Se connecterJe n’avais jamais prévu de devenir la fiancée de l’homme le plus impitoyable de la ville. Un seul scandale a suffi à détruire ma vie. Mais au lieu de nier me connaître, Leontes Valcour a regardé les caméras et m’a revendiquée comme sa fiancée. Leontes est froid, contrôlant et impossible à lire. Pourtant, derrière les portes closes, la façon dont il me regarde me fait oublier toutes les raisons pour lesquelles je devrais rester à distance. Puis je réalise que nos fiançailles simulées ne sont peut-être pas aussi fausses que je le pensais. Et plus je m’approche du milliardaire qui m’a revendiquée, plus je commence à me demander… M’a-t-il choisie pour sauver sa réputation… ou ai-je toujours fait partie de son plan ?
Voir plusLa femme dans sa chambre
Point de vue d’Eulalie "Si tu sors de cette pièce, Eulalie, je m’arrangerai pour que tu ne travailles plus jamais dans cette ville." Je me suis figée, la main sur la poignée de la porte, puis je me suis lentement retournée pour fixer l’homme qui se tenait derrière moi. Leontes Valcour. Le milliardaire dont le nom pouvait faire basculer une pièce entière dans le silence… et, d’une manière ou d’une autre, je me trouvais dans sa suite privée à deux heures du matin. Ma tête battait comme si quelqu’un avait martelé l’intérieur de mon crâne à coups de marteau. "Comment connaissez-vous mon nom ?" "Il est sur le badge épinglé à votre poitrine." J’ai baissé les yeux. Bien sûr qu’il y était. Ma main s’est portée à ma tempe, appuyant fort, essayant de forcer les dernières heures à revenir à leur place… …un homme en costume gris qui m’avait demandé de livrer quelque chose à l’étage des penthouses, et quelqu’un qui m’avait tendu un verre d’eau pendant que j’attendais près de l’ascenseur, parce que ma gorge s’était asséchée à force de monter et descendre les escaliers toute la nuit. Après ça… plus rien. Le noir. "Que s’est-il passé cette nuit ?" "C’est exactement ce que j’aimerais savoir." Sa voix était plate. Il se tenait près de la fenêtre, me regardant. "Je ne suis pas venue ici pour coucher avec vous, si c’est ce que vous pensez." "Je n’ai pas dit ça." "Vous n’en aviez pas besoin. Regardez votre visage." Quelque chose a vacillé. Il réfléchissait, retournait quelque chose derrière ces yeux sombres, et cela a fait frissonner ma peau plus fort que s’il m’avait crié dessus. "Qui vous a dit d’apporter quelque chose ici ?" "Un homme. Je ne connais pas son nom. On m’a demandé de livrer une enveloppe à l’étage des penthouses." "À quel étage exactement ?" "Est-ce que ça a de l’importance ? Je me suis retrouvée ici, non ?" "Ça en a énormément." J’ai croisé les bras, surtout pour empêcher mes mains de trembler. "Pourquoi ne me jetez-vous pas dehors ? Ou n’appelez-vous pas la sécurité ? N’est-ce pas ce que font les hommes comme vous quand une inconnue se réveille dans leur chambre ?" "Vous préféreriez ça ?" "Je préférerais des réponses." "Moi aussi." Il s’est éloigné de la fenêtre, et chaque pas a fait paraître la pièce plus petite. J’ai reculé sans le vouloir, jusqu’à ce que mes omoplates rencontrent la porte. "Asseyez-vous." "Je ne suis pas l’une de vos employées, M. Valcour. Vous n’avez pas le droit de me donner des ordres." Cela l’a arrêté. Juste une seconde. Le temps qu’il réalise que je n’allais pas céder simplement parce que son nom de famille pouvait acheter l’immeuble dans lequel nous nous trouvions. "Vous n’avez pas peur de moi." "Devrais-je en avoir ?" "La plupart des gens en ont." "La plupart des gens veulent probablement quelque chose de vous. Moi, je veux juste rentrer chez moi auprès de mon frère avant qu’il ne se réveille et se demande où je suis." Pour la première fois, quelque chose dans son expression a basculé vers ce qui ressemblait presque à de l’intérêt, disparu avant que je puisse être sûre de ne pas l’avoir imaginé. "Racontez-moi exactement ce dont vous vous souvenez. Depuis le