Home / Loup-garou / La Luna Qu'ils Ont Laissée Derrière / Chapitre 5 : La confrontation

Share

Chapitre 5 : La confrontation

Author: ENDLESS A. Z
last update publish date: 2026-09-20 22:43:15

Point de vue d'Anaya

Je ne l'entends pas arriver avant qu'il ne soit trop tard pour me cacher.

Je suis assise dans mon lit, en train d'examiner les notes de Mira sur les archives du tribunal depuis près d'une heure — mes bras tremblant sous l'effort de maintenir les pages stables, Sylvie silencieuse mais présente aux confins de mon esprit — lorsque le lien se manifeste d'une façon inédite depuis cinq ans.

Il se réveille d'un seul coup, violemment, telle une respiration longtemps retenue qui se libère enfin.

La douleur me fait basculer sur le côté contre les oreillers ; c'est une sensation physique, un poing qui se referme sur ma poitrine de l'intérieur avec une telle force que ma vision se trouble sur les bords. Mon cœur s'emballe, effectuant un effort que mon corps — à peine sorti d'un sommeil de cinq ans — ne devrait pas lui imposer. Sylvie s'éveille totalement, tous ses sens tendus vers la porte.

« Il est tout près », dit-elle, et il y a dans sa voix quelque chose que je n'avais pas entendu depuis mon réveil : pas tout à fait de la peur, mais sa cousine. « Il est très près, Anaya. »

— C'est impossible. Mira a dit que personne...

On ne frappe pas à la porte. Elle s'ouvre simplement, assez brusquement pour heurter le mur, et Riven se tient dans l'encadrement ; pendant une seconde entière, suspendue dans le temps, aucun de nous ne bouge.

Puis, son odeur me parvient.

Elle me frappe avant même que j'aie pu distinguer son visage : du cèdre, de la pluie et, en dessous, quelque chose qui n'appartient qu'à lui — inchangé depuis cinq ans, contrairement à tout le reste dans cette pièce, cette meute ou mon propre corps. Ma poitrine se serre autour de cette senteur, comme on aspire l'air après une noyade. Je déteste à quel point j'ai envie de l'inspirer plus profondément. Je déteste qu'une part animale et irréfléchie de moi-même la reconnaisse avant même que je m'autorise à le regarder vraiment ; qu'elle la reconnaisse comme un corps reconnaît le foyer, alors même que l'esprit sait qu'il ne faut plus se fier à ce mot.

J'ai imaginé ce moment de mille façons au cours des deux derniers jours. Rien ne m'avait préparée à la sensation brutale du lien qui s'ouvre en grand entre nous, dans les deux sens à la fois ; cinq années de silence s'effondrant en une seule seconde insoutenable.

Je le sens. Pas seulement le voir… le sentir, lui, son choc, son incrédulité, un chagrin si vif qu'il se confond presque avec la joie ; tout cela me percute de plein fouet à travers un lien que je croyais, au plus profond de moi, définitivement mort.

Il paraît plus âgé que dans mes souvenirs. Pas en années — je sais exactement combien de temps a passé — mais de cette façon dont le chagrin vieillit une personne de l'intérieur, creusant des rides autour d'yeux qui, autrefois, ne me regardaient que comme un être précieux qu'il fallait garder auprès de soi.

Il occupe l'encadrement de la porte comme il l'a toujours fait, sa carrure imposante donnant l'impression que le passage est trop étroit pour lui ; et même d'ici, même enfoncée dans ces oreillers alors que mon corps me trahit à chaque instant, je me sens petite — un sentiment que je ne m'étais plus autorisé à éprouver depuis des années.

Pas exactement impuissante, juste… consciente, soudain, de l'espace qu'occupe le corps d'un Alpha lorsqu'il se tient au-dessus de vous, alors que vous ne pouvez pas encore faire confiance à vos jambes pour vous relever.

