LOGINValentinaJe me réveille dans ses bras. La lumière blafarde de l'aube filtre à travers les rideaux crasseux. La chambre sent encore le sexe et la sueur. Mon corps est courbaturé, marqué, épuisé. Mais je me sens vivante. Plus vivante que je ne l'ai jamais été.Il dort encore. Son visage est détendu, apaisé. Il a l'air d'un enfant. Mais je sais ce qu'il est. Je sais ce qu'il m'a fait cette nuit. Je sais ce qu'il m'a pris. Et je sais ce qu'il m'a donné.Je me redresse sur un coude. Je le regarde. Ses cils, ses lèvres, la ligne de sa mâchoire. Je pourrais rester là des heures, à le regarder. Mais quelque chose me ronge. Quelque chose que j'ai retenu toute la nuit, et qui remonte maintenant, comme une bile amère.Je n'en peux plus. Je n'en peux plus de me cacher. Je n'en peux plus de mentir. Je n'en peux plus de vivre dans l'ombre, de regarder derrière mon épaule, de sursauter au moindre bruit. Je n'en peux plus d'être une clandestine dans ma
Il recommence à bouger, mais différemment maintenant. Plus lentement. Plus profondément. Chaque poussée est calculée pour atteindre le fond de moi, pour me faire sentir chaque millimètre de sa possession. Il plonge son regard dans le mien, ne me lâchant pas d'une semelle, me forçant à assister à ma propre déconstruction.— Tu es à moi, dit-il.Les mots sont à peine audibles, soufflés contre mes lèvres entrouvertes, mais ils résonnent comme un coup de tonnerre dans l'atmosphère saturée de la pièce.— Oui. Je suis à toi.Il redouble d'intensité, ses reins marteau-piquent plus fort, plus vite, me ramenant vers le bord de l'abîme. Je sens la contraction commencer au fond de mon ventre, ce nœud de nerfs qui se resserre, qui devient brûlant, douloureux et délicieux à la fois.— Je vais jouir... je vais jouir...Il ne répond pas, il enfonce juste sa queue plus profondément que jamais, broyant mon clitoris sous son pubis, et c'est l
Il ne répond pas. Il n'a pas besoin de répondre. Il m'embrasse. Le baiser est violent, affamé, désespéré. Sa bouche dévore la mienne, sa langue me cherche, me prend, me possède. Je gémis contre ses lèvres, je m'agrippe à lui, je m'abandonne. Je sens ses mains dans mon dos, dans mes cheveux, sur ma nuque, partout à la fois. Je sens son corps contre le mien, dur, chaud, tout entier tendu vers moi. Je sens son désir, dur et brûlant, contre mon ventre.Il me soulève. Je noue mes jambes autour de sa taille. Il me porte jusqu'à sa chambre. Sa chambre. Son lit. L'endroit où il dort. L'endroit où il rêve. L'endroit où il m'a imaginée cent fois. Il me dépose sur les draps frais, se penche sur moi. Ses mains remontent le long de mes cuisses, sous ma jupe, caressent ma peau. Ses doigts s'attardent, explorent, me font gémir.— Tu es trempée, murmure-t-il.— C'est pour toi. Seulement pour toi. Toujours pour toi.Il me regarde, les yeux noirs. Puis il
ValentinaCe n'est pas un hôtel. Ce n'est pas un refuge emprunté. C'est chez lui. Son appartement. Son sanctuaire. L'endroit où il vit, où il dort, où il pense à moi quand je ne suis pas là. L'endroit qu'il ne m'avait jamais montré avant. L'endroit où il m'a invitée ce soir, pour la première fois. Et cette invitation, je le sais, est une frontière qui se franchit. Une porte qui s'ouvre sur quelque chose de plus grand, de plus intime, de plus dangereux.Je monte les escaliers, le cœur battant. L'immeuble est beau, élégant, discret. Une façade en pierre claire, des balcons en fer forgé, des plantes vertes qui débordent des fenêtres. Rien à voir avec les hôtels minables où nous nous cachions au début. Ici, c'est propre. C'est lumineux. C'est lui. C'est sa vie. C'est la vie que je ne connaissais pas, la vie qu'il me cache depuis des semaines, la vie qu'il m'ouvre ce soir.Chaque marche me rapproche de lui. Chaque marche fait battre mon cœur plus fort
Je serre le téléphone contre ma joue, comme s'il était sa peau. Je ferme les yeux. Je respire sa voix. Je m'imprègne de ses mots. Et je sens, malgré tout, malgré la peur, malgré le doute, malgré cette colère qui n'est pas tout à fait retombée, une petite lumière qui s'allume quelque part en moi. Une petite lumière que je protège, que je nourris, que je garde. — Je t'aime, dis-je. — Je t'aime aussi. Plus que tout. Plus que tout au monde. — Alors, tiens ta promesse. Reviens-moi. Ne me fais pas attendre trop longtemps. — Je viendrai. Je te le jure. Il raccroche. Doucement. Lentement. Comme s'il n'arrivait pas à se résoudre à couper ce fil qui nous relie. J'entends le déclic, puis le silence. Le silence, vide, immense, qui m'engloutit. Je reste allongée, le téléphone serré contre ma poitrine, comme s'il pouvait me tenir, lui, comme s'il pouvait me garder, me protéger, me réchauffer. Je ferme les yeux. Je pense à lui. À sa voix. À ses mots. À sa promesse. Et je sens le manque qui me
ValentinaJoaquín s'éloigne. Par prudence, me dit-il. Parce qu'il veut me protéger, me dit-il. Parce que les rumeurs sont trop dangereuses, parce que nos regards sont trop éloquents, parce que chaque minute passée ensemble est une minute de trop, une minute qui pourrait nous trahir. Il me l'explique, à chaque fois, avec des mots doux, des mots patients, des mots qui veulent me rassurer. Mais les mots ne remplacent pas sa peau. Les mots ne remplacent pas ses bras. Les mots ne remplacent pas sa présence, cette présence qui est devenue l'air que je respire.Il me voit moins. Il me parle moins. Les messages s'espacent, se font plus courts, plus prudents, comme s'il pesait chaque mot avant de l'écrire. Les appels se font rares, puis plus rares encore, jusqu'à n'être plus que des murmures volés dans la nuit, des voix basses, des promesses chuchotées. Les rendez-vous s'annulent les uns après les autres, toujours pour la même raison, toujours cette prudence, toujours cette peur, toujours ce m