début." "Je l’ai déjà fait." "Racontez-moi encore. Plus lentement." "Pourquoi ? Pour que vous puissiez décider si je mens ?" "Pour que je puisse découvrir qui vous a mise dans ma chambre." Cette seule phrase est tombée bizarrement alors que son téléphone vibrait sur la table. Puis encore, et une troisième fois. J’ai regardé sa mâchoire se contracter tandis qu’il regardait l’écran sans y toucher. "Qu’est-ce que c’est ?" Il n’a pas répondu. Il s’est dirigé vers la porte, l’a entrouverte, et j’ai entendu avant de comprendre… un bourdonnement bas et lointain de voix provenant d’en bas, des téléphones qui sonnaient derrière d’autres portes dans le couloir. "M. Leontes…" "Ne bougez pas." Il l’a dit calmement, mais il y avait maintenant un tranchant dans sa voix, quelque chose de plus aigu que le calme qu’il affichait depuis que j’avais ouvert les yeux. Je l’ai complètement ignoré et je me suis précipitée pour récupérer mon propre téléphone, qui avait glissé sous le bord du canapé à un moment de la nuit. Quarante-trois notifications. Mon estomac s’est noué avant même que j’ouvre la première. Il y avait moi… entrant dans cette suite. Cette porte exacte, les cheveux en bataille et les chaussures à la main, parce que je devais les avoir enlevées à un moment dont je ne me souvenais pas. La légende en dessous a fait sonner mes oreilles. La relation secrète du PDG milliardaire — une employée d’hôtel surprise en train d’entrer dans sa suite privée. "Non." Ma voix est sortie plus petite que je ne le voulais. "Non, non, non…" J’ai fait défiler et mon propre visage s’est multiplié à travers une douzaine de titres, des centaines de commentaires, des inconnus que je n’avais jamais rencontrés décidant exactement quel genre de femme j’étais. Quelqu’un avait déjà déterré mon nom de famille. J’ai trouvé le nom de mon père juste à côté du mien — détourneur de fonds — ressorti de la terre où il avait été enterré depuis des années. Mes mains sont devenues froides. Isambard verrait ça. Mon frère, seize ans, ouvrirait son téléphone à l’école et verrait le visage de sa sœur étalé sur Internet à côté de la disgrâce de leur père, encore une fois, comme si les dix dernières années à grimper péniblement vers quelque chose de normal n’avaient jamais existé. "Je dois y aller." "Eulalie…" "Non. Je dois rentrer à la maison. Maintenant. Avant que mon frère ne voie ça." Je n’ai pas attendu la permission. J’ai tiré la porte et suis entrée directement dans un couloir qui s’était transformé en chaos, le personnel de l’hôtel collé aux murs, leurs téléphones levés. Au moment où j’ai atteint le hall, c’était encore pire. Des caméras avec des journalistes accrochés. "Mademoiselle ! Mademoiselle, pouvez-vous confirmer que vous avez passé la nuit avec M. Valcour ?" "Est-il vrai que votre père est Balthazar Vireaux, l’homme condamné pour fraude chez Valcour Industries ?" "Saviez-vous qui il était quand vous êtes montée dans sa suite ?" J’ai baissé la tête et j’ai essayé de me frayer un chemin, mais ils se sont refermés autour de moi comme de l’eau trouvant une faille, des micros poussés tout près. Ma poitrine se serrait, ma vision se rétrécissait sur les bords, puis une main s’est refermée sur la mienne. J’ai levé les yeux et Leontes était là, sa veste remise. Il a regardé droit dans les caméras, et la foule est devenue presque silencieuse, attendant ce qu’il allait dire. "M. Valcour, cette femme est-elle votre maîtresse ?" Il a tourné la tête. Il m’a d’abord regardée avant de faire face aux caméras à nouveau. "Non." J’ai laissé échapper un souffle que je ne m’étais pas rendu compte de retenir, le soulagement m’envahissant si vite que j’en ai eu le vertige. Puis ses doigts se sont resserrés autour des miens, et il m’a tirée d’un demi-pas plus près de son côté. "C’est ma fiancée."Le premier vrai baiserPoint de vue d’Eulalie"Si tu veux connaître la vérité, arrête de prétendre que tu ne