« Anaya. » Mon prénom se brise dans sa bouche, comme si le prononcer lui coûtait physiquement. « Tu es… tu es en vie. »

« Apparemment, oui. » J'essaie de me redresser contre la tête de lit ; mes bras tremblent sous l'effort, trahissant le ton neutre et maîtrisé que je m'efforce de garder. Tant mieux… Que mes mots sonnent avec assurance, même si mon corps, lui, ne l'est pas.

Il fait un pas dans la pièce et je vois chacun de ses instincts lutter contre l'envie de combler totalement la distance, de me toucher comme le lien nous hurle à tous deux de le faire.

Il se retient de justesse, et je vois bien que cela lui coûte, tout comme me redresser me coûte à moi.

« Depuis combien de temps ? » demande-t-il. « Depuis combien de temps es-tu réveillée ? »

« Assez longtemps. » « Anaya... »

« Assez longtemps pour apprendre qu'on m'avait déclarée traîtresse alors que je ne pouvais pas me défendre », dis-je. Ma voix n'est plus monocorde ; elle laisse désormais échapper tout ce que je contenais depuis que Mira a prononcé le mot « trahison » pour la première fois, tandis que mes mains se crispent sur la couverture, les articulations blanches, pour dissimuler mes tremblements.

« Assez longtemps pour apprendre que mon fils appelle une autre femme "maman". Assez longtemps pour te voir bâtir toute une vie autour de mon absence sans jamais chercher à connaître la vérité. »

« J'ai cherché », dit-il, la voix empreinte d'une angoisse bien réelle, si brute que je suis presque tentée de croire que cela lui coûte autant que ce que je devine.

« Anaya, j'ai cherché la vérité. J'ai examiné tout ce qu'ils m'ont donné. J'ai étudié les rapports, le témoignage, les... »

« Tu as tout regardé, sauf moi. » Les mots sont tranchants comme du verre, et Sylvie se dresse en moi, donnant du poids à chaque syllabe alors même que mes forces continuent de m'abandonner.

« Tu sentais, au fond de toi, que Cane avait tort. Mira me l'a dit. Tu le *sentais*, et tu as quand même choisi de te fier aux documents officiels. »

À ces mots, son visage se défait imperceptiblement, comme si je venais de confirmer un verdict qu'il avait déjà prononcé contre lui-même mille fois. « Je sais ce que j'ai choisi. »

« Vraiment ? Parce que, de mon point de vue, Riven, tu as choisi une version de la vérité qui te permettait de garder ta vie exactement telle que tu la voulais. Une nouvelle Luna, un père pour élever notre fils sans les complications d'une mère traîtresse. Tu as construit un substitut pour me remplacer et tu as appelé ça du deuil. »

« Ce n'est pas... » Sa voix se brise ; un instant, il ressemble moins à un Alpha qu'au garçon dont je suis tombée amoureuse avant que nous comprenions le prix que le poids d'une meute finirait par nous coûter.

« Ce n'est pas ce qui s'est passé. Dieu, Anaya, tu crois que je voulais tout ça ? Tu crois qu'il s'est écoulé un seul jour en cinq ans sans que je... »

« J'ignore ce que tu as fait pendant ces cinq années », dis-je. « J'étais inconsciente tout ce temps. C'est bien là tout le problème. »

Il tressaille comme si je l'avais frappé, et une part de moi, blessée et cruelle, s'en réjouit.

Qu'il tressaille. Qu'il comprenne ce que l'on ressent lorsqu'on se voit asséner une vérité sans avertissement ni réconfort — comme on m'a asséné chaque vérité depuis que j'ai rouvert les yeux il y a deux jours.

La présence de Cane palpite à travers le lien — désormais distinct, puisqu'il est à nouveau pleinement ouvert — ; c'est un mélange de deuil, de fureur et d'une excuse désespérée et silencieuse, une excuse que Riven n'a pas à présenter et que je ne peux pas accepter.

Elle s'accompagne aussi de son odeur, plus vive à présent ; sous les notes de cèdre et de pluie, quelque chose d'presque amer — un deuil qui aurait un goût, si le deuil en avait un.

