ログインÉpouse-moi. Demain à sa place. » Elle allait épouser un Valmont. Elle a épousé l'autre. Par vengeance. La veille de son mariage, Margaux Lefèvre découvre Baptiste, son fiancé, dans les bras de sa meilleure amie. Elle ne crie pas. Elle retire sa bague et marche sous la pluie jusqu'à la tour Valmont. « Épouse-moi. Demain à sa place. » Adrien Valmont, PDG énigmatique et frère aîné de Baptiste, dit oui avant la fin de sa phrase. Un an, pas plus. Le temps que Baptiste comprenne ce qu'il a perdu. Mais sous le même toit, entre un thé au jasmin préparé trop précisément et une écharpe verte enfermée dans un tiroir verrouillé, Margaux découvre qu'Adrien cache un secret qui la concerne , un secret vieux de huit ans, une nuit sans visage au Café des Quais. Pendant que la mère, Odile, complote pour arracher le pouvoir, que Baptiste supplie et que Typhaine fabrique des preuves, Margaux et Adrien jouent un jeu dangereux : celui de deux blessés qui refusent de s'avouer qu'ils s'aiment. Quand la vérité éclate, tout se brise. Mais certaines écharpes nouent plus fort que les mensonges. Une histoire de trahison, de pouvoir et de rédemption où la vengeance mène parfois exactement là où le cœur devait aller.
もっと見る— Margaux Nous sommes seuls dans le penthouse, Adrien et moi, et la pièce me paraît plus grande que les autres jours. Le soir est tombé, la baie vitrée est un rectangle sombre avec la ville dessous, des lumières qui ne font pas de bruit. Je suis entrée, j'ai posé mon sac, j'ai enlevé mes chaussures, et je suis restée debout près du canapé, à deux mètres de lui, sans savoir où me mettre. Il ne bouge pas. Il me regarde. Il a cette façon de me regarder qui ne me demande rien et qui me donne tout de même quelque chose, cette attention qui ne me presse pas. Je sens l'air entre nous, cette distance que nous avons fixée sans jamais en parler, ces deux mètres qui sont peut-être la chose la plus intime que nous ayons partagée jusqu'ici. — Tu as mangé ? il demande. — Oui. — Bien. Un silence. Je regarde mes pieds. Je les sens nus sur le parquet. Je les remue un peu. — Le déjeuner s'est bien passé ?
— Margaux J'arrive à la tour avec dix minutes d'avance, ce qui ne me ressemble pas ; je n'ai pas envie d'arriver en retard, je n'ai pas envie d'arriver en avance non plus, mais je n'ai pas trouvé le moyen de faire autrement, alors j'ai pris mes affaires et je suis sortie de l'atelier en laissant Romain finir de ranger les pinceaux. Je ne sais pas ce qui m'attend. Je sais seulement que je dois traverser ce hall, prendre l'ascenseur, monter au dernier étage, et m'asseoir à une table avec des gens qui ne m'attendent pas. Le hall est grand, clair, avec des plantes vertes et des fauteuils bas. Je marche vers l'ascenseur. J'entends mes talons sur le sol, ce bruit net qui me donne une contenance que je n'ai pas. Je regarde l'écran au-dessus des portes, le chiffre qui descend, et je sens cette petite tension dans ma poitrine que je commence à connaître. Les portes s'ouvrent. Typhaine est là. Je m'arrête. Elle est dans l'ascenseur, un d
Je m'approche d'elle. Je suis assez près pour voir la ligne de sa mâchoire, le petit pli au coin de sa bouche. — Tu savais qu'elle allait me voir ? Tu savais qu'elle allait entrer ? — Non. — Tu savais qu'elle pouvait entrer ? Elle ne répond pas tout de suite. Elle détourne les yeux, une seconde, puis elle les ramène sur moi. — Oui. Je reste immobile. Je sens quelque chose se refermer dans ma poitrine, lentement, comme une porte qu'on pousse sans bruit. — Tu savais que la porte était ouverte. — Elle n'était pas ouverte. Elle était entrouverte. — Tu savais. — J'ai pensé qu'elle ne viendrait pas. — Mais tu as laissé la porte entrouverte. Elle ne répond pas. Le silence dure assez pour que je comprenne. Je recule d'un pas. Puis d'un autre. — Tu as joué. — Je n'ai pas joué. — Tu as laissé la porte entrouverte et tu t'es mise là où elle pouvait te voir. — Elle ne devait pas venir. — Mais elle est venue. Typhaine ne dit rien. Je la regarde et je sens mont
Elle se lève enfin. Elle est plus grande que moi, ou peut-être qu'elle se tient plus droite ; je ne sais pas. Elle passe près de moi sans me toucher, et son parfum reste dans l'air une seconde de trop, quelque chose de boisé, de propre, de froid. — Tu as de la chance, dit-elle depuis le couloir. Adrien n'est pas Baptiste. Il ne te trompera pas. Il te laissera partir. Elle disparaît. La porte de l'ascenseur s'ouvre, se referme. Je reste seule dans le salon, la carte dans la poche, et je m'aperçois que mes mains tremblent ; je les regarde comme si elles appartenaient à quelqu'un d'autre, et je les pose à plat sur le dossier du fauteuil pour les calmer. Adrien descend quelques minutes plus tard. Il me trouve debout au même endroit. Il s'arrête sur la dernière marche, me regarde, et je vois qu'il comprend qu'il s'est passé quelque chose avant qu'il entre. — Odile est venue. — Oui. — Qu'est-ce qu'elle a dit ? Je sors la carte de ma poche et je la lui tends. Il la prend, la lit, la r






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