me fais pas confiance."Leontes se tenait à quelques centimètres de moi.J’avalai ma salive."Alors arrête de me donner des raisons de ne pas te faire confiance."Il passa une main dans ses cheveux, la frustration écrite sur chaque ligne de son visage."Mon père conservait des dossiers privés sur plusieurs employés, y compris le tien. Après l’arrestation, ces dossiers ont disparu. Je ne sais pas ce qu’il y avait dedans. Je ne sais pas pourquoi ils ont disparu. Tout ce que je sais, c’est que Balthazar et Aurelius avaient une sorte d’arrangement avant que tout s’effondre.""Un arrangement. C’est assez vague pour signifier n’importe quoi.""C’est la vérité autant que je la connais.""Pratique, que la seule preuve qui pourrait réellement expliquer quelque chose ait justement disparu.""Tu penses que je protège mon père.""Je pense que ce ne serait pas la première fois qu’un Valcour
La femme qui en sait tropPoint de vue d’Eulalie"Tu devrais demander à ton fiancé ce que son père a fait au tien."J’ai cessé de respirer.La femme assise en face de moi a souri. Ottilie D’Aubray… l’ex-fiancée de Leontes.Elle était apparue dans le salon comme si elle avait toujours eu sa place ici. Un instant j’étais seule avec un livre que je ne lisais pas vraiment, et l’instant d’après elle était simplement là, me regardant avec une expression bien trop douce pour quelqu’un qui était censé me détester."Pardon, qu’avez-vous dit ?""Rien d’important. Je suis juste curieuse de savoir ce que Leontes t’a raconté." Elle prit une gorgée lente de son thé, indifférente."Il déteste les mensonges, tu sais. Ironique, vu comme il est doué pour les raconter.""Je ne vois pas de quoi vous parlez.""Bien sûr que si. Tu vis l’un de ses mensonges en ce moment même."Je posai mon livre, le dos se redressant malgré moi. J’avais anticipé de la jalousie. Des remarques cinglantes, des regards froids,
Bienvenue au manoir Valcour Point de vue d’Eulalie "Prends tes affaires et pars." Je regardai la femme qui me barrait le chemin. "Pardon ?" Elle sourit froidement. "Mon fils a peut-être annoncé que tu es sa fiancée, mais cela ne signifie pas que tu es la bienvenue dans cette maison." Je restai debout sur les marches, mon unique sac de sport accroché à mon épaule, fixant une femme qui semblait avoir été sculptée dans de la glace coûteuse. Cressida Valcour. Je la reconnus immédiatement d’après les photographies qui avaient circulé en ligne dans l’heure qui avait suivi mon acceptation de cet arrangement… les mêmes pommettes tranchantes que son fils. "On m’a dit que ce serait mon domicile pour les six prochains mois." "On t’a mal informée. Ou peut-être que mon fils a oublié de mentionner que cette maison appartient à une famille, et que les familles ont des standards." "J’en suis sûre. Je ne savais juste pas que les bonnes manières n’en faisaient pas partie." Son sourire s’amin
Ma fausse fiancée Point de vue d’Eulalie "Répétez ça." Je fixai Leontes comme s’il avait complètement perdu la raison. Il ne cligna même pas des yeux. "Tu vas être ma fiancée." La portière de la voiture se referma derrière nous avec un clic doux, nous enfermant tous les deux dans un silence qui semblait plus fort que la foule dont nous venions de nous échapper. Je tournai tout mon corps vers lui, mon pouls martelant encore sous l’effet des caméras, sous le son de mon propre nom hurlé par des inconnus qui croyaient savoir exactement qui j’étais. "Vous êtes fou ? Vous avez dit au monde entier que je suis votre fiancée. Je n’ai même jamais eu de vraie conversation avec vous avant ce soir." "Nous en avons une maintenant." "Ne faites pas ça. Ne prenez pas cette voix calme. Expliquez-vous." Il s’adossa au siège, dénouant sa cravate. "Les photographies n’étaient pas un accident, Eulalie. Quelqu’un a arrangé pour que tu te retrouves dans cette chambre. Quelqu’un voulait exactement






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