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Chapitre 6 — La brèche

Author: Dledition
last update publish date: 2026-08-17 01:32:51

Valentina

Les jours passent, et je m'installe dans une routine délicieuse. Chaque cours devient un rituel. Je m'assois toujours au premier rang, toujours légèrement décalée pour qu'il puisse me voir sans avoir à tourner la tête. Je choisis mes tenues avec soin. Des jupes qui remontent quand je croise les jambes, des chemisiers qui s'entrouvrent quand je me penche, des robes qui épousent mes formes et ne laissent rien au hasard. Des talons qui claquent sur le sol, des parfums qui s'infiltrent dans l'air, des rouges à lèvres qui attirent le regard sur ma bouche. Je ne parle pas à chaque séance. Non. Je dose. Trop de provocations tueraient le mystère. Je veux qu'il attende. Qu'il espère. Qu'il redoute ma prochaine intervention. Qu'il anticipe ma prochaine absence.

Et ça marche.

Je le surprends à me regarder. Pas seulement dans l'amphithéâtre. Dans les couloirs. À la bibliothèque. À la cafétéria. Il tourne la tête quand nos regards se croisent, mais pas assez vite. J'ai le temps de voir. De lire. De comprendre. Il me désire. C'est évident. Cette tension dans ses épaules quand je m'approche. Cette façon de serrer les poings quand je le frôle. Cette respiration qui s'accélère quand je lui parle. Il lutte. Il se bat contre lui-même. Et je trouve ça incroyablement excitant.

Je le veux. Je veux ses mains sur moi. Je veux sa bouche sur ma peau. Je veux le voir perdre le contrôle, abdiquer, s'abandonner. Je veux être celle qui le fait tomber. Je veux le chevaucher dans son bureau, sur son fauteuil de professeur, pendant qu'il me supplie de ne pas m'arrêter. Je veux le sentir trembler sous moi, en moi. Je veux le faire gémir, crier, jouir. Je veux le détruire et le reconstruire. Je veux être son obsession, sa perte, sa rédemption.

Mais je ne suis pas pressée. La patience est une arme. Et je sais m'en servir.

Un jour, je le croise dans un couloir désert. Je viens de sortir de la bibliothèque, les bras chargés de livres. Mes cheveux sont relevés en un chignon lâche, quelques mèches s'échappent et caressent ma nuque. Ma jupe est un peu trop courte, mon chemisier un peu trop ouvert. Je ne l'ai pas vu arriver. Ou peut-être que si. Mon corps l'a senti avant mes yeux. Une chaleur soudaine, une tension dans l'air, un frisson le long de ma colonne vertébrale. Je me suis arrêtée net.

Il est là, à quelques mètres. Il me regarde. Son visage est impassible, mais ses yeux sont sombres, brûlants. Des yeux qui me déshabillent sans pudeur, qui s'attardent sur mes jambes, sur ma poitrine, sur mes lèvres. Je sens mon pouls s'accélérer. Mon souffle se fait plus court.

— Mademoiselle Sosa.

— Professeur.

Ma voix est rauque, plus basse que d'habitude. Je ne le quitte pas des yeux. Le silence s'étire, chargé d'électricité. Le couloir est vide, silencieux, écrasé par le poids de nos regards. Je pourrais faire un pas vers lui. Il pourrait faire un pas vers moi. Nous pourrions nous jeter l'un sur l'autre, ici, maintenant, sans témoin. Je le vois dans ses yeux. Il y pense. Il y pense aussi.

— Votre dernière intervention en cours était pertinente.

— Merci. Je fais de mon mieux.

— Vous faites plus que ça.

Ses mots me frappent en plein ventre. Je sens une chaleur monter entre mes cuisses. Mes tétons se dressent sous le tissu de mon chemisier. Il s'approche d'un pas. L'air devient rare. Je respire son odeur, ce mélange de cuir, de café et de quelque chose de plus sombre, de plus masculin. J'ai envie de le toucher. De poser ma main sur sa poitrine. De sentir son cœur battre sous mes doigts.

