LOGINLa voiture roule dans un silence irréel. La pluie a cessé, mais l’humidité colle encore aux vitres, comme un voile sale que personne ne prend la peine d’essuyer. Les phares découpent la route en lignes blanches qui défilent lentement. Trop lentement. Ou trop vite. Lila n’en sait rien. Le temps n’a plus de forme. À l’arrière, elle est recroquevillée contre la portière. Ses bras entourent son propre corps, comme si elle essayait de se maintenir en un seul morceau. Ses vêtements portent encore l’odeur de l’hôpital. Désinfectant. Mort. Fin. Ses yeux sont secs, brûlants. Elle a tellement pleuré que les larmes semblent l’avoir abandonnée. Devant, Marissa conduit. Les épaules raides. Les mains crispées sur le volant. Elle jette parfois un regard dans le rétroviseur, inquiète, impuissante. À côté d’elle, Marcia est droite, silencieuse. Le visage fermé, presque figé. Mais ses doigts tremblent légèrement sur son sac posé sur ses genoux. Elle ne regarde ni Lila, ni la route. Elle fixe un
La chambre est plongée dans une pénombre artificielle, coupée seulement par les lumières vertes et bleutées des machines. L’air est lourd, saturé d’odeur de désinfectant et de peur retenue. Chaque bip résonne comme un compte à rebours.Lila est assise au bord du lit.Elle n’ose presque pas respirer. Ses doigts sont crispés sur le drap, froissés, humides de sueur. Elijah est là, immobile, trop immobile. Son visage est pâle, marqué par des ecchymoses, des bandages. Il a l’air plus jeune ainsi, fragile, loin de l’homme calme et solide qu’il a toujours essayé d’être.— Réveille-toi… murmure-t-elle. S’il te plaît.Sa voix tremble. Elle ne sait plus depuis combien de temps elle est là. Les minutes se ressemblent toutes. L’attente est une torture lente, silencieuse.Puis—Un mouvement.Infime.Presque imperceptible.Les doigts d’Elijah bougent légèrement.Lila se fige.— Elijah… ?Son cœur s’emballe si fort qu’elle a l’impression qu’il va exploser. Elle se penche en avant, ses yeux fouillant
L’hôpital ne dort jamais. Même en pleine nuit, les couloirs sont éclairés par une lumière blanche et crue qui efface toute notion de temps. Les portes automatiques s’ouvrent brusquement lorsque Lila arrive, presque traînée à l’intérieur par Marissa. Son souffle est court. Son cœur bat trop vite. Tout son corps tremble comme si le froid s’était logé sous sa peau. Derrière elles, Marcia entre d’un pas ferme. Les sirènes viennent tout juste de se taire dehors. L’air sent encore la pluie et l’urgence. Des voix s’élèvent, des brancards passent à toute vitesse. Quelqu’un appelle un médecin. Quelqu’un d’autre dicte des chiffres, des constantes, des mots que Lila ne comprend pas. — Accident de la route, deux hommes, traumatisme sévère, dit une voix pressée. Lila s’arrête net.Deux hommes.Son estomac se noue violemment. — Où sont-ils ? demande-t-elle d’une voix presque inaudible. Marissa serre sa main plus fort. Elle aussi est pâle, le visage tiré par l’inquiétude. — On va savoi
— Parce que tu détruis tout sur ton passage. Victor rit encore, mais son rire tremble. — Tu te prends pour mon juge maintenant ? — Je me prends pour ton frère. Ces mots frappent plus fort que n’importe quelle insulte. Victor appuie encore sur l’accélérateur. — Un frère ne me menace pas, hurle-t-il. Un frère ne me fait pas chanter avec des preuves ! — Je ne te menace pas, répond Elijah. Je te donne une issue. — Il n’y a pas d’issue ! explose Victor. Il frappe le tableau de bord. La voiture fait un écart violent. Elijah se rattrape au siège. — Tu vas nous tuer ! crie-t-il. — Peut-être que c’est ce qu’il faut ! réplique Victor, hors de lui. Le tonnerre gronde au loin. La pluie transforme la route en piège. Les virages deviennent de plus en plus serrés. — Arrête la voiture, Victor, insiste Elijah. On ne peut pas parler comme ça. — Trop tard pour parler. Victor respire vite. Trop vite. Son regard est fixe, presque halluciné. — Tu veux qu’elle parte ? dit-il so
