ログインPuis, il appuya. La tonalité résonna dans le silence de la voiture…Après quelques secondes, une voix grave répondit.— Allô.Kevin avala difficilement sa salive.— Allô…Sa voix hésita un instant, puis il se força à se reprendre.— C’est moi, Kevin. Je pense avoir quelque chose qui pourrait t’intéresser. Si tu es prêt… rappelle-moi. On doit parler en face.Un silence. Puis la voix, plus dure :— J’en ai rien à foutre du petit gamin riche. C’est à cause de vous que ma vie est devenue un enfer.Kevin serra les dents.— Et si je te donnais une raison de te venger ?Un léger silence.— Une chance de reprendre ce qu’on t’a pris.Le silence s’étira, plus lourd encore.— Qu’est-ce que t’en dis ?Quelques secondes passèrent.Puis :— Garde ça pour toi.La ligne se coupa.— Allô… ? Allô…Kevin fixa son téléphone, incrédule.— Mince…Il frappa violemment le volant, puis démarra la voiture d’un geste brusque.Le lendemain matin, à Brighton University.Lucas se tenait devant l’entrée principale,
Rose retourna à la maison.La porte claqua derrière elle avec un bruit sec qui résonna dans le couloir vide.Le silence de sa chambre la frappa comme une gifle. Rose resta figée, la main toujours sur la poignée, incapable de bouger. Chaque battement de son cœur semblait exploser dans ses tempes.Le goût de Lucas brûlait encore ses lèvres, âcre et sucré à la fois. Et le regard de Kevin… ce regard de verre brisé restait gravé dans ses yeux dès qu’elle les fermait. La douleur et la confusion la poursuivaient dans chaque recoin de sa mémoire, rampante comme un froid glacial.Elle inspira lentement, une fois. Puis une deuxième. Ses mains tremblaient légèrement, et ses jambes semblaient vouloir la trahir.— C’était nécessaire… murmura-t-elle.Sa voix trembla malgré elle. Elle secoua la tête, refusant de céder. Pas maintenant. Pas après ce qu’elle venait de faire. Son regard se posa sur le parquet, brillant sous la lumière du soleil couchant qui filtrait à travers les rideaux. Chaque ombre s
Rose sentit le souffle de Lucas, une caresse glacée et brûlante à la fois. Elle entendait les pas de Kevin, lourds, hésitants, à moins de deux mètres. C’était maintenant ou jamais. Elle ne voulait plus être la "petite Rose" qu'on protège ou qu'on accuse. Elle voulait être l'orage.— Trois… deux… murmura Lucas, ses yeux d’acier ancrés dans les siens.Rose ne réfléchit plus. L’humiliation du bracelet, les regards méprisants de la cafétéria, le silence lâche de Kevin… Tout remonta comme un poison.Elle plongea ses doigts dans les cheveux sombres de Lucas, à la nuque, et le tira vers elle avec une violence désespérée.Leurs lèvres se percutèrent. Ce n'était pas un baiser de conte de fées,Lucas laissa échapper un grognement de surprise qui se mua instantanément en une possession féroce. Ses mains, larges et calleuses, encadrèrent le visage de Rose pour la forcer à approfondir ce baiser,au moment exact où la silhouette de Kevin contournait l'angle du gymnase.Kevin s'immobilisa net. La
La nuit avait figé Brighton University dans un silence de sépulcre. Derrière le gymnase, l'ombre des grands chênes s'étirait sur le béton comme des doigts crochus cherchant à saisir Rose. Elle serrait son sac contre sa poitrine, le cœur cognant si fort qu'elle craignait qu'il ne rompe le silence.Cette signature, ce "M" tracé avec une honnêteté naïve, était devenue son arrêt de mort sociale.— Je suis là ! lança-t-elle, sa voix se brisant contre les murs de briques froides. Montre-toi !Une silhouette se détacha de l'obscurité, se décollant d'un mur lacéré de graffitis. Lucas. L'étudiant fantôme, celui dont on chuchotait le nom dans les couloirs mais que personne n'osait regarder en face. Ses yeux, d'un bleu d'acier chirurgical, semblaient lire en elle comme dans un livre ouvert.— Rose Miller, dit-il. Sa voix était un murmure de velours et de glace. Tu es plus ponctuelle que je ne l'imaginais.Rose recula, mais Lucas n'était déjà plus qu'à quelques centimètres. Il s’avança, enva
L’air sembla se glacer instantanément. Chris s’avançait, le menton haut, chaque claquement de ses talons sur le pavé résonnant comme une sentence de mort. Son regard, d’habitude si parfaitement calculé, trahissait une étincelle de fureur qu’elle peinait à dissimuler derrière son masque de "reine du lycée". — Kevin, je t’ai cherché partout, dit-elle d’un ton faussement mielleux. Et je te trouve ici… avec elle. Rose sentit une colère sourde lui serrer la poitrine, mais elle resta immobile. Elle refusait de montrer la moindre faille devant cette fille qui semblait puiser sa force dans la destruction d'autrui. — Chris, ce n’est pas ce que tu penses, intervint Kevin. Mais sa voix manquait de sa conviction habituelle. Il recula d'un pas, créant une distance physique qui fit l'effet d'un coup de poignard pour Rose. — Oh, vraiment ? répliqua Chris avec un sourire glacial. Je te trouve sur un banc, en tête-à-tête avec la fille qui a essayé de nous voler, et tu me dis que
Rose ne quittait pas des yeux le petit mot qu’elle avait trouvé dans son casier. Ses doigts tremblaient légèrement en tenant le papier plié.« Tu n’es pas la voleuse. Fais attention à Chris. »Ces quelques mots pesaient bien plus lourd que toutes les insultes qu'elle avait subies. Ils résonnaient dans son esprit encore et encore. Quelqu'un savait la vérité.— Mais qui a bien pu déposer ça ici ? murmura-t-elle pour elle-même en regardant autour d’elle.Le couloir était presque vide . Personne ne semblait faire attention à elle.Elle sortit finalement et s’assit sur un banc, à l'écart. Le vent léger faisait bouger les feuilles des arbres autour du campus. Au loin, quelques étudiants riaient ensemble, discutant comme si rien ne s’était passé.Rose les observait en silence.Dans ce monde de luxe et d'apparences, elle se sentait plus que jamais comme une étrangère. Elle serra le petit mot dans sa main, comme si ce morceau de papier était la seule preuve qu’elle n’était pas voleuse. S







