เข้าสู่ระบบLe silence qui suivit les hurlements de Sabrina de la Roche au bas des marches de marbre du Plaza ne dura qu'une fraction de seconde. Déjà, la foule des invités se pressait autour de sa silhouette effondrée, et les flashs des trois photographes payés par Victor Vance crépitaient frénétiquement dans le grand hall d'honneur. Sabrina, allongée parmi les débris du vase de fleurs renversé, continuait de feindre la douleur avec une hystérie calculée, agrippant son flanc.— Regardez-la ! hurla Sabrina, pointant un doigt tremblant vers le sommet de l’escalier d’honneur. — Elle a voulu m'assassiner ! Abigael de la Roche n'a pas supporté de voir que je savais la vérité sur ses fraudes ! C’est ma propre sœur qui m'a poussée !Tout en haut des marches, Elena Romanov restait immobile, sa longue robe de satin pourpre captant les reflets des lustres de cristal. Son visage ne trahissait pas la moindre once de panique. Elle n'affichait ni colère, ni culpabilité. Au lieu de fuir les objectifs ou de se
La grande salle de bal du Plaza s’effaçait peu à peu à mesure qu’Elena Romanov gravissait les premières marches du grand escalier d’honneur en marbre blanc. Le brouhaha des conversations mondaines et les échos de l'orchestre ne lui parvenaient plus que sous la forme d’un murmure étouffé. Tenant d’une main ferme la traîne de sa robe de satin pourpre, elle avançait avec cette régularité marmoréenne qui fascinait tant la haute société de New York. Ses douze vigiles d’élite restaient postés à distance réglementaire, surveillant les accès avec une vigilance stricte. En l'absence d'Adrien Simon, toujours retenu par ses affaires urgentes à Londres, Elena incarnait à elle seule toute la souveraineté de leur conglomérat.Arrivée sur le palier intermédiaire, là où le marbre s’ouvrait sur un balcon en fer forgé dominant l'ensemble du hall, une silhouette se découpa soudain dans la pénombre des colonnes.Sabrina de la Roche s’avança d’un pas sec, lui bloquant la seule trajectoire menant aux salon
Les façades monumentales de l’Hôtel Plaza scintillaient sous les lumières dorées de la Cinquième Avenue, bravant la nuit glaciale qui enveloppait New York. Ce soir-là, pour le grand gala caritatif annuel au profit des fondations culturelles de la ville, la crème de la haute société, de la finance et de l'immobilier s'était déplacée en masse. Les limousines noires et les berlines de luxe se succédaient devant le parvis, déversant un flot continu d’invités parés de leurs plus beaux atours.Pourtant, sous les sourires mondains et le tintement des verres de cristal, un sujet unique alimentait toutes les conversations feutrées : l'absence prolongée d'Adrien Simon, toujours retenu à Londres pour sécuriser les capitaux transatlantiques de Simon Global. Pour les observateurs de la jet-set, voir la Comtesse Elena Romanov naviguer seule dans cette arène sans son imposant protecteur était le véritable spectacle de la soirée.Elena fit son entrée dans le grand hall d'honneur, figeant instantanéme
Le vent hurlait contre les parois de verre du triplex de l’Upper West Side de New York, mais à l’intérieur, la fureur de Sabrina de la Roche était plus destructrice encore que la tempête hivernale. Après avoir été humiliée par Victor Vance, le poignet encore douloureux de la poigne du requin de la finance, la fausse héritière arpentait le salon d'un pas rageur, les dents serrées.Julian Parker était assis prostré dans son fauteuil en cuir, fixant le vide. Son échec de la veille au Rockefeller Center, où Elena l’avait repoussé avec un mépris de glace en l'absence d'Adrien Simon, avait achevé de consumer sa raison. Il n'écoutait plus rien. Il caressait machinalement le vieux médaillon d'Abigael, enfermé dans sa folie obsessionnelle.— Elle m'a chassé, Sabrina… murmura Julian d’une voix rauque et éteinte. — Elle a dit que j'étais une ombre pathétique. Elle portait du blanc… comme le jour où nous avions juré de ne jamais nous séparer. Simon l'a hypnotisée.— Ferme-la, Julian ! rugit Sabri
Le bureau d’acier noir de Victor Vance, suspendu au-dessus du tumulte de Wall Street, baignait dans une atmosphère de sanctuaire stérile. La lumière blafarde de l'hiver new-yorkais filtrait à peine à travers les vitres teintées, jetant des reflets métalliques sur la immense table de réunion en verre fumé. C’était ici, loin des regards des journalistes et de la SEC, que le grand requin de la finance internationale décidait de la vie et de la mort des empires immobiliers de New York.Victor Vance était installé dans son fauteuil de direction, son cigare éteint entre ses lèvres poivre et sel, son visage de marbre ne trahissant aucune émotion. En face de lui, Sabrina de la Roche se tenait droite, drapée dans une assurance venimeuse. Elle venait de poser sur la table l'enveloppe Kraft récupérée la veille des mains de sa mère, Éléonore, sous la voûte de la gare de Grand Central.— C'est l'arrêt de mort d'Elena Romanov, Monsieur Vance, siffla Sabrina, un sourire cruel et triomphant déformant
La nuit était tombée sur New York, enveloppant la silhouette géométrique du Rockefeller Center d’un voile de brume glaciale. Au dernier étage du gratte-ciel, le restaurant d'affaires privé de l'élite immobilière bruissait de conversations feutrées, de cliquetis de verres de cristal et de rires mondains. L'élite de la ville s'y pressait, mais ce soir-là, un seul sujet alimentait toutes les discussions : l'annonce du départ soudain d'Adrien Simon pour Londres. Pour les rivaux du titan de Simon Global, son absence de quarante-huit heures était une faille inespérée. Julian Parker s'était glissé dans la salle en usant de ses anciennes cartes d'accès de la dynastie Parker. Bien que son père l'ait banni du conseil d'administration familial pour étouffer le scandale du ponton, son élégance naturelle lui assuraient encore les faveurs de certains portiers de New York. Vêtu d'un smoking impeccable, il affichait un calme trompeur, mais ses yeux noirs, fiévreux, trahissaient l'intensité de la foli







