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Chapitre 92 : De Loin 2

Autor: Déesse
last update Fecha de publicación: 2026-10-25 08:53:27

La pensée arrive entière, sans prudence, et me donne peur aussitôt. Pas parce qu'elle est fausse. Parce qu'elle est vraie. Parce que je veux que ça dure. Parce que je veux qu'il reste comme ça. Parce que je veux que cet homme existe.

Je voudrais qu'Alexander conserve cette voix, cette maladresse qui l'oblige à attendre, cette façon d'écouter Theo sans savoir à l'avance où la conversation va le mener. Je voudrais qu'il garde cette humilité. Cette patience. Cette attention.
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  • LE PRIX DE SA VENGEANCE    CHAPITRE 118 — CE QU'IL VOIT

    — AlexanderJe la regarde traverser le hall avec ses dossiers dans les bras, et je ne devrais pas m'arrêter, je ne devrais pas la suivre des yeux, je ne devrais pas remarquer la façon dont elle tient ses papiers contre sa poitrine, la façon dont elle marche, droite, décidée, la façon dont elle ne se retourne pas pour vérifier si je la regarde. Elle ne vérifie plus. C'est nouveau. Avant, elle vérifiait, elle cherchait mon regard, elle attendait mon approbation. Maintenant, elle traverse, elle passe, et je reste là, dans l'embrasure de la porte, à la regarder s'éloigner.Je retourne à mon bureau, et je ne parviens pas à me concentrer. Les chiffres se brouillent, les rapports se confondent, et je vois son visage, son menton levé, cette façon qu'elle a eue de me dire non, de claquer la porte, de me tenir tête. Je vois la scène dans le bureau, la façon dont elle a refusé de plier, dont elle a posé sa limite, dont elle m'a dit je me sens plus otage qu'épouse. La phrase m

  • LE PRIX DE SA VENGEANCE    CHAPITRE 119 — LA PASSION

    — AlexanderJe rentre tard, plus tard que d'habitude, avec cette fatigue qui me colle à la peau et cette odeur de cigare et de whisky que les réunions laissent dans les vêtements, et je traverse le hall sans allumer, guidé par la lueur qui filtre sous la porte de la bibliothèque. Je m'arrête. La lumière est faible, jaune, hésitante, pas celle qu'on allume pour lire tranquillement, plutôt celle d'une lampe posée près d'un fauteuil, et je me dis qu'Ellie a oublié d'éteindre avant de monter, et je pousse la porte pour le faire.Elle est là. Je la vois avant qu'elle me voie, cette seconde de sursis où je peux la regarder sans qu'elle se referme, et je m'arrête dans l'embrasure, la main encore sur la poignée, et je ne bouge plus.Elle est assise par terre, pas dans un fauteuil, par terre, les jambes repliées sous elle, les cheveux attachés avec ce qui ressemble à un crayon, et elle est penchée sur des feuilles étalées devant elle, des plans, des croquis, des notes g

  • LE PRIX DE SA VENGEANCE    CHAPITRE 117— UN PAS EN AVANT, DEUX EN ARRIÈRE

    — Ellie Il y a des jours où je crois que nous allons y arriver, et des jours où je me dis que c'est impossible, que nous sommes trop différents, que rien de ce que nous construisons ne tiendra. Ce jour-là, c'est un jour des deux à la fois, et je le sens dès le matin, dans cette façon qu'a Alexander de m'éviter, de ne pas croiser mon regard, de s'enfermer dans son bureau avec ses papiers. Je le trouve à midi, dans le jardin, près de l'écurie, et je vois qu'il vient de s'occuper du poney, qu'il a de la paille dans les cheveux, une tache sur son pantalon, et je ne peux pas m'empêcher de sourire, même si je ne veux pas. — Tu as l'air d'un homme qui a passé la matinée à faire quelque chose de concret. Il lève la tête, me voit, et je vois dans son visage cette hésitation, cette façon de ne pas savoir si je plaisante ou si je me moque. — Je tiens ma promesse. — Je vois. Il s'essuie les mains sur son panta

  • LE PRIX DE SA VENGEANCE    CHAPITRE 116 — L'ÉDUCATION

    — EllieLa dispute éclate un dimanche, à table, devant Theo, ce qui est la pire chose qui puisse arriver, et je m'en veux immédiatement, mais je ne peux pas la retenir. Theo parle de l'école, de ce qu'il a appris, de ce qu'il aimerait faire plus tard, et Alexander dit une phrase, une phrase anodine, une phrase qui ne devrait pas avoir d'importance.— Tu pourrais avoir des professeurs particuliers. Ici. Tu n'aurais plus besoin d'aller à l'école.Je pose ma fourchette. Le bruit de l'acier contre la porcelaine est net, sec, et je vois Theo lever les yeux, surprendre quelque chose dans mon visage.— Non.Alexander tourne la tête vers moi.— Ce n'est qu'une idée.— C'est une mauvaise idée.— Maman...— Theo. Mange.Il baisse les yeux, mais je vois qu'il écoute, qu'il n'en perd pas une miette, et je sens la colère me monter, cette colère qui ne vient pas seulement d'Alexander mais de tout ce qu'il représente, de tout ce qu'il croit pouvoir

  • LE PRIX DE SA VENGEANCE    CHAPITRE 115— LE PONEY

    — EllieJe l'apprends par Theo, ce qui est déjà une erreur, et par sa bouche, ce qui en fait une trahison. Il dévale l'escalier en criant mon nom, et je sors de la bibliothèque, le cœur déjà serré, parce que je connais ce cri, c'est celui de l'excitation pure, celle qui précède une nouvelle qui va me déplaire.— Maman! Maman! Devine!— Quoi?— Alexander m'a offert un poney!Je m'arrête. Le mot poney résonne dans le hall, se répercute contre les murs, et je sens ma mâchoire se contracter, cette tension qui me monte de la nuque et qui va me donner mal à la tête si je ne respire pas.— Un poney.— Oui! Il est dans l'écurie, il est brun avec une tache blanche, il s'appelle... il s'appelle...Il cherche, il ne trouve pas, il est trop excité pour se souvenir, et je le regarde, ce petit garçon qui a passé des années à demander un chien et à qui on n'a jamais offert un chien, et à qui on offre maintenant un poney, un poney entier, sans me demander m

  • LE PRIX DE SA VENGEANCE    CHAPITRE 114 — L'ADAPTATION

    — EllieJe le trouve dans le couloir du deuxième étage, assis par terre, le dos contre le mur, les genoux ramenés contre la poitrine, et je m'arrête avant qu'il me voie. Theo ne pleure pas. Il regarde droit devant lui, vers la grande fenêtre qui donne sur le parc, et son visage a cette immobilité que je lui connais depuis notre arrivée, cette façon de se fermer quand quelque chose le dépasse et qu'il ne sait pas comment le dire. Je m'accroupis à côté de lui, sans le toucher, et j'attends.— Il y a trop de couloirs, dit-il enfin.— Je sais.— Je me suis perdu deux fois ce matin. La femme de chambre m'a retrouvé devant une porte qui ressemblait à ma chambre mais qui n'était pas ma chambre. Elle a ri. Pas méchamment. Mais elle a ri.Je sens ma mâchoire se serrer. Je connais ce rire, cette façon qu'ont les gens d'ici de trouver attendrissant ce qui est en réalité une frayeur d'enfant.— Tu veux qu'on demande qu'on te montre un plan? On pourrait l'affich

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