— Vous cherchez à attirer l'attention, mademoiselle Sosa. Et vous réussissez très bien.

— Peut-être que je ne cherche pas seulement l'attention.

Il se fige. Ses mâchoires se serrent. Je sens son regard glisser sur mon visage, s'attarder sur ma bouche. Mon cœur bat si fort que j'ai l'impression qu'il va exploser. Je pourrais me hisser sur la pointe des pieds et l'embrasser. Je pourrais le plaquer contre le mur et le dévorer. Je pourrais le supplier de me prendre, ici, dans ce couloir, sans attendre.

— Vous jouez avec le feu, murmure-t-il.

— Et si j'aime brûler ?

Son souffle s'accélère. Ses mains se ferment en poings. Il est à la limite. Je le vois. La veine qui bat à son cou, la façon dont ses narines se dilatent, la tension dans tout son corps. Un pas de plus et il me plaque contre le mur. Un geste et il m'embrasse. Une seconde et il cède. J'attends. Je ne recule pas. Je ne baisse pas les yeux. Je le défie silencieusement. Vas-y. Prends-moi. Je sais que tu en meurs d'envie.

Mais il ne bouge pas. Il recule d'un pas, comme s'il se forçait à rompre l'envoûtement. Ses yeux sont devenus froids, durs. La glace a repris ses droits. La brèche s'est refermée.

— Faites attention, mademoiselle. Les jeux dangereux ont des conséquences.

Puis il tourne les talons et s'éloigne dans le couloir, sans se retourner.

Je reste plantée là, le souffle court. Mon cœur bat à tout rompre. Mes jambes tremblent. Mes cuisses sont humides. Je n'ai jamais ressenti une telle tension. Une telle frustration. Une telle excitation. Il me veut. Et il se refuse. Il me renvoie à mes études, à mes jeux dangereux. Mais il ne sait pas à quel point il a raison. Je suis dangereuse. Et je n'ai pas l'intention d'arrêter.

Je marche vers la sortie, les jambes flageolantes. L'air frais de la fin de journée ne suffit pas à calmer la brûlure qui consume mon bas-ventre. Je rentre chez moi dans un état second. Je me déshabille, me glisse sous la douche. L'eau chaude coule sur ma peau. Je ferme les yeux. Et je le revois. Son regard sombre. Ses poings serrés. Sa voix quand il a murmuré : "Vous jouez avec le feu." Je gémis, ma main glisse sur mon ventre, entre mes cuisses. Je me caresse en pensant à lui. À ce qu'il ferait s'il perdait le contrôle. À sa bouche sur la mienne. À ses mains qui déchirent mes vêtements. À son corps qui écrase le mien.

Je m'imagine dans son bureau, après les cours, quand tout le monde est parti. Il m'attendrait, assis dans son fauteuil, les jambes écartées. Je m'agenouillerais devant lui, je déferais sa ceinture, je libérerais son sexe déjà dur. Je le prendrais dans ma bouche, lentement, en le regardant dans les yeux. Je le sucerais jusqu'à ce qu'il gémisse, jusqu'à ce qu'il supplie, jusqu'à ce qu'il jouisse dans ma gorge. Puis il me relèverait, me plierait sur son bureau, me prendrait par-derrière avec une violence qui me ferait crier son prénom.

Je jouis, le front contre le carrelage, le prénom de Joaquín sur les lèvres. Mon corps se convulse, mes jambes flageolent. Je reste immobile, haletante, vidée. Mais pas apaisée. Non. Pas apaisée. Encore plus affamée. Encore plus déterminée.

Je me redresse, coupe l'eau. Je m'observe dans le miroir. Mes yeux sont fiévreux, mes lèvres gonflées, mes joues empourprées. Je me promets une chose : je ne reculerai pas. Je ne renoncerai pas. Je veux cet homme. Et je l'aurai.

Quoi qu'il m'en coûte.

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