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 L’ultime vengeance
L’ultime vengeance
ผู้แต่ง: L'encre

CHAPITRE 1 — La danse et l’ombre

ผู้เขียน: L'encre
last update วันที่เผยแพร่: 2026-09-28 14:07:50

La scène brûlait sous ses pieds. Nina ne sentait plus la fatigue, ni les ampoules qui déchiraient la peau de ses orteils à l’intérieur de ses chaussons. Elle n’était plus qu’une extension de la musique, une flamme vivante qui tourbillonnait sous la chaleur écrasante des projecteurs. Chaque mouvement de ses bras, chaque courbe de son dos racontait une histoire de douleur, de passion et de liberté.

C’était le grand soir. L’Opéra tout entier retenait son souffle.

Lorsqu’elle exécuta son dernier saut, un silence suspendu envahit la salle. Une seconde d’éternité. Puis, l’explosion. Des applaudissements assourdissants, des cris, des bravos qui faisaient trembler les dorures des balcons. La poitrine soulevée par une respiration saccadée, le visage perlé de sueur, Nina s’inclina profondément. Les larmes lui montèrent aux yeux. C’était l’aboutissement de toute une vie de sacrifices, d’heures de répétitions acharnées, de muscles meurtris et de doutes nocturnes. À cet instant précis, elle était au sommet de son art. Elle était invincible.

Elle redressa la tête et sourit au public. Une lumière pure irradiait de son visage. Elle chercha instinctivement des yeux le premier rang, là où sa sœur, Inès, l’applaudissait à s’en écorcher les paumes, les yeux brillants de fierté et le visage trempé de larmes joyeuses. Nina lui adressa un léger signe de tête. Elles avaient réussi.

Mais la lumière des projecteurs aveuglait. Elle l’empêchait de voir ce qui se cachait juste au-delà, dans l’obscurité veloutée des loges latérales.

Là, en retrait, un homme ne l’applaudissait pas.

Il se tenait parfaitement immobile, les bras croisés, le visage à moitié dissimulé par les ombres. Ses yeux sombres, d’une fixité glaçante, ne quittaient pas la silhouette gracile de la danseuse. Il n’y avait aucune admiration dans son regard, aucune émotion face à la beauté du spectacle qui venait de s’achever. Il la détaillait avec la froideur mathématique d’un expert évaluant une toile, ou plutôt, d’un chasseur jaugeant sa proie. Il scrutait ses expressions, sa douceur, la pureté de ses traits, la manière dont elle absorbait l’amour de la foule.

Il nota l’éclat de son sourire. Son innocence, surtout. Cette lumière aveuglante qu’elle dégageait, cette vitalité désarmante. C’était exactement ce qu’il lui fallait. L’illusion parfaite.

Le rideau de velours rouge commença à descendre lentement, coupant peu à peu la scène du reste du monde. Les applaudissements continuaient de gronder. L’homme recula d’un pas pour se fondre un peu plus dans les ténèbres du couloir. Son visage, durci par des années de contrôle absolu, restait impassible, mais un pli satisfait marqua le coin de ses lèvres.

Il glissa une main dans la poche intérieure de sa veste sur mesure et en sortit son téléphone. L’écran illumina brièvement ses traits tirés, son regard d’acier. Il composa un numéro, porta l’appareil à son oreille et attendit.

La ligne décrocha à la deuxième sonnerie.

— C’est moi, dit-il d’une voix basse, presque un murmure, couverte par le brouhaha de la salle qui se vidait.

Il marqua une pause, son attention toujours rivée sur le velours baissé, là où Nina venait de disparaître.

— J’ai trouvé la remplaçante.

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