LOGINJ'ai mise enceinte ma femme, la femme de mon meilleur ami et sa mère ! Marc est un homme volage, incapable de résister à une conquête. En l'espace de quelques mois, l'impensable se produit : il met enceinte trois femmes de son entourage proche. Elsa, sa femme légitime, lui annonce la nouvelle avec des étoiles dans les yeux. Brigitte, la mère de son meilleur ami Lucas, pensait être ménopausée. Elle ne l'est pas. Chloé, la femme de Lucas, a craqué une nuit d'absence de son mari. Le test est formel. Trois ventres ronds. Trois secrets qui pèsent une tonne. Et un seul homme au centre du chaos. L'ironie suprême tombe un dimanche midi : Lucas, ignorant tout, lève son verre et demande à Marc, son ami d'enfance, d'être le parrain de l'enfant à naître. Sous la tonnelle, trois femmes retiennent leur souffle. Marc sourit, mais il sait qu'il vient de signer sa condamnation.
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La voiture s'engage dans l'allée des Lucas. Les pneus crissent doucement sur le gravier. J'éteins le moteur mais je ne sors pas tout de suite. Je prends une seconde. Une seule. Juste pour sentir le poids du moment.
La maison est éclairée. Chaude. Accueillante. Une maison de gens heureux, en apparence. Mais les apparences, je les connais. Je les démonte. Je les retourne comme des gants pour voir ce qu'elles cachent en dessous.
Je vérifie mon col dans le rétroviseur. La chemise bleu nuit. Pas celle qu'Elsa préfère. Celle que je sais être la bonne. Elle approfondit le gris de mes yeux jusqu'à les rendre presque noirs à certaines lumières. Elle épouse mes épaules, mon torse, sans être trop ajustée. Juste assez pour qu'on devine ce qu'il y a en dessous. Je l'ai choisie ce matin en pensant à ce dîner. En pensant à elle.
— Tu as mis ta belle chemise.
La main d'Elsa se pose sur ma cuisse. Chaude. Possessive. Sa voix est douce, pleine de cette tendresse conjugale qui devrait me remplir de quelque chose. De gratitude. D'amour. Je ne sais pas. Je souris quand même.
— On dîne chez des amis, pas à la pizzeria du coin.
Elle sourit. Elle est fière de moi. Fière de nous. Le couple parfait. Douze ans de mariage, pas une ombre au tableau. Pas une ombre visible. Je pourrais lui dire la vérité. Que je ne m'habille jamais pour les hommes. Que chaque vêtement que je porte est une arme, un appât, un signal envoyé aux femmes qui savent regarder. Mais à quoi bon. Douze ans, et elle ne sait toujours pas lire entre les coutures. Elle voit le tissu. Pas ce qu'il cache.
Nous sonnons. La porte s'ouvre presque immédiatement. Lucas. Le sourire large, la poignée de main franche, l'accolade virile. Mon meilleur ami depuis l'enfance. Celui qui me connaît depuis toujours. Celui qui ne me connaît pas du tout.
— Enfin ! Chloé commençait à dire que vous nous posiez un lapin.
— Marc a mis trois plombes à se préparer, lance Elsa en m'embrassant la tempe. Un baiser de propriétaire. Un marquage de territoire.
Je ris. Le rire facile de l'homme qui n'a rien à se reprocher. Et j'entre.
Et je la vois.
Chloé sort de la cuisine. Une bouteille de vin dans chaque main. Sa robe est bleue aussi. Un bleu plus clair que le mien, presque turquoise. Mais le hasard n'existe pas. Nos tenues se répondent comme un écho silencieux. Elle le remarque immédiatement. Je le vois à la façon dont ses yeux descendent sur mon torse. Une fraction de seconde. Puis remontent. Une fraction de seconde de plus que ce que la politesse autorise.
Ses pupilles se dilatent. Infime. Presque imperceptible. Mais je le vois. Je vois tout.
— On a coordonné sans le faire exprès, dit-elle. Sa voix est légère, presque rieuse, mais il y a une fissure dedans. Une toute petite fissure. J'aurais dû mettre du rouge.
