MasukAria resta immobile, le cœur battant à tout rompre, le souffle court. Ses mains tremblaient tandis qu’elle fixait sa nouvelle demeure.
La maison de Lucien était une petite chaumière bien trop modeste. Elle était faite de pierre et ses surfaces étaient irrégulières. Elle ressemblait davantage à la demeure d’un serviteur.
"C’est ici que tu vis ?" demanda-t-elle, incrédule.
"Autant que je déteste le dire", répondit Lucien tandis qu’il se tenait dans l’embrasure de la porte, "c’est désormais notre maison. Maintenant, entre", ordonna-t-il.
Aria déglutit et, d’un pas rapide, s’avança pour le suivre à l’intérieur de la petite chaumière.
À peine eut-elle franchi le seuil que la porte claqua derrière elle.
Aria sursauta au bruit, un frisson lui parcourant l’échine lorsqu’elle réalisa que, pour la première fois de sa vie, elle était seule dans une pièce avec un homme.
Elle rougit, ses joues prenant une teinte écarlate tandis qu’elle baissait les yeux.
Elle regarda autour d’elle, son regard perçant remarquant la minuscule chambre, un coin qui faisait manifestement office de cuisine et ce qui était à l’évidence à la fois les latrines.
"Est-ce ainsi qu’un ancien Alpha d’un Clawhold est censé vivre ?" pensa-t-elle, une lueur de pitié traversant son regard lorsqu’elle comprit que, tout comme elle, Lucien avait connu une vie difficile.
Ils entrèrent dans la pièce et Aria s’arrêta.
La température y était élevée, les murs de pierre étaient si proches qu’elle se sentait étouffer. Le feu qui crépitait dans l’âtre rendait les choses encore pires.
Lucien boita jusqu’au lit. Maintenant qu’il était chez lui, il ne retenait plus sa douleur. Une grimace audible lui échappa lorsqu’il atteignit le lit. Dans un grognement silencieux, il laissa tomber sa canne d’obsidienne au sol et s’assit sur le lit.
Il s’appuya contre le lit, sa canne abandonnée au sol, son regard acéré désormais entièrement concentré sur Aria plutôt que sur ses efforts pour empêcher la douleur de prendre le dessus.
Maintenant qu’il n’était plus assailli par une douleur aussi intense, il pouvait juger Aria avec davantage de précision.
"Elle est magnifique", pensa-t-il, son regard perçant détaillant ses traits délicats et ses yeux bleu profond, une pointe de pitié traversant son regard. "Mais être une StillBlood signifie qu’elle ne pourra jamais rien accomplir dans la vie."
"C’est à ce moment de la cérémonie que je suis censé mettre ma femme dans mon lit", murmura-t-il doucement.
Aria hocha la tête, son souffle se bloquant tandis qu’elle serrait les poings. Elle ne répondit pas. Elle ne le pouvait pas.
Il était son maître et un sang-pur. Même blessé, il était toujours bien plus puissant qu’elle.
Dans un grognement, Lucien se leva du lit et fit un pas en avant.
Il ne tressaillit pas. Il ne gémit pas. Il ne s’arrêta pas.
Il avança lentement, faisant un seul pas à la fois, ne s’arrêtant que lorsqu’il ne fut plus qu’à quelques centimètres d’elle.
"Je ne suis pas un loup doux", murmura-t-il tandis qu’il plongeait son regard dans celui de sa fiancée désormais paniquée.
Une lueur de défi traversa les yeux d’Aria lorsqu’elle leva la tête et se perdit dans ses yeux argentés.
"Alors ne fais pas semblant avec moi", murmura-t-elle. "Nous sommes compagnons."
Une légère courbe apparut sur les lèvres de Lucien à cette remarque. Ses yeux s’écarquillèrent tandis qu’il l’étudiait. Son regard s’attarda sur les courbes de son corps, sur les cicatrices désormais visibles qui parcouraient tout son corps.
"Tu n’as aucune idée de qui je suis", marmonna-t-il. "Nous ne sommes pas compagnons. Tu n’es rien de plus qu’un fardeau dont on m’a chargé."
"Peut-être que si, peut-être que non." Aria esquissa un sourire narquois, une nouvelle lueur de défi traversant ses yeux. "Mais ce que je sais, c’est que je n’ai pas peur de toi."
Un sourire dangereux étira les lèvres de Lucien.
"Tu devrais."
Sur ces mots, il tendit la main et lui empoigna la mâchoire. Ses doigts étaient chauds, plus chauds encore que la pièce.
Aria cligna des yeux, des émotions qu’elle ne parvenait pas encore à identifier bouillonnant en elle.
"Tu crois savoir ce qu’est la douleur ?" demanda-t-il avec un sourire narquois, son regard évaluant ses émotions. "Est-ce de là que vient ton courage ? Tu devrais voir ce que je fais aux gens qui me mentent."
