Masuk# Chapitre 4
— Pourquoi roder à une heure aussi tardive, alors ? insista Azriel, sa voix se faisant plus basse tandis que ses doigts emprisonnaient toujours la nuque d’Isolde.
— J-j’ai faim ! balbutia Isolde, paniquée.
Son souffle court et saccadé venait s’écraser en vagues brûlantes sur le torse nu d’Azriel.
— Si tu as faim, la cuisine se trouve dans le couloir de gauche, dit-il d’un ton monocorde, bien que ses yeux restassent rivés sur les lèvres charnues d’Isolde, encore teintées de la peinture noire de son pouce. Il n’y a rien à manger dans cette pièce. À moins que... tu ne sois entrée délibérément pour m’espionner ?
Isolde tressaillit. Cette proximité physique bien trop intime faisait trembler tout son corps. Se sentant menacée par l’aura dérangeante d’Azriel, elle voulut faire demi-tour immédiatement.
— Je suis désolée, je... je n’avais pas l’intention de vous espionner.
— Ah bon ?
Loin de la relâcher, Azriel resserra sa prise sur la taille généreuse d’Isolde. D’une seule traction vigoureuse, il entraîna son corps voluptueux à l’intérieur du studio d’art plongé dans la pénombre, puis referma la porte vitrée d’un coup de pied nu, provoquant un léger claquement.
Isolde resta bouche bée lorsque son regard se posa sur la grande toile au centre de la pièce.
— Pourquoi... pourquoi m’as-tu peinte ainsi ? demanda-t-elle d'une voix tremblante.
Elle contempla sa propre silhouette sur le canevas, le cœur lourd de sentiments contradictoires. Ses courbes y étaient dessinées avec une précision extrême, exaltant une sensualité qu’elle s’était efforcée de dissimuler jusque-là.
— Parce que tes proportions sont hors du commun, répondit calmement Azriel.
Ses yeux descendirent audacieusement le long du cou d’Isolde, glissèrent sur son épaule dénudée par sa robe de satin glissante, pour s’arrêter sur le contour de ses hanches rebondies.
— Les gens d’ici sculptent sans cesse leur corps pour ressembler à des mannequins de vitrine sans vie. C’est ennuyeux. Il n’y a aucune passion là-dedans.
Isolde baissa les yeux. Son visage s’empourpra instantanément, offensée et intimidée par ce jugement d’une honnêteté si crue.
— Tu peux le dire directement si mon corps est laid et s’il gâche le paysage. J’ai l’habitude de l’entendre de la bouche de Gavin.
— Laid ?
Azriel fronça les sourcils, visiblement dérouté par cette réaction défensive. Le jeune homme fit un pas de plus, abolissant la distance entre eux au point que leurs poitrines se frôlèrent presque. L’odeur entêtante de la peinture mêlée au parfum masculin et mentholé d’Azriel enveloppa les sens d’Isolde.
— Quel est l’imbécile qui a osé te dire une chose pareille ?
— Tout le monde se moque de mon physique, chuchota Isolde, la voix tremblante sous le coup de l’émotion et de la douleur qui se réveillaient brusquement.
Azriel resta silencieux un instant. Il leva sa main tachée de peinture noire, l’arrêtant à quelques centimètres de la joue d’Isolde sans la toucher, comme s’il mesurait la beauté de son modèle le plus précieux.
— Ce ne sont que des sots incapables d’apprécier l’esthétique. Les lignes de ton corps... ces courbes pleines ont du volume, de la chaleur et un poids réel. À mes yeux, tes formes sont d'une beauté magnifique, idéale pour être explorée de manière sensuelle. Elles sont gorgées d’une émotion vibrante.
Ces mots s’échappèrent de la bouche d’Azriel d'un ton d’une platitude et d’une sincérité désarmantes, sans la moindre trace de séduction bon marché. Pourtant, ils firent frissonner Isolde jusqu’à la moelle. Pour la première fois de sa vie, un homme contemplait son corps généreux avec une admiration aussi intense—dan keanehan itu justru terasa jauh lebih mengintimidasi daripada makian mantan tunangannya.
— Je... je dois retourner dans ma chambre, coupa Isolde d’une voix nerveuse.
