LOGINRichard observa longuement son ami, puis finit par s’adosser à son fauteuil.— Très bien. Je vais demander à mon assistante de préparer tous les documents nécessaires, et nous passerons le dossier en revue demain matin. Si tu pars, je veux que tu connaisses chaque détail du contrat avant de rencontrer les partenaires.Nathaniel esquissa un sourire satisfait.— Tu peux compter sur moi.— Je l’espère, répondit Richard avant de reprendre son stylo. Je ne veux pas que cette affaire devienne un nouveau problème que je devrai régler à mon retour.— Ce sera le contraire, tu verras. Quand je reviendrai, tout sera rentré dans l’ordre.Nathaniel regagna sa place et fit mine de consulter les documents posés devant lui, attendant que Richard change de sujet, mais celui-ci semblait déjà absorbé par l’organisation de son prochain emploi du temps.Après quelques instants, Richard poussa un nouveau soupir.— Au moins, si je ne pars pas, je pourrai profiter de quelques jours pour me reposer et
Richard était plongé dans l’examen d’un dossier particulièrement important lorsque son téléphone sonna, interrompant le silence qui régnait dans son bureau. Après avoir décroché, il écouta attentivement les informations que lui transmettait son directeur commercial, le visage progressivement fermé par les complications que semblait rencontrer l’un des contrats les plus importants de l’entreprise. Depuis plusieurs jours, les négociations avec un partenaire étranger piétinaient, et la présence de Richard sur place devenait nécessaire pour éviter que la situation ne se dégrade davantage.Lorsqu’il raccrocha, il repoussa son dossier sur le bureau et laissa échapper un soupir agacé.— Parfait, il ne manquait plus que ça !Nathaniel, qui était venu lui rendre visite quelques minutes auparavant, releva la tête du document qu’il consultait.— Qu’est-ce qui se passe encore ?— Le contrat avec notre partenaire de Bruxelles est en train de nous échapper, répondit Richard en faisant tourner
Ces mots frappèrent Richard plus profondément que Nathaniel ne l’aurait imaginé, car depuis son accident, il avait souvent eu le sentiment d’être devenu un poids pour les personnes qui l’entouraient, un homme dont on supportait la présence par devoir plutôt que par affection.Avec Nathaniel, il n’avait jamais eu l’impression de devoir mériter cette amitié, et cette certitude le rassurait suffisamment pour qu’il baisse sa garde, sans imaginer que l’homme qui lui promettait sa loyauté était aussi celui qui travaillait patiemment à sa chute.— Tu es le seul homme à qui je peux encore faire entièrement confiance, murmura Richard.Nathaniel sentit une satisfaction discrète l’envahir, mais il se contenta de lui adresser une tape amicale sur l’épaule.— Alors, ne laisse personne te faire croire le contraire.Il retourna s’asseoir, puis reprit d’un ton presque désinvolte :— D’ailleurs, je vais continuer à me renseigner sur Louane, discrètement, bien entendu. Je veux comprendre pourquoi
Le bureau de Richard était plongé dans un calme presque oppressant, seulement troublé par le bruit des pages que Nathaniel tournait distraitement entre ses doigts, tandis que son ami, installé derrière son imposant bureau en acajou, parcourait plusieurs documents financiers sans parvenir à se concentrer véritablement sur leur contenu. Depuis sa dernière confrontation avec Louane, Richard avait l’impression que tout ce qui concernait son épouse lui échappait, et même si la colère continuait de dominer ses pensées, une inquiétude sourde s’était installée en lui, nourrie par la possibilité que la femme qu’il avait épousée puisse effectivement lui cacher une partie de sa vie.Il détestait cette incertitude, car il avait toujours préféré les vérités les plus douloureuses aux situations dans lesquelles il devait se demander qui lui mentait et qui lui disait la vérité.— Tu sais, Nathaniel, finit-il par dire en abandonnant son dossier sur le bureau, je ne te remercie probablement pas assez
Louane ne voulait plus prendre de décisions sous le coup de la peur ou de la colère, et surtout, elle refusait de donner à ses ennemis une nouvelle occasion de se servir de ses paroles contre elle.Elle devait d’abord comprendre ce qui se passait réellement.Elle se redressa, essuya les traces d’humidité sur ses joues et s’approcha de son bureau, où son téléphone était posé à côté de quelques cahiers qu’elle n’avait plus ouverts depuis plusieurs semaines.Elle commença par réfléchir à tout ce qu’elle savait déjà : Nathaniel connaissait les moindres détails de ses difficultés conjugales, Elisabeth semblait entretenir une relation particulière avec lui malgré son comportement habituellement froid et professionnel, et tous deux paraissaient beaucoup trop intéressés par les réactions de Richard pour que cela soit une simple coïncidence.Elle se rappela également certaines conversations qu’elle avait surprises au cours des derniers mois, notamment lorsque Nathaniel avait évoqué les aff
Louane resta quelques secondes devant Nathaniel, le regard fixé sur cet homme qu’elle avait considéré, jusqu’à quelques minutes plus tôt, comme l’une des rares personnes capables de comprendre sa souffrance. Elle attendait une explication, une parole qui aurait pu dissiper le doute qui venait de s’installer dans son esprit, mais, derrière elle, Elisabeth demeurait étrangement silencieuse, tandis que Nathaniel cherchait déjà une manière de se sortir de cette situation sans éveiller davantage les soupçons de la jeune femme.— Alors, Nathaniel, je t’écoute, reprit-elle d’une voix plus calme qu’elle ne l’aurait imaginé. Comment as-tu pu entendre une conversation qui n’a jamais existé ?Le visage de Nathaniel se détendit légèrement, comme s’il venait enfin de trouver une issue à cette confrontation.— Louane, tu es bouleversée par ce qui se passe avec Richard, et je peux le comprendre, mais tu ne devrais pas interpréter chacune de mes paroles comme une tentative de te nuire. Je t’ai sim







