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Chapitre 2

Autor: Desire steve
last update Fecha de publicación: 2026-08-30 19:32:30

Milena ~

En pivotant sur un pied, je serre mon sac dans mes paumes en sueur.

Maman ouvre la bouche pour parler. Mon âme manque de quitter mon corps, mais je revêts mon assurance comme une belle robe. « Où est ton compagnon ? » demande-t-elle, le regard curieux dardé vers la porte, s'attendant à voir quelqu'un surgir.

Je me raidis tandis que le poids de sa question me frappe, résonnant dans ma tête comme la cloche de la meute.

Elle ne demande pas ce qu'il y a dans le sac ; au contraire, elle se focalise sur mon compagnon mystère. C'est répugnant. À ce stade, il aurait mieux valu qu'elle parle du sac, car sa question m'a noué l'estomac.

Comment peut-elle se désintéresser du fait que sa plus jeune fille est sur le point de prendre une décision étrange ? Comment sa préoccupation principale peut-elle être mon compagnon ?

Un homme ! … Être destructeur !

« Tu n'es pas rentrée avec lui ? » Elle allonge un peu plus le cou.

En ricanant, je roule des yeux. Évidemment que non.

Ouais, la tradition exige qu'on ramène son compagnon à la maison dès son premier shift. Mais je ne respecte pas les traditions.

J'aime et savoure ma force de caractère.

M'éclaircissant la gorge, je change de sujet. « Pourquoi es-tu à la maison ? » Elle n'est censée être là.

Personne ne l'est.

« Ton père a annulé notre visite. Un imprévu important est survenu pour lui. » En battant des mains avec un large sourire, elle m'attrape le bras. « Viens, Mil. Assieds-toi. Célébrons ça avant que ton père ne rentre. » Maman nous entraîne vers la salle à manger, puis s'affaire autour du grand gâteau de velours rouge posé sur la table.

Mon pied tape en cadence sur le marbre tandis que je cramponne mon sac comme mon meilleur ami ; mes yeux n'arrêtent pas de fixer la sortie. Il me faut un effort surhumain pour ne pas me lever et fuir.

Le bateau que je dois prendre n'attendra pas.

Et me voilà.

En me mordillant la lèvre inférieure, je m'empêche de pleurer en regardant Maman. Elle découpe le gâteau avec un sourire chaleureux et vit le plus beau moment de sa vie, alors que ma vessie menace d'exploser sous la tension de risquer de rater mon navire.

L'opportunité unique de ma carrière. J'ai économisé sou par sou pendant quatre ans pour rassembler mon billet.

Je refuse de perdre ça.

Je ne peux pas.

Me dressant d'un bond, je saisis un morceau de gâteau. Je mange, avant de l'attirer dans une étreinte. « Le gâteau est délicieux », murmuré-je en déposant un baiser sur sa joue.

Elle s'apprête à dire quelque chose, mais je pivote sur mes talons, fonçant vers la porte sans me soucier de son air déconcerté. Au moment de l'ouvrir, elle s'abat violemment, me percutant de plein fouet.

Je trébuche en arrière ; ma vision se brouille tandis qu'une vive douleur irradie mon front.

« Encerclez la maison ! » Un ordre retentit, me glaçant le sang de la tête aux pieds.

En me frottant les yeux pour chasser la douleur, je recouvré la vue. Elle se pose sur l'expression cruelle de six guerriers massifs qui ont envahi notre salon.

Un sourire sournois étire une fine ligne sur les lèvres du chef alors qu'il me fixe en retour.

Mon cœur rate un battement, et je fais un pas tremblant vers Maman, agrippant son bras. L'un après l'autre, les guerriers grognent avant de s'avancer. Leur aura exhale le chaos, prédatrice.

Le sourire astucieux du chef s'élargit. Il fait tournoyer la chaîne d'un sac comme s'il était là pour capturer un Rogue.

« Le Bêta Blackwood n'est pas à la maison », informe Maman en posant l'assiette de gâteau sur la table.

« Nous ne sommes pas venus pour le Bêta, nous venons pour votre Kerko », réplique-t-il en me désignant du doigt.

Mes sourcils se froncent. Maman et moi nous dévisageons, bouche bée.

« Qu'as-tu encore fait ? » murmure-t-elle en me protégeant.

« Je n'ai causé aucun problème. » Je serre les pans de son tablier, me cachant derrière elle. Que veulent ces hommes de moi ? Je ne me suis pas faufilée au centre médical aujourd'hui. Je n'y ai pas mis les pieds depuis la dernière raclée reçue par deux guerriers.

Monsieur le Transporteur ? A-t-il rapporté que j'ai osé fuir la meute pour rejoindre le territoire des humains ?

M'a-t-il trahie ?

« Vous n'avez pas à protéger une coupable. Écartez-vous, femme », tonne le chef.

« Pardonnez-moi. Mais je dois savoir pourquoi vous voulez ma précieuse fille. » Maman agrippe mon poignet avec force.

