FAZER LOGINPoint de Vue : Elara Vannucci
Le camp de Malik n'était qu'un ensemble de tentes de laine noire nichées au creux d'un massif rocheux, invisibles depuis le ciel. Ici, le temps semblait s'être arrêté. L'odeur du thé à la menthe et de la fumée de bois remplaçait celle de la poudre, mais l'air n'en était pas moins lourd.À peine descendu de sa monture, Damian s'isola avec Malik près d'une petite radio à ondes courtes. Il avait ce regard... celui d'un homme qui compte ses morts et prépare ses cercueils.Je m'installai dans une tente avec Alessandro. Mon fils s'endormit presque instantanément sur un tapis de cuir. Guylana, quant à elle, restait prostrée dans un coin, fixant ses mains désormais calleuses et sales.— Tu devrais te reposer, Guylana, dis-je en m'approchant d'elle. Demain, le désert nous demandera encore plus.— Le désert... murmura-t-elle avec un rire sans joie. Tu te rends compte, Elara ? J'ai géré des fonds souverains, j'ai renversé des gouvernementPoint de Vue : Elara VannucciLa mer Méditerranée était noire, une nappe d'huile agitée sous une lune absente. Nous étions entassés dans la cale du Meryem, un cargo de fret battant pavillon libérien. L'odeur y était écœurante : un mélange de fer rouillé, de sel et d'humidité rance.Alessandro s'était assoupi sur un tas de filets de pêche. Damian, assis à l'opposé de la cale, nettoyait mécaniquement son arme, le regard vide. La fracture entre nous était désormais un abîme. Nous ne nous battions plus pour le pouvoir, mais pour ne pas sombrer dans la folie.Guylana s'approcha de moi, glissant sur le sol métallique. Elle semblait étrangement sereine, comme si le danger imminent lui rendait sa clarté d'esprit.— Il est temps que tu saches, Elara, murmura-t-elle, s'assurant que Damian était hors de portée de voix. Le Syndicat n'est pas une création spontanée de banquiers véreux. C'est une restructuration.— De quoi ? Une restructuration de la Mafia ?— Non.
Point de Vue : Elara VannucciLe camp de Malik n'était qu'un ensemble de tentes de laine noire nichées au creux d'un massif rocheux, invisibles depuis le ciel. Ici, le temps semblait s'être arrêté. L'odeur du thé à la menthe et de la fumée de bois remplaçait celle de la poudre, mais l'air n'en était pas moins lourd.À peine descendu de sa monture, Damian s'isola avec Malik près d'une petite radio à ondes courtes. Il avait ce regard... celui d'un homme qui compte ses morts et prépare ses cercueils.Je m'installai dans une tente avec Alessandro. Mon fils s'endormit presque instantanément sur un tapis de cuir. Guylana, quant à elle, restait prostrée dans un coin, fixant ses mains désormais calleuses et sales.— Tu devrais te reposer, Guylana, dis-je en m'approchant d'elle. Demain, le désert nous demandera encore plus.— Le désert... murmura-t-elle avec un rire sans joie. Tu te rends compte, Elara ? J'ai géré des fonds souverains, j'ai renversé des gouvernement
Point de Vue : Elara VannucciL'obscurité était totale, absolue. L'impulsion électromagnétique de Guylana avait transformé la technologie de pointe du Syndicat en un tas de ferraille inutile pour quelques précieuses minutes. Au-dessus de nous, le bourdonnement des hélicoptères changea de ton ; ils volaient désormais à l'aveugle, s'éloignant prudemment des parois rocheuses du canyon.— Ne vous arrêtez pas ! chuchota Damian, sa voix n'étant plus qu'un souffle rauque.Il tenait Alessandro contre sa poitrine, progressant à tâtons contre la paroi calcaire. Je suivais, ma main agrippée à la veste de Guylana. Nous étions quatre spectres fuyant une armée de fantômes. Le sable s'engouffrait dans mes poumons, chaque inspiration était une brûlure.Nous marchâmes pendant ce qui sembla être une éternité, guidés uniquement par le froid de la pierre et le lointain écho des tirs de barrage qui s'étaient tus derrière nous. Vincenzo... l'idée de sa mort était une plaie béante dans mon esprit, mais
Point de Vue : Elara VannucciLe vrombissement des hélicoptères déchira le silence du désert. Ce n'était plus une rumeur lointaine, mais un rugissement qui faisait vibrer les murs de terre de notre refuge. La lumière crue des projecteurs balaya la cour, transformant la nuit en un jour aveuglant et électrique.— Ils sont là ! hurla Vincenzo en ouvrant le feu par la petite lucarne.Le fracas de son fusil d'assaut remplit la pièce, étouffant les cris d'Alessandro. Je saisis mon fils par la taille, le plaquant contre mon flanc. Ses yeux étaient deux puits de terreur, mais il ne versait pas une larme. Il avait compris, dans cette vie de fuite, que le bruit était synonyme de mort.— Damian ! criai-je par-dessus le vacarme.— Par la porte arrière ! Maintenant ! ordonna Damian.Il vida son chargeur vers la fenêtre pour couvrir notre sortie. La porte de bois éclata sous la pression du vent et des balles. Nous nous jetâmes dans l'obscurité froide du désert, juste au moment où une roquett
Point de Vue : Elara VannucciLe vent de sable hurlait contre les murs de terre de notre planque, mais le silence à l'intérieur était bien plus dévastateur. Damian se tenait debout, l'ombre de son corps projetée sur le mur par la lueur d'une lampe à huile. Il venait d'entendre ce que Guylana m'avait révélé.— Demi-frères ? répéta Damian, sa voix n'étant plus qu'un murmure dangereux. Tu es en train de me dire que mon père, Matteo, a eu une liaison avec une Petrovic ? Que ton père et moi étions...— Oncles et neveux, coupa Guylana d'un ton sec. Alessandro porte en lui l'ADN exact requis pour déverrouiller le compte "Héritage" du Syndicat. Matteo ne l'a jamais dit parce qu'il voulait utiliser ton fils comme sa propre assurance-vie. Il a implanté cette signature biométrique dans le dossier médical d'Alessandro dès sa naissance.Damian frappa le mur de son poing, faisant tomber de la poussière du plafond.— Toute ma vie n'a été qu'un mensonge orchestré par ce vieil homme, même après
Point de Vue : Elara VannucciVingt-quatre heures de mer. Vingt-quatre heures à éviter les radars des garde-côtes, tapis dans la cale d'un chalutier qui sentait le poisson pourri et le gazole. Alessandro avait fini par s'endormir, épuisé, la tête sur mes genoux. Damian, lui, n'avait pas fermé l'œil. Il scrutait l'horizon, une ombre parmi les ombres, son arme jamais à plus de dix centimètres de sa main.Nous avons accosté sur une rive aride, loin des ports touristiques. Quelque part sur la côte nord-africaine, dans un village dont le nom n'apparaissait sur aucune carte de luxe.La Cachette :Vincenzo nous conduisit à une bâtisse de terre cuite, isolée au bout d'un chemin poussiéreux. C'était une ancienne planque de la Famille, un vestige de l'époque où le grand-père de Damian faisait du trafic de tabac bien avant l'ère des cryptomonnaies.L'intérieur était spartiate : trois pièces nues, des ventilateurs de plafond qui grinçaient, et l'odeur persistante du sable chaud.— On reste