« Il est sincère », dit Sylvie doucement, à contrecœur, comme si elle en voulait à cette honnêteté tout en me la livrant. « Le deuil de Cane est réel. Il l'a toujours été. »

« Ça n'efface pas cinq années », lui dis-je.

« Non », convient-elle. « Ce n'est pas le cas. »

Mes bras tremblent franchement maintenant ; je soutiens mon propre poids contre la tête de lit, un effort plus intense que tout ce que j'ai eu à porter ces cinq dernières années. Je déteste qu'il puisse probablement le voir, je déteste ce vieil instinct en moi qui voudrait tout lâcher, le laisser combler la distance et simplement me rattraper, comme il le faisait quand je rentrais de patrouille, trop épuisée pour tenir debout toute seule.

Je ne lâche pas prise.

« Je suis venu parce que je t'ai sentie », dit Riven, d'une voix plus calme, l'élan désespéré qui l'animait retombant peu à peu. « Trois fois au cours de la semaine passée. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Je croyais perdre la tête. Et puis, ce soir, ça a tout simplement... » Il secoue la tête, désemparé.

« Ça s'est ouvert complètement. Je n'ai jamais rien ressenti de tel, pas même avant, pas même quand le lien était intact. Je savais exactement où te trouver. Je n'ai même pas eu besoin d'y réfléchir. »

« J'avais demandé à Mira de ne rien dire à personne. »

« Elle ne l'a pas fait. » Une lueur qui ressemble presque à de la culpabilité traverse son visage. « Je l'ai coincée dans le couloir de l'infirmerie il y a une heure. Elle a essayé de me mentir. Elle est nulle à ce jeu-là, soit dit en passant. Je la connais depuis l'enfance ; je voyais la vérité briller au fond de ses yeux tout le temps où elle essayait de ne pas la dire. »

Évidemment. Évidemment, cinq années de maîtrise de soi forgée dans le deuil ne faisaient pas le poids face à un lien qui l'entraînait droit vers la seule vérité que tout le monde s'efforçait de me cacher, pour m'éviter d'avoir à l'affronter trop tôt.

« Elle essayait de me protéger », dis-je. « Je n'étais pas encore prête pour ça, ni pour toi. »

« Je suis désolé. » Et il a l'air de l'être vraiment — sincèrement, totalement bouleversé, d'une manière que je ne m'étais pas autorisée à imaginer depuis mon réveil, car l'imaginer m'aurait semblé être une faiblesse que je ne pouvais pas me permettre. « Je ne suis pas venue ici pour te prendre au dépourvu. Honnêtement, je n'avais aucun plan. C'est juste que... le lien m'a appelée et je l'ai suivi ; pendant cinq ans, il n'y avait rien à suivre, alors dès qu'il y a eu quelque chose, je n'ai pas pu m'empêcher d'y aller. »

Un silence s'installe entre nous, lourd de tout ce qu'aucun de nous ne sait exprimer correctement. Sylvie s'est tue ; elle m'observe, me laissant trouver ma propre voie sans intervenir.

Mes bras finissent par lâcher, et je me laisse retomber contre les oreillers. Ma poitrine se soulève sous l'effet d'un effort qui n'a rien à voir avec les mots que nous avons échangés, mais tout à voir avec un corps qui est loin d'être prêt à affronter une telle situation.

Je le vois suivre mon mouvement ; je perçois en lui une tension, comme s'il luttait contre l'envie de se rapprocher, de m'aider, de faire autre chose de ses mains que de les laisser serrées en poings le long de son corps.

« Il faut que tu comprennes une chose », dis-je enfin, à bout de souffle — une faiblesse que je déteste. Je le regarde droit dans les yeux en prononçant ces mots, même si cela me coûte plus cher que presque tout ce que j'ai dû affronter depuis mon réveil.