— Le bleu te va très bien.
Ma voix est neutre. Banale. Le compliment passe-partout que n'importe quel invité poli pourrait faire. Mais je laisse mon regard s'attarder. Une seconde. Deux. Juste assez pour qu'elle comprenne que ce n'est pas une banalité. Que je ne parle pas de la robe. Que je parle d'elle. De sa peau sous le tissu. De la façon dont la lumière joue sur sa clavicule. De la courbe de son cou quand elle penche la tête.
Elle rougit. À peine. Juste ce qu'il faut. Et elle se détourne vers la cuisine en disant qu'elle revient avec les verres.
Nous passons à table. L'apéritif, les olives, les premières gorgées de vin. Lucas raconte son travail, ses déplacements, ses dossiers. Je fais semblant d'écouter. Je hoche la tête aux bons moments. Je pose une question de temps en temps pour maintenir l'illusion. Mais en réalité, je compte.
Premier regard de Chloé. Elle pose les bouteilles sur la table. Ses yeux glissent vers moi. Rapide. Presque furtif. Mais je l'attrape au vol.
Deuxième regard. Elle remplit le verre d'Elsa. Le vin coule, rouge sombre. Elle ne me regarde pas. Elle regarde le verre. Mais je sais qu'elle me sent. Je sais qu'elle est consciente de chaque centimètre qui nous sépare.
Troisième regard. Elle remplit mon verre. Et cette fois, elle lève les yeux. Ses doigts sont fins, bagués. L'alliance de Lucas brille sous la suspension, un éclat doré qui me saute au visage. Elle tient le goulot à deux mains. Le geste est presque... suggestif. Inconscient peut-être. Peut-être pas. Le vin coule dans mon verre. Elle me regarde. Une seconde. Deux secondes. Trois secondes. Ses yeux sont verts avec des paillettes dorées. Je ne l'avais jamais remarqué avant. Ou peut-être que je n'avais jamais regardé d'assez près.
Elle sait que je la regarde. Elle ne baisse pas les yeux. Au contraire, elle soutient mon regard une demi-seconde de trop. Un défi silencieux. Une porte entrouverte.
Quatre.
— Trois semaines seul à la maison. Chloé va devenir folle.
Lucas repose son verre. Il rit. Il ne voit rien. Il ne voit jamais rien.
Cinq. Elle vient de me regarder en entendant son mari dire seul. Le mot a claqué entre nous comme une promesse. Trois semaines. Seule.
— Je peux passer vérifier qu'elle ne mette pas le feu.
Ma voix est légère. Un sourire en coin. La plaisanterie parfaite entre amis. Elsa rit. Lucas rit. Chloé ne rit pas. Elle se mord la lèvre inférieure. Un geste qu'elle ne contrôle pas, je le devine à la façon dont ses dents s'enfoncent dans la chair tendre. Elle ne sait pas qu'elle le fait. Ou peut-être que si. Peut-être qu'elle sait exactement ce que ce geste provoque chez un homme qui regarde.
Six.
Je pose ma main sur la table, près de mon verre. Ouverte. Vulnérable en apparence. Elsa, dans un geste de propriétaire, couvre mes doigts des siens. Ses ongles sont vernis de rouge. Un rouge conjugal, sage, prévisible. Je ne bouge pas. Je laisse faire. Mais dans le reflet de la baie vitrée derrière Chloé, je vois ses jambes sous la table. La robe est courte. Très courte. Ses cuisses sont nues, lisses, légèrement hâlées. Elle les croise. Les décroise. Le tissu remonte un peu plus à chaque mouvement. Elle ne regarde pas vers la vitre. Elle ne sait pas que je vois. Elle ne sait pas que je compte chacun de ses gestes, chacune de ses respirations, chacun de ses frissons.
Sept.
