MasukLe jour où j’ai commencé à cédé comme un jour ordinaire.
Je passai au salon de coiffure de ma sœur. Entre ses mains, je changeai de visage, ou peut-être seulement d’état d’esprit. Une nouvelle coiffure, un nouveau reflet dans le miroir. Je me filmai, presque machinalement, et je postai quelques stories, comme à mon habitude. Les messages affluèrent aussitôt. « Tu es toute belle, comme toujours. » « Notre star, waw. » Je les fis défiler sans vraiment les lire. Un seul message retint mon attention. Jason. « Tu fais quoi aujourd’hui ? » Je pris le temps de répondre. Je ne voulais pas paraître trop accessible. — « Restaurant avec mes sœurs. » Quelques secondes plus tard : — « On se voit après ? » Pour la première fois, je ne trouvai aucune excuse. Pour la première fois, je cédai à l’idée de le voir. La soirée passa lentement. J’étais avec mes sœurs, je riais, je parlais… mais mon esprit était ailleurs. Je n’y pensais que trop. Finalement, nous décidâmes d’aller boire un verre. Alors je lui écrivis, presque à contrecœur : — « On va boire un verre avec mes sœurs, ne m’attends pas. On se verra un autre jour. » Sa réponse arriva, brève, froide, fidèle à son habitude : — « D’accord. » Je crus l’histoire close pour ce soir-là. Mais dix minutes plus tard, il revint à la charge. Une phrase, puis une autre. Il me faisait rire malgré moi. Comme un petit garçon qui tombe amoureux, il boudait… puis revenait cinq minutes après, incapable de tenir à distance. Et moi, derrière mon écran, je souriais. Je savais déjà que cette rencontre, remise à plus tard, n’était plus une question de si… mais de quand. Le lendemain, je reçus son message habituel. Ce garçon m’épatait. J’avais parlé à beaucoup d’hommes, mais lui était de loin le plus déterminé. Il m’écrivait chaque jour, sans jamais attendre mes réponses comme les autres. Il n’avait pas le temps de jouer, ni d’hésiter. C’était un homme, pas un petit garçon. — « On se voit ce soir. Un resto ? » Il n’abandonnait pas. Et cette fois, j’acceptai. — « 21h30. » — « Ok. » Je commençai à me préparer, hésitante devant mon miroir. Je ne savais pas quoi porter. Finalement, j’optai pour une chemise large, un jean et des baskets. Je ne voulais pas trop en faire. En me regardant une dernière fois, l’envie de me changer me traversa l’esprit. Mais à cet instant précis, mon téléphone vibra. — « Je suis là. » Je ne le fis pas attendre. La ponctualité, chez lui, semblait une seconde nature. Cinq, puis dix minutes plus tard, je descendis. Dans l’ascenseur, mon cœur battait trop fort. J’allais le voir pour la première fois. Un vrai rendez-vous. Le premier. Je montai dans sa voiture. Une odeur de parfum m’enveloppa aussitôt. Il était beau. Un sourire d’enfer. Je le regardai discrètement, et je sentis qu’il faisait la même chose. Je feignis l’indifférence, mais j’étais extrêmement gênée. Mes mains étaient presque moites. Lui, en apparence, semblait très détendu. Juste un peu timide. Et à cet instant-là, je compris que cette soirée ne serait pas anodine.Il conduisait, et je me laissais porter. Je ne savais même pas où il m’emmenait, et pour une fois, je ne posai aucune question. L’atmosphère était détendue, presque évidente. Quand je le surprends encore entrain de me regarder. D’un air taquin, je lançai..Il y avait aussi ce garçon rencontré pendant ce voyage, celui que j’avais fait pour respirer à nouveau. En apprenant que j’étais célibataire, nous avions commencé à nous voir presque tous les jours. Nous étions devenus amis. Nous sortions, nous parlions, nous vidions nos cœurs. Lui aussi sortait d’une rupture. Je n’allais pas mieux — pas vraiment — mais sa présence m’aidait à ne pas sombrer, à rester à la surface, à continuer d’avancer. Pas à pas. Respiration après respiration. Et c’était déjà une victoire. Cela n’a duré que quelques jours. Mais ce début de rupture fut aussi le commencement de ma reconstruction. Sophie m’entraîna dehors deux week-ends d’affilée, dans l’une de ces boîtes de nuit parmi les plus branchées de Paris. J’y étais physiquement, mais ailleurs intérieurement. Je me demandais sans cesse ce que je faisais là. Ce monde ne m’attirait plus, ne me ressemblait plus. Très vite, je suis retournée vers ce qui me convenait réellement. Je refusais de devenir qu
