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last update publish date: 2026-07-17 04:24:24

## Chapitre 5

Evander s’appuya nonchalamment sur la poignée du tapis de course, réduisant encore la distance entre eux au point qu'Isolde pouvait respirer son parfum masculin et entêtant.

— Je suis de plus en plus curieux, murmura Evander, son regard descendant ouvertement vers la poitrine d'Isolde qui se soulevait au rythme de sa respiration haletante.

Isolde perdit immédiatement contenance, intimidée par ce regard qui semblait la déshabiller. Tentant d'ignorer le jeune homme, elle appuya sur le bouton pour augmenter la vitesse de la machine afin de prouver qu'elle pouvait rester concentrée. Mais ce changement brusque de rythme, combiné à l'épuisement de son corps, lui fit perdre l'équilibre.

— Mon Dieu...

Avant que son corps voluptueux ne soit projeté hors de l'appareil, Evander se jeta vivement en avant et la rattrapa. Ses deux grandes mains se plaquèrent fermement sur la taille généreuse d'Isolde, soutenant son poids tout en la pressant d'une étreinte sensuelle et possessive. Le contact de leurs peaux, toutes deux réchauffées par la sueur, provoqua une décharge électrique instantanée.

— Fais attention, ma rondelette, chuchota Evander tout près de sa tempe, savourant la douceur de ce corps charnu contre le sien.

Dès qu'elle eut retrouvé son équilibre, Isolde repoussa brusquement les mains d'Evander en lui jetant un regard furieux, le visage rouge de honte.

— Lâchez-moi ! Je peux y arriver seule !

Evander éclata d'un rire encore plus fort, nullement offensé.

— Détends-toi. Je ne vais pas te manger... pas encore.

— Vous êtes insupportable, Monsieur Evander.

— Pourtant, tu continues de soutenir le regard de cet homme insupportable, n'est-ce pas ? lorgna Evander avec un clin d'œil provocateur.

Isolde poussa un soupir d'agacement et força de nouveau ses jambes à courir, bien que la présence d'Evander près d'elle rendît chacun de ses mouvements terriblement rigide. La situation se compliqua davantage lorsque la porte vitrée de la salle de sport s'ouvrit de nouveau. Azriel entra sans demander l'autorisation, ignorant l'atmosphère intime qui régnait dans la pièce. Le jeune homme au teint pâle s'installa directement sur le canapé d'angle et ouvrit son grand carnet de croquis.

*Criss... criss...* Le frottement rythmé du crayon sur le papier commença à résonner.

Isolde écarquilla les yeux, haletante sur sa machine, sa poitrine se soulevant de manière extrême.

— Tu... tu es sérieux ? Tu vas dessiner ici ?!

— Oui, répondit brièvement Azriel sans l'ombre d'un remords.

Ses yeux se posaient alternativement sur les cuisses charnues d'Isolde, moulées dans son legging serré, avant de reporter ses traits sur le papier.

— Pourquoi faut-il que tu fasses ça ici ?! s'indigna Isolde, se sentant traitée comme un objet d'exposition.

— Le visuel est intéressant.

— Et qu'est-ce qu'il a d'intéressant ?!

Azriel leva lentement les yeux, plongeant son regard sombre et obsessionnel droit dans les yeux d'Isolde.

— La façon dont ton corps généreux bouge et oscille en rythme sur cette machine. C'est... artistiquement très stimulant.

Le visage d'Isolde devint cramoisi sous l'effet de la fatigue, de la honte et de l'offense provoquée par la vulgarité honnête d'Azriel.

Témoin de la scène, Evander laissa échapper un rire satisfait, croisant les bras sur sa poitrine tout en s'appuyant contre un pilier.

— Je commence à comprendre pourquoi tu es si obsédé par elle, Azriel.

— Je ne suis pas obsédé, coupa calmement Azriel, ses doigts s'activant de plus belle sur son carnet. C'est une pure observation face à un chef-d'œuvre.

— Vous êtes malades tous les deux ! s'écria Isolde, se sentant de plus en plus piégée face à ces deux prédateurs.

