MasukJe restai immobile devant la porte.
J’avais l’impression que mon corps refusait de bouger. Ma respiration était bloquée dans ma gorge et mes yeux restaient fixés sur la scène qui se déroulait devant moi.
Julien se trouvait à quelques mètres de moi.
Il tenait une autre femme dans ses bras.
Ils s’embrassaient avec une tendresse que je pensais avoir été la seule à partager avec lui.
La petite boîte que je tenais entre mes mains glissa lentement de mes doigts.
Clac !
Le bruit de l’écrin tombant sur le sol résonna dans toute la pièce.
Ils se séparèrent immédiatement.
Julien tourna lentement la tête vers moi.
Pendant une seconde, j’espérai voir de la honte dans ses yeux. Un signe de regret. Même la moindre hésitation.
Mais il n’y avait rien.
Il poussa simplement un léger soupir, comme si mon arrivée venait de gâcher sa soirée.
— Marie Rose…
Sa voix était calme.
Beaucoup trop calme.
J’étais incapable de prononcer le moindre mot.
La jeune femme se tourna également vers moi. Elle ne semblait ni surprise ni gênée. Au contraire, un léger sourire apparut au coin de ses lèvres tandis qu’elle passait son bras autour de celui de Julien.
Comme si elle voulait me faire comprendre qu’il lui appartenait désormais.
Julien m’observa quelques secondes avant de demander :
— Je croyais que tu devais arriver plus tard ?
Je le regardai, complètement déconcertée.
— Julien… qu’est-ce que… qu’est-ce que je suis en train de voir ?
Il baissa les yeux un instant avant de me regarder à nouveau.
Son expression resta impassible.
— Ce que tu vois, c’est la vérité.
Ces quelques mots me donnèrent l’impression qu’on venait de m’arracher le cœur.
Je secouai lentement la tête.
— S’il te plaît… explique-moi…
Il croisa les bras sans montrer la moindre émotion.
— Il n’y a rien à expliquer.
Cette réponse me fit encore plus mal que le baiser auquel je venais d’assister.
Pendant trois ans, j’avais partagé ma vie avec lui.
Je l’avais aimé de tout mon cœur.
Et maintenant, il me parlait comme si j’étais une parfaite inconnue.
Je fis un pas vers lui.
Mes mains tremblaient.
— Julien… regarde-moi dans les yeux et dis-moi que tout ça est un malentendu.
Il secoua doucement la tête.
— Non. Ce n’en est pas un.
Un lourd silence s’installa entre nous.
Mes yeux étaient remplis de larmes, mais je refusais de pleurer devant eux.
Je n’allais pas leur offrir cette satisfaction.
— Alors… tout ce qu’on a vécu ensemble… ça ne représentait rien pour toi ?
Il se contenta de hausser les épaules.
— Les gens changent.
Trois mots.
Trois simples mots suffirent à effacer trois années d’amour.
Mon regard descendit vers l’écrin ouvert qui se trouvait toujours au sol.
À l’intérieur brillait encore la montre de luxe que j’avais achetée pour célébrer notre troisième anniversaire.
J’avais économisé pendant des mois.
J’avais renoncé à beaucoup de choses pour pouvoir lui offrir ce cadeau.
Et maintenant, il n’avait plus aucune valeur.
Je me baissai lentement pour le ramasser.
Lorsque je me relevai, mes yeux croisèrent enfin ceux de la femme qui se tenait aux côtés de Julien.
Je ressentis un nœud dans ma poitrine.
Je connaissais ce visage.
Beaucoup trop bien.
— Vanessa… ?
Elle baissa les yeux un instant avant de me regarder de nouveau.
— Je suis désolée…
Sa voix était vide, sans la moindre sincérité.
Je laissai échapper un rire amer.
— Non… tu ne l’es pas.
Elle resta silencieuse.
Julien fit un pas en avant.
— Arrête de la blâmer.
Je le regardai sans comprendre.
— Depuis quand ?
Il répondit sans détour.
— Huit mois.
Huit mois.
Pendant huit mois, ils s’étaient vus en secret.
Pendant huit mois, Vanessa avait continué à m’appeler presque tous les jours.
Elle me demandait comment allait ma relation.
Elle me donnait des conseils.
Elle me réconfortait après chaque dispute avec Julien…
Alors qu’elle partageait déjà sa vie avec lui.
Un frisson parcourut tout mon corps.
Soudain, mes jambes devinrent si lourdes que j’eus du mal à rester debout.
