LOGINPoint de Vue : Elara Vannucci
L’eau était d’un froid mordant, une morsure glaciale qui s'insinuait sous ma peau et engourdissait mes membres. Autour de moi, la mer n'était plus que débris calcinés et nappes de mazout. Le brasier de La Fenice projetait des ombres dansantes sur les vagues, un soleil noir qui s'éteignait lentement dans un sifflement de vapeur.— Damian ! criai-je, ma voix étouffée par le bruit des vagues.Une main puissante jaillit de l'eau et agrippa mon épaule. Damian émergea, recrachant de l'eau salée, son visage une grimace de douleur et de détermination.— Je suis là, Elara. Ne lâche pas.À quelques dizaines de mètres, le canot de sauvetage manoeuvrait avec difficulté au milieu des décombres flottants. Je vis la silhouette de Guylana penchée sur le bord, scrutant la surface.— Par ici ! hurla-t-elle.Elle nous aida à monter à bord. Alessandro se jeta contre moi, tremblant de tous ses membres, ses petits doigts crispés sur mon puPoint de Vue : Elara VannucciLe tarmac de l'aéroport international de Douala vibrait sous une chaleur lourde, moite, chargée de l'odeur de la terre rouge et du kérosène. Après des jours d'obscurité dans le ventre du sous-marin et le vol sous haute surveillance depuis la Syrie, l'Afrique nous accueillait avec une intensité brutale.Damian descendit la passerelle du jet privé, ses yeux balayant l'horizon. Il ne portait plus ses costumes italiens, mais une chemise de lin froissée et un pantalon tactique. Il ressemblait à un mercenaire en quête de rédemption.— On est loin de la Sicile, Damian, murmurai-je en tenant fermement la main d'Alessandro.— Ce n'est pas la distance qui compte, Elara. C'est ce qui nous attend ici.L'Apparition de Guylaine :À la sortie du salon VIP, une escorte de voitures noires nous attendait. Mais ce n'étaient pas les hommes de Volkov. C'étaient des gardes locaux, imposants, portant des uniformes d'une agence de sécurité privée
Point de Vue : Elara VannucciLe grincement du métal contre le métal résonna comme un cri d'agonie dans l'habitacle exigu du propulseur. Nous étions tirés vers le haut, aspirés par la gueule béante du sous-marin de classe Kilo qui avait émergé juste au-dessus de nous. La pression dans mes oreilles était insupportable.— Préparez-vous, ordonna Damian, sa voix calme malgré le chaos. Elara, garde Alessandro derrière toi. Guylana, si tu tentes quoi que ce soit dès que l'écoutille s'ouvre, je te loge une balle entre les deux yeux avant même qu'ils ne puissent te saluer.L'engin fut brusquement stabilisé. Un bruit de succion indiqua que le sas de transfert était scellé. Puis, le silence. Un silence de mort, interrompu seulement par le cliquetis de l'écoutille qui se déverrouillait par l'extérieur.La Confrontation dans le Sas :L'air qui s'engouffra était froid, recyclé, chargé d'une odeur de graisse et d'ozone. Six hommes en uniformes tactiques noirs, visages ma
Point de Vue : Elara VannucciL'air marin était saturé d'une odeur de brûlé et d'ozone. Derrière nous, la citadelle de Calvi n'était plus qu'une silhouette de feu découpée sur le ciel de nuit. Nous étions entassés dans un "propulseur de plongée" — un engin de contrebande semi-submersible que les hommes de Ghjulia utilisaient pour échapper aux radars côtiers.L'espace était minuscule, confiné, et l'eau nous arrivait jusqu'à la taille. Damian tenait Alessandro fermement contre lui, mais son regard, lui, ne quittait pas Guylana. Une lueur meurtrière dansait dans ses prunelles sombres.— Le troisième héritier, commença Damian, sa voix résonnant contre les parois métalliques de l'engin. Tu le savais, n'est-ce pas ? Depuis le début, tu joues sur deux tableaux.— Damian, je te jure que non ! s'exclama Guylana, sa voix tremblante d'une peur authentique. Mon père ne m'a parlé que de Bianca. Cette page... elle était verrouillée par un code que seul Matteo et son exécuteur
Point de Vue : Elara VannucciLa villa trembla jusque dans ses fondations. Ce n'était pas une grenade, mais un tir de mortier léger provenant de l'un des navires stationnés dans la baie. Volkov avait dit vrai : ils étaient prêts à raser la citadelle de Calvi pour s'assurer que le Livre des Ombres ne quitte jamais l'île.— À terre ! hurla Damian.La baie vitrée explosa en mille éclats de cristal, projetant une pluie tranchante sur nous. Les commandos russes s'engouffrèrent par la brèche, leurs silhouettes massives découpées par la lueur des incendies extérieurs. Le salon luxueux devint en un instant un abattoir.Damian abattit les deux premiers hommes avec une précision effrayante, utilisant le bureau de Volkov comme bouclier. Mais Volkov, profitant du chaos, s'était déjà éclipsé par une porte dérobée.— Elara, récupère la tablette de Guylana ! On doit sortir d'ici avant que le toit ne s'effondre !Le Sacrifice :Guylana était figée près du serveur
Point de Vue : Elara VannucciLe tunnel des bergers était une veine de pierre humide et oppressante, à peine assez large pour laisser passer les épaules de Damian. Derrière nous, le fracas des fusils de chasse des bergers se mêlait au claquement sec et précis des armes automatiques. Le contraste était terrifiant : la tradition corse contre la technologie de guerre russe.— Plus vite, Elara ! pressa Damian.Il portait Alessandro sur son dos, le petit serrant le cou de son père de toutes ses forces. Guylana marchait juste derrière moi, son souffle court trahissant sa panique. Le "Livre des Ombres" pesait une tonne dans mon sac, comme s'il contenait le poids de tous les péchés de Matteo.Nous débouchâmes sur une crête rocheuse surplombant le précipice. Le vent de la montagne nous fouetta le visage. Au loin, trois hélicoptères noirs sans aucune immatriculation survolaient la bergerie en flammes.L'Embuscade :Soudain, Damian se figea. Il nous fit signe de
Point de Vue : Elara VannucciLa descente vers la côte s'est faite dans un silence de sépulcre. Damian ne semblait plus ressentir la douleur de sa blessure. Il marchait avec une froideur mécanique, ses yeux scrutant chaque buisson, chaque repli du terrain. Derrière nous, la fumée noire de la bergerie de Ghjulia montait encore vers le ciel, un pilier de deuil au milieu du maquis.— Calvi est à moins de dix kilomètres, dit Damian en s'arrêtant sur un promontoire. Le Syndicat a réquisitionné une villa sur les hauteurs de la citadelle. C’est là que se terre leur émissaire, un homme nommé Volkov. Le "boucher" du Patriarche.— On ne peut pas entrer là-dedans à trois, Damian, intervint Guylana. Volkov voyage avec une section de Spetsnaz renégats. C'est une mission suicide.Damian se tourna vers elle, un sourire sans joie étirant ses lèvres.— Qui a dit qu'on allait entrer par la porte ? On va utiliser le tunnel des contrebandiers que Matteo a fait creuser sous les







