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Chapitre 15 : Ce qu'il ne dit pas 2

last update publish date: 2026-03-25 07:38:00

comme ça, dit-il. Comme quelqu'un qui ne va pas bien. Comme quelqu'un qui a besoin de...

Il n'achève pas. Je m'approche de lui, prends ses mains dans les miennes. Elles sont froides.

– Adrien, ce que tu fais là, c'est beau. Vraiment beau. Ce n'est pas une faiblesse, c'est un don. Pourquoi tu as honte ?

Il ne répond pas. Ses yeux sont fixés sur la toile où je lis, et je vois qu'il lutte contre quelque chose &nda

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  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 198 : À toi, jusqu'à l'ombre

    — ÉlisaGabriel dort, la respiration longue et régulière, un bras replié sous l'oreiller. La maison d'hôtes est silencieuse. Par la fenêtre entrouverte monte une odeur de nuit d'été, de terre et de feuilles, et quelque part très loin une voiture passe et s'efface.Je ne dors pas encore. Je ne veux pas dormir encore. Je veux traverser cette nuit éveillée, consciente, jusqu'au bout, comme on veille auprès d'un grand événement, non par inquiétude, mais par respect.Alors, dans le noir, je fais ce que je fais les grandes nuits : je laisse ma vie défiler. Pas en images précises, en strates. Le loft et ses vitrines. Les noms sur les étiquettes. Le carnet caché. L'escalier descendu sans bruit, la pluie, le sac. Le canapé de Clara. La salle d'audience, ma voix dans le micro. Le pont de la Tournelle et la question que personne ne m'avait jamais posée. Les sept non qui n'ont rien brisé. La lettre, lue et rangée. La façade du septième et le géranium rouge. La serre, le soleil, la danse. Et ce so

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    — ÉlisaQuand vient le moment de la première danse, je me rends compte que je ne me suis jamais demandé comment elle serait.Avec Adrien, le premier mariage, l'autre vie, la première danse avait été une chorégraphie. Nous avions pris des cours pendant trois mois. Il avait choisi la musique, le style, jusqu'à l'angle auquel je devais incliner la tête pour les photographies. Cette danse-là avait été belle, techniquement irréprochable, applaudi à tout rompre. Je n'en garde aucun souvenir intérieur. J'y étais comme on est dans un rôle : à côté de moi-même, me regardant exécuter, craignant la fausse note.Ce soir, il n'y a eu aucun cours. Aucune mise en scène. Quelqu'un met une chanson, une vieille chanson française que j'aime, que Gabriel sait que j'aime, rien de spectaculaire, et nous nous levons, et nous nous rapprochons, et c'est tout.Il pose une main dans mon dos. Je pose la mienne sur son épaule. Et nous bougeons à peine.La danse n'est pas incendiaire. Elle est douce. Presque tendr

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 196 : La lumière

    — ÉlisaLe moment des signatures arrive presque sans que je l'aie vu venir. On nous installe à une petite table, au centre de la serre, avec le registre ouvert et ce stylo officiel un peu trop lourd, et tout le monde s'approche, et il y a ce bruissement particulier d'une assemblée qui retient son émotion.Je signe la première. Élisa Marchand. Mon nom, le mien, celui qui était sur le carton d'invitation de l'exposition, celui qui est sur la couverture du livre, celui que je n'ai jamais cédé et que je ne cède pas aujourd'hui, nous avons choisi, tous les deux, de garder chacun notre nom, et cette décision-là n'a nécessité aucune négociation, elle s'est posée entre nous comme une évidence partagée.Et au moment précis où Gabriel se penche à son tour sur le registre, la main posée à côté de la mienne sur le papier, le soleil traverse la verrière.Je le jure : toute la journée avait été grise, doucement grise, cette grisaille égale que j'aimais le matin même. Et voilà que la couche de nuage

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 195 : Les vœux

    — Élisa. Je ne vais pas te promettre l'éternité. Je ne sais pas ce que c'est, et je me méfie des gens qui en parlent comme d'un bien immobilier. Je te promets des choses plus petites, et plus difficiles. Une respiration. Je te promets de ne jamais utiliser ta fragilité comme un pouvoir. Je te promets de ne jamais transformer tes peurs en argument, ni tes limites en reproche, ni ton histoire en levier. Je te promets de te laisser tes silences, tes absences, tes colères, tes matins sans parole. Je te promets de rester un homme à côté de toi, et jamais un toit au-dessus de toi. Et je te promets une dernière chose : si un jour je deviens une pièce dont tu veux sortir, la porte ne sera jamais fermée à clé. C'est le seul serment qui vaille, entre nous. Tout le reste, on le reconstruira chaque matin.Il y a ce silence particulier, dans la serre, d'une assistance qui retient son souffle. Je vois Clara qui pleure sans bruit. Je vois Claire qui tient le bras de Caroline.Et puis c'est mon tour.

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 194: Le matin

    — ÉlisaLe matin du mariage se lève gris et doux, un de ces matins parisiens sans éclat que j'aime entre tous, parce que la lumière y est égale, sans violence, sans ombre tranchée.Je me réveille avant le réveil. Pigment est allongé sur mes pieds, il a passé la nuit avec moi, seul témoin de ma dernière nuit de femme non mariée, et il l'a fait avec le sérieux parfait des chats. Je fais du café. Je le bois debout, à la fenêtre, en regardant la rue s'éveiller, et il n'y a dans ma poitrine ni panique ni ivresse, juste une clarté vaste, comme une pièce rangée.Clara arrive à neuf heures, avec la robe, un thermos et des yeux déjà brillants. Nous prenons notre temps. Elle me coiffe, et ses mains tremblent un peu, et nous rions de ses mains qui tremblent.Et puis vient le moment du miroir.Je me regarde longtemps. La robe est simple, je l'ai voulue ainsi, droite, fluide, sans armature, sans rien qui enserre ou qui transforme. Mes cheveux sont simplement relevés. Mon visage est mon visage, ave

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 193 : Clara

    — ÉlisaClara se jette dans les préparatifs avec une intensité presque comique. Ma sœur, qui organise des colloques de trois cents personnes sans hausser le ton, devient avec mon mariage une machine de guerre : listes, tableaux comparatifs, dégustations, échéanciers. Elle m'envoie des messages à sept heures du matin. Traiteur : trois options, j'ai mis les tarifs en pièce jointe. Elle téléphone à Gabriel pour des questions de logistique et je les entends rire ensemble dans la cuisine, et ce rire-là, ma sœur et cet homme, vaut tous les pardons du monde.Mais la veille du jour où nous devons choisir la robe, elle craque.Nous sommes dans sa cuisine, il est tard, nous avons bu trop de thé et pas assez dormi, et nous venons de passer deux heures sur un détail de faire-part qui n'aurait mérité que dix minutes. C'est là, évidemment, que ça sort, jamais dans les moments prévus.— Je vais te dire quelque chose, commence-t-elle, et sa voix change, et je pose ma tasse. Je n'ai jamais rien dit, p

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 34 : Mon refuge

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  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 1 — Le regard qui me renverse

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