FAZER LOGINIl brise le silence d'une voix douce, basse, vibrante, qui me caresse la peau comme une main.— Dors, Camille. Dors. Je suis là. Je ne te lâcherai pas. Je ne te laisserai pas. Tu es à moi maintenant. Et je veillerai sur toi. Pour toujours. Quoi qu'il arrive. Quoi que tu fasses. Quoi que tu dises. Je veillerai sur toi. Pour toujours. Je te le promets.Je ferme les yeux, malgré moi, et je me laisse bercer par le battement de son cœur, par le souffle de sa voix, par la chaleur de ses bras. Des larmes silencieuses roulent sur mes joues, des larmes que je ne comprends pas, des larmes de honte, de peur, de soulagement peut-être. Et je m'endors, pour la première fois depuis longtemps, sans cauchemars, sans pensées sombres, sans peur. Je m'endors dans les bras de l'homme qui m'a possédée. Je m'endors dans les bras de l'homme qui m'a menti. Je m'endors dans les bras de l'homme qui va me détruire. Et pourtant, je m'endors en paix. Car je suis à lui. Entièrement à lui. P
CamilleLe silence retombe sur la chambre, un silence épais, lourd, saturé de l'odeur du sexe et de la cire chaude des bougies qui continuent de vaciller dans leurs candélabres. Mon corps est en feu, mes muscles tremblent encore des spasmes du plaisir qui m'ont traversée comme des décharges électriques, et mon souffle met une éternité à retrouver son rythme. Je suis allongée sur le dos, les yeux fixés au baldaquin de soie ivoire, les draps en soie collés à ma peau moite, mes cheveux défaits étalés en cascade sur l'oreiller. Je ne bouge pas. Je ne peux pas bouger. Je suis vidée, brisée, anéantie. Mes jambes sont lourdes, mon ventre palpite encore de l'intérieur, ma gorge est sèche et douloureuse d'avoir trop crié. Et pourtant, malgré l'épuisement, malgré la douleur sourde entre mes cuisses, je sens une chaleur étrange monter en moi, une chaleur qui n'a rien à voir avec le désir, une chaleur qui ressemble à de la honte. Car je n'ai pas seulement été possédée, j'ai a
Il se positionne, il me regarde, il me domine de toute sa hauteur. Et puis, il me pénètre. D'un seul coup. Profondément. Entièrement. Je crie. De douleur. De plaisir. De surprise. Il est grand, il est large, il me remplit toute entière. Il ne bouge pas. Il me laisse m'habituer à lui, à sa taille, à sa chaleur, à son poids. Il me regarde, il guette mes réactions, il attend. Et puis, il commence à bouger. Lentement. Très lentement. Des va-et-vient longs, profonds, calculés. Chaque poussée est un supplice. Chaque poussée est une délivrance. Chaque poussée me fait monter un peu plus haut. Je gémis, je gémis, je gémis. Des gémissements qui se brisent dans ma gorge, des gémissements qui s'accélèrent, des gémissements qui deviennent des cris. Je m'accroche à ses épaules, je m'accroche à ses cheveux, je m'accroche à lui. Il accélère. Il va plus vite. Il va plus fort. Il va plus profond. Il me prend, il me possède, il me dévore. Le lit tangue sous nos corps, les draps se froissent, les pétales
CamilleJe le regarde, interdite, le cœur battant à tout rompre. Je veux lui dire que c'est une plaisanterie, que c'est une blague, que c'est une mauvaise blague. Mais je ne fais rien. Je reste là, les lèvres entrouvertes, le souffle court, comme une condamnée qui accepte son sort. Car je sais une chose : ce n'est pas une plaisanterie. Ce n'est pas une blague. C'est un avertissement. Un avertissement que je vais devoir écouter. Pourtant, au plus profond de moi, une voix s'élève. Une voix que je ne connaissais pas. Une voix qui me dit de me battre. De ne pas me laisser faire. De ne pas me laisser briser.— Non.Le mot sort de ma bouche avant que je ne puisse le retenir. Un mot simple, court, mais qui résonne dans la chambre comme un coup de tonnerre. Gabriel se fige. Il me regarde, et dans ses yeux, je vois une chose étrange. De la surprise. De l'incrédulité. Et autre chose. Quelque chose qui ressemble à du respect.— Non ? Tu oses me dire non ?— Oui. J'ose. J'ose te dire non. J'ose t
Je le regarde, interdite, le cœur battant à tout rompre. Je veux lui répondre, je veux lui dire que je ne suis pas prête, que je ne veux pas, que je ne peux pas. Mais les mots ne sortent pas. Ma gorge est sèche. Ma langue est nouée. Et puis, il lève la main. Lentement. Très lentement. Il pose ses doigts sur mon épaule nue, et ce simple contact me brûle comme une braise. Il fait glisser sa main le long de mon bras, jusqu'à mon poignet, qu'il enserre. Puis il me fait pivoter, d'un geste doux et ferme à la fois. Je me retrouve dos à lui, face au miroir en pied qui trône dans un coin de la chambre. Je vois nos deux reflets. Lui, grand, sombre, imposant, derrière moi. Moi, petite, pâle, fragile, devant lui. Il ne me quitte pas des yeux dans le miroir. Il dégrafe ma robe, un bouton après l'autre, avec une lenteur calculée, cruelle, qui me fait frissonner. Chaque bouton qui s'ouvre est une promesse. Chaque bouton qui s'ouvre est une menace. Chaque bouton qui s'ouvre me rapproche un peu plus
CamilleLa voiture s'arrête devant un hôtel particulier, un joyau d'architecture caché au cœur de la ville, dont je n'avais jamais remarqué l'existence. Les façades en pierre de taille sont baignées par la lumière dorée des réverbères, les fenêtres à meneaux sont illuminées de l'intérieur, et les portes en fer forgé, immenses, majestueuses, s'ouvrent sur un hall qui me coupe le souffle. Gabriel descend le premier, il me tend la main sans un mot, et je la prends, mes doigts tremblants se glissant dans les siens. Sa paume est froide, mais sa prise est ferme, autoritaire, possessive. Il m'entraîne à l'intérieur, et je le suis, mes escarpins claquant sur le marbre noir et blanc, mes yeux tentant de saisir chaque détail de ce décor somptueux. Le hall est immense, écrasant de luxe et de froideur. Des lustres en cristal de Bohême pendent du plafond comme des grappes de glace, projetant sur les murs des reflets dansants. Des dorures à la feuille d'or ornent les colonnes, des tapis en soie rou







