LOGINCe soir-là, Amélia était assise seule dans sa chambre, fixant depuis un bon moment l’écran de son téléphone sur lequel s’affichait le nom de Nicolas, avant de se décider enfin à appuyer sur le bouton d’appel. Elle avait passé trois jours à réfléchir à tout cela à tête reposée et, ce soir-là, elle se sentait suffisamment pr&ecir
L'appel vidéo avec Céleste fut établi à midi pile.Céleste apparut à l'écran depuis son bureau, un espace au décor somptueux et raffiné. Sur son bureau se trouvaient une tasse de café et une pile de documents qui semblaient avoir été lus à maintes reprises.« Tu es au bureau ? » demanda Amélia, commençant par un sujet plus léger.« Oui. » Céleste acquiesça, les yeux plus fatigués que d’habitude. « Depuis que papa a été arrêté, je dois le remplacer à la tête de Devereux Capital. »« Comment vas-tu ? » demanda Amélia à voix basse.« Mieux qu’il y a une semaine », répondit Céleste avec sincérité. « Mais ces documents en provenance de Genève m’ont prise au dépourvu. »Elles entrèrent dans le vif du sujet sans plus de préambules. Amélia ouvrit son ordinateur portable et orienta la caméra vers l’écran afin que Céleste puisse voir la même page.« Page trente-deux », dit Amélia. « Les conditions d’activation de l’héritage. Tu les as lues ? »« Oui », répondit Céleste d’une voix différente, pl
« Parce que le nom de Céleste Devereux figure comme co-héritière de Luis sur les biens cachés des Devereux. » Amélia termina sa phrase d’une voix à peine audible.Juliette fixa l’écran du téléphone, relut elle-même la même ligne, puis leva les yeux avec une expression qu’elle ne put dissimuler. « Co-héritière ? Cela signifie qu’Édouard a associé le nom de Luis à celui de Céleste dans un même document successoral ? »« Oui. » Amélia posa son téléphone sur la table, s’assit et se pressa les tempes entre deux doigts. « Luis, âgé de trois mois, et Céleste, qui vient de divorcer de Nicolas, sont mentionnés ensemble dans une même clause successorale. »Juliette s’assit en face d’elle, sans rien dire pendant quelques secondes. « Pourquoi Édouard a-t-il fait cela ? »« C’est ce que je ne comprends pas encore. » Amélia rouvrit le document sur son téléphone et fit défiler jusqu’à la troisième page qui l’avait laissée sans voix tout à l’heure. « Le Dr Renard dit que cela a un rapport avec un anc
Amélia tenait toujours son téléphone à la main lorsqu’elle relut le message pour la deuxième fois. Le nom de l’Institut de recherche en droit de la famille de Genève semblait trop officiel pour un message envoyé sans préavis. De plus, le message mentionnait le nom complet de Luis et le mot « héritage ». Amélia fronça les sourcils, essayant de comprendre quel était le lien entre son fils et les affaires juridiques de la famille Valmont.Elle finit par répondre au message. « Qui vous a fourni des informations sur moi et Luis ? » demanda-t-elle avec prudence. La réponse arriva quelques secondes plus tard. « Ces informations proviennent de documents juridiques récemment découverts. Je ne peux pas tout expliquer par message, mais je peux vous assurer que le no
Amélia répondit au message de Nicolas. « À sept heures. Avant l’ouverture du café. Comme ça, personne ne nous dérangera. »La réponse ne se fit pas attendre. « J’arrive. »Amélia posa son téléphone et contempla le ciel de Saint-Vernier, qui commençait déjà à dissimuler ses étoiles derrière un mince voile de nuages. Le vent soufflait plus froid que d’habitude. Elle but une gorgée de son thé déjà froid, laissa l’amertume s’attarder un instant, puis rentra à l’intérieur.À six heures du matin, Amélia était déjà au Petit Matin.El
Amélia relut deux fois le message de Céleste. Elle se tenait devant Le Petit Matin, laissant la brise de l’après-midi de Saint-Vernier lui caresser le visage.Elle eut le temps de taper plusieurs réponses, mais les effaça à plusieurs reprises. Finalement, elle se contenta d’écrire : « Merci, Céleste. Mais entre Nicolas et moi, c’est fini depuis longtemps. »La réponse de Céleste fut brève : « Je suis désolée. »Amélia fixa le message quelques instants, puis esquissa un petit sourire.Céleste n’avait pas à s’excuser. Elle savait que tout ce qui s’était passé n’était pas enti&e
Nicolas regarda sa mère avec étonnement, mais son regard trahissait une certaine chaleur.« Maman savait que je viendrais aujourd’hui ? » demanda-t-il doucement.« C’est Amélia qui m’a invitée », répondit Madeleine d’un ton détendu tout en buvant son café. « Elle m’a dit que tu viendrais et m’a demandé si je voulais venir. »Nicolas se tourna vers Amélia.« C’est toi qui l’as invitée ? » demanda-t-il.« Elle est venue de loin, de Montelune », répondit Amélia en haussant les épaules. « Ce serait injuste qu’elle ne voie







