu la leçon. Elle retenait tout ce qu’il disait, tout ce qu’il faisait, tout ce qu’il était. Pendant qu’elle mastiquait lentement sa tartine, elle laissa son esprit vagabonder vers l’avenir. Le mariage. Le grand jour. La robe blanche qu’elle imaginait depuis qu’elle était petite fille. Les fleurs, les alliances, le voile, la musique. Elle voyait tout cela avec une précision de miniature. Éric en costume sombre, elle en robe de dentelle, main dans la main devant le prêtre. Les invités qui pleurent. Le riz qu’on leur jette. La voiture avec les rubans blancs.Esther sentit sa gorge se nouer. Louisette. Nina voulait que Louisette soit présente à son mariage. Elle ignorait que sa sœur serait peut-être la seule personne au monde à ne pas souhaiter son bonheur. Elle ignorait que Louisette avait déjà pris ce qui lui appartenait, sali ce qu’elle avait de plus précieux, détruit ce qu’elle essayait de construire.— Tu es sûre pour Louisette ? demanda-t-elle prudemment. Tu crois que c’est une bonne idée ?— Pourquoi ? s’étonna Nina. C’est ma sœur. Elle doit être là. Ce ne serait pas un vrai mariage sans elle. Je sais qu’on n’a jamais été très proches, mais c’est le moment de se rapprocher, tu ne crois pas ? Les mariages, ça rapproche les familles.Esther hocha la tête sans répondre. Elle n’avait pas la force de mentir, pas le courage de dire la vérité. Elle resta silencieuse, le regard perdu sur le classeur rose, ce classeur qui contenait tous les rêves de son amie et qu’un seul mot, une seule image, une seule révélation suffirait à réduire en cend
Esther arriva vers onze heures, les traits tirés, les yeux cernés. Elle n’avait pas beaucoup dormi ces derniers temps, mais Nina ne le remarqua pas. Nina ne remarquait plus grand-chose en dehors de son classeur rose et de ses rêves de mariage.— Entre, entre ! s’exclama-t-elle en ouvrant la porte. J’ai tellement de choses à te montrer. J’ai trouvé la robe parfaite, et le lieu, et les fleurs, et tout. Viens voir.Elle entraîna Esther dans le salon, la fit asseoir sur le canapé, ouvrit le classeur sur la table basse. Ses yeux brillaient d’une excitation presque enfantine. Elle parlait vite, très vite, en tournant les pages, en montrant les photos, en expliquant ses choix.— Regarde cette robe, Esther. Regarde comme elle est belle. C’est exactement ce que je veux. De la soie, de la dentelle, un voile. Et ce lieu, tu as vu ce lieu ? C’est une chapelle romane du XIIe siècle, complètement restaurée, avec des vitraux d’origine et un jardin magnifique. On pourrait faire la cérémonie à l’intér
Elle s’allongea sur le canapé, tira la couverture sur elle, ferma les yeux. Le sommeil ne vint pas. Il ne viendrait plus avant longtemps. Mais ce n’était pas grave. Elle avait l’habitude. Elle avait appris à vivre sans dormir, à fonctionner malgré la fatigue, à tenir debout malgré tout.Dehors, le vent s’était levé. Il faisait trembler les vitres et sifflait dans les gouttières. Quelque part dans la ville, Nina dormait paisiblement, ignorant que sa vie s’apprêtait à basculer. Et quelque part ailleurs, Éric et Louisette riaient encore, sans savoir que la vérité était sur le point de les rattraper.Le piège était tendu. Il ne restait plus qu’à attendre que Nina soit prête à regarder la vérité en face. Et Esther savait que ce moment viendrait bientôt. Très bientôt. Car la vérité, comme elle l’avait toujours su, finissait toujours par éclater.***C’était un samedi matin, au début du mois de novembre.Nina vivait encore dans ce monde parallèle qu’elle s’était construit, un monde où l’amou
Esther posa son téléphone sur le lit, le retourna contre la couverture. Elle ne pouvait plus regarder. Elle ne pouvait plus entendre. Elle resta assise, immobile, les mains posées sur ses genoux, le souffle court, le cœur au bord des lèvres. Elle avait envie de vomir. Elle avait envie de hurler. Elle avait envie de traverser le couloir, d’enfoncer la porte, de les prendre en flagrant délit et de leur cracher au visage tout le mépris qu’elle ressentait pour eux.Mais elle ne fit rien. Elle resta assise, les poings serrés, les yeux fixés sur le mur. Elle pensait à Nina. À sa gentillesse, à sa douceur, à sa confiance. À toutes ces années qu’elle avait passées à aimer un homme qui la méprisait. À toutes ces larmes qu’elle avait versées en silence, sans savoir que son compagnon et sa sœur riaient d’elle dans une chambre d’hôtel.Quand elle trouva enfin le courage de retourner son téléphone, la scène avait changé. Éric et Louisette étaient allongés sur le lit, enlacés, parlant à voix basse.






Bienvenue dans Goodnovel monde de fiction. Si vous aimez ce roman, ou si vous êtes un idéaliste espérant explorer un monde parfait, et que vous souhaitez également devenir un auteur de roman original en ligne pour augmenter vos revenus, vous pouvez rejoindre notre famille pour lire ou créer différents types de livres, tels que le roman d'amour, la lecture épique, le roman de loup-garou, le roman fantastique, le roman historique et ainsi de suite. Si vous êtes un lecteur, vous pouvez choisir des romans de haute qualité ici. Si vous êtes un auteur, vous pouvez obtenir plus d'inspiration des autres pour créer des œuvres plus brillantes. De plus, vos œuvres sur notre plateforme attireront plus d'attention et gagneront plus d'adimiration des lecteurs.