เข้าสู่ระบบAprès, je pose ma tête sur sa poitrine, j'écoute son cœur qui ralentit, je sens sa main qui caresse machinalement mon dos.
— À quoi tu penses ? demande-t-il.
— À rien. À tout. À nous.
— C'est bien ?
— C'est terrifiant. C'est magnifique. Je ne sais pas.
— Moi non plus. Mais on va le découvrir ensemble.
— Promis ?
— Juré.
Il rit un rire amer, sans joie.— Un cœur. Oui. C'est bien le problème.Il se tourne enfin, me fait face. Dans la pénombre, ses yeux sont deux braises.— Tu sais ce que je fais, Eléni. Tu sais qui je suis. Les gens que je tue, les vies que je détruis, l'empire que j'ai bâti sur la souffrance des autres. Et pourtant, je suis incapable de dire non à ma mère. Incapable de la chasser de ma vie. Incapable de guérir.— La guérison n'est pas un interrupteur. C'est un chemin.— Je suis fatigué de marcher.— Alors arrête-toi un moment. Repose-toi. Je suis là.Il me regarde longtemps, intensément. Puis il écrase sa cigarette, me prend dans ses bras, enfouit son visage dans mes cheveux.— Qu'est-ce que j'ai fait pour te mériter ?— Rien. Tu ne m'as pas méritée. Tu m'as
Elle est belle. D'une beauté froide, sculpturale, qui a dû être éblouissante il y a trente ans. Les mêmes yeux que lui, ce gris acier, mais sans la chaleur qu'il arrive parfois à y mettre. La même mâchoire, mais plus dure, plus tranchante. Elle le regarde comme on regarde une opportunité, pas comme on regarde un fils.— Léandros, dit-elle avec un sourire qui n'atteint pas ses yeux. Mon enfant.— Mère.Il se lève, mais ne s'approche pas. Je me lève aussi, par politesse, par solidarité.— Qui est-ce ? demande-t-elle en me détaillant de la tête aux pieds, une évaluation froide, clinique.— Eléni. Ma compagne.Les mots font battre mon cœur plus vite. Il ne m'avait jamais appelée ainsi devant quelqu'un. Ma compagne.— Enchantée, dis-je en tendant la main.
ÉleniTrois semaines.Trois semaines de bonheur absolu, hors du temps, hors du monde.Trois semaines à apprendre chaque recoin de son corps, chaque expression de son visage, chaque intonation de sa voix. Trois semaines à me réveiller dans ses bras, à m'endormir contre sa poitrine, à exister dans cet entre-deux où je ne sais plus où je finis et où il commence.Trois semaines à oublier que le monde extérieur existe.Jusqu'à ce coup de fil.C'est un après-midi, nous sommes dans la bibliothèque. Il lit un rapport, je suis blottie contre lui sur le canapé, un livre à la main que je ne lis pas vraiment , je préfère regarder les ombres que la lumière du soleil couchant dessine sur son visage. Son téléphone sonne. Il regarde l'écran, hésite une fraction de seconde, décro
Après, je pose ma tête sur sa poitrine, j'écoute son cœur qui ralentit, je sens sa main qui caresse machinalement mon dos.— À quoi tu penses ? demande-t-il.— À rien. À tout. À nous.— C'est bien ?— C'est terrifiant. C'est magnifique. Je ne sais pas.— Moi non plus. Mais on va le découvrir ensemble.— Promis ?— Juré.Je ferme les yeux, bercée par sa chaleur, par sa présence, par la certitude absurde que quoi qu'il arrive, je suis exactement où je dois être.ÉleniLes jours qui suivent sont hors du temps.Je perds la notion des heures, des jours de la semaine. Chaque matin, je me réveille dans ses bras ou parfois seule, avec un mot sur l'oreiller, un café qui refroidit sur la table de chevet, la promesse qu'il revien
Cette fois, il ne le murmure pas dans mon sommeil. Il le dit à voix haute, clairement, les yeux dans les yeux.Je voudrais répondre. Je voudrais lui renvoyer les mots, les poser entre nous comme un cadeau, comme une évidence. Mais ils restent bloqués dans ma gorge. Pas parce que je ne les ressens pas mon Dieu, si je les ressens mais parce qu'ils sont trop grands, trop nouveaux, trop effrayants dans leur simplicité.Alors je fais la seule chose que je peux faire. Je me redresse, je prends son visage entre mes mains, je l'embrasse avec tout ce que je n'arrive pas à dire. Et quand je m'écarte, ses yeux me disent qu'il a compris.La douche est une épreuve.Pas parce que l'eau est trop chaude ou trop froide, mais parce qu'il insiste pour m'y rejoindre. Et parce que dans l'eau, sous le jet brûlant, nos corps glissent l'un contre l'autre d'une manière qui n'a rien de c
ÉleniLe réveil est doux, flottant, comme si je remontais à la surface d'une eau profonde après y avoir séjourné longtemps. La lumière du matin filtre à travers les rideaux épais, dessine des raies dorées sur les draps en désordre, sur mes bras nus, sur l'oreiller à côté de moi.L'oreiller est vide.Pendant une seconde, la panique me saisit. Une seconde idiote, viscérale, où je crois que tout cela n'était qu'un rêve, que je vais me retourner et me retrouver seule dans ma chambre de prisonnière, que la nuit dernière n'a jamais existé.Et puis je sens l'odeur du café.Je tourne la tête, lentement, comme si le geste pouvait briser un sort.Il est là.Assis dans le fauteuil près de la fenêtre, une tasse à la main, vêtu d'un simple pantalon noir, torse nu. La lumière dessine les muscles de ses épaules, les ombres de son torse, la ligne parfaite de sa mâchoire. Il me regarde. Il doit me regarder depuis longtemps, à en juger par la façon dont ses yeux s'attardent sur moi, doux, presque émerv