Mais cette fois-ci, je le savais. Avec une lucidité brutale, presque violente. Tous nos projets d’avenir venaient de partir en fumée. Le mariage, la maison, les enfants, les promesses murmurées tard le soir… tout s’était évaporé, laissant derrière eux un vide immense. Je passai plusieurs jours à broyer du noir. Les heures se confondaient, les nuits n’en finissaient plus. Djamila vint me voir, inquiète, présente comme elle savait l’être. Je cachais pourtant ma peine du mieux que je pouvais à mon entourage. Je souriais quand il le fallait, je parlais de banalités, comme si mon monde ne venait pas de s’effondrer. Mais à l’intérieur, tout était chaos. Je ne fermais plus l’œil. Les pensées tournaient en boucle, les souvenirs s’imposaient sans prévenir. Et malgré tout, la vie continuait. Impitoyable. Je devais me lever chaque matin, le corps lourd, le cœur vidé, pour aller travailler. Faire semblant. Avancer. Continuer à vivre comme si rien ne s’était passé. Comme si mon cœur n’avait p
Chaque mot résonnait comme un coup de poignard. Mon amour, ma patience, mes espoirs… tout s’effondrait."être en couple, ce n’est pas forcer. Maintenant t’es libre, même si tu l’étais déjà visiblement. » Je pris une profonde inspiration, fermai les yeux et cliquai sur “bloquer”. Mon cœur était meurtri, éclaté en mille morceaux. Dans ses messages, je n’avais pas senti une once de regret, même pas une trace d’amour. Il était ailleurs, ailleurs avec elle, avec cette vie que je n’avais jamais comprise. Et moi… je tombai dans un vide que je n’avais jamais connu. Brisée, trahie, abandonnée par celui que j’avais tant aimé.Je partageai la vidéo avec Ouda, Djamila et Emma, cherchant un peu de réconfort, un point d’ancrage dans ce tourbillon de trahison. La maison était encore plongée dans le silence de la nuit, mais je ne parvenais pas à fermer l’œil.Quand elles se réveillèrent et virent, leurs visages reflétaient le choc, la déception, la douleur. Elles aussi étaient ébranlées par ce compo
Il continua à m’écrire, feignant la normalité, testant le terrain, cherchant à savoir si je l’avais découvert ou non. Comme s’il jouait une partie dont j’ignorais encore les règles.Puis, vendredi.Un message tomba sur Snapchat.« C’est ton mec ? Il est ici en boîte avec des filles. »Dans cette fameuse destination. Celle qu’il disait détester. Celle où, soi-disant, il ne mettrait jamais les pieds.Mon cœur s’emballa. Mon instinct me guida, sans hésitation, là où je devais regarder. Et je tombai sur la vidéo.Lui. Sortant d’une boîte de nuit. Entouré de plusieurs bimbos.Pas son artiste. Pas le travail. Juste lui… et elles.Cet homme qui prétendait ne jamais sortir, sauf pour le travail. Cet homme qui parlait de mariage, de respect, de patience. Il quittait une boîte de nuit avec des femmes de ce genre.Mon monde s’écroula.Je tremblais. Mes mains ne me répondaient plus. Mes larmes coulèrent sans que je puisse les retenir. Et je sentis quelque chose se planter dans ma poitrine, comme
Un jour, alors que nous discutions, il me demanda : « Tu veux toujours aller à Londres ? »Je répondis « oui », pensant naïvement que nous y irions tous les deux. Mais il me surprit en disant : « Parle-en à Djamila, vous y allez toutes les deux, je te fais le virement. »Djamila accepta et nous commençâmes à préparer ce voyage. Pourtant, je ne le sentais pas. Quelques jours auparavant, il me parlait d’une destination qu’il avait autrefois détestée, qu’il m’avait suppliée d’éviter, et soudain il voulait y aller pour lancer un projet professionnel.Le jour du départ, il me remit l’argent pour le voyage et s’éloigna aussitôt. Pas un petit bisou, pas d’au revoir, rien. Même mon frère, qu’il croisa en bas de chez moi, n’eut droit à aucun mot, pas même un "bonjour". La colère et le doute me firent me refermer sur moi-même.À Londres, il m’envoya des messages : « Ça va ? Tu as fait bonne route ? » Il essayait de détendre l’atmosphère, m’appelait en vidéo, plaisantait un peu. Mais il n’y avai
Parfois, il redevenait distant, mettait son téléphone en mode « ne pas déranger » lorsqu'on était ensemble, esquivait certains lieux, et les crises recommençaient, comme un cycle que nous n’arrivions pas à briser. Son comportement me faisait souffrir à nouveau, parfois plus profondément que la première fois, et pourtant, il ne faisait aucun effort pour me rassurer. Tout ce que je voulais, c’était une étincelle de certitude, un geste simple pour apaiser mes craintes, même pour le mariage. Un jour, nous parlions de projets d’avenir, et le lendemain il faisait comme si rien n’avait existé, soufflant entre le chaud et le froid, jamais disponible, jamais pleinement là. Je sentais mon cœur se détacher, doucement, comme pour se protéger de la douleur qui menaçait de m’engloutir. C’était une défense silencieuse, un voile que je posais sur mes sentiments pour ne pas sombrer… du moins, c’est ce que je croyais.Les comportements toxiques recommençaient. Il boudait pendant plusieurs jours simplem