Ses doigts restèrent un instant sur sa mâchoire avant de descendre et de se resserrer autour de sa gorge.
Il ne l’étrangla pas, se contentant de maintenir sa prise.
"Je ne mens pas", murmura Aria, essayant de dissimuler la panique dans sa voix, sans y parvenir.
Le silence s’étira entre eux.
Ni le Loup ni la StillBlood ne parlèrent.
Il plongea son regard au fond de ses yeux et hocha la tête.
Quelque chose vacilla dans ses yeux lorsqu’elle prononça ces mots — du courage ? De l’entêtement ? Quoi que ce fût, cela lui donna envie d’elle.
Sans reprendre son souffle, Lucien se pencha et l’embrassa.
Le baiser n’était ni doux ni tendre.
C’était du feu et de la glace, la collision d’éléments qui n’auraient jamais dû se mélanger. Sa bouche la maintenait fermement contre la sienne, sa langue brûlante et exploratrice tandis qu’il se perdait dans sa bouche et qu’elle laissait échapper un souffle de surprise.
Aria resta sous le choc, la bouche grande ouverte de surprise. Prise de panique, elle leva les mains et se mit à frapper sa poitrine.
Mais lorsque le baiser se poursuivit, elle s’y perdit.
Elle se perdit dans un plaisir qu’elle n’avait jamais connu auparavant.
Elle ne savait pas embrasser, mais Aria était tout sauf une élève lente.
Lucien déplaça son autre main et pressa le corps d’Aria contre le sien. Sa prise était ferme et inflexible. Il ne la traitait pas comme si elle était fragile. Il la touchait comme si elle était réelle.
Alors qu’ils se perdaient tous deux dans ce baiser, ses doigts descendirent le long de sa colonne vertébrale.
Le baiser étouffa tout ce qui existait entre eux.
Aria se pencha vers lui, ses poings qui martelaient sa poitrine se transformant désormais en prises féroces qui commencèrent à déchirer sa chemise.
Elle gémit lorsque ses doigts glissèrent sur sa poitrine ferme et couverte de fourrure.
"C’est une erreur", dit Lucien en se reculant lorsqu’il sentit le contact de sa peau contre la sienne.
"Oui, c’est peut-être le cas." murmura Aria et, un sourire aux lèvres, elle se pencha vers lui. "Mais c’est mon erreur."
Quelque chose se brisa en eux.
À cet instant, ils plongèrent tous deux leur regard dans celui de l’autre et semblèrent regarder directement dans leurs âmes.
Ils comprirent tous les deux que ce n’était pas de l’amour.
C’était de la chaleur, de la rage et du désir qui se comprimaient en même temps.
Deux âmes brisées qui s’étaient trouvées et réalisaient qu’elles pouvaient enfin lâcher prise, ne serait-ce qu’une fois.
Avec un sourire, Lucien la souleva dans ses bras.
Elle le laissa faire, son corps se détendant pour ce qui lui semblait être la première fois depuis des décennies.
Marqué de cicatrices, boitant et le corps brisé, il la porta jusqu’au lit.
Aria lui sourit, ses doigts s’activant rapidement tandis qu’elle arrachait ses vêtements.
Pour la première fois de sa vie, quelqu’un la désirait.
Pas comme un pion,
Pas comme une malédiction, une chose brisée ou une StillBlood.
Elle était désirée comme une femme.
POV d’Eleanor :Eleanor, l’Ombre, se déplaçait comme une ombre. Être une ombre ne signifiait pas seulement être silencieuse, cela signifiait aussi être invisible.Et à cet instant, alors qu’elle se précipitait à travers le clawhold Vine, elle n’était qu’une pensée, silencieuse, invisible, imprévisible.Elle poussa son contrôle de la Trame à son maximum. Gold et Silver couraient à ses côtés en position de flanc. Elles avançaient rapidement, tout en veillant à ce que leurs pas ne soient pas visibles dans la neige.Lorsqu’elles atteignirent le château, une pointe de peur traversa le cœur d’Eleanor lorsqu’elle aperçut le grand nombre de loups qui se pressaient devant les portes désormais fermées du château.Elle mena ses protégées vers l’avant jusqu’à ce qu’elles s’infiltrent dans la foule. Très vite, elles obtinrent toutes les informations qu’elles recherchaient.Orion était entré dans le château, accompagné d’un alpha plus âgé. Aucun des loups ne savait qui était cet alpha, mais l’Ombre
