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Chapitre 82 : Le téléphone

last update Data de publicação: 2026-06-09 08:32:00

Il lâche le téléphone, qui tombe sur le tapis avec un bruit mat. Il recule d'un pas, puis d'un autre, comme si mes mots l'avaient frappé physiquement. Son visage se décompose, passe de la colère à la détresse, de la détresse à l'horreur. Il semble découvrir, pour la première fois, l'ampleur des dégâts qu'il a causés. Il semble réaliser, pour la première fois, qu'i

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  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 92 : La veilleuse

    Enfin, un mouvement. Sa tête s'incline légèrement sur le côté, comme s'il était surpris par ma remarque, comme s'il ne comprenait pas ce que je lui reprochais. Et puis il sourit. Un sourire doux, presque enfantin, qui contraste terriblement avec la scène.— Peur ? dit-il, la voix rauque, ensommeillée. Pourquoi aurais-tu peur de moi, mon amour ? Je te protège. Je veille sur toi. C'est ce que font les hommes qui aiment. Ils veillent.— Ce n'est pas normal de regarder quelqu'un dormir. Pas comme ça. Pas toutes les nuits.— Comment sais-tu que c'est toutes les nuits ? Puisque tu dors ?La question me désarçonne. Elle est logique, imparable, glaçante. Puisque je dors. Puisque je ne me réveille jamais. Puisque je ne me rends compte de rien. Depuis combien de temps dure ce manège ? Depuis des semaines ? Des mois ? Depuis le d&eac

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 91 : La confrontation

    Sa voix est douce, convaincue, presque passionnée. Il ne plaisante pas. Il ne bluffe pas. Il croit sincèrement à ce qu'il dit. Il croit sincèrement m'avoir sauvée, élevée, accomplie. Et c'est peut-être ça, le plus terrifiant. Pas sa cruauté, pas sa manipulation, mais sa conviction profonde, inébranlable, d'avoir agi par amour. D'être le héros de cette histoire. D'être le sculpteur génial qui a transformé un bloc de pierre brute en statue éternelle.— Je suis en train de te perdre, murmure-t-il en se penchant vers moi, les coudes sur les genoux, les mains jointes. Je le sens. Tu es en train de t'éloigner, et ça me détruit. Tout ce que j'ai fait, Élisa, je l'ai fait pour te garder. Parce que je ne peux pas vivre sans toi. Parce que tu es la seule chose qui donne un sens à mon existence. Si tu pars, je meurs. L

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    La nausée monte. Je pose le carnet, je respire, je tente de contenir le tremblement qui agite tout mon corps, mais c'est impossible. Je reprends la lecture, parce que je sais que le pire est à venir, parce que je sais que je dois aller jusqu'au bout, parce que je ne pourrai plus jamais ignorer ce que j'ai lu.7 novembre. Elle est presque parfaite maintenant. Presque achevée. Elle ne sort plus sans me demander la permission. Elle ne parle plus à ses amis. Elle ne décide plus rien sans me consulter. Elle est devenue douce, malléable, docile. Comme une belle sculpture d'argent que j'aurais polie pendant des mois. Je suis fier d'elle. Je suis fier de moi. Dans quelques semaines, dans quelques mois, le processus sera terminé. Elle sera totalement mienne, corps et âme. Elle ne pourra plus jamais partir, parce qu'elle ne saura plus qui elle est sans moi. Parce que je serai devenu sa seule identité, sa seule pensée, sa seule raison d'exister. C'est ça, le véritable amour. Pas cette guimauve q

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 89 : Le journal

    ÉlisaL'atelier est vide. C'est la première fois que j'y entre seule, sans sa présence, sans sa permission. Adrien est parti ce matin pour rencontrer un fournisseur de pierres précieuses à Anvers. Il ne rentrera que tard dans la nuit. Il m'a embrassée sur le front avant de partir, m'a recommandé de ne pas m'ennuyer, de ne pas sortir trop tard, de ne pas parler à des inconnus. Des recommandations qu'on donne à une enfant. Ou à une prisonnière.Je ne sais pas ce qui m'a poussée à entrer ici. Peut-être l'ennui. Peut-être la solitude de cet immense loft vide où je me sens minuscule, perdue, sans substance. Peut-être cette curiosité morbide qui me tenaille depuis des semaines, cette envie sourde de fouiller, de trouver quelque chose, n'importe quoi, qui expliquerait ce qu'il m'arrive, qui donnerait un sens à cette lente décomposition de mon être.L'atelier est en désordre, comme toujours. Des croquis éparpillés sur la grande table de bois, des outils alignés avec une précision maniaque sur

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 88 : Le compte à rebours

    ÉlisaC'est en cherchant un ticket de caisse dans mon portefeuille que je tombe sur mon relevé bancaire. Je ne l'avais pas ouvert depuis des semaines. Depuis des mois, peut-être. Je le déplie machinalement, et les chiffres me sautent au visage comme une gifle.Mon compte est vide. Pas presque vide. Pas un peu dans le rouge. Vide. Zéro. Néant. Il reste exactement douze euros et quarante-trois centimes, et mon prochain salaire ne tombe que dans deux semaines.Je reste figée, le relevé à la main, incapable de comprendre. Comment j'en suis arrivée là ? J'ai toujours été indépendante financièrement. J'ai toujours gagné correctement ma vie. Je n'ai jamais été dépensière, je n'ai jamais fait de folies, j'ai toujours réussi à mettre un peu d'argent de côté chaque mois. Alors comment mon compte

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 87 : Le week-end

    ÉlisaMa sœur m'a invitée à passer un week-end chez elle, en Normandie. Un week-end entre sœurs, rien que toutes les deux, comme au bon vieux temps. Elle a une maison au bord de la mer, une petite maison en pierre avec un jardin qui descend jusqu'aux galets, et elle veut me la montrer. Elle veut qu'on se promène sur la plage, qu'on cuisine ensemble, qu'on se raconte nos vies. Elle veut me voir, tout simplement. Me voir sans Adrien, pour une fois. Me voir elle, elle qui s'inquiète, elle qui pose des questions, elle qui ne comprend pas pourquoi je me suis autant éloignée de ma famille.J'ai dit oui. Sans réfléchir, sans peser le pour et le contre, sans anticiper les conséquences. J'ai dit oui, parce que ma sœur me manque, parce que la mer me manque, parce que la liberté me manque. J'ai dit oui, et pendant quelques heures, j'ai été heureuse. Vraiment

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