LOGIN"Annarah,Je ne sais pas si tu accepteras de lire cette lettre.Je ne sais même pas si tu veux encore entendre parler de moi.Mais j’ai besoin de te dire ce que je n’ai jamais réussi à te dire correctement.Je suis désolé.Je pourrais chercher des excuses. Te parler de ma colère, de ma peur, de ma jalousie. Te dire que je ne savais plus quoi faire.Mais rien de tout cela ne justifie ce que j’ai fait.Je t’ai blessée.Je t’ai fait peur.Et j’ai détruit quelque chose entre nous que je n’avais aucun droit de détruire.Je regrette profondément mes actes.Je ne te demande pas de me pardonner.Tu ne me dois rien.Pas même une réponse.Je veux simplement que tu saches que je suis conscient de ce que j’ai fait.Si un jour tu acceptes de me parler, je serai là.Et si tu ne le souhaites jamais, je respecterai ton choix.Je suis désolé.Kavi"Annarah relut la dernière ligne.Ses doigts se crispèrent autour de la feuille.Elle resta longtemps immobile devant la lettre.Elle avait reconnu son écri
Les jours devinrent des semaines.Les semaines devinrent des mois.À Qwaser, rien n’avait été laissé au hasard. Les gardes avaient fouillé le château jusque dans ses moindres recoins. Les villages alentours avaient été inspectés, les routes surveillées, les voyageurs interrogés. Des cavaliers avaient parcouru les royaumes voisins avec l’espoir de retrouver une trace de l’enfant.Mais aucune piste ne mena nulle part.Le ravisseur avait disparu.Et avec lui, le bébé.Le temps n’effaçait rien.Il rendait seulement l’absence plus difficile à supporter.Le mariage d’Annarah et de Kavi fut repoussé de plusieurs mois.Annarah avait catégoriquement refusé d’en entendre parler. À chaque fois que le nom de Kavi était prononcé, son visage se fermait. Elle ne voulait pas le voir. Elle ne voulait pas lui parler. Et surtout, elle ne voulait pas qu’on lui rappelle qu’elle avait autrefois accepté de l’épouser.Quelque chose avait changé en elle. Elle ne savait plus si elle pouvait faire confiance à s
— MON FILS !Le cri d’Océane déchira le silence du château.Des portes s’ouvrirent à la volée. Des gardes accoururent dans le couloir, suivis de servantes encore vêtues de leurs habits de nuit.— Votre Majesté !Océane ne les entendait presque pas.Elle se tenait devant le berceau.Vide.La couverture était encore froissée.Un petit vêtement reposait sur le fauteuil voisin.Tout était exactement comme la veille.Sauf lui.Son fils avait disparu.— MON FILS !Elle se retourna brusquement.— Retrouvez-le !— Nous allons fouiller le château, Votre Majesté.— Alors faites-le !Sa voix tremblait.— Chaque chambre. Chaque couloir. Les tours, les jardins, les cuisines, les écuries… Tout !Les gardes s’exécutèrent immédiatement.En quelques secondes, le château de Qwaser fut plongé dans le chaos.Des soldats couraient dans les couloirs.Les portes étaient ouvertes une à une.Les escaliers étaient surveillés.Les entrées furent verrouillées.Personne ne devait sortir.Mais Océane restait immobi
Les premières lueurs de l’aube n’avaient pas encore atteint le royaume de Qwaser. Dans le château, tout semblait figé.Pourtant, quelques heures plus tôt, les couloirs avaient résonné des cris de la reine Océane.L’accouchement avait été long.Épuisant.À plusieurs reprises, Vallia avait cru que la jeune femme n’aurait plus la force de pousser.Vallia, reine de Qwaser et mère de Myryah, était restée auprès d’Océane pendant toute la durée de l’accouchement. Cette nuit-là, elle n’était pas là en tant que reine. Elle était simplement auprès d’une femme qui souffrait.Océane était trempée de sueur, ses cheveux collés à son visage et ses mains agrippées aux draps avec une telle force que ses doigts en étaient devenus blancs. — Encore une fois, Majesté, souffla l’accoucheuse. Encore un effort.Océane secoua faiblement la tête.— Je n’en peux plus...Vallia lui prit fermement la main.— Si. Tu peux.Océane ferma les yeux.Elle pensa à Allan.À l’enfant qu’elle n’avait pas encore rencontré
Isra n'était pas un royaume unique.Le continent était composé de sept royaumes distincts, chacun gouverné par sa propre famille royale et possédant un pouvoir particulier. Malgré leurs différences, les royaumes avaient appris, au fil des générations, à vivre dans une certaine harmonie.Cette entente ne reposait pas uniquement sur la magie.Elle s'était construite autour de trois piliers : les unions entre les familles royales, les échanges économiques et le commerce. Les mariages entre princes et princesses permettaient de consolider les alliances et d'éviter que les rivalités ne dégénèrent en conflits. Les familles royales étaient ainsi liées les unes aux autres par des générations d'unions.Le commerce jouait également un rôle essentiel.Chaque royaume possédait ses propres ressources et ses propres savoir-faire.Les échanges permettaient aux peuples d'Isra d'obtenir ce qu'ils ne pouvaient produire eux-mêmes. Les marchandises circulaient d'un royaume à l'autre, tout comme les arti
Kavi quitta le palais sans regarder derrière lui.Il avait besoin de s'éloigner.Des regards.Des reproches.De la voix d'Annarah.De cette phrase qui ne cessait de tourner dans sa tête :« Je ne suis pas une chose que quelqu'un peut vous rendre. »Il enfourcha son cheval et s'enfonça dans la forêt.La nuit était déjà bien avancée. Les branches griffaient ses vêtements tandis qu'il avançait entre les arbres, mais il ne ralentissait pas.Il avait perdu Annarah.Ou peut-être ne l'avait-il jamais réellement eue.Cette pensée lui arracha une douleur sourde.Il finit par atteindre un petit temple ancien, presque entièrement dissimulé par la végétation. Il descendit de cheval et poussa les lourdes portes de pierre.À l'intérieur, quelques flammes brûlaient encore dans des vasques.Kavi s'avança jusqu'à l'autel.Il tomba à genoux.— Déesse Eva...Sa voix trembla.— Je vous en supplie. Accordez-moi votre aide.Le silence lui répondit.Kavi baissa la tête.— Je l'aime.Il serra les poings.— J