Victor baisse les yeux. Il voit les documents. Des contrats. Des relevés bancaires. Des photos. Des noms. Son sourire disparaît. — C’est quoi ce cirque ? murmure-t-il. — Du détournement de fonds, dit Elijah. Du blanchiment d’argent. Des ventes d’armes. De drogue. Tout est là. Daté. Signé. Croisé. Victor relève brusquement la tête. — Tu bluffes. — Non. Elijah ouvre la chemise, sort quelques feuilles, les étale méthodiquement. — J’ai des copies. Des sauvegardes. Des contacts. Si je tombe, tout sort. Le silence devient lourd, suffocant. Lila, cachée dans l’ombre de l’escalier, sent ses jambes trembler. Elle regarde Victor. Elle ne l’a jamais vu comme ça. Ses mains tremblent légèrement. — Qu’est-ce que tu veux ? demande-t-il enfin, d’une voix basse. Elijah soutient son regard. — Lila. Un mot. Un seul. Victor serre les dents. — Tu ne la mêles pas à ça. — Tu l’as déjà fait, répond Elijah froidement. Depuis le début. Victor fait un pas en avant. — Tu ne sa
Victor est dans son bureau ce matin là, il n’arrête pas de penser à Lila alors il se lève et entreprend d’aller dans sa chambre. Il ouvre doucement la porte et remarque que la jeune fille est assise sur le lit et semble un peu perturbée Il s’avance et l’entoure de ses bras, il lui fait ensuite un bisou dans le cou—je…—chit, reste juste comme ça s’il te plaît , ne gâche pas l’ambiance, j’ai envie de passer un bon moment avec toi, sans violence et sans bagarre.Elle regarde à côté et des larmes coulent silencieusement le long de ses joues mais visiblement ce n’est pas la préoccupation de Victor Il retourne la jeune femme face à lui et l’embrasse de toute ses force, il lui dévore la bouche de façon répétée sans lui laisser la moindre chance de respirer, il descend ensuite vers son cou et y laisse ses baiser et quelques marques rouges.—ahh. —c’est cela , j’ai envie d’entendre tes gémissements, surtout ne te retiens pas. Dit-il les yeux pleins de désir. Il lui retire sa che
Victor est assis dans son bureau, derrière la grande baie vitrée qui donne sur la nuit. Mais il ne regarde pas la ville. Il ne regarde pas les lumières, ni les ombres, ni le monde qui continue sans lui.Non.Son regard est fixé sur les écrans devant lui.Quatre caméras.Quatre angles.Une seule p
Le plateau posé sur la petite table dégage une odeur de viande grillée et de légumes fumants. Lila reste assise sur le bord du lit, les bras croisés. Son ventre crie famine, mais elle détourne la tête avec obstination. Elle n’avancera pas ses lèvres vers la nourriture de ses geôliers, pas tant que
Lila pousse la porte de son appartement, le cœur lourd, le souffle encore court de l’angoisse et de la colère qui l’ont submergée au commissariat. Ses mains tremblent, son sac est toujours vide, et l’écho des rires des officiers résonne encore dans sa tête, cruel et moqueur. Elle referme la porte d
Julien l’écoute sans interruption, son regard attentif, ses mains jointes sur ses genoux. Il ne juge pas, ne commente pas, il absorbe simplement chaque mot, chaque émotion. Lila sent un poids se lever un peu de ses épaules rien qu’en étant entendue, et une confiance fragile commence à s’installer e







