Se connecterAlessia
La fondation officielle a lieu au début du printemps.
La neige recule lentement autour du Torrent Blanc. L’eau recommence à courir avec force sous la glace. Les fondations de la palissade sont terminées. Les premières maisons s’élèvent le long de la rive. Elles sont simples, solides, construites en bois sombre et en pierre.
La Meute d’Argent n’a pas encore de grande salle.
Elle
Je me relève.— À partir d’aujourd’hui, la Meute d’Argent est ouverte.Les portes de la palissade s’ouvrent.La première à entrer est la vieille femme avec la petite fille.Elle s’avance lentement, intimidée. Je descends vers elle.— Comment t’appelles-tu ?— Mirella.— Et elle ?— Sia. Ma petite-fille.La fillette me regarde avec méfiance.Nero s’approche. Il s’assoit devant elle.Sia tend une main hésitante vers sa fourrure.Nero ne bouge pas.Elle le touche.Puis elle sourit.Je sens l’émotion de Mirella se transformer. La peur demeure, mais elle s’y mélange à un soulagement immense.Je laisse cette émotion passer à travers moi.Je n’ai pas besoin de l’amplifier.
AlessiaLa fondation officielle a lieu au début du printemps.La neige recule lentement autour du Torrent Blanc. L’eau recommence à courir avec force sous la glace. Les fondations de la palissade sont terminées. Les premières maisons s’élèvent le long de la rive. Elles sont simples, solides, construites en bois sombre et en pierre.La Meute d’Argent n’a pas encore de grande salle.Elle n’a pas encore de greniers suffisants.Elle ne possède ni richesse ni ancienneté.Mais elle possède quelque chose que les autres meutes ont oublié de protéger.Le choix.Nous avons ouvert nos portes aux exclus.Aux loups sans meute.Aux enfants abandonnés.Aux femmes chassées pour avoir refusé de se taire.Aux hommes qui ont désobéi à un Alpha injuste.
Elle ne répond pas.— Tu l’as achetée au village-frontière.— Pour un remède.— Tu as envoyé Piero dans sa chambre.— Elle était malade.— Elle ne s’est pas réveillée pendant cinq ans.Bianca recule jusqu’à la porte.— Tu ne peux pas me juger sur des suppositions.— Alessia possède des preuves.— Elle possède des histoires. Des rêves. Un livre ancien. Une marque sur une pierre. Rien de cela ne prouve que je sois responsable.— Alors pourquoi paniques-tu ?Cette fois, elle ne répond pas.Je la regarde.Et je ressens quelque chose.Pas son visage. Pas sa voix.Quelque chose derrière.Une peur qui n’a pas la forme de la peur d’une femme accusée à tort.C’est
LorenzoBianca entre dans mon bureau sans frapper.Je lève les yeux de la lettre que je lisais. Elle est pâle. Pas seulement inquiète. Effrayée.Je connais la différence.— Qu’est-ce qu’il y a ?Elle referme la porte derrière elle.— Nous devons parler.— De quoi ?— D’Alessia.Mon cœur se contracte.Depuis le Conseil, son nom suffit à transformer la maison en tombe. Matteo le prononce chaque jour. Les serviteurs évitent de me regarder. Les anciens conseillers parlent à voix basse dans les couloirs.Je n’ai pas revu Alessia depuis la Grande Table.Je ne sais pas si j’en suis soulagé ou dévasté.— Qu’a-t-elle fait ?— Elle a procédé à un rituel.— Quel rituel ?Bianca reste p
Alessia.Je garde les yeux fermés.— Maman.La pierre chauffe davantage.Les émotions autour de moi deviennent plus nettes. Je ressens chaque personne avec une précision qui me fait vaciller. Mais elles ne m’envahissent plus totalement. Je peux les distinguer. Les laisser passer. Les reconnaître sans les prendre.C’est cela que mon père voulait dire.Le don ne commande pas. Le don révèle.Une douleur aiguë traverse ma poitrine.Je tombe à genoux.Valerio fait un pas vers moi.— Ne bouge pas !Ce n’est pas moi qui parle. C’est Dante.Valerio s’arrête à la limite du cercle.La lumière blanche s’étend dans les fissures de la pierre.Je vois alors des images.Une femme aux cheveux noirs qui court dans la neige.Un homme jeune qui
Puis elle sort.Je reste seul avec Dante.Il me regarde gravement.— Tu viens de lui donner une raison de plus de te haïr.— Je sais.— Et une raison de plus de te faire confiance.Je fixe la porte refermée.— Je ne sais pas si elle me fera encore confiance.— Elle t’a touché.Je baisse les yeux vers ma poitrine, là où sa main s’est posée.— Elle aurait pu me tuer.— Elle aurait pu.Dante sourit faiblement.— Pour une femme qui te déteste, elle te laisse beaucoup de chances de rester vivant.AlessiaNous retournons au cercle des Anciens trois nuits plus tard.Je n’ai pas demandé la permission. J’ai demandé à Valerio de convoquer les gardiens du lieu, mais je ne lui ai pas expliqué pourquoi. Il n&rsquo







