LOGINNina s’approcha jusqu’à être à deux pas de lui. Elle le contempla du haut de sa grandeur. Il n’y avait plus de haine dans ses yeux, plus de peur, seulement une froideur souveraine.— Te tuer serait une grâce, Adrian. Et tu ne mérites pas une fin si rapide.Soudain, le rugissement assourdissant de trois hélicoptères de combat déchira la nuit au-dessus de la falaise. Des projecteurs haute puissance traversèrent les vitres, inondant la pièce d’une lumière blanche aveuglante.Au même instant, les portes d’accès explosèrent sous les charges d’infraction. Une douzaine d’hommes des forces spéciales marocaines et de la police judiciaire internationale s’engouffrèrent dans la pièce, leurs fusils d’assaut verrouillés sur le monstre à genoux.Pendant qu’Adrian tentait de fuir, Marc avait transmis sa géolocalisation exacte, les mandats d’arrêt internationaux rediffusés et les preuves irréfutables de ses crimes directement au commandement des forces locales.Deux agents plaquèrent Adrian contre le
Pendant quarante-huit heures d’une traque fiévreuse, Nina utilisa l’immensité de sa fortune pour étouffer méthodiquement les appuis locaux d’Adrian. Les intermédiaires de la pègre tangéroise, grassement payés ou terrorisés par les menaces de révélations d’Elias, coupèrent les lignes d’approvisionnement du fugitif les unes après les autres. Le monstre était acculé, contraint de se terrer dans son dernier sanctuaire.C’est au cœur de la troisième nuit que le système de reconnaissance thermique de Marc verrouilla une anomalie.— J’ai un signal crypté à haute fréquence émis depuis une propriété privée, murmura Marc, les yeux fixés sur le moniteur. Une forteresse mauresque perchée sur les falaises escarpées du Cap Spartel, gardée par une douzaine d’hommes lourdement armés et dotée d’un héliport privé.Accoudée au balcon de la planque, le visage balayé par le vent de mer, Nina ajusta les jumelles thermiques à longue portée braquées sur la falaise située à deux kilomètres de là.Sur l’écran
À quatre heures du matin, bravant les interdictions de vol et échappant aux radars civils grâce à un transpondeur militaire piraté, un jet d’affaires non identifié arracha ses roues du tarmac. Destination : une citadelle fortifiée sur les falaises escarpées de Tanger, hors de portée des traités d’extradition européens. Adrian observait les lumières de la France s’éloigner par le hublot, un rictus de vengeance collé aux lèvres. Il avait échoué à tuer Nina ce soir-là, mais il l’avait laissée pour morte. Il reprenait le large pour réarmer ses mercenaires et structurer la frappe finale.Pendant ce temps, dans le bloc opératoire ultramoderne aménagé dans les locaux sécurisés du groupe Leroy-Vane, l’équipe de chirurgiens venait de réussir l’impossible. La balle de gros calibre avait frôlé l’artère fémorale sans la sectionner.Lorsque les sédatifs finirent par dissiper leur voile toxique, Nina rouvrit lentement les yeux.La douleur au flanc était une lame acérée, mais son esprit, lui, était
Le rugissement du fusil d’assaut d’Elias fit trembler les parois blindées du centre de commande. Deux détonations lourdes pulvérisèrent le pilier en béton derrière lequel Adrian venait de se jeter dans une roulade désespérée. Des éclats de pierre et de verre sillonnèrent l’air saturé de fumée.Elias ne laissa aucun répit à son adversaire. Avançant d’un pas lourd et mesuré, il balayait l’espace avec une précision clinique, prêt à exécuter l’ancien milliardaire. Mais en arrivant à la hauteur de la table centrale dévastée, son regard croisa le corps de Nina, baigné dans une flaque de sang écarlate qui ne cessait de s’étendre.Ses yeux papillonnaient. Sa respiration n’était plus qu’un sifflement rauque et superficiel.— Elias... murmura-t-elle dans un souffle agonisant.C’était le dilemme absolu. S’il poursuivait Adrian dans les dédales sombres du sous-sol, Nina viderait son sang en moins de deux minutes. S’il s’arrêtait pour la sauver, le monstre s’échapperait à nouveau. Pour Elias, le c
Profitant de la fraction de seconde où l’attention d’Adrian était détournée, Nina bondit en avant. Saisissant un poinçon de sécurité en acier posé sur le plan de travail, elle le planta de toutes ses forces dans la clavicule d’Adrian.Le colosse lâcha un rugissement de douleur, mais l’impact ne suffit pas à le stopper. Rendue aveugle par la rage, sa main libre enserra la gorge de Nina et la projeta violemment contre la grande table de verre, qui explosa dans un fracas assourdissant.Sonnée, le souffle coupé, Nina essaya de ramper au milieu des éclats tranchants.Adrian se posta au-dessus d’elle, le visage tordu par la souffrance et la démence. Il réaligna lentement le canon de son arme directement sur le flanc de Nina. Il n’y avait plus de spectacle, plus de grand discours. Juste l’aboutissement d’une obsession sanglante.— C’est ici que ton histoire s’arrête, Nina.Le coup de feu retentit, étouffé mais dévastateur.La balle de gros calibre perfora le flanc droit de Nina. Une douleur
Entourée d’Elias et d’une équipe de sécurité privée surarmée, Nina supervisa le déploiement du commando chargé d’investir la planque.— On verrouille toutes les issues, ordonna Elias en ajustant sa radio tactique. Marc coupe le réseau local dans trois minutes. Tu restes dans le véhicule blindé avec moi, Nina.— Non, Elias. Je veux voir son visage quand il comprendra qu’il est coincé, répondit-elle d’une voix glaciale.Mais alors que les hommes de tête s’infiltraient dans le complexe industriel silencieux et que les caméras thermiques confirmaient la présence d’une forme humaine à l’intérieur, Marc laissa échapper un juron.— Attendez... stop ! hurla Marc depuis sa console. La signature thermique... elle ne bouge pas. C’est un leurre ! Un émetteur de fréquence simulé !Au même instant, dans la pénombre du sous-sol du centre de commandement, les portes de l’ascenseur privé de la tour Leroy-Vane s’ouvrirent dans un souffle métallique.Le signal GPS qu’ils pistaient depuis le matin n’étai