« Le fait que le lien se soit réactivé n'efface pas tes choix. Peu m'importe à quel point Cane te hurlait dessus il y a cinq ans. Tu avais ta propre voix, et tu t'en es servi pour choisir le silence plutôt que moi, encore et encore, pendant cinq années entières. Ce n'est pas quelque chose qui se répare simplement parce que le lien s'est rouvert. Ce n'est pas quelque chose que je pardonne juste parce que mon corps réagit encore au tien. »

« Je ne te demande pas de me pardonner. »

« Tant mieux, parce que je ne le ferai pas. Pas pour l'instant et, franchement, peut-être jamais. »

Il encaisse ces mots comme un guerrier reçoit un coup qu'il sait mérité : sans protester, sans reculer, laissant simplement le poids de la sentence s'installer en lui, là où elle doit être.

« Alors dis-moi ce dont tu as besoin », dit-il. « Quelle que soit la forme que cela prend. Je ne demande pas de pardon. Je ne demande même pas d'explication sur la suite de notre relation. J'ai juste besoin de savoir ce qu'il te faut là, tout de suite, ce soir, pour pouvoir t'apporter quelque chose de concret au lieu de rester planté là à aggraver les choses. »

Je l'observe longuement, pesant honnêtement la question au lieu de répondre sous le coup d'une colère réflexe ; car il a raison : je me dois une réponse sincère, même si je ne lui dois aucune douceur.

Son odeur imprègne encore toute la pièce, impossible à fuir, et j'éprouve une gratitude teintée de honte : mon corps est trop épuisé pour risquer de céder à cette proximité plus longtemps.

« J'ai besoin de temps », finis-je par dire. « J'ai besoin que les choses restent calmes encore un peu. J'ai besoin de consulter les dossiers du tribunal avant que quiconque ne décide quelle version de la vérité je suis autorisée à défendre. Et j'ai besoin que tu comprennes une chose : quel que soit l'effet de ce lien en ce moment, il ne m'oblige pas à te laisser réintégrer la moindre parcelle de ma vie que tu n'as pas reconquise. »

« Compris. »

« Et Riven... » Je soutiens son regard, m'assurant qu'il entend bien ce passage, alors même que ma voix s'amenuise sous l'effet d'une fatigue que je ne peux plus tout à fait dissimuler. « Si tu dis à qui que ce soit que je suis réveillée avant que je ne sois prête, si tu me prives de ce choix comme tout le monde l'a fait sans relâche depuis cinq ans, je ne te le pardonnerai jamais non plus. Pas même la moindre once de clémence que j'aurais peut-être été prête à t'accorder. »

« Je ne dirai pas un mot. » Il est sincère. Je perçois cette vérité à travers le lien, sans même avoir besoin de demander confirmation à Sylvie — une intimité étrange et importune dont je ne sais pas encore quoi faire. « Tu as ma parole, pour ce que ça vaut à tes yeux en ce moment. »

« En ce moment », dis-je honnêtement, « pas grand-chose. »

L'ombre de cet humour d'autrefois, douloureux, effleure le coin de ses lèvres avant de disparaître presque aussitôt. « C'est juste. »

Il s'attarde un instant de plus sur le seuil, comme s'il voulait dire autre chose mais ne trouvait pas le moyen de le formuler sans empirer les choses. Quoi que ce soit, il le ravale. Je le vois lutter visiblement contre l'envie de traverser la pièce, je vois le muscle de sa mâchoire se contracter sous l'effort, et une part traîtresse de moi-même souhaiterait presque qu'il ne résiste pas.

« Je suis heureux que tu sois en vie », dit-il alors, d'une voix douce, dépouillée de tout artifice, ne laissant place qu'à cette vérité simple et insoutenable.

« Peu importe le reste. Peu importe ce que tu décideras à mon sujet. Je suis heureux, chaque jour pour le restant de mes jours, que tu sois en vie. »

Puis il s'en va, la porte se refermant doucement derrière lui ; son odeur imprègne la pièce bien après que ses pas se sont éteints — le cèdre et la pluie s'accrochant obstinément à cet air qui, une heure plus tôt, était stérile et vide. Je me retrouve seule avec ce lien qui vibre encore, puissant et inconnu, au creux de ma poitrine ; mon corps est épuisé d'avoir dû tenir bon face à une épreuve qui n'aurait pas dû exiger un tel prix — et qui l'a pourtant exigé. Je sens la présence apaisante de Sylvie m'ancrer de l'intérieur, mêlée à cette conscience douloureuse et complexe qu'une petite partie de moi, épuisée, est heureuse qu'il soit venu.