La sueur inondait désormais le cou blanc d'Isolde, coulant jusqu'à la naissance de sa poitrine. Ses muscles criaient grâce, mais sa fierté blessée la rendait terriblement obstinée. Elle s'imposa de continuer à courir à vive allure sous les regards lourds d'intimidation sensuelle des deux hommes.

— Amusant, murmura Evander en s'approchant de nouveau du tapis de course, contemplant le cou d'Isolde qui luisait sous l'effort. Ce visage tourmenté et suppliant est encore plus tentant que celui d'hier soir.

Ces mots ravivèrent la colère d'Isolde ainsi que le traumatisme des insultes de Gavin. Elle appuya de nouveau sur le bouton pour accélérer. Plus vite. *Je dois maigrir. Je harus berubah menjadi wanita yang ideal agar dunia berhenti menghujatku,* hurla sa voix intérieure. Cependant, sa vue commença à se troubler et sa poitrine lui sembla comprimée par un poids immense à cause du manque d'oxygène.

*Vlan !*

Quelqu'un frappa brutalement le bouton d'arrêt d'urgence de la machine par l'avant. Le tapis s'arrêta net, déséquilibrant Isolde vers l'avant. Fort heureusement, une main puissante, à l'étreinte de fer, saisit fermement son bras et ramena son corps voluptueux contre un torse large et rigide.

— C'est assez.

Cette voix de baryton, glaciale, figea instantanément l'atmosphère de la pièce. Lucien Blackthorne se tenait là, la mâchoire contractée, ses yeux gris dardant un regard noir. Il venait d'entrer et s'était aussitôt emporté en voyant ses deux frères déshabiller Isolde de leurs yeux concupiscents, alors que la jeune fille était sur le point de s'évanouir.

Isolde lutta pour reprendre son souffle, tentant de dégager son bras de l'emprise de Lucien.

— Lâchez-moi... Je n'ai pas fini !

— Tu es sur le point de t'étouffer, idiote.

— Je vais très bien !

— Tu peux à peine parler, coupa sèchement Lucien.

Ses yeux se fixèrent sur la poitrine généreuse d'Isolde qui se pressait fortement contre sa chemise de prix au rythme de sa respiration haletante. Ce contact physique involontaire fit contracter un peu plus la mâchoire de Lucien, en proie à une sensation inconnue.

Evander laissa échapper un sifflement moqueur depuis l'arrière, cherchant délibérément à provoquer son frère aîné.

— Lucien, ne sois pas si dur avec notre nouveau jouet. Tu lui fais peur.

Lucien ignora Evander, mais sa prise sur le bras d'Isolde se fit plus possessive encore.

— Tu es en train de te torturer.

Isolde serra les dents, endurant la brûlure qui lui déchirait la poitrine à cause de l'effort.

— Je dois me surpasser, Monsieur Lucien !

— Dans quel but ?

Isolde laissa échapper un petit rire, un rire amer chargé d'un profond désespoir.

— Pour que mon corps devienne idéal ! Pour que je devienne belle et que je ne sois plus répugnante !

Un silence de mort s'abattit soudain sur la salle de sport. Evander cessa ses provocations, tandis que le crayon d'Azriel restait suspendu en l'air.

Lucien fit un pas de plus vers elle, se penchant pour que son visage soit à la hauteur de la joue brûlante d'Isolde.

— Ainsi, tu détruis ce corps si... précieux, uniquement pour plaire aux imbéciles qui t'insultent dehors ?

— Je ne veux plus jamais être humiliée ! éclata enfin Isolde.

Les larmes qu'elle retenait jusque-là débordèrent, coulant le long de ses joues rebondies.

— Je suis fatiguée qu'on se moque de moi ! J'en ai assez d'être la risée de tout un pays, assez d'entendre mon ex-fiancé et tout le monde m'appeler « la truie » !

Ses sanglots explosèrent. Sans se soucier des regards des trois Blackthorne, figés et assaillis par des émotions contradictoires, Isolde dégagea brusquement sa main de l'emprise de Lucien, pivota et s'enfuit de la pièce, emportant avec elle une honte infinie.

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