INICIAR SESIÓNChapitre 6 — La Menace
Point de vue de Séraphina
J’ai fait un pas en avant et j’ai tendu la main vers Cassian. Mes doigts tremblaient tandis que je la serrais, car je ne comprenais pas comment l’homme que j’aimais depuis quatre ans pouvait se tenir devant moi et me regarder comme si j’étais une parfaite inconnue.
La salle de bal entière sembla disparaître autour de nous tandis que je scrutais ses yeux, cherchant le moindre signe qu’il se souvenait de la femme qui se tenait devant lui, celle qui avait partagé sa vie et porté son enfant. Mais je n’y trouvai que froideur.
« Je suis la véritable princesse », ai-je supplié en resserrant mon emprise sur sa main. « Cassian, je t’en prie, crois-moi. Je sais ce que cela peut paraître, et je sais que tout le monde ici pense que je suis venue gâcher ton mariage, mais je te dis la vérité. Je ne te mens pas. »
Cassian baissa lentement les yeux vers nos mains jointes avant de me regarder à nouveau. Son expression était dénuée de toute chaleur. « Tu es orpheline, Séraphina, et rien de plus. »
Mon cœur s’arrêta.
« Quoi ? »
« Tu m’as bien entendu », dit-il en retirant sa main de la mienne. « Tu as passé ta vie à croire des histoires sur qui tu pourrais être, mais tu n’as aucune preuve que tu sois une princesse, et tu n’as certainement pas le droit de débarquer à mon mariage et de t’attendre à ce que tout le monde te croie. »
« Je ne suis pas venue pour gâcher ton mariage », dis-je, la voix brisée, en essayant de m’approcher de lui. « Je suis venue parce que je voulais que tu saches la vérité. Tu me connais, Cassian. Après tout ce que nous avons vécu, comment peux-tu rester là et me dire que je ne suis rien ? »
Sa mâchoire se crispa, mais avant qu’il ne puisse répondre, Vivienne s’avança vers moi avec un sourire si innocent qu’il aurait trompé tous les regards.
« Seraphina, tu devrais peut-être te calmer », dit-elle doucement en me prenant la main.
Instinctivement, j’essayai de me dégager, mais elle me retint fermement, et avant que je puisse comprendre ce qu’elle faisait, elle se pencha si près que seule moi pus entendre ses paroles suivantes.
« Si tu gâches mon mariage, je te ferai perdre ce bébé. »
Mon corps se figea.
Le sourire de Vivienne ne s'effaça pas tandis qu'elle me murmurait la menace à l'oreille. Lorsqu'elle se recula, elle déposa un doux baiser sur ma joue, comme pour me réconforter au lieu de menacer la vie qui grandit en moi.
J'étais paralysée.
Ses mots résonnent en boucle dans ma tête, jusqu'à ce que tout autour de moi devienne flou. « Je te ferai perdre ce bébé. »
Ma main se porta aussitôt à mon ventre.
Non.
Pas mon bébé.
Je pouvais endurer tout ce qu'elle voulait me faire, mais je ne pouvais pas la laisser toucher mon enfant.
Vivienne se remit devant moi et son doux sourire illumina son visage tandis qu'elle se tournait vers les invités. « Viens avec moi, Seraphina. Tu as déjà causé assez de problèmes. »
« Tu as menacé mon bébé », murmurai-je.
Ses yeux brillèrent d'avertissement, mais elle le dissimula aussitôt par un autre sourire. « Tu te fais des idées. »
« Tu sais très bien ce que tu as dit. »
« Et qui crois-tu qu'ils vont croire ? » demanda-t-elle doucement en se penchant de nouveau vers elle. « Moi, la mariée aux côtés de Cassian, ou toi, la femme qui surgit soudainement au beau milieu de la cérémonie en prétendant être une princesse ? »
Je la fixai, incapable de répondre.
Elle resserra sa prise sur mon poignet et commença à me tirer loin de Cassian. « Allez. »
« Lâche-moi, Vivienne. »
Elle continua de me tirer en arrière tandis que je luttais pour garder l'équilibre. « Arrête de te débattre. »
« Cassian ! » criai-je en le regardant désespérément. « Dis-lui de me lâcher. »
Cassian resta immobile.
Ses yeux étaient rivés sur nous, mais il ne fit aucun effort pour l'arrêter.
« Cassian ! »
Rien.
Soudain, Vivienne me poussa.
Mon talon heurta le sol et je trébuchai en arrière vers la table derrière moi. Instinctivement, je cherchais désespérément à m'agripper à quelque chose, mais ma main heurta la table, faisant voler en éclats plusieurs verres à vin.
Le bruit du verre brisé emplit la salle de bal.