« Tu n'étais pas obligée de le laisser voir tout ça », finit par dire Sylvie. « La colère. Tout le reste. »

« Je sais. »

« Mais était-ce la vérité ? Tout ça ? »

Je me laisse retomber contre les oreillers, totalement vidée, les yeux fixés au plafond, écoutant ses pas s'éloigner dans le couloir, jusqu'à ce que son odeur soit la seule preuve qu'il a réellement été là.

« Chaque mot », lui dis-je. « C'est bien là le problème. Je pensais chaque mot. »

Continue to read this book for free
Scan code to download App

Latest chapter

  • La Luna Qu'ils Ont Laissée Derrière   Chapitre 10 : À la recherche de la vérité

    Point de vue d'AnayaMira apporte les dossiers dans une sacoche en cuir ordinaire, du genre de celles que les guérisseurs utilisent pour transporter des remèdes courants ; rien, dans son apparence, ne laisse deviner le poids de ce qu'elle renferme réellement.« J'ai fait jouer quelques relations », dit-elle en la posant délicatement sur la petite table près de mon lit. « Ce sont des copies officieuses. Si quelqu'un pose la question, je ne te les ai jamais données et tu ne me les as jamais demandées. »« Compris. »Cela fait six jours que je me suis réveillée. Six jours depuis la séance du Conseil, depuis les aveux de Cara dans la nurserie, depuis cet après-midi passé à apprendre quels dinosaures pouvaient en vaincre d'autres au combat.Mes jambes sont plus stables désormais, mes mains ne tremblent plus autant quand je porte une tasse de thé à mes lèvres, et une certaine clarté s'est installée en moi — plus froide, plus utile que le chagrin brut de ce premier jour.Je suis prête à rega

  • La Luna Qu'ils Ont Laissée Derrière   Chapitre 9 : Lior

    Point de vue d'AnayaCara organise la rencontre pour le lendemain après-midi, dans la même cour intérieure où, autrefois, je m'étais cachée sous un cèdre pour observer mon fils depuis l'ombre.Cette fois, pas question de se cacher.« Je lui en ai parlé un peu », dit Cara en marchant à mes côtés, à une allure assez lente pour s'adapter à mes jambes encore incertaines.« Pas de tout. Il a cinq ans, pas cinq cents. Je lui ai dit que sa mère s'était réveillée, qu'elle l'aimait très fort, que la rencontrer pourrait lui sembler étrange au début, mais qu'étrange ne voulait pas dire mauvais. »« Comment a-t-il réagi ? »« Il a demandé si tu te souviendrais de son dinosaure préféré. » Un petit sourire las. « Je lui ai répondu que je ne savais pas vraiment, mais qu'on pourrait le découvrir ensemble. »« Tu t'en souviens ? » demande doucement Sylvie.« Non », avoué-je. « Il y a encore quatre jours, je n'étais même pas certaine qu'il existe en tant que personne réelle et unique, avec ses propres

  • La Luna Qu'ils Ont Laissée Derrière   Chapitre 8 : L'heure des comptes pour Cara

    Point de vue d'AnayaJe la trouve dans la nurserie.Il me faut plus de temps que prévu pour m'y rendre. La salle du conseil s'est vidée lentement : Gareth hésitait à lâcher mon bras, Riven était pris à partie par des Anciens exigeant des réponses qu'il n'avait manifestement pas encore. Finalement, Mira m'a aidée à m'extirper de la cohue, et je lui ai demandé, à voix basse, où Cara avait pu aller.« La nurserie est », dit-elle sans surprise. « C'est là qu'elle se réfugie quand elle a besoin de se rappeler pourquoi tout cela en vaut la peine. »J'ai failli ne pas y aller. Une part de moi, lasse et blessée, ne désirait qu'une chose : retourner dans la petite chambre blanche qui m'abrite depuis quelques jours et laisser les murs me soutenir, plutôt que mes propres jambes. Mais une autre partie de moi — celle qui a passé cinq ans à entendre parler *d'elle* sans qu'on lui adresse la parole — refuse de laisser se tenir une conversation de plus sur ma vie sans y être présente.La porte de la

