로그인Chapitre 83
Alexander
Je pleure. Longuement. Sans bruit. Les larmes coulent sur mes joues, silencieuses, interminables, et je ne les retiens pas. Je ne peux pas. Je reste assis sur ce banc, les mains agrippées au bois, et je laisse la vérité me traverser. J'ai un fils. Léo est mon fils. Mon sang. Ma chair. Dans ce petit garçon aux yeux gris que je n'ai pas vu naître, qu
Chapitre 83AlexanderJe pleure. Longuement. Sans bruit. Les larmes coulent sur mes joues, silencieuses, interminables, et je ne les retiens pas. Je ne peux pas. Je reste assis sur ce banc, les mains agrippées au bois, et je laisse la vérité me traverser. J'ai un fils. Léo est mon fils. Mon sang. Ma chair. Dans ce petit garçon aux yeux gris que je n'ai pas vu naître, que je n'ai pas tenu bébé, dont j'ai raté chaque premier pas, chaque premier mot, chaque nuit de fièvre.Apolline ne dit rien. Elle attend. Elle me laisse pleurer, sans me toucher, sans me consoler. Ce silence est le plus grand cadeau qu'elle puisse m'offrir.Quand les larmes tarissent enfin, je relève la tête. Je les essuie d'un revers de main maladroit. Je la regarde._ Merci, dis-je d'une voi
Chapitre 82ApollineLe mot est sorti avant que je ne puisse le retenir. « Oui. » Un seul mot, trois lettres, et je le vois frapper Alexander en pleine poitrine comme une balle qu'il n'aurait pas vue venir. Son visage se décompose, puis se recompose, en une seconde à peine, comme si un séisme intérieur le traversait et qu'il tentait de se reconstruire sur les ruines. Ses traits se crispent, sa mâchoire tremble, ses yeux s'emplissent de larmes qui débordent aussitôt, ruisselant sur ses joues sans qu'il cherche à les retenir.Il pleure. Alexander Castellano pleure devant moi.Je ne l'avais jamais vu pleurer. Pas une fois en cinq années de mariage. Pas même quand son père est mort. Pas même quand j'ai posé cette lettre sur l'oreiller et que j'ai quitté le manoir pour toujours. Je l'avais cru incapab
Chapitre 81AlexanderLe silence entre nous est devenu presque paisible, un silence que nous avons appris à habiter sans qu'il soit lourd de reproches, et c'est dans ce silence que je trouve enfin le courage de poser la question qui me brûle depuis des semaines, depuis le premier instant où j'ai vu Léo dans cette cour d'école. Je la regarde, assise sur ce banc de parc, les mains posées sur ses genoux, le visage apaisé, et je sais que je ne peux plus reculer, que je ne veux plus reculer._ Apolline, dis-je d'une voix basse, presque solennelle, j'ai une question à te poser, une seule, et je veux que tu saches qu'elle n'a rien à voir avec la justice, ni avec des droits, ni avec quoi que ce soit d'autre que mon cœur.Elle tourne la tête vers moi, ses yeux se posent sur les miens, et je vois dans son regard une attention grave, une
Chapitre 80ApollineJe le regarde, assis sur ce banc, les épaules affaissées, les mains croisées sur ses genoux, les yeux rougis par les larmes qu'il n'a pas pu retenir, et je vois sa souffrance, je la vois aussi clairement que je vois le soir qui descend sur le parc. Une part de moi, une part sombre que je n'ose pas regarder en face, se sent satisfaite de cette souffrance, comme si elle était une justice rendue, une revanche silencieuse sur toutes ces années où je pleurais seule dans ma chambre pendant qu'il vivait sa vie sans même se demander si j'existais. Cette satisfaction est là, tapie dans un coin de mon cœur, et elle me fait honte, mais elle est là, indéniable, presque animale._ Tu souffres, dis-je doucement, et ce n'est pas une question._ Oui, répond-il sans lever les yeux. Je souffre, et c'est mérit&
Chapitre 79AlexanderJe l'écoute, et chaque mot qu'elle prononce est une blessure qui s'ouvre dans ma poitrine. Elle parle d'une voix calme, posée, comme si elle racontait l'histoire d'une autre, mais je sais que c'est la sienne, que c'est la nôtre, et cette distance qu'elle met entre elle et sa souffrance me déchire plus que ne le feraient des sanglots. Elle raconte la peur, la solitude, les nuits sans sommeil, les doutes, les larmes versées dans l'obscurité d'une chambre étrangère, et je reçois chaque détail comme un coup de fouet, sans broncher, sans me défendre, parce que je sais que c'est mon tour de souffrir._ Tu ne dis rien, dit-elle doucement._ Je ne peux pas, réponds-je d'une voix brisée. Je ne peux pas, Apolline, parce que chaque mot que tu prononces est une flèche que je mérite, et qu
Chapitre 78ApollineJe réapparais après cinq jours de silence, cinq jours à me terrer dans l'appartement, à pleurer, à réfléchir, à me débattre avec mes souvenirs et mes peurs. Cinq jours à relire ses messages sans jamais y répondre, à écouter son numéro sonner sans jamais décrocher. Puis ce matin, au réveil, je me suis regardée dans le miroir, j'ai vu mes yeux cernés, mon visage pâle, et j'ai compris que je ne pouvais plus rester enfermée dans ce silence. Alors j'ai pris mon téléphone et je lui ai envoyé un message, quelques mots seulement.« Il faut qu'on se parle encore. Demain, au parc, après l'école. Léo sera chez Éloïse. »Il répond immédiatement, comme toujours, comme s'il guet