Avant de pouvoir retrouver mon équilibre, mes pieds glissèrent.
Je tombai à la renverse.
« Ah ! »
Mon corps s'écrasa sur les éclats de verre éparpillés sur le sol, et une douleur aiguë me transperça le dos et les bras. Je hurlai tandis que les minuscules éclats me laissaient la peau, et la douleur à mon estomac devint si intense que je le serrai aussitôt à deux mains.
« Mon bébé… »
Ma voix n'était qu'un murmure effrayé.
Je sentis une chaleur se répandre sous moi, et lorsque je baissai les yeux, mes mains tremblaient.
« Cassian… »
Je levai les yeux vers lui.
Il était toujours là, immobile, à me regarder.
Il m'avait vue tomber. Il avait vu les éclats de verre sous mon corps. Il m'avait entendue crier, et pourtant il n'avait pas bougé.
« S'il te plaît », suppliai-je, peinant à respirer malgré la douleur. « Aide-moi. »
Ses yeux croisèrent les miens, et pendant un bref instant, je crus qu'il allait enfin venir à moi. Je pensais qu'en me voyant blessée, il se souviendrait peut-être que je n'étais pas son ennemie, que j'étais la femme qu'il avait jadis promis de protéger, et que l'enfant que je portais était le sien.
Mais il resta figé.
Vivienne s'approcha alors de lui.
« Cassian », dit-elle doucement en posant la main sur son bras. « Ne te laisse pas manipuler. »
Je le fixai, incrédule.
« Te manipuler ? »
Ma voix tremblait, les larmes me montaient aux yeux. « Cassian, je saigne. »
Il me regarda, mais ne bougea toujours pas.
« Cassian, s'il te plaît », murmurai-je à nouveau. « J'ai peur. »
Le silence s'était abattu sur la salle de bal, et des centaines de regards étaient désormais fixés sur moi, mais aucun de ces regards n'avait d'importance.
Seul le sien comptait.
J'avais besoin qu'il vienne à moi.
J'avais besoin qu'il me choisisse.
Mais tandis que Vivienne se tenait saine et sauve à ses côtés et que je gisais, impuissante, sur les débris de verre, je commençai à comprendre que l'homme que j'avais aimé pendant quatre ans avait peut-être déjà fait son choix.
Soudain, une voix terrifiée s'éleva parmi les invités.
« Regardez en haut ! »
Tous les regards se tournèrent vers le plafond.
Je suivis leurs regards et un frisson me parcourut l'échine lorsque je vis l'immense lustre en cristal au-dessus de moi se balancer violemment au bout de sa chaîne.
Quelqu'un hurla : « Le lustre va tomber ! »
J'essayai de bouger, mais la douleur était trop intense.
« Cassian ! »
Cette fois, mon cri était empli de terreur pure.
« Au secours ! »
CHAPITRE 30HALTE !Point de vue de SeraphinaLe visage du capitaine s’assombrit alors qu’il porte son regard de Vivienne à Eleanor, visiblement satisfait de constater que leurs accusations confirment ses soupçons.« Vous m’avez menti ? » demanda-t-il en se tournant brusquement vers moi. « C’est une double trahison ! »Je le dévisagea, incrédule ; je ne lui avais pourtant dit que la vérité, et voilà qu’il considérait mon refus d’admettre son erreur comme une faute supplémentaire.« Gardes, apprenez-lui le respect ! » ordonna-t-il en levant la main vers les hommes qui me retenaient.Les gardes resserrent leur prise sur mes bras ; je sentis leurs doigts s’enfoncer davantage dans mes poignets alors qu’ils s’apprêtaient à m’entraîner au loin. Je jetai un regard au capitaine, puis aux personnes qui l’entouraient, me demandant si, parmi eux, quelqu’un avait assez de discernement pour s’interroger sur les raisons pour lesquelles une femme vêtue de la tenue royale officielle avait été arrêtée
CHAPITRE 29LE JUGEMENT DU CAPITAINEPoint de vue de Seraphina« C’est fini, Seraphina », déclara Vivienne d’un ton triomphant, en se tournant vers moi avec un sourire qui trahissait sa certitude d’avoir enfin pris le dessus. « Tu peux arrêter de jouer la comédie, maintenant ; le capitaine est là, et il veillera à ce que tu paies pour ce que tu as fait. »Le capitaine s’avança au centre du hall, son uniforme parfaitement repassé, le visage sévère, suivi de près par ses gardes. Plusieurs invités s’écartèrent pour laisser passer l’équipe de sécurité royale, tandis que Eleanor se rapprochait de Cassian et de Vivienne, visiblement impatiente d’assister à la punition qu’elle jugeait méritée.Le capitaine parcourut le hall du regard avant de fixer Vivienne.« Qui se fait passer pour la princesse ? » demanda-t-il.Vivienne me désigna aussitôt du doigt, le bras tendu avec une telle précipitation que j’eus presque envie de rire de son empressement.« C’est elle ! » s’exclama-t-elle. « Capitain