  • La Luna Qu'ils Ont Laissée Derrière   Note de l'auteure

    Cinq ans. Elle a perdu les premiers pas de son fils. Ses premiers mots. Toute une enfance qu'une autre femme a pu serrer dans ses bras. Et pourtant, elle est entrée dans cette salle sur des jambes tremblantes, parce qu'elle refuse qu'on raconte encore son histoire à sa place. Mais avez-vous vu comment Gareth l'a serrée contre lui ? Comment Cara l'a regardée ? Comment Riven est resté figé ? 💔 Quelqu'un dans cette salle cache quelque chose. Quelqu'un regarde Anaya en priant pour qu'elle ne se souvienne de rien. Et la vérité est plus proche qu'elle ne le croit. C'est au chapitre 8 que ça commence à faire mal. 🔓 💬 Dites-moi en commentaire : 1️⃣ Quelle réaction dans cette salle vous a le plus surprise ? 2️⃣ Riven, Cara, Anaya... qui vous a le plus brisé le cœur dans ce chapitre ? 😭 3️⃣ Selon vous, qui l'a piégée ? Je lis chaque commentaire. Vos théories me donnent envie d'écrire. 💜 J'espère que vous aimerez cette histoire autant que mon premier livre, « L'ascension de la Luna

  • La Luna Qu'ils Ont Laissée Derrière   Chapitre 7 : Le secret est éventé

    Point de vue d'Anaya Mira arrive avant même que j'aie pris mon petit-déjeuner, et je comprends, à la façon dont elle referme la porte, que quelque chose a déjà mal tourné. « Quelqu'un m'a vue », dit-elle sans préambule, sans prendre les précautions habituelles pour adoucir les mauvaises nouvelles. « Hier soir. Alors que j'apportais des fournitures dans cette aile. Une des jeunes guérisseuses, Petra. Elle n'est pas méchante, mais elle manque de discrétion ; le temps que je réalise qu'elle m'avait remarquée, elle en avait déjà parlé à deux personnes aux cuisines. » Je sens un froid glacial me nouer l'estomac. « Parlé de quoi, exactement ? » « Qu'il y a une patiente dans cette aile dont personne n'est censé connaître l'existence. Que je monte la garde devant la porte comme si c'était crucial. » Les mains de Mira se tordent l'une dans l'autre, dans ce geste nerveux et crispé que je commence à identifier comme étant propre à elle seule. « Anaya, les rumeurs se propagent plus vite que

  • La Luna Qu'ils Ont Laissée Derrière   Chapitre 6 : Pas encore à toi

    Point de vue d'AnayaJe ne dors pas après son départ.Je reste allongée, le regard fixé sur le même plafond blanc, sentant le lien pulser faiblement dans ma poitrine — comme une entité dotée de son propre cœur — et je lui en veux un peu d'exister. Cinq années de silence bienheureux, et la seule nuit où il se réveille pleinement, il le fait avec une telle intensité qu'il m'empêche de trouver le repos dont j'ai pourtant besoin.— Tu pourrais lui dire de se taire, suggère Sylvie, d'un ton sec malgré la fatigue. Même si ça ne nous avancerait pas à grand-chose.— Est-ce qu'il finit par se taire ? Complètement ?— Pas une fois qu'il a été rouvert de la sorte ; du moins, pas avant très longtemps.Alors qu'une lueur grise commence à filtrer par les bords de la fenêtre, je me résigne à passer une nuit blanche. Je suis presque parvenue à m'en accommoder quand la porte s'ouvre sans qu'on frappe.Je sais que c'est lui avant même de tourner la tête.— Il faut que tu arrêtes de faire ça, dis-je san

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status