Le silence tomba sur la cour tandis que les paroles de Lucien résonnaient une nouvelle fois autour d’eux.Le visage de l’ancien Lance pâlit. Ses lèvres tremblèrent alors qu’il crachait du sang.« Même si tu gagnes, gamin, tu crois vraiment que tout ça va bien finir pour toi ? » demanda-t-il en serrant les dents. « Tu crois que le conseil va rester les bras croisés et te regarder tuer un ancien ? »« Qui a dit que j’allais te tuer ? » demanda Lucien, les sourcils froncés tandis qu’un léger sourire en coin étirait ses lèvres. « Non, je ne vais pas te tuer, Lance. Je vais simplement te faire regretter d’être venu ici. Et si le conseil s’en mêle aussi, alors je veillerai à ce qu’il le regrette également. »L’air autour d’eux était chargé de dominance et de fureur. L’odeur de sueur, de sang et de peur emplissait la cour.Lance sourit.« Tu commets une grave erreur », dit-il, sa voix presque suppliante. « Tu vas le regretter. »La réponse de Lucien fut un poing en plein visage, projetant un
“Oui.”La cour retint son souffle tandis que la réponse de Lucien se répandait à travers le château.Ce simple mot resta suspendu dans l’air avec une telle puissance qu’il réduisit à néant toute l’aura d’autorité que l’ancien Lance tentait d’instaurer. Pendant un battement de cœur, alors que le monde semblait s’immobiliser, l’ancien cligna des yeux, la stupeur traversant son expression tandis qu’il inclinait la tête.Cette faiblesse fut rapidement dissimulée, mais elle avait été là, et la plupart des loups l’avaient vue.L’ancien remit son masque de civilité et recommença à tenter de persuader Lucien.“Réfléchis-y, Alpha Lucien,” poursuivit Lance avec un sourire. “Il n’est pas nécessaire qu’il y ait un combat, et encore moins que du sang soit versé. Donne-la-moi simplement et nous n’aurons aucun problème. De plus, ce sera plus facile pour toi sur le long terme.”Aria serra les dents, la rage grandissant en elle à mesure que l’ancien parlait et la traitait comme un objet.Ses muscles s
Le pouls d’Aria s’emballa comme s’il était en feu.Cela faisait quelques minutes que le cri avait déchiré l’air, et son écho résonnait encore. Même maintenant, alors qu’elle marchait côte à côte avec Lucien, elle pouvait toujours sentir les vibrations lui secouer les os.Elle n’avait pas peur. Elle était simplement curieuse.Ses instincts ne lui criaient pas de fuir, et le simple fait d’être près de son compagnon suffisait à la rassurer.Les gardes devant eux ouvrirent la grande porte donnant sur la cour, et ils sortirent.Lucien et Aria s’arrêtèrent. Ils n’allaient pas faire un pas de plus. Lucien fit signe à Varion d’approcher.“Dis à Lance que c’est tout le respect que je peux lui accorder. S’il veut me parler, il peut venir jusqu’ici lui-même.”Varion hocha la tête, s’inclina et s’éloigna.Quelques minutes plus tard, les grandes portes en fer du château s’ouvrirent et un groupe de loups entra.À travers les portes ouvertes, Aria pouvait voir qu’une foule s’était rassemblée, mais t
Une douce lumière solaire se répandait dans l’immense chambre du château Vine. L’éclat doré effleurait les draps de soie emmêlés autour du corps nu d’Aria. Les rayons du soleil matinal filtraient à travers les hautes fenêtres et illuminaient la pièce.Pendant une minute après son réveil, elle resta simplement allongée sans bouger.Elle pouvait sentir Lucien allongé à ses côtés, son bras drapé de manière protectrice sur sa poitrine. Le mouvement régulier de sa respiration était paisible et constant. Il dormait.Elle se tourna vers lui et sourit. Les traits durs habituels, la tension qui marquait généralement son expression, avaient presque complètement disparu. Son cœur s’attendrit tandis qu’elle le regardait.Le lien de compagnons entre eux palpitait faiblement. C’était une douce vibration dans son cœur, mais elle enveloppait également son esprit. Elle sourit lorsque les souvenirs de la nuit lui revinrent en mémoire.Une fois encore, elle se sentait en sécurité… et entière.Elle essay
POV DE ROSE :La journée de Rose s’était merveilleusement bien passée, et sa nuit allait être encore meilleure, du moins, c’est ce qu’elle pensait.Cela faisait des heures qu’elle avait quitté les appartements de Lucien, et elle ne pouvait s’empêcher de repenser à sa dernière rencontre avec Aria. Elle n’arrivait toujours pas à croire que son amie allait avoir un enfant.À l’extérieur de sa hutte, elle pouvait sentir le ciel s’éclaircir. Rose avait besoin de dormir, elle le savait, mais elle avait passé toute la nuit tellement absorbée par la Trame qu’elle n’avait pas réalisé à quel point le temps était passé vite.À présent, il ne restait plus que quelques heures avant l’aube, alors elle essayait de dormir autant qu’elle le pouvait.À peine sa tête toucha-t-elle son lit qu’elle se raidit. Ses instincts la tiraient brusquement de sa torpeur et, avant même qu’elle ne puisse se redresser, elle entendit frapper à sa porte.Ses yeux s’écarquillèrent. Qui diable frappait à cette heure-ci ?







