MasukIl s'approche. Il prend mon visage entre ses mains.
— Ce soir, tu as brillé, Sofia. Plus que tous ces lustres, plus que toutes ces étoiles. Et moi, j'étais là, en bas, à te regarder. Et je me suis dit que j'étais l'homme le plus chanceux du monde.
— Chanceux ?
— Oui. Parce que je t'aime. Parce que tu m'aimes. Parce qu'on a construit ça ensemble. Cette vie. Cet amour. Cette reconnaissance.
Il s'approche. Il prend mon visage entre ses mains.— Ce soir, tu as brillé, Sofia. Plus que tous ces lustres, plus que toutes ces étoiles. Et moi, j'étais là, en bas, à te regarder. Et je me suis dit que j'étais l'homme le plus chanceux du monde.— Chanceux ?— Oui. Parce que je t'aime. Parce que tu m'aimes. Parce qu'on a construit ça ensemble. Cette vie. Cet amour. Cette reconnaissance.— Elle n'est pas que pour moi. Elle est pour nous. Pour ce qu'on est. Pour ce qu'on devient.Il m'embrasse. Sous les étoiles. Au sommet de sa tour. Là où tout a commencé. Là où tout continue.Je suis Sofia Morel. Architecte. Lauréate. Amoureuse.Et je suis exactement là où je dois être.SOFIAL'article sort un mardi matin.Je suis à l'agence, en train de t
Je pose ma tête sur son épaule. Il me serre contre lui.— Tu viendras avec moi ?— Évidemment. Je serai au premier rang. À te regarder. À t'applaudir. À t'aimer.— Alors allons-y. Retournons là où tout a commencé. Et écrivons la suite.---Le soir de la cérémonie arrive.Je me prépare dans l'atelier. Une robe longue, noire, sobre, élégante. Un collier fin, des boucles discrètes. Mes cheveux relevés, mon visage nu, ou presque.Marcus me regarde, adossé au mur. Il porte un smoking noir, une cravate fine. Il est beau. Immensément beau.— Tu es magnifique, dit-il.— Toi aussi.— Prête ?— Prête.On monte dans la voiture. Paris défile. Les lumières, les rues, les souvenirs. On arrive devant la t
On redescend dans la nuit naissante. La maison nous attend, chaude, accueillante. On se couche, on fait l'amour, on s'endort enlacés.Demain, on rentre. Demain, la vie reprend. Mais on ne sera plus jamais les mêmes. Cette île nous a changés. Ce silence nous a révélés. Cet amour nous a sauvés.---SOFIALa lettre arrive un matin de septembre.Une enveloppe blanche, épaisse, avec un en-tête prestigieux. Fondation pour l'Architecture et le Design. Prix de la Jeune Architecte de l'Année.Je l'ouvre, les mains tremblantes. Je lis les premiers mots.Madame Morel,Nous avons le plaisir de vous informer que vous êtes nominée pour le Prix de la Jeune Architecte de l'Année...Je ne lis pas la suite. Les mots dansent devant mes yeux. Nominée. Moi. Sofia Morel. L'ancienne femme de ménage. La fille de personne. L'architecte.Je m'assois. Je respire. Je relis la lettre trois fois, quatre fois, dix fois.Puis j'appelle Marcus.— Allô ?— Je suis nominée.— Quoi ?— Le Prix de la Jeune Architecte de
Je souris. Je pose ma main sur sa cuisse. Il conduit, tranquille, apaisé. Je ne l'ai jamais vu comme ça. Si calme. Si présent. Si lui.— Qu'est-ce qui t'a pris ? je demande. Pourquoi maintenant ?— C'est la question des enfants. Elle m'a fait réfléchir. Sur ma vie. Sur ce que je veux vraiment. Sur ce qui compte.— Et qu'est-ce qui compte ?— Toi. Nous. Notre amour. Le reste, c'est du bruit. Du vent. Des distractions.— Même ton entreprise ?— Surtout mon entreprise. J'ai passé vingt ans à construire un empire. À courir après le pouvoir, l'argent, la reconnaissance. Et pour quoi ? Pour me réveiller à quarante-deux ans et réaliser que je ne sais pas qui je suis sans tout ça.— Et maintenant, tu sais ?— Non. C'est pour ça qu'on part. Pour que je le découvre. P
Il se redresse. Il se tourne vers moi, prend mes deux mains dans les siennes.— D'abord, il faut qu'on soit honnêtes. Complètement honnêtes. Qu'est-ce qui te fait peur, exactement ?Je réfléchis. Vraiment. Profondément.— J'ai peur de perdre ma liberté. Peur que ma vie ne m'appartienne plus. Peur de ne plus pouvoir créer, dessiner, construire. Peur de devenir juste une mère, et plus Sofia.— C'est légitime.— Et toi ? Qu'est-ce qui te fait peur ?— J'ai peur de ne pas être à la hauteur. Peur de transmettre mes failles, mes peurs, mes colères. Peur de ne pas savoir aimer assez, assez bien, assez longtemps.— Tu sais aimer, Marcus. Tu m'aimes, moi. Et tu m'aimes bien.— Ce n'est pas pareil. Un enfant, c'est différent. C'est une responsabilité totale, absolue, définiti
L'enterrement a lieu le lendemain.Le cimetière est petit, perché sur une colline, face aux montagnes. Le ciel est gris, lourd, chargé de pluie. Quelques personnes sont là. Des voisins, des amis de ma mère, des visages que je ne reconnais pas.Le prêtre parle de paix, de pardon, d'éternité. Je n'écoute pas. Je regarde le cercueil. Mon père est dedans. Mon père que je n'ai pas connu. Mon père qui m'a aimée de loin.Marcus tient ma main. Fort. Très fort. Ma mère est à ma droite, silencieuse, absente, perdue dans ses souvenirs.Après la cérémonie, les gens viennent me voir. Ils me parlent de mon père, me racontent des anecdotes, me disent qu'il était fier de moi, qu'il parlait souvent de sa fille l'architecte, de sa fille qui réussissait à Paris.Je les écoute. Je hoche la
MARCUSL'ascenseur monte. Les chiffres défilent, lumineux, indifférents. 43. 44. 45. Chaque étage qui s'éloigne du sien me paraît une trahison de plus. Je regarde mon reflet dans l'acier brossé de la cabine. L'homme qui me fait face a tout. Le pouvoir. L'argent. La tour. Il a même, ce matin, écrasé
SOFIALa paix ne dure qu’un souffle.À peine son corps s’est-il alourdi contre le mien, à peine la pulsation de sa peau commence-t-elle à ralentir, que les pensées reviennent. Elles frappent, sourdes et insistantes, contre la paroi de notre bulle. Tu es dans un lit d’hôtel avec ton PDG. Tu viens de
SOFIAMa main hésite. Je devrais la prendre, la pendre au portemanteau. C’est la procédure. Mais quelque chose me retient. L’odeur. Elle monte jusqu’à moi, discrète et pourtant omniprésente. Ce n’est pas une odeur de parfum. C’est une odeur d’homme. Le bois de santal du savon, l’amertume tenace du
LéaLe réveil n’a pas encore sonné, mais mon corps s’en moque. Il me tire vers la conscience comme si la nuit n’avait été qu’un songe, un mirage fiévreux… sauf que chaque muscle, chaque frisson laissé dans ma peau raconte l’inverse.Ethan dort encore.Ou fait semblant.Je le sens dans la façon dont







