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TROIS.

last update publish date: 2026-04-02 23:53:39

Point de vue de Nadia

Tout cela n'était qu'un rêve. Forcément. La femme d'âge mûr pâlit. Assise sur le lit, je tremblais.

« Ça doit être la chute », commença Gaius. « Récemment, tu t'es jetée du haut de la falaise parce que tu ne voulais pas épouser le roi Alpha Noah. »

Il marqua une pause et me regarda avec inquiétude.

« C'est un miracle que tu aies survécu. Ton corps n'a pas été trop brisé. Mais je crois que tu as perdu la voix », expliqua Gaius.

Et là, tout s'éclaira.

Avant que ce vent violent ne se lève, j'avais prié pour renaître. Il semblait que ma prière ait été exaucée. Je me regardai de nouveau dans le miroir. J'y vis un visage totalement différent.

Un visage innocent me fixait. J'avais de longs cheveux blancs immaculés. Des yeux rouges rares, comme ceux d'un vampire. Un nez fin. Des lèvres rouge cerise.

J'étais d'une beauté à couper le souffle. Mon visage me disait quelque chose. Le nom qu'on m'appelait, Valérie, me disait quelque chose. « Qu'est-ce qu'on va faire maintenant ? » s'écria la femme d'âge mûr. Elle passa ses mains dans ses cheveux soigneusement coiffés.

« Qui était-elle pour moi ? » me demandai-je. Car chaque fois que je la regardais, une douce chaleur m'envahissait le ventre.

Je remarquai aussi que nous avions les mêmes yeux rouges et les mêmes cheveux blancs. Ses traits étaient très semblables aux miens. Serait-ce ma mère ?

« Maman, calmez-vous. Valérie va bien. Elle a survécu à la chute de cette falaise. » Gaius l'enlaça.

« Mais elle est restée dans le coma pendant deux semaines. » Elle éclata en sanglots. Gaius soupira. Il sortit un mouchoir de sa poche et le lui tendit.

Je restai figée sur le lit. Deux semaines s'étaient écoulées depuis ma mort. Depuis la mort de Valérie ? Ou quoi ?

Je voulais parler. Mais aucun mot ne sortait. Je plantai mes ongles dans le matelas. J'étais frustrée.

 C'était peut-être parce que Lucien m'avait coupé la langue. En parlant de Lucien, la rage me consumait. Les souvenirs de ce qu'il m'avait fait me traversèrent l'esprit.

J'essayai de me lever du lit. Mais mon visage se crispa. Une douleur atroce me transperça. J'avais l'impression que mes os se brisaient. Je m'effondrai sur le lit. Je respirais bruyamment. Gaius et maman accoururent aussitôt.

Des gouttes de sueur perlaient sur mon front. J'avais l'impression d'être éventrée. Je grimaçai. Je me retournai sur le lit. J'essayai de lutter contre la brûlure lancinante qui me transperçait.

« V-Valérie, ça va ? » Gaius posa une main sur mon front. Il la retira aussitôt, comme si je l'avais piqué.

« Elle est vraiment brûlante, maman ! » cria-t-il. Maman sortit en trombe de la chambre, reniflant. Gaius se précipita dans une autre pièce de ma chambre.

J'avais l'impression vague que c'était la salle de bain. Des souvenirs de moi me baignant dans cette eau m'ont traversé l'esprit. Mais qu'était cette douleur ?

Pourquoi faisait-il si chaud ? J'ai refermé les yeux. Quand je les ai rouverts, j'étais dans le néant. Du moins, c'est ce que je croyais. Tout était sombre.

Mais soudain, j'ai entendu un claquement de doigts derrière moi. Je me suis retournée aussitôt. J'ai aperçu une ombre.

« Qui êtes-vous ? » Une boule s'est formée dans ma gorge. Un rire a retenti. Il m'a donné la chair de poule.

Ce n'était ni sinistre, ni amical. J'ai reculé d'un pas. J'étais sur mes gardes. La lumière est apparue. Mes yeux se sont écarquillés en voyant qui me fixait.

C'était moi. Ou plutôt, Valérie. L'hôte originelle du corps que j'occupais maintenant. Elle tenait une bougie tout près de son visage.

« Tu m'as fait attendre deux semaines. » Elle a souri. Je l'ai regardée, confuse. Perdue.

« Que voulez-vous dire ? » ai-je finalement demandé. Heureusement, elle a réussi à parler. Elle a gloussé.

« Je savais déjà que j'allais mourir. De la même façon que je savais que tu allais mourir et prendre possession de mon corps », murmura-t-elle. Mon cœur rata un battement.

« Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Où étais-je, au fait ? » me demandai-je. Je regardai autour de moi une fois de plus. Il faisait toujours nuit noire. À l'exception de la femme et d'une bougie devant moi.

« Tu savais que tu allais mourir et tu n'as rien fait pour l'empêcher ? » demandai-je par curiosité. Ses paroles n'avaient aucun sens.

Qui a envie de mourir de nos jours ?

« Pourquoi le ferais-je ? J'ai accompli mon destin. Il est temps pour toi d'accomplir le tien », répondit-elle.

« Dans ton corps ? Comment est-ce possible ? » Je me mordis la lèvre inférieure. Elle haussa les épaules.

« Je ne suis pas censée être avec eux. Toi, si. Nos destins sont liés. Décidés avant même notre naissance. Aucun de nous n'a le droit de les changer », dit-elle. Je me demandai si elle avait perdu la raison.

J'étais censée être avec qui ?

 « Une fois de retour dans le monde des vivants, tu perdras à nouveau ta voix », m'annonça-t-elle. Ma mâchoire se décrocha.

« Mais qu'est-ce que c'est que ça ?! Pourquoi ? » Je serrai les poings. Elle laissa échapper un autre rire agaçant.

« Tant que tu n'auras pas chassé la bête maudite. Tant que tu n'auras pas fait fondre leurs âmes. Tu resteras muette. » Valérie posa sa main sur la bougie, comme une folle.

« Arrête de dire des bêtises ! » Je serrai les dents. Elle tenait des propos incohérents.

Quelqu'un essayait-il de me prendre pour une imbécile ?

« Ton temps est compté. Comme cette lueur de bougie. Fais ce qu'il faut avant qu'il ne soit trop tard, sinon tu n'auras pas de vengeance. » Ces mots résonnèrent dans ses veines. La bougie flottait dans l'air.

Une fois de plus, une brise glaciale surgit de nulle part. Elle soufflait avec une violence inouïe. Je dus me retenir pour ne pas être emportée. Mais la bougie, à ma grande surprise, ne s'éteignit pas.

« Valérie… » J'ai entendu un cri familier. J'ai ouvert les yeux et j'ai vu Maman. Elle m'a regardée, un soulagement fugace dans le regard. Elle pressait quelque chose d'humide contre mon front pour calmer la brûlure.

Je me suis sentie soulagée et réchauffée. J'ai essayé de parler à nouveau. Aucun son ne sortait. J'ai juste levé les yeux au ciel.

Maudit soit l'hôte de ce corps. Je n'ai encore rien compris.

Soudain, on a frappé à la porte. Gaius a fait signe à la personne qui se trouvait derrière d'entrer.

« Madame Sebastian, Jeune Maître. Les jumeaux Lycans sont là. » Un jeune homme en uniforme de majordome s'est incliné devant nous.

J'ai eu un frisson. Avait-il vraiment dit Sebastian ? Tout s'est éclairé à nouveau.

Valerie Sebastian ? Impossible.

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