Elle tremble. Effrayée. En tant que femmes de la maison Blackhood, nous n'avons aucun droit de contester un homme, qu'il soit roturier ou puissant.

Il fronce le nez, le dégoût se lisant sur ses traits alors qu'il examine Maman. « Dernier avertissement », grogne-t-il en faisant tournoyer sa chaîne avant de frapper.

La boule de fer atterrit aux pieds de Maman, brisant le marbre. Nous sursautons en arrière, nous accrochant l'une à l'autre.

Mon cœur plonge dans mon estomac, battant plus vite qu'un marathon.

Les guerriers s'échangent des regards. En chœur, leurs rires sardoniques résonnent entre les murs du salon.

Une sueur chaude perle sur mon front, des larmes me montent aux yeux. Pourquoi nous font-ils ça ?

« Écartez-vous de la coupable. » Celui qui manie la chaîne détache la boule de fer du marbre, la faisant rouler dans les airs à nouveau.

« Mil », murmure Maman. « Tu dois courir. Trouve un abri. Va prévenir ton père. »

Je hoche la tête. « Je ne peux pas te laisser ici. » Des larmes coulent sur mes joues.

Je ne peux pas fuir. Si je le fais, ils tueront Maman. Ces créatures sont impitoyables. Elles n'accordent aucune valeur à la vie d'une femme.

« La garce veut jouer avec nous. Prenez la fille », ordonne-t-il.

« Cours, Mil ! » Maman me pousse sur le côté.

Sans hésiter, je fonce vers la porte comme un vent furieux, mais je m'arrête en entendant un bruit sourd et écœurant. Puis Maman pousse un cri. Les coups pleuvent encore et encore, et à chaque fois, les cris de Maman se changent en gémissements.

Les guerriers rient de victoire.

Mon cœur bat violemment alors que je me retourne. Ma gorge est trop nouée, et mes mots sortent étranglés. « Maman. » La peur fait naître la chair de poule sur ma peau tandis que mon regard la trouve. Elle gît sur le flanc dans une mare de son propre sang, blessée à la tête.

La boule de fer est plantée sur le côté de son crâne, ses yeux grand ouverts et figés. Partie. Est-elle partie ? Est-ce que... ?

Les jambes flageolantes, je sprinte, mes genoux percutant le sol alors que je l'atteins en tremblant. Sa poitrine ne bouge plus. Ils l'ont tuée. Des monstres.

« Putain, attrapez la fille. L'Alpha Vladimir attend. » J'entends l'ordre, mais je suis trop anesthésiée pour bouger. Pour assimiler. Pour courir vers un abri, ou comprendre.

Maman ne peut pas mourir. Elle a assez souffert sans avoir profité de moi. Elle doit se réveiller. Je ne peux pas...

« Mil. » Sa voix faible s'élève, sa main saccadée tentant de toucher ma joue.

Elle est vivante ! Dieux merci. Je rampe plus près ; ma main plane autour de la boule enfoncée dans son crâne. Pour qu'elle guérisse, je dois retirer l'arme.

Bien que novice en médecine, je peux la sauver.

En voulant l'extraire, ses doigts cramoisis me retiennent. Ses lèvres s'entrouvrent, révélant des dents tachées de caillots. « Cours. » Elle lutte pour parler.

« Tu... Tu saignes beaucoup. »

« Vas-y. Appelle à l'aide... »

« Attrapez la fille, imbéciles », interrompt le chef, la colère évidente.

Suivant ses instructions, un guerrier m'attrape par les cheveux, me traînant sur le sol ensanglanté.

Je crie, donnant des coups de pied dans le vide tandis que je lutte pour me libérer. Le guerrier rugit et me remet debout d'un secousse. Mon cuir chevelu brûle sous l'impact, mais je continue de protester, frappant son épaule de mes poings.

L'état de Maman est critique. Je dois la sauver.

Par instinct, je me jette sur le guerrier, plantant mes dents dans sa poitrine. Nana grogne tandis que mes crocs s'allongent, s'enfonçant plus profondément. Un fluide cuivré et chaud se déverse dans ma bouche. Je l'avale d'une traite.

L'homme blessé pousse un glapissement et lâche prise, mais agrippe mon cou. Mon flux d'air est coupé, pourtant je ne recule pas. Mes crocs s'enfoncent davantage, mais s'arrêtent lorsqu'un choc violent frappe l'arrière de ma tête.

Je me fige. Éteinte. Aucun son, aucune douleur, aucune faiblesse. Puis ça arrive, s'écoulant de mes tempes jusqu'à mon menton comme un ruisseau. Cramoisi. Chaud.

Je m'éloigne de l'homme alors que le sol sous mes pieds se dérobe, me faisant tourner la tête. La douleur renaît lorsque le coup s'abat une seconde fois.

Mon sang se glace. Tout se brouille. La lumière s'évanouit tandis que mes jambes cèdent sous mon poids.

Je m'effondre en avant.

L'obscurité prend le relais.

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