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Chapitre 6

Author: SK. Gloria
last update Last Updated: 2025-09-29 14:21:43

Quelques mois plus tard

-"Je te hais, Aurora Edwige!" la menaçais-je en sortant de la salle de bain, une serviette entourant ma taille.

Se cachant avec l'aide d'un oreiller, ma meilleure amie opta de ne point me parler alors que j'étais toujours sous le choc de la bombe qu'elle venait de me jeter en pleine figure.

-"Rebecca, ce n'est qu'un rendez-vous. Tu peux très bien le quitter si le courant ne passe pas," se défendit-elle.

Mais mon regard qui se voulait menaçant l'en dissuada complètement de poursuivre. Soufflant, je me dirigeais vers ma chambre, choisir un vêtement digne de ce rendez-vous qu'elle avait tout planifié sans mon consentement.

-"La robe noire ou blanche?" dis-je en les regardant tour à tour puis finit par céder en prenant la blanche, la noire étant trop courte.

-"Tu es toujours fâchée, n'est-ce pas?"

-"Selon toi, comment devrais-je me sentir? Tu m'as trahis, Aurora!"

-"Jamais! Tu dis faire une pause quand ça fait bientôt trois mois que tu ne sors plus. Laisse moi énumérer tes journées. Cours, ton travail au restaurant puis l'appartement. Tu ne vas plus en boîte et tu refuses tout homme qui se rapproche de toi."

-"Je veux me concentrer sur mes études et non sur les hommes. De plus, ils cherchent tous un plan cul hors. Hors, ce n'est pas mon cas et ce n'est pas maintenant que je perdrai ma virginité avec le premier venu. Il doit être le bon. Pas dans un compte de fée mais un homme qui m'aime moi comme je suis et ne cherchera pas ailleurs comme tout les hommes avec qui je suis sortie!"

-"Je te comprends, Becca. Mais tu refuses même d'aller au ciné avec moi ou en groupe."

-"Je sais que je me suis renfermée depuis ma rupture avec Matt. Ses paroles m'ont blessé alors que je feins de ne point ressentir quoi que ce soit mais je voulais absolument être seule, finir les pots de glace pour me réconforter."

Mes yeux se perdirent sur le tapis persan sachant pertinemment que Aurora visait juste. Trois mois que mes journées se ressemblaient, devenant de plus en plus monotones, la routine s'y étant déjà installée. Au final, je devais me réprimander car Aurora s'occupait de moi comme la mère que je n'avais point connu, morte à mon accouchement.

-"Excuse moi, Aurora. Alors tu en dis quoi?"

Avec ce sempiternel sourire mesquin, elle me dévisagea intensément, ses yeux louchant mon corps, tout en passant sa langue sur sa lèvre inférieure.

-"Je pense que tu devrais plutôt cette soirée avec moi," déclara-t-elle en se redressant sous mon regard incrédule.

-"Aurora!" m'exclamais-je.

-"Bein quoi? Tu sais que je suis bisexuelle. Trente pourcent hétéro et les soixante dix pourcent pour mon homosexualité. J'aime les femmes! Tu es sûre que tu n'aimes pas les femmes, Becca?"

-"Si je l'étais, tu serais mon premier choix mais non, je suis cent pour cent hétéro," lui répétais-je pour la centième fois en enfilant mes talons et en prenant mon porte monnaie, priant pour qu'on ne me vola pas. -"Comment s'appelle-t-il?" lui demandais-je.

-"Sur ce site de rencontres, on ne donne pas notre vrai prénom."

-"C'est pas vrai? Alors comment vais-je le reconnaitre?"

-"Patience, Rebecca. Il s'appelle Aigue-marine," me dit-elle, un sourire en coin.

-"J'espère ne pas tomber sur un criminel! Et sa photo alors?"

-"Tu exagères! Ce site est fiable. Pour la photo, il a mis un chien."

-"Un chien? Ça commence bien! Et s'il me kidnappe?"

-"Tu exagères, Becca,"

-"D'accord, mais tu me revaudras ça, Aurora. J'espère ne pas tomber sur un psychopathe!" la sermonnai-je avant de sortir de notre appartement.

Le coeur battant sourdement contre ma poitrine, je pris une profonde inspiration pour me donner contenance doutant du plan de ma meilleure amie. Un site de rencontres! Qui avait pu lui donner pareille idée? D'après elle, mon rendez-vous s'appelait Aigue-marine, pierre précieuse.

Était-il lui aussi aussi précieux que cette pierre? Ou tout simplement brillant à l'extérieure et non à l'intérieure? La réponse, en tout cas, se trouvait dans ce bar que je franchissais sous les regards aguicheurs et scintillants des habitués tandis qu'un frisson de dégout parcourut mon corps.

Et si tout ceci était un leurre! Je ne connaissais point cet homme au final, si bien sûre, c'était vraiment un homme qui allait me rejoindre. Certes, ce bar fut tout nouveau pour moi, assez classe avec une clientèle haut de gamme malgré les regards trop scrutateurs de certains qui me déshabillaient du regard.

-"Vous êtes nouvelle?" me lança le barman avec un sourire enjôleur.

-"Ça se voit tellement?" l'interrogeais-je en jouant nerveusement avec mes cheveux roux que j'avais lâché pour cascader sur mon dos.

-"Je travaille ici depuis bientôt cinq ans et c'est la premier fois que je te vois et tu trembles aussi. Calme toi, tu veux quoi, ma belle?"

-"Libre à toi de choisir, je ne bois pas souvent d'alcool mais je veux une boisson légère," lui dis-je avec un sourire timide.

-"Alors une Pina Colada," me dit-il tout en la préparant. -"Tu t'appelles comment?"

-"Rebecca et toi?"

-"Alexander," se présenta-t-il en déposant sur le comptoir ma boisson que je bus quelques gorgées.

-"C'est délicieux,"

-"Merci," me dit-il. -"Sinon que fais-tu ici, Rebecca? Tu attends quelqu'un?"

-"Oui, c'est assez compliqué," admis-je en jouant avec mon verre.

-"Puis-je connaitre son prénom sans vouloir paraître indiscret? Je connais presque tout le monde."

-"Faudrait que je le sache tout d'abord," lui dis-je avant de m'étouffer avec ma boisson.

Merde! J'avais complètement oublié de lui demander mon sobriquet, le nom qu'elle avait utilisé pour qu'on puisse me reconnaître. Prenant mon portable, j'envoyais un message à Aurora alors qu'une main vint saisir tendrement ma main.

Ce touché! Non, c'était impossible!

J'avais fermé mes yeux quand je sentis cette même décharge électrique parcourir mon corps.

-"Votre main va mieux, on dirait?" me dit-il, ma main toujours dans la sienne.

Je relevais la tête pour le regarder alors que son visage était gravé au fer rouge dans ma tête depuis notre petit tête à tête au restaurant. Ses yeux me fixèrent toujours avec une intensité à me faire défaillir sous le poids d'un tel regard sur moi avant de subitement tout comprendre.

-"Aigue-marine," murmurais-je en me plongeant dans cet océan d'un bleu clair.

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