Ressaisissant ses dernières forces, elle se dégagea d'un coup sec, pivota et quitta l’atelier d’art d’un pas rapide, oubliant son estomac qui continuait de crier famine.
Azriel demeura immobile, observant d'un regard affamé le mouvement affolé des hanches d'Isolde alors qu'elle s'éloignait. Puis, il reprit son pinceau, fixant la toile avec un mince sourire chargé d’une folle obsession.
La première matinée d’Isolde au Manoir Blackthorne commença de façon maussade. Assise contre la tête de son grand lit, les cheveux encore ébouriffés, elle contemplait cette chambre luxueuse qui lui paraissait si étrangère. Soudain, les souvenirs de la soirée de fiançailles défilèrent de nouveau dans son esprit, lui enserrant la poitrine.
Son corps se mit à trembler. Les mots cruels de la maîtresse de Gavin résonnèrent encore clairement dans sa tête :
*« Une fille avec un tel surpoids devrait être consciente de ce qu’elle est avant d'espérer être aimée. »*
— Ah, bande de salauds ! jura-t-elle à mi-voix, serrant le oreiller de soie contre elle.
Isolde enfouit rapidement son visage dans ses mains. Sa respiration devint courte, tandis que la honte, un instant apaisée, venait de nouveau lui frapper la poitrine sans pitié. Elle détestait son propre corps. Elle détestait ses bras qu’elle jugeait trop ronds, ses cuisses qui se frottaient à chaque pas, et la façon dont les gens la dévisageaient comme si elle était une anomalie.
Dans un profond soupir, Isolde descendit enfin du lit. Ses pas nus la menèrent devant le grand miroir près de l'armoire. À l'intérieur, les domestiques avaient déjà disposé de nouveaux vêtements à sa taille. Elle y prit un t-shirt de sport noir moulant et un legging assorti.
En les enfilant, le miroir lui renvoya l’image de sa silhouette, dessinée de manière très prononcée. Le legging moulant épousait ses cuisses et ses fesses rebondies avec une sensualité évidente, tandis que le t-shirt noir soulignait sa poitrine généreuse. Sa mâchoire se contracta.
— Ça suffit, murmura-t-elle pour elle-même.
Elle refusait d’être humiliée à nouveau. Elle devait perdre du poids.
La salle de sport du Manoir Blackthorne s'avéra bien plus vaste que n'importe quel centre de remise en forme haut de gamme qu'Isolde eût jamais vu. Ses immenses parois vitrées donnaient directement sur un jardin arrière verdoyant.
Isolde se tenait gauchement près du tapis de course, tirant sur l'ourlet de son t-shirt noir, mal à l'aise dans cette tenue de sport qui exposait trop ses formes pulpeuses. D'un geste nerveux, elle appuya sur le bouton de l'appareil. La bande commença à défiler lentement. Un pas, deux pas, puis le rythme s'accéléra pour devenir un léger trot.
Le souffle d'Isolde commença à se faire court avant même que cinq minutes ne se fussent écoulées. Ses joues rondes s'empourprent sous l'effort, et son corps dense lui parut terriblement lourd alors qu'elle s'imposait de continuer à courir. La sueur perla sur ses tempes, coulant le long de son cou blanc pour venir imbiber le tissu noir au niveau de sa poitrine, collant le vêtement contre sa peau.
— Je ne dois pas abandonner... murmura-t-elle d'une voix rauque, endurant la douleur à son genou encore légèrement meurtri par sa chute de la veille.
C'est à cet instant qu'un applaudissement lent et rythmé retentit derrière elle.
— Eh bien... voilà un spectacle matinal fort surprenant et... des plus stimulants.
Le corps d’Isolde se figea aussitôt à l'entendre de cette voix rauque et familière. Se retournant brusquement, elle découvrit Evander Blackthorne adossé au chambranle de la porte. Il portait un ensemble de sport noir à manches courtes qui laissait voir ses cuisses et ses bras athlétiques. Ses cheveux sombres étaient encore légèrement humides, indiquant qu'il venait de se doucher après s'être entraîné ailleurs.
Un sourire en coin, teinté d'une satisfaction évidente, s’essaya sur les lèvres charnues d’Evander en avisant la jeune fille sur la machine.
