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LEÇONS INTERDITES
LEÇONS INTERDITES
作者: Dledition

Chapitre 1 — Celle qui n'a jamais tremblé

作者: Dledition
last update 公開日: 2026-08-17 01:29:36

Valentina

La lumière grise de l'aube s'infiltre à travers les rideaux mal fermés. J'ouvre les yeux sans douceur, comme chaque matin. Mon corps est lourd, repu, mais mon esprit est déjà ailleurs. Les draps sont froissés autour de moi, témoins d'une nuit qui n'a pas connu le repos. Je tourne lentement la tête sur l'oreiller. L'homme allongé à côté de moi respire profondément, la bouche entrouverte, les traits détendus par le sommeil. Il est beau. Vraiment. Des épaules larges, un visage harmonieux, des mains qui ont su me faire gémir quelques heures plus tôt. Des mains qui ont exploré chaque centimètre de ma peau, qui se sont attardées là où je tremblais, qui ont arraché des sons que je ne me connaissais pas.

Je laisse mon regard glisser sur son torse nu, sur les marques que mes ongles ont laissées sur ses épaules. Je me souviens de tout. De la façon dont il m'a plaquée contre le mur dès que la porte s'est refermée. De ses lèvres sur mon cou, avides, presque brutales. De ses mains qui ont remonté ma robe le long de mes cuisses sans attendre, sans demander. De sa voix rauque qui murmurait des obscénités à mon oreille pendant que ses doigts me préparaient, me testaient, me rendaient folle.

Je me souviens de la première fois qu'il m'a pénétrée. Contre ce même mur, mes jambes enroulées autour de sa taille, mes talons plantés dans ses reins. Il m'a prise avec une ardeur animale, sans retenue, comme s'il cherchait à me punir d'être là, dans cet appartement, à cette heure indue. Et j'ai aimé ça. J'ai aimé la violence de son désir, la façon dont il me serrait les hanches, dont il me soulevait pour s'enfoncer plus profondément. J'ai crié. J'ai crié sans retenue, sans pudeur, la tête renversée contre le mur, les ongles plantés dans ses épaules. Et il a continué, encore et encore, jusqu'à ce que mes jambes ne me portent plus.

Ensuite, il m'a portée jusqu'au lit. Il m'a allongée sur les draps, a écarté mes cuisses, et il s'est agenouillé entre elles. Sa bouche a trouvé mon sexe avec une précision dévastatrice. Sa langue a dessiné des cercles lents, puis rapides, alternant les rythmes, me poussant au bord du précipice avant de me ramener en arrière, encore et encore. J'ai supplié. Moi, Valentina Sosa, j'ai supplié. Et il a fini par m'emmener là où je voulais aller, avec une intensité qui m'a laissée tremblante, vidée, incrédule.

Puis il m'a retournée. Il m'a prise à genoux, mes mains agrippées aux draps, son corps couvrant le mien, sa bouche contre ma nuque. Il m'a possédée lentement cette fois, profondément, comme s'il voulait graver chaque seconde dans ma mémoire. Et j'ai joui à nouveau, le visage enfoui dans l'oreiller, son prénom étouffé entre mes lèvres.

Je me redresse avec précaution. Les draps glissent sur ma peau nue, encore sensible. L'air de la chambre est tiède, chargé de l'odeur de nos deux corps mêlés, de la sueur, du sexe. Hier soir, c'était intense. Trop intense, peut-être. Il s'appelle... non, je ne me souviens plus. Peut-être Pablo, ou Martín, ou n'importe quel prénom qui finit par disparaître aussitôt prononcé. Je n'ai pas besoin de m'en souvenir. Ce n'était pas un amant. C'était une parenthèse. Un moyen de satisfaire une faim qui ne me laisse jamais en paix. Une tentative, vaine, d'éteindre un incendie qui brûle en moi depuis toujours.

Je pose les pieds sur le sol, ramasse ma robe au passage. Le tissu glisse le long de mes cuisses, épouse mes hanches. Je me lève, jette un coup d'œil à mon reflet dans la vitre sombre de la fenêtre. Mes cheveux sont emmêlés, mes lèvres encore gonflées par les baisers, ma peau marquée par endroits. J'ai l'air de ce que je suis : une femme qui a passé la nuit à se faire plaisir, sans attache, sans promesse. Une femme libre. Une femme qui a donné son corps, mais jamais rien d'autre.

Je traverse la pièce en silence, attrape mon sac posé sur une chaise. Mes talons à la main, je me dirige vers la porte. Je ne laisse pas de mot. Je ne laisse jamais de mot. Les hommes comme lui n'ont pas besoin de fausses politesses. Ils ont eu ce qu'ils voulaient. Moi aussi. Nous sommes quittes. C'est mieux ainsi. Pas d'attente, pas de déception, pas de lendemain.

Dehors, Buenos Aires s'éveille dans une brume légère. Le froid mord ma peau encore chaude, fait se dresser mes tétons sous le tissu fin de ma robe. Je marche vite, le vent s'engouffre dans mes cheveux, fait claquer le bas du vêtement contre mes cuisses. Je respire profondément. L'odeur de la ville, le bitume humide, les premiers bruits des cafés qui ouvrent. C'est mon territoire. J'aime cette sensation d'être seule au milieu de la foule, invisible et puissante à la fois. Chaque pas résonne sur le trottoir. Chaque regard qui se pose sur moi est une victoire silencieuse.

Une voiture passe, ralentit. Un homme baisse sa vitre, me sourit, les yeux brillants d'une convoitise mal dissimulée. Je détourne le regard sans un mot, sans même ralentir. Il n'insiste pas. Il a senti, peut-être, que je ne suis pas une proie. J'ai appris depuis longtemps à marcher comme une reine. Les imbéciles s'écartent d'eux-mêmes. Ils comprennent, instinctivement, qu'ils n'ont rien à offrir qui puisse m'intéresser.

Je rentre chez moi. Mon appartement est petit mais clair. Tout y est ordonné, précis, choisi avec soin. J'aime le contrôle. J'aime savoir exactement où se trouve chaque chose, chaque vêtement, chaque livre. Mon corps, lui, m'échappe parfois. Il réclame, il exige, il se souvient. Mais mon esprit, jamais. Mon esprit reste froid, lucide, impitoyable.

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