— Pourquoi… ?
Ma voix n’était plus qu’un murmure.
Julien détourna le regard avant de répondre.
— Parce que je ne t’aime plus.
Je fermai les yeux.
C’était la phrase que j’avais toujours redouté d’entendre.
Lorsque je les rouvris, quelque chose avait changé en moi.
La douleur était toujours insupportable.
Elle continuait de me déchirer de l’intérieur.
Mais une petite voix me répétait que je méritais bien mieux que cet homme.
En silence, je retirai la bague qu’il m’avait offerte.
Je pris sa main et déposai l’anneau dans sa paume.
— Je te rends tout.
Il observa la bague pendant quelques instants.
Puis il répondit avec une totale indifférence :
— C’est mieux ainsi.
J’acquiesçai lentement.
— Oui… tu as raison.
Il me regarda avec surprise.
Il ne s’attendait certainement pas à ce que je réagisse avec autant de calme.
Je pris une profonde inspiration avant de lui adresser un dernier regard.
— Merci, Julien.
Il fronça les sourcils.
— Merci ?
Je lui souris, même si mon sourire était rempli de tristesse.
— Oui. Merci de m’avoir montré qui tu étais vraiment avant que je devienne ta femme.
Je ne lui laissai pas le temps de répondre.
Je me retournai et quittai la pièce.
Personne n’essaya de me retenir.
Chaque pas me demandait un effort immense.
Lorsque je franchis les portes de l’hôtel, l’air frais de la nuit caressa mon visage.
La ville brillait sous des milliers de lumières.
Les voitures continuaient de circuler et les gens riaient toujours, comme si rien ne s’était passé.
Mais pour moi, tout venait de s’effondrer.
Les larmes que j’avais retenues jusque-là commencèrent enfin à couler.
Je montai dans le premier taxi qui s’arrêta devant l’hôtel, sans même réfléchir à ma destination.
Je voulais simplement partir.
Loin de cet endroit.
Loin de tous ces souvenirs.
Loin de l’homme que j’avais aimé plus que moi-même.
Je pensais vivre la pire nuit de toute ma vie.
Ce que j’ignorais encore, c’était que le destin avait déjà décidé de changer mon histoire…
Grâce à une rencontre aussi inattendue qu’inoubliable.
— Tu m'as enfin retrouvée.Je ne bougeai plus.La voix venait de ma tête.Pas des haut-parleurs. Pas du couloir.De moi.Elle était douce, presque rassurante. Pourtant, un frisson me parcourut tout le corps.Cette voix m'était familière.Beaucoup trop familière.— Qui es-tu ? murmurai-je.Aucune réponse.Quand je relevai les yeux, le couloir avait disparu.Je me retrouvai dans une pièce blanche.Vide.Silencieuse.Je regardai autour de moi, complètement perdue.Puis je la vis.Une petite fille était assise au milieu du sol, les genoux ramenés contre sa poitrine. Ses cheveux lui couvraient une partie du visage.Je m'approchai lentement.Mon cœur se mit à battre plus vite.— Marie ?La petite fille releva la tête.Je cessai de respirer.Je connaissais ce visage.C'était le mien.Moi, à huit ans.Elle me regardait avec un calme étrange, comme si elle m'attendait depuis très longtemps.— Tu as mis beaucoup de temps.Je déglutis.— Tu es… moi ?Un petit sourire triste apparut sur ses lèvre
Une voix traversa le couloir.Je me figeai.Pendant une seconde, j'oubliai même de respirer.Je connaissais cette voix.Pas parce que je l'avais entendue récemment. C'était impossible.Elle venait d'un endroit beaucoup plus ancien. D'un souvenir enfoui si profondément que je n'avais jamais réussi à y accéder complètement.Une pièce blanche.Une lumière trop forte.Une main chaude posée sur mon front quand j'étais encore enfant.Je déglutis difficilement.— Samuel…À côté de moi, Clark tourna brusquement la tête.— Qui est Samuel ?Je voulus lui répondre, mais aucun son ne sortit.Une silhouette venait d'apparaître au bout du couloir.L'homme avançait lentement, quittant peu à peu l'obscurité.Il était grand. Ses cheveux étaient presque entièrement gris et son visage portait les traces de nombreuses années.Mais ce furent ses yeux qui me frappèrent.Je les connaissais.Je les avais vus sur de vieilles photographies.Dans les souvenirs de mon père.Et même dans cette nuit où toute ma vi