D'une démarche nonchalante, semblable à celle d'un léopard s'approchant de sa proie, Evander s'avança en tenant une bouteille d'eau fraîche. Son regard descendit ouvertement et sans la moindre pudeur, observant avec insistance le rebond rythmé de la poitrine généreuse d'Isolde au gré de sa course, ainsi que la façon dont le legging moulant enveloppait ses hanches larges.
L'attitude affamée d'Evander accrut le malaise d'Isolde, qui manqua de trébucher sous le coup de la nervosité.
— Pourquoi... pourquoi me regardez-vous comme ça, Monsieur Evander ? marmonna-t-elle faiblement en appuyant sur le bouton pour ralentir l'appareil.
Evander laissa échapper un rire étouffé, bas et sensuel.
— Parce que tu es délicieuse, ma petite.
— Hein ?
Isolde arrêta complètement le tapis et s'apprêta à en descendre, mais Evander fit un pas rapide en avant, lui barrant le passage au point de supprimer toute distance. Il encercla le corps d'Isolde en se tenant juste devant la machine, appuyant ses deux mains sur les poignées du tapis de course, la piégeant ainsi contre son torse large.
— Tu es toute rouge, murmura Evander en penchant la tête, fixant intensément le visage d'Isolde baigné de sueur.
Cette proximité extrême permit à la jeune fille de sentir la chaleur masculine qui émanait du corps d’Evander.
Il leva la main, essuyant hardiment de son pouce chaud une goutte de sueur sur la tempe d’Isolde, avant de faire glisser ses doigts le long de sa mâchoire en une caresse sensuelle qui provoqua un violent frisson chez la jeune femme.
Le regard d'épervier d'Evander s'assombrit en fixant la poitrine d'Isolde, dont le va-et-vient rapide offrait à ses yeux un spectacle d'un érotisme troublant.
— Et tu es tellement essoufflée... Tu laisses échapper de si doux soupirs, murmura Evander au plus près de ses lèvres, son sourire s'accentuant. T'entendre respirer si vite... m'évoque de tout autres circonstances. Tu gémis exactement comme une femme soumise à mon étreinte dans un lit, Isolde.
Chapitre 76Les pas longs et rapides de Lucien résonnaient avec force le long du couloir silencieux du premier étage. L'homme mûr ne se souciait plus de préserver sa dignité de chef de la famille Blackthorne. Son esprit et son cœur étaient plongés dans le chaos, envahis par l'image du visage potelé d'Isolde rougi par les larmes, ainsi que par ces mots : « Je veux devenir mince et belle », qu'Hiyuni venait de rapporter dans la salle à manger.Sans perdre une seule seconde, Lucien s'arrêta devant la lourde porte en bois de la chambre d'Isolde. Son poing fermement serré frappa aussitôt la surface du bois d'un coup sec et rude.— Isolde ! Ouvre cette porte sur-le-champ ! gronda Lucien, sa voix de baryton basse et profonde résonnant à travers les murs de la pièce.À l'intérieur de la chambre, Isolde, qui était allongée en chien de fusil sur son lit moelleux, sursauta de frayeur. Ces coups violents lui firent presser la paume de sa main contre son cœur palpitant. Le visage rondelet davantag
Chapitre 75L'atmosphère dans la salle à manger principale du manoir ce soir-là était d'une tension inhabituelle. Le lustre en cristal qui pendait majestueusement au-dessus de la longue table en bois de teck diffusait une lueur chaleureuse, mais la température à l'intérieur de la pièce semblait avoir soudainement chuté jusqu'à devenir glaciale.Trois hommes à la carrure imposante et aux traits sculptés et autoritaires étaient assis à leurs places respectives. En bout de table, Lucien se tenait droit, vêtu d'une chemise décontractée gris foncé, ses yeux d'aigle rivés sur la chaise vide à l'extrémité opposée — l'endroit où Isolde aurait dû se trouver. À sa gauche, Evander était adossé d'un air nonchalant au dossier de son siège, ses doigts puissants faisant tourner et tinter distraitement sa fourchette contre son assiette en porcelaine, sans la moindre intention de toucher au morceau de viande servi devant lui. Pendant ce temps, Azriel, assis à droite, fixait d'un air absent son verre e