Il ne recule pas. Mon bras effleure le sien. Un contact infime, coton contre coton, la manche de mon débardeur contre la manche de sa chemise. Mais c'est comme si une décharge électrique traversait le tissu. Ma peau s'électrise. Mes doigts se figent sur l'anse de la tasse. Le temps s'arrête une fraction de seconde. Est-ce qu'il l'a senti aussi ? Est-ce qu'il est en train de vivre la même chose que moi ? Ou est-ce que pour lui ce n'est qu'un frôlement accidentel, un geste de la vie quotidienne, une banalité dont il ne se souviendra même pas ce soir ?Je ne dis rien. Lui non plus. Le café continue de couler. Le bruit est infernal et salvateur à la fois, comme un métronome qui rythme notre silence.Le café est prêt. Je me redresse, lui tends sa tasse. Nos doigts se frôlent. Exactement comme samedi soir, quand il m'a passé le sel. Le même contact, la même brûlure, la même impossibilité de respirer normalement. Ses doigts sont chauds, secs, fermes. Les miens tremblent, je le vois, il le vo
ChloéLa sonnerie retentit à 10h02 précises. Je le sais parce que j'ai regardé l'horloge de la cuisine toutes les trente secondes depuis 9h30. La première tenue était trop évidente, une robe fleurie à fleurs jaunes et blanches qui criait j'ai fait un effort pour toi. Je l'ai enlevée à 9h41, les joues brûlantes de honte. La deuxième n'était pas assez, un vieux jogging gris qui disait je ne veux pas que tu me regardes. Mensonge éhonté, je l'ai retiré à 9h52. La troisième, celle que je porte maintenant, est juste ce qu'il faut. Un jean brut qui épouse mes hanches sans les mouler vulgairement, un débardeur blanc en coton fin qui laisse deviner la ligne de mes épaules, la naissance de ma gorge. Simple. Naturel. Comme si je n'attendais personne.Mais je n'attends pas personne. Je l'attends, lui. Et cette attente est un supplice depuis que j'ai ouvert les yeux ce matin, depuis que j'ai vu son dernier message sur mon téléphone, Je passe vers 10h pour l'outil, si ça ne te dérange pas. Non, ça
Lucas appelle à 7h pour dire bonjour. Sa voix est pleine de cette énergie matinale que je déteste. Il me parle de sa journée qui s'annonce chargée, de réunions, de déjeuners d'affaires. Je réponds d'une voix blanche, mécanique. Il ne remarque rien. Il ne remarque jamais rien. C'est peut-être ça, le problème. C'est peut-être pour ça que je suis en train de glisser vers un autre homme. Parce que mon mari ne me voit plus. Ne m'entend plus. Ne remarque même pas quand ma voix est blanche et mon âme en lambeaux.La journée est une lente agonie. Une torture au compte-gouttes. Je vérifie mon téléphone vingt-sept fois. Vingt-sept. J'ai compté malgré moi. Chaque vibration, chaque notification me fait bondir, le cœur battant, les mains moites. À chaque fois, ce n'est pas lui. Une amie qui propose un café. Une publicité. Un rappel de rendez-vous. La vie ordinaire qui continue alors que ma vie intérieure est en suspens.Le soir, je me déshabille devant le grand miroir de la chambre. La nuisette gr
ChloéJour un.La maison est vide. Le silence est revenu, plus épais, plus lourd. Lucas a appelé ce matin pour dire qu'il était bien arrivé, que l'hôtel était correct, que le décalage horaire le fatiguait. Je lui ai répondu les choses habituelles. Tant mieux. Repose-toi. Je t'embrasse. Des phrases en pilote automatique. Pendant que je parlais, je regardais mon téléphone. La conversation avec Marc. Son dernier message. Bon courage pour les semaines solo.Solo. Pas seule. Ce mot danse dans ma tête depuis que je l'ai lu.À 10h23, j'envoie un nouveau message. Sans réfléchir. Enfin, en faisant semblant de ne pas réfléchir. Mais je sais très bien ce que je fais. Chaque mot que je tape est une marche de plus dans l'escalier qui descend vers lui.La maison est vide, c'est étrange.C'est vrai. La maison est vide. C'est vrai, c'est étrange. Mais la vérité derrière la vérité, celle que je n'écris pas mais qu'il lira quand même, c'est que je veux lui parler. Lui écrire. Prolonger ce fil ténu qui


















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