CHAPITRE 28 L’APPEL D’URGENCEPoint de vue de VivienneJe ne pouvais plus rester là à écouter Seraphina insister sur le fait qu’elle était la princesse de Vale, alors que l’opportunité la plus cruciale pour Cassian s’éloignait un peu plus à chaque minute. Les invités avaient commencé à chuchoter entre eux ; bien que je ne puisse pas saisir chaque mot, leurs regards insistants en notre direction me rendaient de plus en plus nerveuse face à l’attention que nous suscitions.Si la famille royale venait à apprendre cette confrontation avant que Cassian n’ait eu la chance d’établir le contact pour lequel nous avions tant travaillé, tout risquait de s’effondrer.Je resserre ma prise sur le bras de Cassian et je jette un regard à Seraphina. Elle se tenait aux côtés de Lucien avec un calme exaspérant qui me donnait envie de hurler. Elle avait toujours été têtue, mais là, elle dépassait tout ce que j’aurais pu imaginer. Je ne comprenais pas pourquoi elle avait choisi précisément cette soirée p
CHAPITRE 27LA GIFLE MANQUÉEPoint de vue de Seraphina« Êtes-vous tous aveugles ? Je suis la princesse de Vale ! » déclara-je, en regardant tour à tour Cassian, Eleanor et Vivienne. Le sourire moqueur de cette dernière s’élargit, comme si elle attendait précisément que je dise quelque chose qui confirmerait, à ses yeux, que j’avais fini par perdre la raison.Pendant quelques secondes, personne ne répondit. Puis, rompant ce silence, Vivienne rejeta la tête en arrière et éclata de rire.« Ah ! Aurais-tu de la fièvre ? » demanda-t-elle en posant le dos de sa main sur son front, mimant avec dérision quelqu’un qui vérifie sa température. « Tu es complètement délirante, Seraphina ! D’abord, tu débarques ici vêtue comme une princesse, et maintenant, tu prétends être la princesse elle-même. Qu’est-ce que tu vas nous sortir ensuite ? Que le royaume tout entier t’appartient ? »Quelques invités échangèrent des regards gênés. Eleanor, quant à elle, secoua la tête et s’avança vers moi, le visage
CHAPITRE 26L’IMPOSTRICE ROYALEPoint de vue de SeraphinaTrès bien, Seraphina. Tu as peut-être appris quelques termes pompeux, mais se faire passer pour un membre de la famille royale, c’est de la trahison ! lança Vivienne d’un ton sec, en m’arrachant mon verre de vin pour le reposer sur une table voisine avec un claquement sec. Cassian, je suis tellement inquiète ! Et si la princesse découvre cette imposture et annule notre accord ? Tu te rends compte de ce que cela impliquerait pour nous ?Elle se tourna vers Cassian, les yeux écarquillés, tout en agrippant son bras. Je restai immobile, les observant échanger des regards anxieux, comme si ma simple présence était devenue une menace pour tous leurs projets.L’ironie de la situation était presque amusante : j’étais précisément la princesse qu’ils mouraient d’envie de rencontrer, mais les trois individus devant moi étaient si aveuglés par leur propre arrogance qu’ils étaient incapables de reconnaître la femme qu’ils avaient autrefois
Chapitre 25 : L'Étiquette RoyalePoint de vue de Séraphina« C'est impossible ! » répéta Eleanor en s'approchant de moi. Son regard glissa de mon visage aux insignes royaux sur ma tenue. « Jamais de la vie ! Une orpheline menteuse qui ne mérite même pas de respirer le même air que la royauté ! » s'exclama-t-elle d'une voix si stridente qu'elle attira l'attention de plusieurs invités non loin de là.Je la regardai s'approcher sans bouger, les mains relâchées le long du corps. Elle s'arrêta juste devant moi et me dévisagea de la tête aux pieds. Ses sourcils se froncèrent et elle incline la tête, comme si elle s'attendait à trouver une faute de goût qui prouverait que je n'avais aucun droit de me tenir devant elle vêtue en princesse.« Quel est le costume que vous portez ? » demanda-t-elle en désignant ma tenue royale avec un mépris manifeste.Avant que je puisse répondre, Vivienne s'approcha, un verre de vin à la main, arborant un sourire moqueur qui ne laissait aucun doute sur son refu







