LOGINElle serre mon bras, ses ongles s'enfoncent légèrement dans le tissu de ma veste.
— Et si je tombe ? Et si c'est plus fort que moi ?
— Alors je te rattraperai. Toujours.
Elle hoche la tête, respire profond&e
Elle serre mon bras, ses ongles s'enfoncent légèrement dans le tissu de ma veste.— Et si je tombe ? Et si c'est plus fort que moi ?— Alors je te rattraperai. Toujours.Elle hoche la tête, respire profondément, retourne vers les invités. Son sourire est de nouveau en place, éclatant, factice.Je sais qu'elle souffre. Je sais qu'elle a peur. Je sais que chaque minute passée sous le regard de Markos est une torture. Mais je ne peux rien faire. Pas encore. Pas tout de suite.La nuit porte conseil, dit-on. La mienne portera vengeance.
Léandros se fige. Quelque chose passe dans ses yeux, une lueur dangereuse.— Il ne te prendra rien. Ni toi, ni le port, ni quoi que ce soit. Je m'en occupe.— Comment ?— Laisse-moi faire. Fais-moi confiance.Je voudrais lui dire que la confiance, c'est justement ce qui nous manque. Que chaque jour, je doute un peu plus de ce monde, de cette vie, de nous. Mais les mots ne sortent pas. Alors je hoche la tête, je me tais, je m'endors contre lui.Et je rêve encore de Markos. De ses mains. De son sourire.
ÉleniSon nom est Markos Vérénis.Il arrive au domaine par un après-midi pluvieux, dans une berline noire précédée par deux motos. Je l'observe depuis la fenêtre de la bibliothèque, mon livre abandonné sur les genoux. Il descend de la voiture avec la lenteur calculée de ceux qui savent qu'on les regarde.Léandros est à mes côtés, silencieux, tendu. Sa main serre le dossier de mon fauteuil, les jointures blanchies.— Qui est-ce ?— Un associé. Ancie
ÉleniCinq jours.C'est le temps qu'il faut à Léandros pour retrouver Alkis.Cinq jours pendant lesquels je vis dans un état second, suspendue entre l'espoir et la terreur. Cinq nuits où je dors dans ses bras, où il me fait l'amour avec une intensité presque désespérée, comme si chaque étreinte pouvait être la dernière.Et puis, un matin, il entre dans la chambre, le visage grave.— On l'a trouvé.Je m'assois dans le lit, le cœur battant.
Après, je remonte vers son visage. Ses yeux sont ouverts maintenant, brillants, vivants. Elle me regarde comme si elle me voyait pour la première fois.— Pourquoi tu fais ça ? demande-t-elle.— Parce que c'est la seule façon que j'ai de te dire ce que je ressens. Les mots me trahissent. Mon corps ne ment pas.Elle caresse ma joue, mon front, mes lèvres.— Alors montre-moi encore.Je lui obéis. Toute la nuit. Ou ce qu'il en reste. Je lui montre avec mes mains, avec ma bouche, avec mon corps tout entier. Je lui montre le désir, la tendresse, la dévotion, le
Il me regarde longuement. Puis, lentement, il se lève, vient vers moi, prend mon visage entre ses mains. Ses pouces caressent mes joues, effleurent mes lèvres.— La vérité, dit-il, c'est que je ne peux pas vivre sans toi. La vérité, c'est que je tuerais pour toi. La vérité, c'est que je mourrais pour toi. Le reste... le reste n'a pas d'importance.— Il a de l'importance pour moi.— Alors je te dirai tout. Bientôt. Pas maintenant. Laisse-moi juste... laisse-moi te tenir.Je n'insiste pas. Je pose ma tête contre son torse, entoure sa taille de mes bras. Son cœur bat vite, trop vite. Il a peur. Peu
EléniIl sourit.Ce sourire, après toutes ses paroles, après l'aveu de sa folie, après la déclaration de guerre si précisément articulée... ce sourire est la chose la plus terrifiante que j'aie vue. Parce qu'il est vrai. Parce qu'il n'est pas le rictus du prédateur satisfait, mais quelque chose de
LéandrosElle a terminé le dessin. Ou plutôt, elle a cessé de bouger la main, laissant le fusain suspendu au-dessus d’un papier maintenant noirci, strié, vivant. Le résultat est une tempête. Ce n’est pas un portrait, c’est une cartographie de la tension. On y voit l’ombre d’un homme, mais aussi la
LéandrosLe temps n’existe plus, réduit à l’intervalle entre le son du fusain et le silence qui le suit. Elle dessine. Je pose. Mais c’est une pose en mouvement, chargée d’une électricité presque audible. Son regard, cet outil implacable, trace des lignes sur ma peau bien avant que sa main ne les i
LéandrosLa nuit est un vide bruissant. Le manoir dort, ou fait semblant. Moi, je veille, prisonnier d’une cellule dont les murs sont faits de son souvenir. Le whisky ne fait qu’attiser le feu au lieu de l’éteindre.Toute la nuit, je pense à elle.Je pense à cette trace de fusain sur sa joue, un st







