MasukValentinaLa doyenne me fixe. Son regard est froid, professionnel, impitoyable. L'homme en costume prend des notes. Je suis assise là, les mains sur les genoux, le corps tremblant, le cœur en miettes. Je viens de voir ma vie privée étalée sur un écran. Je viens de voir mon intimité violée. Je viens de voir tout ce que j'ai de plus précieux souillé, jugé, exposé.— Mademoiselle Sosa, dit la doyenne. Cette vidéo a été envoyée à la direction ce matin. Elle est accompagnée d'une lettre anonyme qui dénonce une relation inappropriée entre vous et le professeur Herrera.— Je ne comprends pas, dis-je. Ma voix est faible, presque inaudible. Je ne comprends pas comment cette vidéo a pu être filmée.— Nous aussi, nous nous posons la question. Mais ce n'est pas le sujet pour l'instant. Ce qui compte, c'est ce que la vidéo montre. Et ce qu'elle montre, mademoiselle Sosa, c'est une relation sexuelle entre un professeur et son étudiante. Une relation i
ValentinaJe me réveille ce matin-là avec un sentiment étrange. Une boule au creux du ventre. Une ombre dans le coin de la chambre. Quelque chose qui ne va pas. Quelque chose qui va arriver.J'ai mal dormi. J'ai tourné, retourné, les draps emmêlés, le corps en manque, le cœur en miettes. J'ai repensé à la dispute. À mes mots. À son silence. À la façon dont je suis partie. Je ne regrette rien. Je ne regrette pas d'avoir dit la vérité. Mais je regrette la façon dont je l'ai dit. Avec violence. Avec mépris. Avec cette colère qui m'a dévorée.Je me lève. Je me prépare. Je vais à l'université. Parce qu'il faut y aller. Parce qu'il faut continuer. Parce qu'il faut faire semblant. Parce que c'est ce que je fais depuis des semaines. Faire semblant.Les couloirs sont plus silencieux que d'habitude. Les regards sont plus insistants. Je sens quelque chose dans l'air. Une tension. Un malaise. Les conversations s'arrêtent sur mon passage. Les gens ch
ValentinaJe me réveille dans ses bras. La lumière blafarde de l'aube filtre à travers les rideaux crasseux. La chambre sent encore le sexe et la sueur. Mon corps est courbaturé, marqué, épuisé. Mais je me sens vivante. Plus vivante que je ne l'ai jamais été.Il dort encore. Son visage est détendu, apaisé. Il a l'air d'un enfant. Mais je sais ce qu'il est. Je sais ce qu'il m'a fait cette nuit. Je sais ce qu'il m'a pris. Et je sais ce qu'il m'a donné.Je me redresse sur un coude. Je le regarde. Ses cils, ses lèvres, la ligne de sa mâchoire. Je pourrais rester là des heures, à le regarder. Mais quelque chose me ronge. Quelque chose que j'ai retenu toute la nuit, et qui remonte maintenant, comme une bile amère.Je n'en peux plus. Je n'en peux plus de me cacher. Je n'en peux plus de mentir. Je n'en peux plus de vivre dans l'ombre, de regarder derrière mon épaule, de sursauter au moindre bruit. Je n'en peux plus d'être une clandestine dans ma
Il recommence à bouger, mais différemment maintenant. Plus lentement. Plus profondément. Chaque poussée est calculée pour atteindre le fond de moi, pour me faire sentir chaque millimètre de sa possession. Il plonge son regard dans le mien, ne me lâchant pas d'une semelle, me forçant à assister à ma propre déconstruction.— Tu es à moi, dit-il.Les mots sont à peine audibles, soufflés contre mes lèvres entrouvertes, mais ils résonnent comme un coup de tonnerre dans l'atmosphère saturée de la pièce.— Oui. Je suis à toi.Il redouble d'intensité, ses reins marteau-piquent plus fort, plus vite, me ramenant vers le bord de l'abîme. Je sens la contraction commencer au fond de mon ventre, ce nœud de nerfs qui se resserre, qui devient brûlant, douloureux et délicieux à la fois.— Je vais jouir... je vais jouir...Il ne répond pas, il enfonce juste sa queue plus profondément que jamais, broyant mon clitoris sous son pubis, et c'est l
Il ne répond pas. Il n'a pas besoin de répondre. Il m'embrasse. Le baiser est violent, affamé, désespéré. Sa bouche dévore la mienne, sa langue me cherche, me prend, me possède. Je gémis contre ses lèvres, je m'agrippe à lui, je m'abandonne. Je sens ses mains dans mon dos, dans mes cheveux, sur ma nuque, partout à la fois. Je sens son corps contre le mien, dur, chaud, tout entier tendu vers moi. Je sens son désir, dur et brûlant, contre mon ventre.Il me soulève. Je noue mes jambes autour de sa taille. Il me porte jusqu'à sa chambre. Sa chambre. Son lit. L'endroit où il dort. L'endroit où il rêve. L'endroit où il m'a imaginée cent fois. Il me dépose sur les draps frais, se penche sur moi. Ses mains remontent le long de mes cuisses, sous ma jupe, caressent ma peau. Ses doigts s'attardent, explorent, me font gémir.— Tu es trempée, murmure-t-il.— C'est pour toi. Seulement pour toi. Toujours pour toi.Il me regarde, les yeux noirs. Puis il
ValentinaCe n'est pas un hôtel. Ce n'est pas un refuge emprunté. C'est chez lui. Son appartement. Son sanctuaire. L'endroit où il vit, où il dort, où il pense à moi quand je ne suis pas là. L'endroit qu'il ne m'avait jamais montré avant. L'endroit où il m'a invitée ce soir, pour la première fois. Et cette invitation, je le sais, est une frontière qui se franchit. Une porte qui s'ouvre sur quelque chose de plus grand, de plus intime, de plus dangereux.Je monte les escaliers, le cœur battant. L'immeuble est beau, élégant, discret. Une façade en pierre claire, des balcons en fer forgé, des plantes vertes qui débordent des fenêtres. Rien à voir avec les hôtels minables où nous nous cachions au début. Ici, c'est propre. C'est lumineux. C'est lui. C'est sa vie. C'est la vie que je ne connaissais pas, la vie qu'il me cache depuis des semaines, la vie qu'il m'ouvre ce soir.Chaque marche me rapproche de lui. Chaque marche fait battre mon cœur plus fort