— Marie !La voix de Clark me ramena brutalement à la réalité.Je clignai plusieurs fois des yeux.La porte derrière laquelle Lina venait de disparaître était toujours fermée. Les alarmes hurlaient autour de nous et les lumières rouges clignotaient sans arrêt, projetant des ombres étranges sur les murs.Pourtant, je n'arrivais pas à bouger.Je n'entendais qu'une seule phrase.C'est toi qui as demandé à Aurora de nous séparer.— Marie, regarde-moi.Clark s'approcha.Ses mains vinrent doucement encadrer mon visage.Je levai les yeux vers lui.Son inquiétude était évidente.— Est-ce que tu vas bien ?J'ouvris la bouche.Rien.Pas même un murmure.Éva s'approcha à son tour.— Elle a dû voir quelque chose.Adrian, lui, ne quittait pas les écrans des yeux.— Ce n'était pas un souvenir ordinaire, murmura-t-il.Ses doigts se déplacèrent rapidement sur la console.— Aurora vient d'essayer de transférer une donnée vers Marie.Noah se retourna aussitôt.— Quelle donnée ?Adrian secoua la tête.—
Le noir nous engloutit d’un seul coup.Je restai immobile, incapable de voir quoi que ce soit. Autour de moi, personne ne parlait. Même nos respirations semblaient trop bruyantes dans ce silence étouffant.Puis un bruit métallique claqua sous nos pieds.CLAC.Je sursautai.Une petite lumière rouge s’alluma au fond de la pièce.Puis une deuxième.Une troisième.Une ligne rouge apparut sur le sol et se mit à avancer lentement, comme si elle nous indiquait un chemin.Elle s'arrêta devant une porte.Une porte que je n'avais jamais remarquée jusque-là.Je fronçai les sourcils.Éva, elle, ne bougeait plus.Elle fixait cette porte avec une expression qui me glaça le sang.— Non…Je tournai immédiatement la tête vers elle.— Tu sais ce qu’il y a derrière ?Elle secoua la tête, mais son visage disait tout le contraire.— Pas exactement.— Alors pourquoi tu as peur ?Elle leva les yeux vers moi.Ils brillaient de larmes.Sa main se referma lentement sur son bras.— Parce que je connais cette po
Personne ne bougea.Pendant quelques secondes, même les machines semblaient s'être arrêtées de fonctionner.Je fixais la jeune femme qui se tenait dans l'encadrement de la porte.Éva.Son visage ressemblait au mien.Pas vaguement. Pas comme deux personnes qui auraient simplement quelques traits en commun.Non.C'était comme si je regardais mon propre reflet après des années d'absence.Les mêmes yeux.La même forme de visage.Même cette façon de serrer légèrement les lèvres lorsqu'une émotion devenait trop difficile à contenir.Mais il y avait une différence.Une cicatrice traversait sa joue gauche. Fine, mais profonde. Elle partait de sa tempe et descendait jusqu'au bord de sa mâchoire.Je n'arrivais plus à détacher mes yeux de cette marque.Ma poitrine se serra.— Éva…Je ne savais même pas pourquoi ce prénom était sorti de ma bouche.La jeune femme eut un petit sourire.Un sourire qui ne ressemblait pas à celui d'une inconnue retrouvant quelqu'un pour la première fois.Il était tris
Il reste à réveiller le vrai créateur. La phrase resta suspendue sur l'écran pendant quelques secondes.Personne ne parlait.Puis l'écran s'éteignit.Victoria s'effondra à genoux.— Maman !Adrian se précipita vers elle.— Victoria !Il s'accroupit et posa rapidement deux doigts contre son cou.Son visage se détendit légèrement.— Elle respire.Je m'approchai malgré la peur qui me serrait encore le ventre.— Elle va bien ?Adrian allait répondre lorsque Victoria ouvrit brutalement les yeux.Ses pupilles étaient tellement dilatées que son regard me donna des frissons.Elle fixa Adrian.— Ne…Sa voix n'était presque qu'un souffle.— Ne me laisse pas dormir.Adrian pâlit.— Pourquoi ?Victoria agrippa son bras avec une force surprenante.— Parce que si je m'endors… elle prendra le contrôle.Personne ne bougea.Même le moindre bruit semblait avoir disparu de la pièce.Je tournai lentement la tête vers Clark.Il se redressait avec difficulté. Son visage était encore marqué par ce qu'il ve