:Chapitre 74La nuit était déjà bien avancée lorsque le taxi transportant Isolde s'engagea enfin à faible allure sur l'allée gravillonnée menant au perron de la résidence des Blackthorne. Chaque pas que faisait la jeune fille enrobée lui semblait terriblement lourd et raide tandis qu'elle franchissait la majestueuse porte d'entrée. Son visage potelé était d'une pâleur cadavérique, et ses yeux gonflés et rougis témoignaient des larmes ininterrompues qu'elle avait versées tout au long du trajet du retour.Elle ne désirait que s'éclipser silencieusement jusqu'à sa chambre, en verrouiller la porte à double tour et enfouir son visage sous une montagne d'oreillers. Mais au moment précis où elle posait le pied sur la première marche de l'escalier, une voix calme l'interpella depuis le corridor latéral :— Isolde ? Tu es rentrée ?Azriel émergea du couloir pénombreux. Le plus jeune fils de la famille Blackthorne portait une chemise en lin décontractée dont les manches étaient soigneusement
Chapitre 73— Tu… tu me cherchais ?La voix d'Isolde ne fut plus qu'un petit couinement tremblant, hésitant alors que sa respiration n'était pas encore revenue à la normale. Ses yeux gris et bouffis fixaient d'un air absent le visage aux traits coupés de Lucien. Chaque goutte de colère et de haine qui lui brûlait la poitrine un instant plus tôt fondit soudainement, remplacée par une vague d'incompréhension totale. Cet homme mûr avait-il vraiment bravé les embouteillages de la ville uniquement pour la retrouver ?Lucien ne répondit pas par des mots. Sa mâchoire dessinée se crispa, et ses yeux d'aigle se rétrécirent avec une dominance incontestable. Sans laisser le temps à Isolde de comprendre ce qui se passait, il lui saisit les poignets potelés, les enserrant fermement avant de la tirer à travers le hall de l'hôtel en direction du comptoir de la réception exécutive.En l'espace de quelques secondes, après avoir simplement énoncé son nom et brandi sa carte noire sans ajouter un mot, Lu
Chapitre 72Frottement chaud contre l'arrière de ses hanches devenait de plus en plus intense, mais derrière les paupières d'Isolde fermement closes, la sensation d'étouffement dans sa poitrine devenait de plus en plus insupportable. Chaque fois que la langue d'Evander parcourait les courbes de son cou, le visage qui apparaissait dans son esprit n'était pas celui de cet homme aux cheveux ébouriffés, mais une paire d'yeux acérés appartenants à Lucien, qui la fixaient avec un éclat possessif.Une vague de nausée monta soudainement à travers sa poitrine généreuse. Isolde réalisa qu'elle ne pouvait plus mentir à son propre cœur. Utiliser son corps comme exutoire à son chagrin d'amour ne ferait que la rendre encore plus pitoyable.D'un mouvement soudain et vigoureux, Isolde arracha son corps vers l'avant, repoussant le bras musclé d'Evander de ses hanches jusqu'à ce que son étreinte soit rompue de force.— Je suis désolée… pardonne-moi, Evander. Je me rends compte que je ne peux pas faire
Chapitre 71Le bruit de la douche dans la salle de bains du bureau finit enfin par s'arrêter. Lucien en sortit, les cheveux noirs complètement trempés, humectant sa chemise blanche qui collait étroitement à sa large poitrine. Les effets de l'aphrodisiaque ne s'étaient pas entièrement dissipés, mais l'eau glacée avait réussi à lui rendre la majeure partie de ses esprits.Sur son bureau, son téléphone continuait de vibrer sans s'arrêter. Lucien s'avança à grands pas et saisit l'appareil rectangulaire entre ses grands doigts. Ses yeux acérés surprirent un message texte arrivé un peu plus tôt de la part d'Isolde.« J'ai hâte d'être à cet après-midi, Luci. »Le message avait été envoyé à trois heures cet après-midi-là. Lucien ferma les yeux un instant, maudissant sa propre imprudence d'avoir laissé Chloe entrer dans son bureau et lui offrir cette boisson empoisonnée, ne lui laissant aucune chance de répondre au message d'Isolde. Sans perdre une seconde de plus, Lucien appuya immédiatement







