MasukCHAPITRE 53
Ariana
Je fais fuiter des informations à la presse. C'est un risque calculé, une manœuvre désespérée, un coup de poker que je joue avec l'avenir pour enjeu. Mais je n'ai pas le choix. Noah est obsédé par cette enfant aux yeux gris qu'il a croisée dans ce hall d'hôtel à Paris. Il a lancé des recherches, il a mobilisé des détectives, il passe ses
CHAPITRE 80NoahJ'ai trouvé la preuve ultime. Dans un vieil ordinateur portable caché au fond d'un placard, dans un coin oublié du manoir que personne n'utilisait plus depuis des années. Un ordinateur couvert de poussière, dont la batterie était morte, mais dont le disque dur était intact. Je l'ai découvert par hasard, en cherchant d'anciens dossiers de mon père. Le placard était plein de vieux papiers, de photographies jaunies, de souvenirs abandonnés. Et au milieu de tout cela, cet ordinateur, comme une bombe à retardement.Je l'ai allumé, le cœur battant. Il fonctionnait encore. À l'intérieur, des dossiers, des fichiers, des documents. Et parmi eux, un dossier intitulé simplement : « Journal ».Celui d'Ariana. Son journal intime.J'ai ouvert le premier fichier,
CHAPITRE 79ArianaIl sait. Ou du moins, il se rapproche dangereusement de la vérité. Les perquisitions discrètes qu'il a lancées sur mes comptes ne m'ont pas échappé. J'ai vu les traces, senti les regards, entendu les silences. Noah n'est plus l'homme aveugle que j'ai manipulé pendant des années. Il est devenu un chasseur, et je suis devenue sa proie.Je me tiens devant le miroir de ma chambre, le regard fixé sur mon reflet. Une femme blonde, élégante, le visage lisse, les yeux clairs. Personne ne devinerait la tempête qui fait rage derrière ce masque. Personne ne soupçonnerait les crimes que j'ai commis. J'ai toujours su me cacher, me fondre dans le décor, devenir invisible. Mais aujourd'hui, l'invisibilité ne suffit plus. Aujourd'hui, je suis acculée, prise au piège, comme un animal traqué dans son pro
CHAPITRE 78NoahJe lance une enquête approfondie sur Ariana. Plus discrète, plus ciblée que la précédente. Je contacte un spécialiste, un homme de l'ombre qui a travaillé pour les services secrets, un certain Vidal. Il me reçoit dans un bureau anonyme, aux murs gris, sans fenêtres. Son regard est froid, sa poignée de main ferme.— Que voulez-vous savoir, monsieur Dumas ?— Tout. Ses comptes, ses appels, ses déplacements. Chaque centime, chaque message, chaque pas. Rien ne doit vous échapper.— C'est une femme de votre entourage proche, je présume. Cela vous coûtera cher.— L'argent n'est pas un problème. La vérité non plus.Il hoche la tête, prend des notes. Quelques jours plus tard, les premiers documents a
CHAPITRE 85JadeAriana est en prison. La nouvelle fait la une des journaux. Mon nom est lavé, mon honneur est rétabli. Les médias qui me traquaient me présentent leurs excuses. Mais rien ne pourra jamais effacer ces sept années volées. Rien.Je suis assise dans la cuisine, le journal étalé devant moi. La photo d'Ariana s'affiche en première page, menottée, le visage fermé. Le titre claque : « La véritable meurtrière d'Éléonore Dumas arrêtée ». En dessous, mon nom apparaît, associé à celui de la justice. Innocente. Le mot que j'ai tant espéré, tant crié, tant pleuré. Il est là, noir sur blanc, et pourtant il ne me réchauffe pas.Lily joue dans sa chambre. Elle ne sait rien de tout cela. Elle ne sait pas que sa mère a été traînée dans la boue, accusée à tort, condamnée sans preuves. Elle ne sait pas que pendant sept ans, nous avons fui, changé de nom, changé de vie. Elle ne sait rien, et je veux la protéger encore un peu. Encore un instant.Mon téléphone sonne. C'est un journaliste. Pu
CHAPITRE 77JadeNoah m'a confié ses soupçons sur Ariana. Il est venu chez moi un soir, après le coucher de Lily, le visage marqué par des nuits sans sommeil. Il s'est assis dans le salon, les coudes sur les genoux, les mains croisées. Son regard gris fuyait le mien, comme s'il redoutait ma réaction.— Il faut que je te dise quelque chose, Jade. Quelque chose que j'aurais dû comprendre il y a longtemps.Je me suis assise en face de lui, le cœur battant. L'air semblait plus lourd, plus dense. Je sentais que ses mots allaient rouvrir des blessures que je croyais refermées.— Je crois que c'est Ariana qui a tué Éléonore.Sa voix était basse, presque un murmure. Mais chaque syllabe a claqué dans ma poitrine comme une détonation. Je n'ai pas été surprise. Voilà ce qui est terrible. Je n'ai pas sursauté, je n'ai pas crié. J'ai simplement baissé les yeux, comme si cette vérité dormait en moi depuis des années.— Je sais, ai-je répondu doucement. J'ai toujours su qu'il y avait quelque chose d
CHAPITRE 76ArianaIl me regarde différemment maintenant. Avec méfiance, avec suspicion. Ce n'est plus le regard reconnaissant qu'il posait sur moi après chaque crise résolue, chaque dossier bouclé, chaque problème effacé. Ce n'est plus le regard tendre, presque affectueux, qu'il m'adressait parfois, aux rares moments où il baissait sa garde. C'est un regard froid, calculateur, qui me jauge, qui m'évalue, qui cherche la faille.Il pose des questions. Des questions anodines en apparence, glissées dans la conversation comme par hasard. Où étais-tu le soir du drame ? À quelle heure es-tu rentrée ? As-tu vu quelque chose d'inhabituel ? Qui d'autre était présent au dîner de famille ? Il vérifie mes réponses, il les compare avec ce qu'il sait déjà, il les confronte à d'autres témoign







